L'album Anamorphosée (Les analyses du Glaçon)Analyse de MysterFrizz


Anamorphosée : L'échappée belle...
Dans la discographie de Mylène, Anamorphosée est souvent présenté comme l'album du renouveau. Plus "rock", plus "lumineux"... Physiquement, la star a également changé. Loin de l'androgynie de l'album studio précédent, Mylène poursuit au contraire la transformation physique esquissée avec la chanson Que mon cœur lâche. Le corps de l'artiste est magnifié, mis en avant de manière insistante. C'est en effet sa plastique irréprochable qu'il nous est donné à contempler sur une couverture très épurée. La tête de la chanteuse est d'ailleurs absente, ce qui semble mettre en première ligne un corps. Il y a en fait une grande similitude de fond entre l'effacement de la féminité et le goût du costume, et cette nouvelle nudité. A force d'être mise en avant, la plastique parfaite de l'artiste devient un nouveau masque, un nouvel écran qu'elle installe entre le public et elle. Un nouveau filtre. Ne montrer que son corps, c'est une manière de détourner l'attention. Or Mylène est la reine du détournement d'attention. Auteur chevronné, passionnée par les mots qu'elle choisit avec soin comme en témoignent les rares brouillons dont nous disposons, elle n'aime pourtant guère évoquer ce travail d'écrivain lors de ses interviews. Ainsi, avec Paul Amar la questionnant sur le sens du terme "anamorphosée" lui-même, Mylène se contente d'amorcer quelques explications, puis change rapidement de sujet. On a soudain l'impression que la femme de mots se cache derrière l'artiste, ses sortilèges, ses faux-cils, sa beauté aussi. Or c'est bien là en effet ce qui se passe. Dans le texte d'une face B, Effets Secondaires, Mylène conclut en effet par la phrase suivante : «Je mets des faux-cils à leurs yeux, pour un regard plus profond». Ici, il va de soi que la "profondeur" n'est pas qu'un commentaire esthétique. Il s'agit d'aller voir plus loin, dans les profondeurs de l'âme. L'artifice devient alors un moyen efficace d'accéder à une vérité enfouie.

Renouveaux...
Ce renouveau, Mylène l'explique par des rencontres intellectuelles, et géographiques. La rencontre géographique essentielle, c'est la Californie. L'échec de son premier film, Giorgino, n'est sans doute pas étranger à cette volonté de s'exiler loin de Paris. La chanson California, qui ouvre l'album, met en mot ce désir de dépaysement, et confronte le spleen baudelairien à l'expérience des grands espaces et du road-movie à l'américaine. Chanson marquante, tant par son clip, réalisé par Abel Ferrara, que par son texte qui donne la clef de toute l'anamorphose de Mylène, California a depuis été interprétée à chaque tour de chant de l'artiste. Mais le voyage, dans le texte, n'est pas que l'histoire d'un exil en Californie. C'est aussi un voyage imaginaire et intellectuel qui s'accomplit. La tête absente sur la pochette, confie Mylène à Paul Amar, n'évoque pas la décapitation mais au contraire «l'esprit qui s'échappe, l'esprit qui va vers le haut, l'esprit qui voyage…». Cette élévation spirituelle, c'est celle qu'a apporté à Mylène la rencontre, fondamentale pour comprendre Anamorphosée, avec la philosophie bouddhiste. Lecture très forte pour l'artiste, la lecture du Livre tibétain de la vie et de la mort de Sogyal Rimpoché reviendra en effet comme un leitmotiv dans sa bouche pour expliquer le pourquoi de cette anamorphose si surprenante. Elle remerciera même l'auteur «pour son très beau livre» dans le livret. La thématique bouddhiste, dans l'album, est présente à l'arrière plan comme une sorte de basse continue. Plus qu'une lecture détaillée ou une connaissance approfondie de la très complexe idéologie bouddhiste, c'est à une imprégnation encore récente que nous avons affaire. Comme dans la plupart de ses lectures, Mylène n'a pas essayé d'englober un savoir totalisant, mais de trouver les échos à ses angoisses, à ses doutes. «Ce n'est pas tant le bouddhisme qui m'attire que les mots, les images, le réconfort. L'idée que pour apprivoiser la vie, il faut d'abord accepter la mort», confie-t-elle à l'Express. Se tournant vers ces lectures comme vers des remèdes, elle parlera à un moment de pansement, ou de baume, appliqué sur cette crainte panique de la mort qui ne l'avait jamais lâchée. Comme elle le dira pourtant à la sortie de l'album Innamoramento, les pansements n'ont guère tenus, ils se sont envolés. C'est qu'ils n'étaient déjà pas très bien collés. Derrière certains thèmes propres au bouddhisme, on continue en effet à percevoir dans l'album les traces de la sensibilité romantique de Mylène Farmer, cette indifférence qui n'est pas l'ataraxie que recherche les adeptes du bouddha, mais le produit d'un mal de vivre proche des vociférations d'un Cioran. Lors de diverses interviews, la chanteuse a d'ailleurs fait remarquer qu'elle n'avait pas renoncé au cynisme de l'auteur de Sur les cimes du désespoir, mais qu'elle portait désormais sur la vie «un regard où l'humour a sa place». L'humour est pourtant paradoxalement encore fort peu présent dans l'album. A vrai dire, seul le texte de L'instant X peut se targuer d'y laisser une place légère dans l'affrontement entre le texte désabusé et l'imagerie du père Noël, et surtout dans la remarque acide lancée contre les grandes déclarations de la presse : «l'an 2000 sera spirituel, c'est écrit dans Elle». Or loin de nous rapprocher du bouddhisme et du spirituel, cet humour vient au contraire revendiquer le «fun» d'une «fin de siècle» avant le nouveau millénaire. C'est donc un appel à la décadence qui se met ici en place, une sorte de dernière fête avant le sérieux à venir, où le père noël se met à distribuer des
anti-dépresseurs et des ailes à la place des cadeaux. Ce n'est que progressivement, à partir de la chanson au titre calembour L'histoire d'une fée, c'est… que l'artiste acceptera véritablement de lui laisser une place au sein même de ses chansons.

Les mots des autres...
Outre ce renouveau humain, Anamorphosée marque un autre tournant majeur dans l'œuvre de Mylène Farmer. Il inaugure en effet ce qu'on pourrait appeler le deuxième moment de l'écriture farmérienne. Lors de l'écriture des textes, l'artiste semble enfin trouver sa plume. Inaugurant l'utilisation massive de l'intertextualité, il témoigne en effet d'un rapport à l'écriture plus ludique, où le texte répond au texte, le transforme ou le remodèle selon des principes parfois proches du collage. La chanson Rêver est en ce sens emblématique. Inspirée du roman de Boris Vian «J'irais cracher sur vos tombes», elle est en même temps basée sur un tissu de citations issues de l'œuvre du poète Pierre Reverdy. Tout se passe alors comme si Mylène s'attachait à raconter cette histoire d'intolérance et de violence avec les mots du poète, comme si seul le recours à la poésie était capable de dire de manière suffisante la violence du roman. Mais cela ne s'arrête pas là. En effet, contrairement à ce que l'on pourrait penser, Rêver n'est pas un simple copié-collé des mots de Reverdy. Dans les vers qu'elle emprunte, Mylène pratique des coupes, change un mot, supprime une liaison et instaure du même coup un dialogue avec les œuvres source. Ainsi, le poème de Reverdy Esprit pesant propose une vision désespérée de la condition humaine, qui fait écho à celle de Vian, et il n'est pas étonnant que Mylène le choisisse pour narrer à sa manière l'histoire de Lee. Mais son texte témoigne également d'une volonté d'espoir, d'une croyance aux mots comme façon d'agir sur le monde. Ainsi le texte de Reverdy «et si les bras se lèvent ils touchent le plafond» devient «Les bras se lèvent…». En supprimant l'obstacle qui interrompt la pulsion d'élévation, Mylène rend possible le rêve d'un mieux aller, qui est le cœur de toute la chanson. En gommant le plafond de Reverdy, la chanteuse permet à l'âme et à l'humanité de s'élever, en gommant la dernière syllabe du nom du poète, elle donne un titre à sa chanson, et crée à proprement parler un rêve…

Astre de lumière ?
Si Reverdy occupe dans cet album la première place des auteurs cités, il est suivi de près par l'anglaise Emily Dickinson, dont les centaines de poèmes publiés à titre posthume accompagnent Mylène depuis le début des années 1990. Outre Boris Vian présent dans la chanson Rêver et Guillaume Apollinaire, qui prête quelques vers à California, on croise aussi, au détour d'un couplet des allusions épisodiques à Lamartine ou à Musset. Sur cette base, et influencée par sa récente lecture du Livre tibétain de la vie et de la mort et de l'ouvrage de la psychologue Marie de Hennezel consacré à l'accompagnement aux mourants La mort intime, Mylène compose ici douze textes. A la lumière éblouissante de la nouvelle image médiatique de la chanteuse, qui n'hésite pas à parler de renaissance[1] lorsqu'on l'interroge sur ce changement, ces écrits prennent une coloration optimiste et lumineuse qui ne leur correspond peut-être pas tout à fait.
En effet, si l'on prend bien garde aux déclarations de Mylène Farmer, on est rapidement amené à noter que cette «lumière» n'est pas acquise. Elle est au contraire une pulsion, un point de fuite que la chanteuse essaie d'atteindre. Si le regard porté sur le monde est plus positif, il demeure teinté par la présence envahissante de la mort, et la volonté d'espoir se heurte de plein fouet à la réalité du monde, à son imperfection. «Exister entre enfer et paradis, ce n'est pas toujours aussi simple» fait-elle remarquer à un journaliste qui l'interroge sur ces forces nouvelles. Et il est vrai que les textes
d'Anamorphosée sont extrêmement représentatifs de cette nouvelle dualité. Nombre d'entre-eux, si ce n'est tous, présentent en effet toujours un fragile équilibre entre la pulsion de vie et la réalité sordide du monde. C'est évident dans Rêver, où l'amour est cantonné à l'espace du rêve, mais c'est aussi le cas par exemple dans Vertige. Les couplets en effet présentent une vision de plus en plus désabusée de la condition humaine. Dans une atmosphère de pluie, c'est d'abord le corps à corps amoureux qui est évoqué, mais éclairé par l'optique du bouddhisme, la vie se voit réduite à «une goutte d'eau nécessaire au voyage». Le deuxième couplet en revanche évoque une situation plus dure, puisque la pluie se fait chaînes, et que «l'homme gronde». De cette situation naît une nouvelle évocation du «voyage». Or ce voyage conduit «plus loin, plus haut», il s'agit d'atteindre son «astre». Voyage d'élévation, voyage de l'esprit donc, comme en témoignait la pochette de l'album. Ce n'est qu'en élevant son esprit au dessus de la vie, en la tenant à distance que la chanteuse parvient à ressentir, depuis les cimes, ce «vertige de vivre» qui lui découvre toute la beauté du monde. On comprend bien ici que l'on n'est pas si éloigné que ce repos que Mylène trouvait dans «l'indifférence». Dans l'altitude, il y a en fin de compte la même distance, et dans le vertige, le même engourdissement des perceptions… La chanson Et tournoie… répond elle aussi à cette dualité. A des couplets profondément désespérés répond dans les refrains l'exhortation à un renouveau spirituel, et à ce même vertige qui permet de voir la vie sous un meilleur jour, car quoi de plus propice à le provoquer que ce tournoiement de lumière que la chanteuse préconise ?

Pour tout l'or m'en aller...
Ce mécanisme de fuite, on le voit, est en réalité le leitmotiv de l'ensemble de l'album. Ouvert par California, qui en inaugure la dynamique fugitive, Anamorphosée n'a de cesse de décrire des échappatoires et des mises à distance. Dès lors, la spiritualité bouddhiste n'est qu'un des moyens que trouve la chanteuse pour s'éloigner d'un quotidien qui de toute évidence n'est plus aucunement satisfaisant. Le voyage géographique en est, on l'a vu, un autre, tout comme le rêve. Dans l'instant X, c'est une sorte de transe décadente, d'oubli dans le «fun» qui va permettre d'échapper à «l'humeur killer», dans Eaunanisme ou Alice, c'est le suicide, la dissolution «dans l'immensité» qui permet enfin de trouver «l'exit». Le voyage, qu'il soit spirituel ou physique est donc aussi une mise à mort symbolique. Dans California, Mylène veut «prendre l'exit» comme le fait la petite araignée Alice. Sur son road-movie plane l'ombre menaçante de la mort, tant par l'amour que porte la chanteuse au canon de revolver, que par l'overdose d'espace qui la menace. Voyage, mise à mort, indifférence, autant de manière symbolique de dire l'éloignement d'une vie qui fait trop souffrir pour que l'on puisse continuer à la vivre :

Je vis hors de moi et je pars
A mille saisons, milles étoiles
Comme j'ai mal
Je n'verrai plus comme j'ai mal
Je n'saurai plus comme j'ai mal
Je serai l'eau des nuages

Or si la fuite est si nécessaire, et si la souffrance est telle, c'est justement à cause de ce «monde brutal» que dénonce la chanson. Monde brutal que Mylène n'a de cesse de décrire au fil des couplets des chansons, pour tenter de le transcender dans les refrains. Ainsi dans Tomber sept fois, il s'agit de «se prendre des coups», de «se battre», et surtout d'oppression («Qu'on nous enseigne : never explain»/ «Qu'on nous assène : never complain»). A cette situation brutale, le refrain, ouvert par un «mais» qui en dit long, oppose un idéal d'espoir et de spiritualité symbolisé par la lune, qui est chez Mylène Farmer l'astre de tous les espoirs. Mais le voyage spirituel, l'espérance d'envol, sont teintés de pessimisme. Le bonheur qui est en vue risque de n'être en fin de compte qu'un «nirvana de fortune», et la seule paix que trouve la chanteuse réside en fin de compte dans une ivresse qui est aussi un oubli de soi, dans une dissolution qui nécessite «l'abandon du moi» et le fait de «s'éloigner de tout» («Je laisse le vent emporter tout»), comme c'était déjà le cas dans l'album l'autre, avec des textes comme Désenchantée ou Agnus Dei.
Qu'est-ce qui a donc réellement changé ? , serait-on tenté de se demander à ce stade de notre réflexion. Car si on peut, et si l'on doit, réduire la portée du «renouveau» qu'a apporté Anamorphosée aux thématiques même de la chanteuse, on ne doit pas cependant occulter le sentiment de changement, bien réel, qui en émane. Le changement thématique essentiel, c'est justement cette dialectique de la fuite. Avec les albums précédents, si le monde de Mylène Farmer était toujours aussi mortifère et destructeur que nous le présente Anamorphosée, il n'y avait d'autre échappatoire que l'indifférence d'une désenchantée, ou la mort. La pulsion de fuite libératrice qui entraîne la libération des enfants dans le clip de Désenchantée ne peut les mener qu'au désert, symbole évident de la mort qui nous raconte l'échec de toute tentative d'échapper à sa condition. Mais ce constat, on ne peut plus désenchanté justement, aurait pu conduire la chanteuse à une désespérance trop importante, car il impliquait la fermeture de toutes possibilité d'espoir. C'est ce que confiait Mylène dans Ainsi soit je... :

Mais quel espoir
Pourrais-je avoir
Quand tout est noir
Ainsi soit Je
Ainsi soit Tu
Ainsi soit ma vie
Tant pis

Il y a là, on le voit, acceptation, résignation à la vie dans ce monde dépourvu de sens ou «tout est chaos»… C'est cet état que Mylène, après l'échec de Giorgino, ne peut plus supporter. Comme elle le confie aux journaux, sans pour autant renier ce qu'elle a auparavant exprimé, la chanteuse étouffe, et veut trouver un renouveau. Ce renouveau, elle ne le trouvera pas tant dans son regard sur le monde, qui reste aussi désespéré, que dans la position adoptée en tant qu'être humain. «Je sais désormais que la vie est courte, et c'est avec opiniâtreté que je veux la dévorer» confiait-elle à Télé Sept Jour pendant sa tournée de 1996. C'est dire que l'essentiel dans le combat, c'est de le mener, et que la beauté de la vie réside justement dans les moyens que l'on va trouver pour en affronter l'horreur et la dureté. Il s'agit de «se battre pour ses rêves», même si en fin de compte le combat n'aboutit à rien. Car bien plus que le but fixé, c'est le moment où l'on lutte qui fait que nous existons à part entière. Ce que nous voyons poindre ici, derrière cette thématique centrale de l'échappée, ce sont les prémisses des vierges guerrières que décriront Méfie-toi et Fuck them all dans les albums suivants. On est en tout cas fort loin du bouddhisme tel qu'il se pense à l'origine, car c'est ici une philosophie du désir qui se met en place. Il y a chez la chanteuse une véritable «envie de bonheur», pour reprendre une expression qu'elle écrira bien des années plus tard.

Vertigo
Au niveau de l'écriture même, enfin, Anamorphosée apporte un dernier renouveau à la pratique de la chanteuse : c'est avec cet album que sont inaugurées plusieurs pratiques qui resteront chères à Mylène. La première de ces pratiques, c'est le néologisme. Dans la chanson Vertige, Mylène inaugure en effet le verbe «vertiger». Si c'est un cas unique dans l'album et une première dans l'œuvre, le procédé deviendra ensuite fréquent, c'est pourquoi il n'est pas inutile de le souligner ici… Mais la véritable nouveauté ici, c'est l'utilisation massive dans l'album de la langue anglaise. Jusqu'à présent, Mylène en effet n'avait guère pratiqué la langue de Shakespeare, si ce n'est au détour de quelques chansons comme La ronde triste ou Psychiatric. A l'exception de ces deux titres, intégralement rédigés en anglais, la chanteuse avait jusqu'à alors écrit uniquement en français, et ce alors même que nombre de ses auteurs de prédilection (comme Wilde, Poe ou encore Dickinson) étaient pourtant anglophones. Comme elle l'expliqua à propos de l'adaptation anglaise de Que mon cœur lâche, il s'agissait pour elle d'une volonté de contrôler ses mots, contrôle qu'elle ne se sentait pas apte à exercer dans une langue étrangère. L'anglais cependant a toujours été présent à l'arrière plan de la carrière de Mylène. Dès ses débuts, en effet, ses remixes, tout réalisés par des français qu'ils étaient, ont porté des titres en anglais. De même, certains instrumentaux portent des titres anglais, c'est le cas de Mylène is calling ou de The Farmer's conclusion. Cette habitude de travail, probablement héritée de Laurent Boutonnat (qui lorsqu'il écrivait encore des textes pour Mylène, avait entre autre rédigé We'll never die, ou intégré des samples de Greta Garbo et des phrases anglaises dans plusieurs de ses chansons. On pense notamment à Vieux Bouc) n'a pas quitté Mylène, puisqu'on peut apercevoir, au détour d'un reportage sur l'enregistrement
d'Anamorphosée, que sur les feuilles de travail, Rêver était nommée au préalable the reve slow. C'est probablement à lui que revient l'utilisation du sample des Liaisons dangereuses qui donne son titre à Beyond my control. Ces éléments périphériques mis à part, on ne trouve traces d'anglais nulle part dans les textes que la chanteuse rédige avant l'album Anamorphosée[2]. L'abondance de l'anglais ici n'en est que plus frappante. Dès la première chanson le ton est donné, puisque California est sans aucun doute l'emblème même des jeux de tissage qu'effectue Mylène entre les deux langues. Il y a dans l'utilisation de l'anglais la même dynamique d'échappée que celle que thématise l'album. Ne plus écrire avec sa langue, reconstruire les mots des autres : autant de jeux qui autorisent l'artiste à perdre son identité et à s'oublier pour retrouver une liberté d'être perdue :

J'ai plus d'I.D. mais bien l'idée
De me payer le free way


MysterFrizz
    

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