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Marino Parisotto Vay (Photographe)Interview Photographes - 2004

Période Innamoramento

Sex and Spirit. Comme son collègue Peter Lindbergh, Marino est aussi l’auteur d’un ouvrage photographique qui fera couler beaucoup d’encre. "Senso" (1997), tiré à 10 000 exemplaires, présente des femmes sublimes et redoutablement sexy ; l’ouvrage est rapidement en rupture de stock. La Perla se sert des clichés du livre "Senso" pour sa campagne américaine, mais certains magazines trouvent le rendu trop choquant et refusent de les publier. La Marino’s touch est lancée. D’autres marques célèbres feront appel à lui (le café Lavazza, le cognac Rémy Martin, la marque de lingerie Wolford…). L’un des points particuliers du travail de Marino est l’utilisation d’objectifs faits sur mesure pour lui, qui permettent de déformer certains aspects du cadre et de renforcer cette impression d’irréalité. Le prix de ces objectifs est d’environ 15 000 dollars, et Marino en possède une demi-douzaine. Désormais, Marino est incontournable, consacré par le magazine "Photo" comme l’un des dix meilleurs photographes mondiaux et ses images font le tour du monde. Il fait partie de la nouvelle vague des photographes, qui a succédé à la génération des « modernes » (Lindbergh, Newton, Ritts, Roversi). Laissons-lui la parole.


Griffe
J’ai commencé ma carrière en étant mannequin, alors que je faisais mes études d’économie. Très rapidement, j’ai terminé ma carrière de modèle, et quand j’ai quitté l’université, j’ai commencé à travailler dans une agence de publicité, comme directeur, jusqu’à mes 32 ans. Je suis photographe depuis une dizaine d’années, mais ma formation initiale est celle de la gestion d’entreprise. J’ai un style particulier. Mes modèles semblent dominer leur environnement. J’aime beaucoup raconter des histoires dans mes images, comme un auteur, comme chaque artiste. J’ai une vision personnelle du monde, très spécifique. Comme un peintre, on peut adapter sur une photo les couleurs et les proportions. J’ai une vision particulière de la beauté des femmes. J’aime que les femmes apparaissent très sensibles et très sexy, qu’elles aient des mouvements harmonieux et esthétiques. Et ce sont ces femmes-là que j’aime mettre dans mes histoires car pour moi, c’est ça la beauté. En tout cas, c’est cette beauté que je veux exposer, même si j’admets que des milliers de femmes sont belles. Je suis plus qu’un photographe parce que j’ai le sentiment d’être plus un conteur d’histoires qu’un simple photographe de mode, comme un dessinateur de bande dessinée. Il m’arrive d’utiliser des objectifs faits sur mesure pour moi. Mais l’effet rendu sur les photos est avant tout le produit de mon regard. L’objectif ne fait que rendre ce que mon œil voit. Ce n’est qu’un outil qui permet de rendre ma vision sur papier. Que ce soit grâce à la retouche ou à un objectif fait sur mesure, cela n’a pas d’importance. Si je devais définir mon style, je dirais que j’ai une vision romantique de la vie, pleine d’émotions. J’aime mettre de l’émotion et de la sensualité dans mes images. Je ne suis plus seulement un conteur d’histoires, mais un conteur d’émotions.

Mylène
J’ai rencontré Mylène pour le shooting que j’ai réalisé à Miami en 1998. Le shooting a été réalisé entièrement en extérieur, et pas en studios. Je travaille toujours ainsi. Je préfère évidemment photographier en extérieur, définitivement. La séance a duré deux jours, à Key Biscayne, dans un environnement qui nous permettait d’explorer des ambiances surréalistes. C’est la raison pour laquelle nous avons utilisé des éléments qui nous permettaient de renforcer cette ambiance surréaliste. Des objets tels que la cage, l’échelle ou le ballon sont symboliques. Ils représentent différents états d’âme, auxquels chacun peut s’identifier. Mylène avait une idée très précise de ce qu’elle voulait et nous étions totalement sur la même longueur d’onde. Elle m’a appelé parce qu’elle savait dans quel sens allait ma créativité, et quel genre d’images je pouvais faire. J’avais déjà utilisé la cage sur l’eau dans d’autres photographies (ndlr : la mise en scène de la pochette d’Innamoramento reprend celle d’un des clichés les plus connus de Marino), que Mylène connaissait. Elle avait le sentiment que cela reflétait parfaitement une partie de sa personnalité. L’ambiance du shooting a été très détendue, très calme, tout s’est très bien passé.


Encore…
Je me souviens aussi d’une autre séance avec Mylène, que nous avons fait sur le toit d’un grand hôtel parisien, près des Champs-Élysées. A ce moment, j’étais en quête de spiritualité, et je voulais donc obtenir beaucoup de mes modèles dans ce sens-là. Et je voulais que Mylène apparaisse comme un oiseau. C’est ce que nous avons fait sur le toit. Ce jour-là, le temps était vraiment mauvais, il faisait très froid. Je me souviens aussi que Mylène n’a pas du tout eu peur en haut du toit, qu’elle ne craignait pas le froid. De toute façon, quand elle fait des photos, elle fait tout ce qu’il faut pour que le rendu soit bon, elle est très collaborative. Elle va aussi loin que le photographe peut aller. Elle est avant tout très active, puisqu’elle connaît parfaitement son corps et son visage. C’est une actrice. Elle connaît très bien ses mouvements, et elle travaille beaucoup pour ça. Elle est vraiment très mignonne, adorable. Je l’ai rencontrée à Paris depuis le shooting. Nous avons eu une discussion très sympathique au sujet des photos. Je garde un très bon souvenir d’elle.


Instant-Mag - 2004
    

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