ConnexionAccueil3 Commentaires


Pas le temps de vivre (Les analyses du Glaçon)Analyse de MysterFrizz

Dédiée «à J.L.», sur le livret du carnet de voyage, Pas le temps de vivre évoque sur le mode lyrique le balancement entre moments où la lumière l'emporte sur l'ombre, et moments au contraire où c'est la douleur qui reprend ses droits, tandis que résonne en nous l'absence de l'être cher. La question de l'autobiographie est ici importante. Le texte d'un côté, est rattaché à un événement bien précis de la vie de Mylène, et en même temps, quelques expressions laissent planer un doute. Il y ici une véritable difficulté à faire un choix, qui témoigne encore une fois du fait que tout témoignage chez Mylène Farmer se veut à la fois personnel et universel. Dans une interview pour Radio Scoop, Mylène explique en effet : «Je préfère l'idée qu'on s'en fait que l'idée que j'ai voulu exprimer dans le fond. L'évocation d'une personne en particulier, maintenant on sait que ça peut s'attacher à une multitude d'autres personnes». La chanson évoque donc la «peur de l'abandon, de l'être qui n'est plus et que l'on voudrait à côté de soi» conclut Mylène. Que cet être absent soit Jean-Loup, le frère de Mylène décédé en 1996, ou une personne aimée, il «hante» en permanence la pensée, enfermant le «je» dans un ressassement du passé et de la douleur qui lui ôte, littéralement, «le temps de vivre».

Il est des heures, où
Les ombres se dissipent
La douleur se fige
Il est des heures, où
Quand l'être s'invincible[1]
La lèpre[2] s'incline
Mais
Si j'avais pu voir qu'un jour
Je serai[3] qui tu hantes
Qu'il me faudrait là, ton souffle[4],
Pour vaincre l'incertitude
Ecrouer ma solitude

Il est des heures, où
Les notes se détachent[5]
Les larmes s'effacent
Il est des heures, où
Quand la lune est si pâle
L'être se monacale[6]
Mais
Je erre[7] comme une lumière
Que le vent a éteinte[8]
Mes nuits n'ont plus de paupières
Pour soulager une à une,
Mes peurs de n'être plus qu'une

Je n'ai pas le temps de vivre
Quand s'enfuit mon équilibre[9]
Je n'ai pas le temps de vivre
Aime-moi[10], entre en moi[11]
Dis-moi les mots qui rendent ivres[12]
Dis-moi que la nuit se déguise
Tu vois, je suis
Comme la mer qui se retire[13], de
N'avoir pas su trouver tes pas[14]

Il est des heures, où
Mes pensées sont si faibles
Un marbre sans veines[15]
Il est des heures, où
L'on est plus de ce monde
L'ombre de son ombre
Dis
De quelle clef ai-je besoin
Pour rencontrer ton astre[16]
Il me faudrait là, ta main,
Pour étreindre[17] une à une
Mes peurs de n'être plus qu'une…


MysterFrizz
    

Vos réactions

Attention, vous n'êtes pas connecté ! Connectez-vous en cliquant ici. Le retour sur cette page sera automatique.