ConnexionAccueil0 Commentaire


Tournée 2009
Déroulement du spectacle

A l’entrée dans la salle, la scène est masquée par de grands spots orange baignant la salle d’une lueur infernale.

Soudain, l’œil de Mylène apparait sur un écran géant. Comme pour regarder s’il y a du monde dans la salle. Le cri de délire qui s’élève de la foule lui répond de manière plutôt éloquente. L’œil s’ouvre donc, scrute la foule, puis se referme et disparait. L’écran géant n’est pas un écran ordinaire. Transparent et situé vers l’avant de la scène, il est en réalité constitué de six écrans verticaux alignés les uns avec les autres, mais pas de manière parfaite : les deux écrans centraux sont légèrement plus en profondeur que les deux écrans qui les entourent, eux-mêmes décalés par rapport aux écrans qui les entourent. L’œil de Mylène réapparait une nouvelle fois, et scrute à nouveau la salle avant de se refermer puis de disparaitre. Ce n’est que lorsque le manège se répète une troisième fois que la salle est plongée dans le noir, déclenchant un nouveau cri de délire du public. L’Introduction commence véritablement, lorsque l’œil réapparait encore une fois, devient incandescent puis semble exploser en une boule de lumière au centre d’une sorte de vortex, entrecoupé d’images presque subliminales d’un squelette en mouvement. On croirait, par cet œil, pénétrer dans l’esprit même de Mylène. La musique d’introduction fait formidablement monter la pression. Mystérieuse, inquiétante mais très énergique, chaque gros coup de batterie est accompagné d’un flash lumineux dans les images qui sont projetées. Une intro très « plongée dans le tunnel farmerien ». Petit à petit, on distingue dans les hauteurs de la scène, en profondeur, une silhouette à travers les écrans transparents. Une silhouette très familière qui déclenche des cris d’hystérie…

Les écrans s’écartent, tandis que la plateforme sur laquelle est située Mylène Farmer descend lentement se poser devant un fond de scène très habillé : des sortes d’étagères blanches sur lesquelles sont disposés des mannequins féminins blancs, totalement nus. En arrière-plan, un immense écran qui parcourt toute la largeur de la scène, et au centre, un écran très semblable à celui du Tour 96. Au premier plan du décor, deux « écorchés », d’’immenses squelettes calcinés, décharnés, un genou à terre et un bras levé vers le ciel (proprement impressionnants), encadrent un grand escalier lumineux situé exactement au centre de la scène.

C’est en haut d’un escalier tout à fait semblable que Mylène nous avait laissés lors de son dernier spectacle, en 2006. Lavée d’une eau salvatrice, elle se dirigeait alors, en une lente ascension, vers la Mort qui paraissait l’attendre. Arrivée dans la brume de ce royaume mystérieux, elle adressait un dernier signe de la main à son public, pauvres âmes demeurées sur Terre. Nous la retrouvons maintenant évoluant sur un escalier identique, comme si nous étions justement situés dans cet espace mystérieux, le haut des marches du précédent spectacle. Mylène semble en effet se trouver entre deux mondes, celui des vivants qu’elle a quitté, et celui des morts qu’elle côtoie de près (la présence des « écorchés », sa coiffure formée d’une sorte de couronne de croix christiques, très « reine des squelettes »…) sans y être encore tout à fait. Elle semble perdue dans les limbes, et nous invite à participer à son passage dans cet univers qui précède la Mort. Nous avons exploré la vie, nous allons maintenant explorer la Mort avant que Mylène ne la rejoigne. Il est donc tout naturel qu’elle porte un costume d’écorchée, dépourvu de peau et révélant ainsi les muscles, tendons et vaisseaux sanguins de son corps. L’œil de Mylène qui apparaissait en introduction du concert symbolisant son éveil sur ce nouveau monde qu’elle scrutait, d’une manière tour à tour confiante, apeurée ou hésitante. Son voyage entre la vie et la mort commence ici, Mylène va nous conter une nouvelle fois ses doutes, ses peurs, ses questionnements, mais pour l’heure, ce monde nouveau entre la vie et la mort est nouveau pour elle, elle demande donc tout naturellement qu’on lui laisse son Paradis inanimé qu’elle recherche. 

La plateforme qui présentait Mylène très en hauteur s’abaisse lentement puis se pose en haut de l’escalier central, la « cage » qui l’entourait la libère. Elle s’approche de l’avant de la scène au moment du premier refrain de la chanson, tout sourire. Elle restera immobile au milieu de la scène jusqu’à la fin presque instrumentale du titre. « Paradiiiiiis… ».

Après un noir très court, un rythme électronique se fait entendre. Sur ce son très rythmé auquel s’ajoutent bientôt d’autres sonorités tout aussi dynamiques, Mylène effectue de larges gestes, envoyant ses bras et ses jambes d’un côté puis de l’autre. On songe immédiatement au pont de Plus grandir en 1989. Les deux danseuses rejoignent Mylène et font les mêmes gestes qu’elle. La musique est toujours démentielle. Tous les danseurs rejoignent progressivement le centre de la scène, avant qu’une envolée de violons très reconnaissable ne déclenche une nouvelle vague de cris appréciateurs dans le public. Tout le monde s’accroupit, l’introduction de L’âme-stram-gram débute. Dans une nouvelle version incroyablement dynamique, Mylène donne une seconde vie à son succès de 1999. Elle effectue l’intégralité de la chorégraphie avec ses danseurs avant de faire reprendre le refrain à la foule.

Le rythme n’a pas le temps de retomber : l’introduction de Je m’ennuie se fait entendre. Les écrans transparents sont à nouveau déployés, répartis sur toute la largeur de la scène. Les danseurs effectuent une toute nouvelle chorégraphie plutôt réussie, créée par Mylène. Sur les écrans, des silhouettes effectuent également cette chorégraphie – très bonne idée de mise en scène au résultat fort plaisant. On ne peut d’ailleurs qu’admirer la parfaite synchronisation entre les danseurs « virtuels » et les danseurs « réels ». Sur la fin du titre, on assiste à une sorte de « canon chorégraphique » : les chorégraphies des uns et des autres ne sont plus identiques. Puis tout le monde retourne en coulisses, c’est le noir dans la salle.

Une nouvelle introduction absolument magnifique se fait alors entendre… La scène est baignée de lumière orange, à l’exception de deux petits escaliers métalliques situés aux deux extrémités de la scène, et sur laquelle se trouvent les deux choristes, baignées de rose. Habillées en nonnes sexy, elles chantonnent doucement. On reconnaît petit à petit Appelle mon numéro, sur laquelle Mylène arrive par la gauche de la scène dans une nouvelle tenue. Par-dessus une petite robe pailletée rouge, elle porte un imperméable également rouge, dans une matière ressemblant à de la soie. Ses jambes sont vêtues cuissardes assorties. La prestation de Mylène est très simple, celle-ci se contente de parcourir la scène, tandis que des touches de téléphone apparaissent derrière les mannequins dans chacune des cases du fond du décor. Sur la fin de la chanson, l’écran géant du fond projette les images live de Mylène avec un téléphone se balançant devant elle.

Gros coup de guitare, très reconnaissable. C’est parti pour une nouvelle version de XXL, assez semblable à celle de 2006 sur le plan musical. Sur scène, les deux guitaristes, vêtus d’un audacieux et très réussi costumes à dos nu, s’avancent et se placent chacun d’un côté de la scène. Mylène joue beaucoup avec eux, et de manière très sexy. Elle se place derrière l’un et se frotte à lui, puis s’agenouille devant l’autre et lui touche sensuellement la jambe et la cuisse… Les deux guitaristes se regardent, jouant le jeu de la jalousie. Un moment très sympathique ! A noter également un effet très réussi dans les images projetées durant le titre sur les écrans situés derrière les musiciens : sur l’intro, le pont musical et la fin de la chanson, les silhouettes humaines qui évoluent dans les images forment les lettres « XXL ». Ces trois lettres apparaissent également derrière les musiciens formées de lumières dorées, sur la fin de la chanson.

« Eh han, eh han, eh han… ». Yvan Cassar joue aux claviers un gimmick bien connu mais qu’on n’avait pas entendu depuis très longtemps… Le public n’en croit pas ses oreilles : A quoi je sers… ! Formidable surprise que ce titre longtemps réclamé, livré ici dans une version aux couplets dépouillés, pour une émotion encore plus forte. Le public est ravi, Mylène, elle, reste concentrée. Elle commence la chanson assise sur l’escalier du décor, se lève et s’avance vers le public, puis retourne sur l’escalier à la fin de la chanson. Ovation.

« Pou-pou-pou, pou-pou, pourvu-qu’elles-soient-douces… ». Nouveaux cris de délire. Mylène est debout, débarrassée de sa cape rouge, en haut de l’escalier du décor, tandis que résonne l’introduction du célèbre remix de Pourvu qu’elles soient douces. Deux danseurs la rejoignent, puis tous les trois descendent les marches lorsque débute la véritable introduction de la chanson. Sur la dernière mesure de celle-ci (avec la voix scratchée), la scène est plongée dans le noir et envoie des lasers tournoyants en direction de la salle. La version ici proposée est incroyablement punchy : chaque début de phrase musicale est ponctué de gros coups de batterie tandis que résonne le gimmick de l’intro de façon très dynamique. Au fil de la chanson, les autres danseurs rejoignent également la scène et toute la troupe est là pour la fin de la chanson.

Nouvel interlude musical pour permettre à Mylène de se changer, avant que ne résonne l’introduction de Point de suture. Les écrans transparents projettent de superbes images de deux personnes nues, le corps doré, effectuant une danse d’amour/haine très réussie. Mylène apparaît derrière ces écrans, qui s’écartent pour la laisser avancer sur le devant de la scène. Le rideau d’eau de 2006 n’est pas loin… Elle porte une robe bleue surmontée d’une bande noire que deux bandeaux prolongent sur ses bras.

Tandis que Yvan Cassar est installé à un nouveau piano situé vers à gauche de la scène, Mylène s’approche. Yvan joue une intro… Celle de Nous souviendrons nous ! Nouvelle et énorme surprise pour le public qui ne cesse de crier son amour à Mylène. La chanson donne lieu à de formidables moments d’émotion, tant son texte résonne d’une façon particulière, aussi bien pour Mylène que pour le public.

On enchaîne immédiatement avec Rêver, dans une version classique, mais toujours efficace. Un effet de laser absolument sublime habille la chanson : une sorte de tunnel de lumière verte qui semble ondoyer, comme si la lumière passait lentement à l’état liquide. Indescriptible… Puis vient Ainsi soit je… dont Mylène modifie légèrement la mélodie de la fin du refrain, pour la rendre un peu moins aigüe et plus facile à chanter. Ce passage est bien sûr l’occasion de nombreuses reprises avec le public et de superbes déclarations émues de Mylène.

A la fin de la chanson, Yvan Cassar joue une très belle, très majestueuse conclusion à la chanson. Conclusion qui se transforme petit à petit en des accords familiers. Mylène monte lentement les marches de l’escalier du décor… C’est bien l’instrumental final de Avant que l’ombre… qui est joué, et Mylène reproduit presque la mise en scène du spectacle de 2006. Tandis qu’elle monte lentement les marches avant de s’échapper en coulisses, les deux squelettes agenouillés se courbent en une révérence respectueuse. Puis lentement, avec énormément de grâce, ils s’élèvent très lentement, pour se retrouver presque debout. Un moment impressionnant, presque bouleversant. La beauté de l’instant, combinée à la musique majestueuse, saisit la foule.

Mylène réapparaît entourée de tous ses danseurs sur scène, pour interpréter une version légèrement remaniée de Libertine. Elle est vêtue d’une superbe tenue toute en asymétrie, noire à rayures, par-dessus un chemisier blanc. Les danseurs sont vêtus d’ensembles noirs ou blancs dotés de tutus ! Le tableau est très énergique, les danseurs bougent beaucoup et interagissent avec Mylène. Sur le pont, un effet assez incroyable et très sympathique : le fauteuil sur lequel Mylène interprétait la chanson en 1996 est reproduit sous nos yeux, constitué des corps des danseurs qui se forment un enchevêtrement humain sur lequel Mylène s’assied ! Les écrans diffusent des images de pièces d’échiquier. Vers la fin de la chanson, toute la troupe se met en ligne et tire au pistolet en direction du public ! Puis Mylène et les choristes entonnent un nouveau gimmick très entêtant. « Wanahého »

Pas le temps de souffler que retentit déjà l’intro mythique de Sans contrefaçon. Comme la chanson précédente, la chorégraphie d’origine est légèrement remaniée. Les danseurs sont groupés deux par deux, et l’un d’eux est avec Mylène. Dès que le gimmick retentit (intro, breaks…), ils font tous semblant de jouer à la guitare. Sur le pont de la chanson, nouveau clin d’œil au clip : les danseurs s’assoient par terre et reproduisent le jeu de mains de Mylène et Zouc. Puis Mylène dégraffe une partie du haut de sa tenue : il ne lui reste plus que le chemisier blanc.

Mylène chante alors Je te rends ton amour dans une version assez proche de l’originale, mais non dénuée d’une forte émotion. Sur le pont de la chanson, elle parcourt la scène en vacillant, comme si elle marchait sur un fil, comme si elle était l’aveugle du clip… Un moment très fort. Autre effet à noter : les lumières rouges qui clignotent au rythme de l’intro, tandis que l’escalier du décor donne l’impression d’être une trainée de sang.

Un couvercle de lumière verte recouvre totalement la fosse. Des lasers font apparaitre une mer verte dans laquelle le public de la fosse peut passer le bout de ses doigts… Pendant ce temps-là, une nouvelle pré-intro constituée de battements de cœur se fait entendre, avant que ne commence Dégénération. Mylène se trouve sur un scarabée noir géant, dans une nouvelle tenue en cuir également noir. Ses danseurs effectuent les larges mouvements d’une chorégraphie conçue par la chorégraphe du clip de la chanson – rien à voir cependant, la chorégraphie est totalement différente sur scène. A la moitié de la chanson, Mylène se place sur un tampon qui l’élève au plus haut, baignée dans de gros jets de fumée. Un excellent tableau. A noter une petite anecdote : pour se débarrasser de son micro à la fin de la chanson, Mylène le passe au danseur derrière elle, qui lui-même le passe au danseur derrière lui… et ainsi de suite jusqu’à ce que le dernier le pose sur le fauteuil-scarabée. Puis Mylène profite du noir qui suit pour abaisser son micro-casque.

Car on enchaîne immédiatement avec LE grand moment des concerts de Mylène… Désenchantée débute plutôt calmement, musicalement du moins. Dans le public, c’est déjà la folie. Mylène et les danseurs effectuent la chorégraphie mythique du titre, mais d’une façon inédite. Des lasers effectuent des vagues sur les gradins, tout le monde est déchaîné… Le moment est à la hauteur de la réputation du titre sur scène.

Après avoir fait reprendre le refrain au public, Mylène enchaîne avec C’est dans l’air qui se révèle être un autre moment presque aussi fort ! Le public hurle les « C’est laid ! » des couplets et se déchaîne sur les refrains. Les écrans diffusent les images qui servent au clip : des boules électrostatiques en noir et blanc. Les danseurs effectuent la danse (ridiculement excellente) des squelettes. Tandis que les musiciens entament une reprise de la chanson, toute la troupe présente sur scène est présentée sur l’écran du fond, façon générique TV. Mylène reprend encore et encore le refrain avec le public, puis lui souhaite bonsoir avant de disparaitre…

Les accords de Si j’avais au moins… retentissent. Mylène s’avance lentement, vêtue d’une splendide robe blanche qui lui laisse une épaule nue et met joliment en valeur sa silhouette parfaite. La scène semble lentement prendre feu, grâce à de splendides éclairages et projections vidéo. Sur les côtés de la scène, les écrans transparents ponctuent chaque phrase du refrain d’une lancée de lave qui semble sortir des entrailles même de la scène… Après avoir partagé avec nous tout ce qui fait sa vie, ses moments de joie, ses doutes, ses larmes, son ennui, ses amours, Mylène s’apprête à rejoindre enfin et pour de bon le royaume de la Mort. Mais celui-ci ne semble finalement pas être situé vers le haut. Ce sont bien des flammes – celles de l’enfer ? – qui semblent l’accueillir, et Mylène ne semble pas vraiment sereine. « Si j’avais au moins revu ton visage… ». A-t-elle des regrets ? L’escalier du décor s’ouvre, laissant apparaitre une ouverture béante, baignée de fumée rougeoyante… Cette « ombre » qu’elle redoutait est là et attend Mylène… Après avoir plusieurs salué très humblement et joliment le public qui l’acclame, Mylène se dirige lentement vers l’escalier, puis commence à monter les marches qui la mènent vers sa destination finale. Elle s’engouffre dans l’ouverture des marches, se retourne vers le public et lui adresse un dernier signe de la main, avant que l’escalier ne se referme lentement sur elle qui disparaît dans la brume… 

En 2006, nous pensions que Mylène nous laissait pour monter vers le paradis, ce paradis inanimé qu’elle recherche au début du spectacle de 2009 et dont elle pense qu’il est la seule chose pouvant soulager sa peine. Mais après son passage dans les limbes, cet univers mystérieux situé entre la vie et la mort, elle a finalement choisi de rejoindre l’enfer, en descendant vers l’ombre, et non pas en montant vers la lumière que l’on pressentait en 2006.

    

Vos réactions

Attention, vous n'êtes pas connecté ! Connectez-vous en cliquant ici. Le retour sur cette page sera automatique.