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Alain Escalle (Créateur images)Interview Avant que l'ombre... à Bercy - 2006

Voici la retranscription des propos tenus par le créateur des images des concerts donnés à Bercy en janvier 2006 dans le DVD du spectacle.

Je m’appelle Alain Escalle, je suis réalisateur en infographie, c’est-à-dire que je fais beaucoup d’images retravaillées sur ordinateur, et je travaille dans le milieu de la vidéo depuis à peu près quinze ans. J’ai commencé à travailler un peu dans la publicité et à travailler aussi sur mes projets personnels la nuit, quand les machines étaient libres, après le départ des clients, j’ai travaillé comme ça pendant une dizaine d’années. J’ai une approche assez autodidacte, j’aime bien bricoler, mélanger les techniques traditionnelles avec les techniques beaucoup plus technologiques. C’est comme une mayonnaise en fait qui prend petit à petit. J’aime pas trop figer les choses au début, donc je fabrique beaucoup de matières, et petit à petit les projets naissent et les choses progressent par petites touches. C’est un medium qui permet de mélanger beaucoup de choses : la 3D, la vidéo, le film, le dessin, et travailler avec le son évidemment, et aussi pouvoir créer des choses en toute petite équipe jusqu’à faire des choses tout seul. C’est ce qui, moi, m’a permis de trouver mon univers et ma patte.

L’univers de Mylène
Je suis assez éclectique en musique, j’écoute beaucoup de choses. Ca va de la variété française, mais aussi de la musique concrète très absconse pour certaines personnes. Là encore, j’aime bien avoir un champ… Un échantillon assez large dans ce que je peux écouter ou voir. Par contre, je savais que l’univers de Mylène était pour moi approprié, parce que chaque chanson développe une thématique et fournit des références autant cinématographiques que littéraires, que picturales. C’est évidemment quelque chose qui parle. Je pense aussi que c’est lié à ma façon de travailler, cette espèce d’idée de « on touche à tout », et pour monter quelque chose… Un univers.

La rencontre
La maison de production a tout de suite envoyé mon court-métrage, « Le conte du monde flottant », que Mylène a vu, et me demande non seulement de passer le film en première partie du spectacle, et de réaliser les images. J’ai été plus que comblé, et j’avais envie de le faire.
Mylène a tout de suite parlé du rouge, du violet, des références à la russe, à la religion orthodoxe, donc des choses assez concrètes. Moi, ma difficulté a été plutôt d’oublier le fait que je connaissais déjà un peu l’univers, et essayer d’aborder ça d’une façon assez neutre et trouver moi mon propre style. Donc j’y suis allé en présentant une sorte de cahier de tendances, qui étaient en même temps des touches colorées aussi, des références picturales que j’avais, qui sont tirées de l’histoire de l’Art, et des choses que j’avais moi dans mes œuvres.
Mylène m’a montré un dossier qui concernant les décors, les croquis concernant les costumes. On a mélangé un petit peu tout ça pour essayer, sur chaque chanson, de se mettre au point sur une ambiance, une petite histoire, qui au départ était très figurative. Dans mes films, j’aime beaucoup travailler sur les corps, et donc j’ai beaucoup présenté des choses avec des danseurs, des corps nus et des choses comme ça… Petit à petit, Mylène a demandé à pas mal épurer tout ça. Je pense que, évidemment, c’est quelque chose qui a été bénéfique, ça aurait été un peu en trop, superflu.

La création
Dans un premier temps, j’ai simplement traité les chansons qui, moi, me… M’inspiraient. Donc il y a des choses qui n’ont pas été réalisées, mais qui étaient plus pour privilégier un certain équilibre entre les parties illustrées, les parties chorégraphiées, et les parties sans images vidéo. Moi, j’ai commencé à travailler en octobre (ndlr : 2005), et je n’ai pu voir les démonstrations sur les écrans géants que trois mois après. A la disposition des écrans et au mouvement des écrans, il y a une première répartition que j’ai suggérée à la remise des projets, et ensuite une répartition qui s’est faite sur un dialogue avec Laurent pendant les répétitions, suivant ce que lui envisageait en termes de scénographie et en termes de rythmique et d’enchaînement des morceaux.
Ma vraie difficulté était aussi de gérer création d’images et montage. Donc il a fallu avoir une double équipe, avec un monteur qui travaille de son côté sur la… Les maquettes des premiers montages. Les premières projections avec Mylène se sont faites presque un mois après. Laurent était là aussi pour avoir une vision, plus, de mise en scène. Donc parfois, moi je voyais peut-être un peu trop chaque chanson comme un seul et même bloc qui se suffit en soi, eux deux étaient toujours là pour, en fait, équilibrer le fait que cela devait s’intégrer da ns une structure d’ensemble.
Moi j’étais assez vigilant par rapport à certaines images, comme par exemple « Ange, parle-moi » où c’est une thématique de vitraux, et pour que ça fonctionne bien, il faut vraiment qu’on soit comme dans une église, qu’il y ait une sorte d’obscurité et que la lumière naisse des vitraux, donc là parfois, certains éclairages étaient un peu frisants, mais ça a disparu au fil des répétitions. Plus ça allait être sobre, et mieux les vitraux allaient passer, en fait.
Je savais aussi qu’il y allait avoir l’implication des danseurs espagnols, donc je me doutais que certains morceaux allaient quand même tirer vers des références hispaniques, d’où aussi le fait de, par exemple… L’idée de travailler sur des affiches, des textures provenant de la tauromachie.
(Ndlr : à propos de l’entrée : ) J’imaginais des végétaux… La scène serait du sang, Mylène à l’intérieur d’un embryon, Mylène naissante… Tout le long du concert, j’intégrais, dans mes premières envies, beaucoup d’images de Mylène. Tout ça a été évacué. Donc on en est restés, à chaque fois, à quelque chose de très épuré sur l’ensemble, et ne garder que des choses beaucoup plus universelles. Et en même temps j’ai été surpris de voir qu’à la fin tous les éléments se mélangent aussi bien, et que le fond se lie à la forme… Je trouvais que les images finalement collaient parfaitement à l’ensemble du concert.

Mylène
On peut se faire plein d’images de Mylène en fait. Et j’ai été très étonné par la simplicité, et le respect surtout, qu’elle a pu avoir à mon encontre, et par rapport à mon travail.
J’étais là pour conseiller, donner, moi, mon avis et j’ai plutôt eu l’impression de participer à une carte blanche qu’une commande.


DVD Bonus - 2006
    

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