ConnexionAccueil0 Commentaire


Eric Jean-Jean (Animateur)Interview Médias - 2003

Éric Jean-Jean a reçu Mylène en octobre 1996 sur TF1. Cette émission reste à jamais gravée dans l’esprit des fans de la divine rousse car elle y a chanté un titre totalement inédit : la reprise de « La poupée qui fait non » de Michel Polnareff, qu’elle a, de surcroît, interprétée en duo avec Khaled.

Quand avez-vous rencontré Mylène Farmer pour la toute première fois ?
L’histoire commence à la radio. Je l’ai interviewée à la sortie de son album « Anamorphosée » en 1995. A l’époque, je travaillais à NRJ. C’était un vrai exercice de style. Je n’ai reçu que l’album. Pas de bio, pas de doc. Un vrai défi. J’ai bâti l’interview sur des définitions de mots prises dans le dico – à commencer par celle du titre de l’album. C’était un entretien très bizarre, étonnant. Au moment de faire l’interview, Mylène m’a dit qu’elle voulait être seule avec moi. On est allé au sixième étage de la radio. On n’était que tous les deux. Vraiment.

Comment s’est passée l’entrevue ?
Le premier quart d’heure, elle ne me donnait que des « Oui », « Non », « Sans doute », « Peut-être », puis elle m’a raconté des choses. C’était passionnant. On n’a gardé qu’une demi-heure pour l’antenne, mais en fait, ça a duré une heure.

Que sont devenus les ruches ?
L’intégralité de l’interview doit être chez moi, je crois. J’ai gardé pas mal de D.A.T., mais cela reste la propriété de NRJ.

Vous vous êtes ensuite retrouvé sur le plateau de « Tip Top » en 1996. Comment expliquez-vous que Mylène ait accepté d’être la marraine de cette émission ?
Je pense que c’est en grande partie parce que Gilles Amado en était le réalisateur. Elle a une grande confiance en lui et en son travail. Ils se connaissent depuis des années. Gilles faisait les après-midi quand Mylène a débuté.

Qu’apprécie-t-elle dans ses méthodes de travail ?
Mylène est très attentive à son image et Gilles en prend grand soin. Il tourne d’abord des gros plans, il adore s’attarder sur son visage. Puis il met en boîte les plans larges, avec les danseurs quand il y en a, dans lesquels il injecte les gros plans. Enfin, il mélange le tout avec l’enregistrement fait en public.

Était-ce une exigence de Mylène ou de son management ?
Non, ça venait de Gilles. Je crois que c’était un traitement de faveur qu’il réservait à Mylène car il était fasciné par elle. Le management ne donnait aucune directive, ni dans le ton de mes questions, ni dans la façon de tourner, ni dans le montage final. Que ce soit en radio ou en télé. En tout cas, dans mes émissions.

Mylène a pourtant la réputation de surveiller de très près tout ce qui touche à son image…
Et on ne peut pas l’en blâmer. C’est une grande pro. Je comprends tout à fait qu’elle ne veuille pas qu’on diffuse n’importe quoi sur elle. Je sais par exemple que quand elle est passée sur MCM, quelqu’un de son staff est venu refaire toutes les lumières parce qu’elles ne lui plaisaient pas. Mais moi, je n’ai pas eu à en pâtir.

Comment l’expliquez-vous ?
Je ne sais pas. Elle était peut-être en confiance. Je ne suis pas Fogiel, ni Ardisson. Je n’aime pas les interviews rentre dedans, et je ne sais pas les faire.

Donc c’est juste une réputation qui la précède ?
C’est clair que quand on a appris que j’allais l’interviewer, tout le monde m’a prévenu qu’il ne fallait pas lui rentrer dedans. Mais bon, c’était encore pire avec Madonna pour qui on me disait de faire gaffe car elle était capable de partir et de vous planter là. Je vous assure que Mylène est un agneau à côté des divas américaines. Je me rappelle que quand j’ai reçu Whitney Houston, on m’a demandé de compter les pas qui séparaient le plateau de sa loge. On m’a aussi dit de faire en sorte qu’elle ne croise personne dans les couloirs. On m’a même recommandé de ne pas la regarder en face ! Mariah Carey, c’était pareil !

En raison de cette réputation, avez-vous abordé l’interview de Mylène avec crainte ?
Non. En revanche, c’est clair que j’ai pris beaucoup de précautions pour ne pas la brusquer. Je voulais la mettre en confiance. Quand quelqu’un m’impressionne, je travaille dix fois plus la préparation de l’interview. Histoire de montrer que je connais mon dossier. Je commence par des questions dont je connais les réponses, puis je passe à des choses qui sont davantage de l’ordre de l’intime.

C’est dans votre émission « Tip Top » que Mylène a pour la première fois chanté « La poupée qui fait non » avec Khaled (qu’elle a ensuite repris sur scène puis sur disque). Était-ce votre idée ?
On a soumis l’idée du duo parce que c’était le genre de choses qu’on voulait installer dans notre émission. C’est son management qui a eu l’idée de la reprise, mais c’est elle qui a souhaité chanter avec Khaled.

Vous avez également obtenu un talk. Avez-vous dû batailler ferme pour y parvenir ?
Non. Encore une fois, je crois que Mylène était en confiance. Elle a seulement demandé à ce que cela se fasse en tête à tête, sans autre artiste ou animateur.

Comment était-elle hors caméra ?
Discrète. Elle se mélangeait peu aux autres. On s’échangeait des politesses, mais elle est très réservée et de mon côté j’étais très occupé. C’était ma grande première !

Communiquait-elle avec le public ?
Pas que je m’en souvienne. Je crois qu’elle a une vraie appréhension de la foule. C’est sans doute dû à ce qui s’est passé à sa maison de disques quelques années avant, ce fan fou venant la voir qui a tiré sur des gens, tuant le standardiste.

L’avez-vous revue depuis ?
Oui, une fois, au concert de U2 au Parc des Princes… En 1997, je crois. C’était le PopMart Tour. J’étais assis à ses côtés. Il y avait Jean-Louis Aubert aussi. Nous nous sommes retrouvés ensuite à la soirée qui suivait le show. C’était au Niels. Nous avons bavardé un peu. Elle m’a dit qu’elle m’aimait bien.

Vous semblait-elle à l’aise dans ce genre de soirées ?
Pas vraiment. Elle est restée assise à sa table, entourée des gens qu’elle connaît. C’est hallucinant, mais elle est tellement discrète qu’elle peut tout à fait passer inaperçue !

Que pensez-vous de Mylène Farmer ?
Je trouve que c’est une femme hyper sexy. Elle est très désirable. Le genre de femme dont je pourrais tomber raide dingue. Mais je ne suis pas fan de sa musique. Il y a peu de chansons d’elle que j’aime bien, hormis « Pourvu qu’elles soient douces », « California » ou « XXL ». Je préfère les guitares aux synthés. En revanche, son personnage me fascine. Au moins autant que celui de Madonna.


Mylène Farmer magazine - 2003
    

Vos réactions

Attention, vous n'êtes pas connecté ! Connectez-vous en cliquant ici. Le retour sur cette page sera automatique.