Lynda Lacoste (Animatrice)Interview Médias - 2003

Lynda Lacoste est l’une des dernières personnes à avoir interviewé Mylène à la télévision lors de la période Innamoramento. C’était en juin 2000 sur MCM. Une interview dans laquelle la star s’est montrée plus détendue et naturelle que jamais.

Avez-vous sollicité Mylène ou est-ce elle qui est allée vers vous ?
En fait, je remettais un prix lors des premiers « NRJ Music Awards ». Et c’est Mylène qui l’a gagné. En sortant de scène, son trophée entre les mains, elle m’a dit qu’elle appréciait beaucoup mon émission. Ca m’a vraiment beaucoup surprise et flattée. Dès le lundi suivant, j’ai appelé sa maison de disques pour leur demander s’il était possible d’organiser une interview pour cette émission. On m’a répondu que Mylène donnait peu d’entretiens, encore moins pour une durée d’antenne aussi longue. J’ai alors soumis l’idée qu’on entrecouperait l’interview de clips. Comme ses vidéos sont plus longues que la moyenne, cela réduisait le temps de l’interview. Mais on m’a quand même dit non. J’étais déçue, mais bon, c’est comme ça. Et puis, finalement, quelques jours plus tard, la maison de disques m’a rappelée pour me dire que c’était OK.

Comment avez-vous préparé l’émission ? Avez-vous eu des entretiens préalables avec Mylène ?
Non, pas du tout. Les gens de sa maison de disques m’ont simplement guidée dans le style de questions qu’il était préférable de poser.

A savoir ?
Sa musique, son art… Il ne fallait absolument pas que j’aborde sa vie privée. De toute façon, ça n’a jamais été dans le style de l’émission ou dans le mien d’interviewer les artistes sur leur vie privée. C’est probablement ce qui a séduit Mylène Farmer. Je ne sais pas.

Les recommandations de la maison de disques ne vous ont donc pas rendue particulièrement nerveuse ?
Je suis toujours nerveuse avant une interview de toute façon. D’autant que je prends grand soin de ne jamais avoir de fiches avec moi. Je préfère écouter mon invité et rebondir sur ce qu’il dit. Je trouve que c’est une forme de respect élémentaire.

Tout était donc très spontané ?
Oh oui ! Mylène est quelqu’un d’adorable, de charmant et de sensible. On a beaucoup rigolé ensemble. D’autres artistes sont tellement blasés et traitent les journalistes comme des numéros : pour eux, vous n’êtes qu’un interviewer parmi d’autres. Mylène s’est montrée réellement très chaleureuse avec moi. Elle avait les yeux pétillants. Je crois qu’elle avait envie de rire ce jour-là.

Comment s’est passé l’enregistrement ?
C’était à l’hôtel Costes, à Paris. Quant elle est arrivée, Mylène avait l’air d’être impressionnée par le nombre de caméras : il y en avait trois plus une DV. J’imagine qu’elle devait s’attendre à un truc plus réduit. On a tout enregistré d’un traite, sans aucune coupure. Au total, ça a duré un peu moins de trente minutes.

Il n’y a donc pas eu beaucoup de montage à faire ?
Non, presque pas.

L’entourage de Mylène avait-il un droit de regard avant diffusion ?
Bien sûr.

Ont-ils demandé de changer quelque chose ?
Ils ont enlevé deux ou trois choses, mais pas plus.

Quoi par exemple ?
Je ne peux pas le dire (rires).

Je me devais de poser la question…
…Bien essayé (rires).

Qu’est-ce qui vous a le plus étonné pendant cet entretien ?
Le nombre de gens présents dans la pièce. Habituellement, un artiste vient avec une ou deux personnes de sa maison de disques. Là, il y avait des gens de son management et six ou sept personnes de sa maison de disques !

Vous trouvez que Mylène est trop entourée ?
Non, non. Ce n’est pas ce que je voulais dire. Je crois qu’en fait, tous ces gens voulaient la voir « en vrai ». En tout cas, ça créait une ambiance particulière. J’ai senti tout de suite que ce n’était pas une émission comme les autres.

Mylène a donc une place à part parmi les nombreux invités que vous avez reçus ?
Ah oui, bien sûr ! Il y a deux artistes qui me fascinent vraiment : Michael Jackson et Mylène Farmer. Ils ont une magie unique. Même Madonna, qui est pourtant une immense star, est moins magique à mon sens. Et puis Mylène a des fans aussi nombreux qu’incroyables !

Y en avait-il qui se sont attroupés devant l’hôtel au moment du tournage ?
Je ne sais pas trop. Je suis restée à l’intérieur.

Que s’est-il passé après l’enregistrement ? Mylène est-elle repartie aussitôt ? Avez-vous discuté avec elle ?
On a échangé deux ou trois mots, mais pas plus. Je crois me souvenir qu’elle est remontée dans sa chambre.

Elle avait une chambre dans l’hôtel alors qu’elle ne venait que pour une interview ?!
Oui, mais ce n’est pas exceptionnel. C’est l’usage dans 90% des cas quand une interview se fait dans un hôtel. Cela permet à l’artiste de se reposer s’il y a un temps d’attente pour des raisons techniques ou autres.

C’est MCM qui règle la note dans ces cas-là ?
Non, c’est la maison de disques.

Avez-vous eu l’occasion de revoir Mylène Farmer depuis cet entretien ?
Non. Mais je n’ai jamais essayé de « copiner » avec les artistes. Bien sûr, si je croise Zazie ou Florent Pagny, on se dit bonjour, mais sans plus.

Vous n’avez jamais croisé Mylène ?
Non.

Vous fréquentez pas mal les soirées showbiz, je crois ?
Oui, un peu.

Est-il exact que Mylène n’est pas une coutumière de la chose ?
Je ne l’ai jamais vue dans ce genre de soirées en tout cas. Ce n’est pas son genre je crois.

Et musicalement, elle est votre genre ?
J’aime son ambiance. Et j’aime ses shows. Elle est la seule à travailler à l’américaine ici.

Savez-vous si elle a aimé le rendu final de votre interview ?
On m’a dit qu’elle était très contente du résultat. D’ailleurs, l’année suivante, MCM a fait une journée spéciale Alizée à l’occasion de la fête de la musique, et c’est Mylène elle-même qui a demandé à sa maison de disques que ce soit moi qui fasse l’interview. C’est ce qu’on m’a dit en tout cas. Je n’ai jamais reçu une artiste aussi fidèle.


Mylène Farmer et vous - 2003
    

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