Ballade de la féconductrice

Mylène Farmer / Laurent Boutonnat / Ballade de la féconductrice Mylène Farmer / Laurent Boutonnat / Ballade de la féconductrice

"A 17 ans, on a forcément envie de choquer les adultes. C'était un fantasme d'adolescent que je m'étais amusé à réaliser avec très peu d'argent. Je faisais tout : le maquillage, les costumes... Je tournais un plan et développais la bobine le lendemain... Puis c'est devenu un film d'une heure quinze. Je ne m'en souviens plus très bien, à vrai dire. C'était l'histoire d'une tueuse en série qui se déguisait en clown avant chaque meurtre... Après l'échec du film, je suis resté à demi mort." [Laurent Boutonnat]
Propos recueillis par Juliette Michaud, Studio Magazine. Octobre 1994.


Synopsis officiel

La balade d'une fille, fleur du mal, dans un univers fantasque et allégorique où se mêlent humour noir et horreur.


Fiche technique

- Producteur : Laurent Boutonnat
- Réalisataeur : Laurent Boutonnat
- Assistants-réalisateur : Jean-Loup Roy & Bruno Briois
- Photographie : Laurent Boutonnat
- Ingénieurs du son : Gérard Demeulenaere & Patrick Gibault
- Monteurs : Laurent Boutonnat & Catherine Bornand
- Maquilleur : François-Xavier Acar
- Décorateur : Thierry Deletraz
- Musicien : Jean-Loup Lamouroux (violoncelliste)
- Photographe : Dominique Pichon
- Musique : Laurent Boutonnat
- Durée du film : 1h15mn
- Lieux de tournage : Paris - Etretat
- Date de tournage : Octobre 1978 / février 1979
- Date de la première : début avril 1980 (dans une salle à Paris : cinéma Le Marais) - Date de sortie : 15 mai 1980 (dans une salle à Paris pendant deux semaines : cinéma Le Marais)


Casting

La fille : Orit Mizrahi
L'homme : Gilles Mate
L'enfant : Dominique Boutonnat
La femme enceinte : Anne-Marie Duboucher
La paralysé : Antoine Therond
Le clochard : Yves Bouin
Le prêtre : Xavier Anezo
La Sainte Vierge : Anne-Marie Pol
L'agent de police : Michel Soubrier
L'homme au chien : Jacques Baillon
L'aveugle : José Fuentes
Et avec : Pascal Vassort, Jean-Damien Thiollier & Thierry Deletraz


Exclusivité InnaNet - Le film en intégralité

C'est le 26 juillet 2011 qu'Innamoramento.net offre pour la première fois, plus de 31 ans après sa sortie, la possibilité aux fans de regarder le film en intégralité, malgré la très médiocre qualité de l'enregistrement :


=> Fichier bientôt disponible <=



Exclusivité InnaNet - Photographies de plateau



Exclusivité InnaNet - La Bande Originale du film

(basse qualité)
01 - La marche du prêtre
02 - Dans l'église
03 - La fuite du prêtre
04 - Générique (Ballade de la féconductrice*)
05 - Mère et fils
06 - Danse
07 - Le clown
08 - Blues pour un clochard*
09 - La vierge
10 - Sur le banc du parc
11 - Séance au piano
12 - Dans le salon
13 - Accouchement
14 - Nettoyage
15 - L'handicapé (Fée Disco*)
16 - Transition
17 - Le corps de l'enfant
18 - Fuire ses démons
19 - L'arrivée de l'homme
20 - La plage
21 - Retrouvailles
22 - Générique de fin
=> Dossier complet (archive .rar)
*Noms officiels SACEM - Merci à Woodstock pour l'arrangement de la B.O.


Quelques infos...

- Une affiche du film (il en existerait deux différentes) :
Mylène Farmer / Laurent Boutonnat / Ballade de la féconductrice / Merci à Jodel
- On ne le précise pas souvent : ce film est en noir et blanc, et il est muet !
- Le générique du début est une succession de 13 (13 !) illustrations de Gustave Doré (extraits de la Divine Comédie de Dante). Anecdote amusante, on peut voir le tableau qu'Alain Escalle montre dans les bonus de la Tournée 2009, lorsqu'il explique que c'est une oeuvre que Laurent Boutonnat lui a montré pour qu'il s'en inspire pour le final des salles (illustration n°4) :

- Lettre du comité de censure donnant sa réponse concernant le niveau d'interdiction au public du film (merci à Jodel) :
Mylène Farmer / Laurent Boutonnat / Ballade de la féconductrice (censure)
- Scénario original du film, annoté par Laurent Boutonnat (merci à Jodel) :
Mylène Farmer / Laurent Boutonnat / Ballade de la féconductrice (scénario) Mylène Farmer / Laurent Boutonnat / Ballade de la féconductrice (scénario) Mylène Farmer / Laurent Boutonnat / Ballade de la féconductrice (scénario)
- Affiche originale du film, composée de collages réalisés par Laurent Boutonnat lui-même (sa signature est visible). Il s'agit sûrement de l'affiche placée devant le cinéma Le Marais à la sortie en avril 1980 (dimensions : 64,5cm*42cm). A noter la présence une photo inédite du film (le prêtre et sa valise) :
Mylène Farmer / Laurent Boutonnat / Ballade de la féconductrice (affiche) Mylène Farmer / Laurent Boutonnat / Ballade de la féconductrice (affiche) Mylène Farmer / Laurent Boutonnat / Ballade de la féconductrice (affiche) Mylène Farmer / Laurent Boutonnat / Ballade de la féconductrice (affiche) Mylène Farmer / Laurent Boutonnat / Ballade de la féconductrice (affiche) Mylène Farmer / Laurent Boutonnat / Ballade de la féconductrice (affiche)


L'avis du webmaster

En un mot : original. Ce n'est pas vraiment un film que l'on "aime" ou que l'on "n'aime pas" je pense. De toute façon, pour son contexte (budget etc.), on ne peut à présent juger que le récit et ce qui s'en dégage.
Il est moins gore que le veut la légende. L'horreur est suggérée : on voit par exemple dans la première scène que le prêtre s'apprête à couper le sexe d'un jeune homme, mais au moment de couper avec le ciseau c'est le visage de l'homme qui souffre qui est filmé. Bon, à l'époque ils n'avaient de toute façon pas vraiment les moyens de faire des effets spéciaux magnifiques c'est certain...
Laurent avait expliqué dans la presse que le tournage du film avait été vraiment très découpé, qu'ils avaient tourné scène par scène, parfois très espacés dans le temps. On ressent cela en regardant le film : on pourrait dire que c'est une succession de scènes bien distinctes, sans que l'on explique d'une façon linéaire comment le personnage principal est arrivé dans telle pièce ou dans telle rue. Chacune de ces scènes ont des symboles très appuyés, presque top évident et trop grossiers. Mais parfois tellement appuyés qu'elles en deviennent incompréhensibles, et l'histoire elle-même n'a au premier abord pas de sens clair. Tout à fait le genre de chose dont on pourrait discuter 36 heures, un peu comme le final de "Giorgino" que chacun voit de manière différente. Tout à fait du Laurent Boutonnat donc.

Ce que j'en ai compris, et qui ressort mal du scénario de l'Instant-Mag (mais au passage très bien détaillé, je l'avais avec moi), c'est que grossièrement c'est l'histoire d'une femme qui vit seule avec son gosse. On comprendra que le père de l'enfant les a quittés. On va voir naître en elle une sorte de folie dévastatrice, qui commencera par le meutre de son propre fils. Puis elle tuera des personnes qui représentent chacun "quelque chose" de très symbolique (un pauvre, un prêtre satanique, un handicapé, une femme enceinte, le bébé de cette femme...). Il n'est pas expliqué de manière explicite la raison de sa folie, mais on notera que quelques instants avant de tuer son fils, elle vivait avec lui un moment de grand bonheur. Lui offrait-elle cette joie comme un ultime cadeau avant de l'électrocuter, ou bien était-ce un bonheur réel qui aurait été le déclencheur de sa folie, comme un "trop plein" de bonheur ?
C'est une "balade" parce que la femme va se promener à Paris pour tuer ses différentes victimes, en les choisissant d'une manière presque aléatoire donc.
Parallèlement, le père (qui a une dégaine façon Alain Delon, Ray-Ban et cigare à la bouche) semble à sa poursuite : il passe partout où elle est s'est rendue, et parfois la précède même.
Quelques scènes marquantes en vrac :
- après la première scène du film, le prêtre se met à courir en voyant l'héroïne, et c'est en images un peu accélérées qui rappellent la fuite de la poupée du clip "Sans contrefaçon", quand celle-ci court sur la plage pour fuir le marionnettiste.
- une petite satire de la société, lorsque personne ne donne de pièces au clochard sur le pont du métro, puis la femme le tue, et ce n'est qu'ensuite que tous les passants lui donnent de l'argent alors qu'il est mort, gisant par terre.
- un policier qui se fait matraquer par un énorme gode. Ce gode tombera par terre et du liquide blanc en sortira...
- j'évoquais des symboles "lourds" ; par exemple sur la plage on nous montre en gros plan un panneau indiquant "La Mer" et dans le sens opposé "Le Per". Mais finalement pas si lourd que ça, puisque la mère et le père de l'enfant finiront par arriver sur cette plage.
Le final est ma partie préférée, magnifique moment onirique où les deux amants se retrouvent sur une plage alors que la femme "joue" avec le corps de leur enfant mort. Ils s'embrassent, puis elle le tue, et se termine par en se suicidant dans l'océan !

En tout cas, je tire mon chapeau à Laurent Boutonnat. On se rend compte qu'il est vraiment une personne spéciale, pour avoir une maturité morbide comme ça dès ses 17 ans. Si jeune, en venir à imaginer la scène de la mère qui joue avec le corps de son fils sur la plage, qu'elle manipule avec des fils telle une marionnette.
Et je me demande ce qu'ont pensé ses parents, pour le laisser tourner une scène de nue à son petit frère de 8 ans ! Surtout qu'il le fait se caresser "sensuellement" avec un savon dans une baignoire... On ne voit rien parce que c'est caché par la mousse, mais c'est tout de même anodin ! Dernière chose, il est amusant de voir un film de Laurent qui se passe à moitié dans des HLM, lui qui nous a habitué à ses récits historiques et costumés.
Une oeuvre à part. Les débuts d'une plus grande balade !


Confidences - Interviews

Thierry Delétraz / Acteur - 12/2009 - InnaNet
Jean-Loup Lamouroux / Violoncelliste - 01/2009 - InnaNet


Articles de presse sur le film



Le scénario (par l'Instant-Mag)

(1ère bobine)

1er titre – Pré générique – Extérieur jour – Une église

Image d'une grille fermée (qui fait penser à celle du Tour 89). Sur une musique au piano, un homme en soutane, avec les cheveux longs, pousse la grille et descend une rue en escalier. Le prêtre traverse la rue, une valise à la main, sur un fond de bruit d'orage. Il croise un homme avec un cigare qui lui demande du feu. Le prêtre aide le passant, puis arrive dans une église. Une foi à l'intérieur, il se signe et entre dans le chœur, où se trouvent deux jeunes hommes nus, de dos, agenouillés qui prient. Le prêtre passe derrière une chaire, ouvre un livre immense qu'il feuillette. Les deux hommes se lèvent alors, et viennent s'agenouiller au près du prêtre. En musique de fond, des chœurs religieux. Pendant le sermon, l'un des deux hommes se met à jouer du pipeau. Son sexe se dresse comme un serpent dompté par les sons de l'instrument. Agacé, le prêtre s'interrompt, s'approche des deux hommes, qui enserrent ses jambes. Il ouvre sa valise, sort une paire de ciseau et coupe le sexe de l'effronté musicien! Plans sur les visages, notamment sur celui de l'homme au sexe coupé, qui hurle de douleur. Quand le sexe tombe à terre, il se transforme en marguerite. 
Sur une musique guillerette, le prêtre sort de l'église. Il aperçoit alors une jeune femme, assise sur le capot d'une voiture, la marguerite entre les dents, affichant un grand sourire. Elle le regarde avec insistance nettoyer ses ciseaux pleins de sang. Effrayé, il s'ensuit. Le générique commence, avec en fond des tableaux religieux représentants des crucifixions, des scènes de tortures et de nus.

Intérieur jour – Appartement

Dans un salon diablement "seventies", on retrouve la jeune femme en train de boire. Un enfant entre dans la pièce, elle l'embrasse. Il ouvre son cartable, et lui montre un grand livre, où l'on distingue vaguement des femmes nues.Une musique primesautière débute. La femme et l'enfant se mettent à danser, en tournant, longuement, sur une musique entraînante, entêtante, interminable.
La femme emmène l'enfant sur le balcon, puis rentre dans l'appartement pour lui faire couler un bain. L'enfant se déshabille et rentre dans la baignoire. Dans une pièce à côté, la fée (nous l'appellerons désormais ainsi) sort un bâton de rouge à lèvres, et se grime le visage de faon sensuelle. La scène est entrecoupée avec une scène parallèle où l'enfant se savonne de façon suggestive, en remontant lentement vers sa cuisse, on ne voit cependant rien car le bain est moussant. Retour à la pièce où la fée achève son maquillage, qui est un masque de clown. Elle se tire la langue dans le miroir. Lorsqu'elle rentre dans la salle de bain, elle est entièrement déguisée en clown, avec chapeau, pantalon large à carreaux, haut rayé marin, et bretelles. Elle se tient debout face à la baignoire, regarde fixement l'enfant, lui fait des grimaces. La fée fait des révérences, des ombres chinoises sur le mur, l'enfant est ravi et applaudi. Brusquement, gros plan sur une prise électrique au-dessus du lavabo. La fée s'empare de la rallonge, qu'elle balance nonchalamment à bout de bras, regardant toujours l'enfant. Subitement, elle plonge la prise dans la baignoire et l'enfant se noie, électrocuté, sur une petite musique de piano. La scène s'achève sur un clin d'œil que la fée adresse au mort. 

Extérieur jour – Une rue

Un clochard est assis sur un des passerelles qui surplombe une ligne de métro. Il boit au goulot d'une bouteille de vin, gémit des mots incompréhensibles. Les rares passants l'ignorent. Il finit par se faire vomir dans une écuelle, sort une serviette de table, sale son vomi avant de la manger d'un air satisfait, en le touillant. En arrière-plan, on voit la fée au loin, qui le regarde faire, puis s'approche de lui. Musique jazzy au saxo qui début. La fée s'agenouille près de l'homme, lui prend son écuelle des mains, lui caresse le visage. Il est fasciné, et lui sourit à pleins chicots ! À ce moment, la fée sort à nouveau son bâton de rouge à lèvre pour maquiller le clochard en clown. Elle l'embrasse, lui donnant un baiser fatal, puis le laisse mort. Les passants continuent de passer, mais ils ne regardent toujours pas le garçon. Deux hommes lui lancent une pièce. Une vue sur Paris termine la scène.

(2ème bobine)

Extérieur jour - Une rue

La fée évolue à travers un marché vide, dont il ne reste que les armatures des étals. Elle est toujours sans te nue de clown.L'homme au cigare, aperçu lors de la première scène avec le prêtre, la suit de loin.Il s'arrête pour éternuer. La fée passe devant une femme, qui porte un voile blanc vaporeux et brandit un écriteau portant l'inscription " toujours vierge". L'homme au cigare passe à son tour devant l'inconnue, s'arrête, lit le panneau, et lui fait un bras d'honneur. Puis il rejoint la fée sur un banc, dans un jardin public. Il s'approche progressivement d'elle. Plus loin, un homme à l'air triste est assis sur un banc et essuie ses lunettes. Lorsque l'homme au cigare regarde à nouveau vers la fée, celle-ci a disparu. À sa place, il y a un œuf avec un visage souriant peint dessus, qui lance à la tête de l'homme à lunettes.

Intérieur jour – Appartement de la fée

La fée joue du piano dans son salon. Elle a les yeux grimés par 2 traits noirs qui partent de ses yeux et terminent sur ses joues. Une marionnette danse sur le piano et bat la mesure. La scène est entrecoupée par des plans serrés sur les jambes d'une femme qui s'avance dans le couloir. Une sonnette retentit. On retrouve les 2 femmes dans le salon. La fée se vernit méticuleusement les ongles, tandis que l'autre sert du café, regarde son interlocutrice à plusieurs reprises, et reprend son tricot, avec en fond une musique chantée. La fée lève enfin son regard vers l'autre femme. Cette dernière lui montre son tricot débutant. Un malaise s'installe. La fée prend une position suggestive avec sa jambe sur l'accoudoir. S'en suit un échange de regards et de sourires, assez ambigus, entre les deux femmes. L'inconnue continue de tricoter, puis se lève pour ramener un verre à la cuisine. On s'aperçoit alors qu'elle est enceinte. Une fois dans la cuisine, elle ouvre le frigo, et hurle en découvrant quelque chose qui reste caché au spectateur. Dans la panique, elle s'écroule lourdement sur le ventre. Pendant ce temps, la fée se maquille à nouveau, puis gagne la cuisine et regarde le sang s'écoulait entre les jambes de la femme inconsciente. Elle s'agenouille, lui écarte les jambes, se retrousse les manches, enfile des gants, avant de relever la jupe de la femme et de la faire accoucher. Tout cela sur un air de piano très primesautier. Gros plan sur l'enfant qui sort du vagin. La fée regarde longuement ses mains ensanglantées avec, en bruit de fond, des pleurs et des vagissements. Légitimement énervée, elle jette violemment le bébé au vide-ordures, puis traîne le corps de la mère dans le salon. Là, elle lui pose des dents de Dracula, lui cale la tête sur un livre, avant de passer un coup de balai sur le dos et les jambes de la morte pour l'épousseter. Elle s'arrête un instant, pensive. 

Intérieur nuit – Chambre de la fée

La fée est dans son lit, allongée, elle caresse un chien, allongé sur le dos entre ses jambes, les pattes écartées. On lui voit clairement les testicules. Elle le retourne brutalement, le plaque entre ses jambes, et fornique avec l'animal. Bizarrement, on sent qu'elle y prend un plaisir incroyable.(Alors que le chien n'est même pas beau).

Extérieur jour – Une rue

Un agent fait la circulation. Un handicapé en fauteuil roulant traverse la rue, rentre malencontreusement dans l'agent, puis se fait aider par ce dernier pour traverser la rue. Plus loin, un aveugle à la démarche ataxique, avec une canne blanche, rentre dans un arbre. L'homme au fauteuil roulant poursuit sa route, et croise la fée qui lui barre la route. Elle est en capeline, arbore une canne noire à la main et a également un point rouge au bout du nez. L'handicapé et la fée se sourient, cette dernière tourne autour du fauteuil, enlève ses lunettes au paralytique, qui se bave dessus. Elle lui écrase ses lunettes d'un air sardonique et l'idiot se met alors à pleurer. La fée lui envoie un baiser, l'embrasse sur le front, et pousse violemment le fauteuil dans une pente. Au loin, l'aveugle s'approche de sa démarche incertaine. Une violente collision s'ensuit. Plan rapide sur le mongolien encastré dans une voiture, et l'aveugle énuclée par sa canne! Sur ce, l'homme au cigare arrive, regarde la scène avec curiosité, et fait un bras d'honneur au borgne. L'agent de police présent en début de scène le voit, lui donne un coup de matraque qui s'avère être un énorme godemiché. Ils se battent. L4homme au cigare tabasse le gendarme à mort avec le godemiché, qui émet un jet mousseux en tombant à terre.
Gros plan sur le visage tuméfié de l'agent. L'homme au cigare reprend tranquillement sa route.

Intérieur soir – Appartement de la fée

Coucher du soleil vu de la tour dans laquelle habite la fée. Celle-ci se trouve dans la pénombre, devant une bougie qu'elle souffle. Elle est dans son salon et il y a des dizaines d'autres bougies allumées dans la pièce. Elle passe dans la cuisine, ouvre le frigo, et en sors l'enfant électrocuté, qu'elle assoit devant un miroir, et grime en clown triste. Elle lui noue une ficelle autour des mains, et en joue comme d'un marionnette, avant de le ranger dans une valise. A ce moment, de la fumée provient du salon. La fée s'y précipité, et découvre qu'un feu se propage. Elle quitte précipitamment l'appartement avec la valise contenant l'enfant. Dans la cage d'escalier, une sorte de monstre poilu se lance à sa poursuite, et la fée croise dans sa fuite chacune de ses victimes: la femme enceinte, qui lui tombe dessus ; la vierge de la rue, qui tente de l'attraper; le clochard, assis dans un coin. La fée se précipite dehors. Vue de son balcon en feu. En fond sonore des voix d'hommes comme dans une CB, qui suggère l'arrivée de la police. 

Extérieur jour - Cimetière

Cimetière isolé, au milieu de champs désertiques. Il y a de la neige sur le sol, un bruit de vent en fond. La fée rentre en faisant grincer le portail. Elle évolue entre les tombes, s'arrête un instant sur l'une des sépultures. Derrière elle, une main s'agrippe à la tombe, la fée ne la voit pas, se lève et repart.
D'autres mains surgissent de derrières les tombes, c'est amusant comme tout. La fée emprunte un sentier boueux, derrière le cimetière. Il n'y a que le bruit du vent, de ses pas, et d'une cloche qui se met à sonner au loin. Sur son passage, des mains toujours plus nombreuses continuent de sortir des tombes, des arbustes, etc. la fée arrive dans le champ jouxtant le cimetière, qui s'étend à l'infini avec un horizon plat, qu'elle se met à traverser avec sa lourde valise.

Extérieur jour – Une plage (Étretat)

Image d'un coucher de soleil en bord de mer, plage de galets. La fée arrive avec sa valise. Un premier panneau indique "la mer", un autre indique en direction opposée "Le père". Sur la même plage, on retrouve le prêtre émasculeur du début, avec lui aussi sa valise. Il est pieds nus, se signe dans le désordre, renonce, mange des œufs, fouille frénétiquement sa valise. La fée s'approche, puis le tue avec un couteau. Plan sur le flux et le reflux de la mer qui se brise sur les rochers. Sur ce, l'homme au cigare arrive, trouve le prêtre mort, assis, grimé en clown. Il le pousse d'une chiquenaude, et le corps s'écroule. Plus oins, la fée joue avec l'enfant mort, qu'elle anime comme une marionnette sur la plage. L'homme au cigare s'approche de la fée, qui laisse tomber l'enfant en le voyant. Long échange de regards entre les deux, qui finissent par se rapprocher lentement, sur la plage. L'homme a un pistolet au poing. Lorsqu'ils se rejoignent, il range l'arme dans la poche droite de son manteau, jette son cigare, et embrasse longuement la fée. Elle en profite pour saisir son arme et la pointe vers lui. A nouveau u long échange de regards, uniquement rompu par le bruit des vagues.
L'homme sourit, prend un cigare, qu'il allume lentement, résigné. La fée le vise toujours, il recule, toujours face à elle, comme pour tenter de s'enfuir doucement. Long moment suspendu. Elle tire, l'homme s'écroule, la scène est au ralentit. Il se relève, elle tire de nouveau, il tombe à genoux sur les galets, elle lui tire une balle en pleine tête. Elle jette le pistolet, et rejoint l'enfant marionnette.
Agenouillée auprès de celui-ci, elle sort un couteau, caresse son visage avec la lame, avant de couper les liens de sa marionnette. Au loin, les vagues viennent mourir sur la plage. La fée boit une petite fiole, titube, vomit, court vers la mer.
La caméra s'éloigne, on entrevoit les falaises d'Étretat au loin, le corps de la fée flottant dans l'eau, puis son chapeau. Sur la plage, il n'y a plus que le pyjama de l'enfant. Ce dernier est vu en plan fixe de dos, de profil, puis de face, avec un sourire.

Fin - Générique

    

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