Pas le temps de vivre (Paroles)Analyse de PtitGénie

Mylène a clairement dédié ce texte à son frère décédé, Jean-Loup. On peut donc expliquer cette chanson en y faisant directement référence...
 
Il est des heures, où
Les ombres se dissipent
La douleur se fige

Mylène nous partage ici ces «heures» où elle ne pense plus à rien, où tous les problèmes de sa vie disparaissent le temps de quelques instants. Toute douleur "se fige", elle ne ressent plus rien, comme une accalmie dans la tempête. Une sorte de catatonie émotionnelle où elle se repose enfin, fatiguée.
Il est des heures, où
Quand l'être s'invincible
La lèpre s'incline

Pendant cet instant, tout son être devient plus fort, plus rien ne peut l'atteindre. La lèpre (maladie) symbolise ici tout le mal et tous les problèmes qui la menacent et qui à présent s'inclinent face à elle, déclarent forfait car il ne sert à rien d'insister : rien ne pourra la toucher pendant «ces heures» de calme.
Mais
Si j'avais pu voir qu'un jour
Je serai qui tu hantes

Le souvenir de son frère visite fréquemment son cœur et Mylène n'aurait jamais pu imaginer qu'un jour il l'obséderait tant.
Qu'il me faudrait là, ton souffle,
Pour vaincre l'incertitude
Écrouer ma solitude

La mémoire de son frère l'aide à emprisonner ses peurs de solitude, à combattre ses doutes au quotidien. C'est lui qui est à l'origine de ces «heures».

Il est des heures, où
Les notes se détachent

C'est Mylène qui a composé la musique de cette chanson. On peut penser qu'ici elle fait part du fait qu'elle l'a composé, imaginé pendant ces «heures» qu'elle décrit tout au long de la chanson. Que son inspiration et les notes de cette musique sont venues à son esprit en pensant à son frère.
Les larmes s'effacent
Toutes ses peines partent alors en fumée, elle se rend compte qu'il ne sert à rien de pleurer son frère, car il est là, auprès d'elle.
Il est des heures, où
Quand la lune est si pâle
L'être se monacale

Quand cette mélancolie, cette solitude nous atteint, quand on repense à un être cher, on vit un instant de manière monacale, c'est-à-dire propre aux moines : on plonge dans un silence et un repliement sur soi. (Mylène invente ici le verbe «se monacaler»)
Mais
Je erre comme une lumière
Que le vent a éteinte

On peut assimiler ici le vent au vide. Malgré tout le soutient qu'apporte le souvenir de son frère, le vide de cette absence empêche Mylène de s'illuminer, et elle erre ainsi chaque jour sans vraiment être guidé.
Mes nuits n'ont plus de paupières
Pour soulager une à une,
Mes peurs de n'être plus qu'une

Elle n'a plus personne pour soulager sa solitude et ses peines, pour la réconforter quand elle craint l'avenir et de n'être qu'une simple personne seule au monde...

Je n'ai pas le temps de vivre
Quand s'enfuit mon équilibre

Pour Mylène, depuis qu'elle a perdu son frère, elle a perdu ce qui faisait de sa vie un équilibre. Elle voit sa vie filer à toute allure, elle ne trouve plus le temps de profiter de la vie comme s'il était encore là, elle ne trouve plus le temps de vivre.
Je n'ai pas le temps de vivre
Aime-moi, entre en moi

Elle implore cet équilibre, son frère, de ne pas fuir, de rester en elle, de continuer à l'aimer comme avant.
Dis-moi les mots qui rendent ivres
Mylène voudrait qu'il soit encore là pour lui dire les mots qui savaient la rendre heureuse.
Dis-moi que la nuit se déguise
Elle voudrait que tout ceci soit en fait un mauvais rêve, que cette absence (cette "nuit") soit en fait un déguisement et qu'il suffirait de l'enlever pour que tout redevienne... comme avant.
Tu vois, je suis
Comme la mer qui se retire, de
N'avoir pas su trouver tes pas...

Elle fait allusion aux vagues qui sur la plage recouvrent les traces laissées dans le sable et les effacent au fur et à mesure qu'elles les recouvrent à chaque passage. Mais ici Mylène dit qu'elle ne se sent justement pas comme cela, qu'elle n'a pas réussi à effacer les traces de son frère, ses souvenirs de lui. On pourrait voir dans "n'avoir pas su" le fait que Mylène cherche à faire le deuil, à oublier tout ce qui lui rappel son frère et la fait souffrir, mais qu'elle n'y arrive pas, qu'il se rappel toujours à elle.

Il est des heures, où
Mes pensées sont si faibles
Un marbre sans veines

Elle continue de décrire le sentiment de ces «heures». Elle exprime ici le sentiment de vide qui empli son esprit, comme si ses pensées n'avaient plus de sens. Elle utilise la comparaison avec le marbre qui n'aurait plus ses veines, car ce sont ces formes de veines qui sont très caractéristiques de cette pierre. Sans elles, la roche ne serait plus ce qu'elle est ; sans ses pensées, Mylène n'est plus ce qu'elle est…
Il est des heures, où
L'on est plus de ce monde
L'ombre de son ombre

Encore une fois, il s'agit là du sentiment d'inutilité qui l'envahi. Comme une prise de conscience qu'elle n'est rien dans ce monde sans lui. Elle se dit qu'elle n'est que son ombre, même pire : elle n'est que l'ombre de son ombre. Il ne reste de lui qu'une trace sur cette terre et Mylène erre toujours rattachée à celle-ci.
Dis
De quelle clef ai-je besoin
Pour rencontrer ton astre

Mylène désespère, elle voudrait revoir son frère, elle lui demande ce qu'il faudrait qu'elle fasse pour le revoir… Quelque chose les sépare, comme une porte entre eux, dont elle n'aurait pas la clé.
Il me faudrait là, ta main,
Pour étreindre une à une
Mes peurs de n'être plus qu'une...

Toujours ce besoin pour Mylène de n'affronter ces peurs qu'avec l'aide de son frère. Ces peurs de n'être rien, comme un petit complexe d'infériorité. Elle ne veut pas avancer dans la vie sans lui, elle veut qu'il la prenne par la main et qu'ils aillent encore ensemble, comme avant…


PtitGénie (07/2006)
    

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