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Yann Babilee (Acteur)Interview Clips - 2006

Le capitaine Parker dans le clip PQSD

Rencontre avec le capitaine anglais, premier rôle masculin du clip « Pourvu qu’elles soient douces ».

Connaissiez-vous Mylène Farmer avant de tourner dans « Pourvu qu’elles soient douces » ?
Je connaissais la chanteuse, pas la femme.

Comment êtes-vous arrivé dans cette aventure ?
J’ai été contacté par un ami qui s’appelle Sandy Whitelaw, qui est traducteur de films et connaissait Laurent Boutonnat. Ca s’est fait assez rapidement puisque j’ai été approché en juillet et qu’on a tourné en août.

Comment vous a été présenté le projet ?
J’étais en Bretagne. Je sortais d’une année de théâtre et j’avais envie de me reposer. Sandy m’a appelé pour me parler de ce projet. Il m’a dit qu’il s’agissait de la suite de « Libertine » que j’avais beaucoup aimé pour son côté « Barry Lindon ». J’avais aussi beaucoup aimé le clip de « Sans contrefaçon ». On sentait qu’il y avait de la vraie qualité dans le travail de Boutonnat, et un vrai univers. J’ai donc accepté. D’autant que l’idée de tourner dans un clip me plaisait bien car je ne l’avais jamais fait.

Quand avez-vous rencontré Mylène et Laurent ?
J’ai rencontré Laurent Boutonnat dans le grand Sofitel de l’avenue Port-Royal, dans le XIVème arrondissement de Paris. Là il m’a raconté son projet ; Sandy Whitelaw était là. Il m’a prévenu que ça prendrait une semaine. On s’est ensuite retrouvé sur le tournage, en forêt de Rambouillet. Et ce fût une aventure assez extraordinaire.

C’est là que vous avez fait la connaissance de Mylène ?
Oui. Elle était adorable. Comme tous les membres de l’équipe d’ailleurs, acteurs comme techniciens. Il y avait une vraie osmose au sein du groupe.

Comment était-elle comme partenaire de jeu ?
Charmante et très professionnelle.

Vous aviez notamment une scène d’amour torride…
Torride, c’est beaucoup dire (rires) ! C’était en tout cas très agréable. Je me souviens que la scène a été tournée à minuit, en comité très restreint – le chef opérateur, le caméraman et le réalisateur. Peu de temps avant la scène, je suis allé voir Mylène dans sa caravane. Je l’ai retrouvée dans sa minuscule salle de bain, où elle se préparait. Elle était dans une position hallucinante pour faire sa petite toilette. Elle m’a expliqué qu’elle avait été contorsionniste dans le passé. Elle faisait des numéros professionnels si j’ai bien compris. Je ne crois pas que ce soit dans sa biographie, c’est elle qui me l’a dit.

Vous parliez beaucoup ?
Non. Mylène n’est pas quelqu’un de très chaleureux car elle a un tempérament très réservé, très timide. Et puis on sentait qu’il y avait déjà un petit phénomène ‘star’ qui s’installait : il y avait donc un staff autour d’elle qui la protégeait.

Comment s’est passé le tournage ?
C’était très intense car il y avait beaucoup de travail. On commençait à sept heures du matin et on finissait à dix heures du soir. Mais on voyait pas le temps passer. J’ai particulièrement apprécié Laurent Boutonnat que j’ai trouvé d’une élégance rare. J’ai rapidement qu’il y avait beaucoup de talent dans cette entreprise.

Et beaucoup de moyens. Cela vous a-t-il surpris ?
Je pensais qu’on allait tourner un petit clip. Et on s’est retrouvés sur un moyen-métrage. Une vraie production de cinéma. Et du bon cinéma, comme on l’aime !

Quand vous êtes-vous rendu compte qu’il s’agissait de plus qu’un simple clip ?
Quand j’ai su qu’il durerait près de dix-huit minutes, et surtout quand je suis arrivé sur le tournage et que j’ai vu une équipe de gens passionnées et talentueux.

Avez-vous le souvenir de contraintes particulières ?
Des contraintes, non. Mais je me souviens que je montais à cheval dans ce clip, ce que j’adore, mais on m’avait donné un cheval totalement fou. Il était noir, magnifique, mais il allait à une vitesse incroyable. Les cascadeurs et les techniciens étaient obligés de faire des barricades pour l’arrêter. C’était une fusée (rires). J’ai réellement cru que ma dernière heure était arrivée. Il s’appelait Apollo, je me souviens de son nom, c’est vous dire s’il m’a marqué (rires) !

Vous souvenez-vous de scènes qui n’auraient pas été retenues au montage final ?
Oui, encore par rapport à ce cheval, je me souviens d’une magnifique cabrade qui n’a pas été choisie au final. Mais je crois qu’elle figure dans le making-of du clip.

Quand avez-vous vu le film fini ?
Après le tournage, chacun est reparti à ses occupations. Laurent a monté le clip dans son coin. Et on a tous assisté à une projection à l’UGC Normandie, sur les Champs-Élysées, la plus belle salle de Paris. J’étais ébloui.

Il s’agissait de l’avant-première pour la presse ?
Oui. Pour la presse et les professionnels. Et bien sûr, tous ceux qui avaient participé à l’aventure étaient là. C’était fabuleux. Le film est passé en boucle pendant deux heures. Tout le monde était étonné par ce clip.

Vous arrive-t-il de le regarder chez vous aujourd’hui ?
C’est marrant car je l’ai vu il y a peu… Au Cambodge ! J’ai allumé la télé, et le clip est passé en entier. Je ne l’avais pas vu depuis longtemps.

Cette aventure vous a-t-elle marqué ?
Ce clip a marqué beaucoup de gens. On m’en parle encore assez souvent. Je suis très fier d’avoir fait partie de cette aventure. C’est un clip à part.

Avez-vous revu Laurent et Mylène depuis ?
Oui, un an après, car Laurent m’avait rappelé pour un autre clip dans lequel il réunissait tous les personnages de ses grands clips. On s’est donc tous retrouvés dans un grand marais en dehors de Paris. Mais j’ai trouvé ce clip un peu décevant. Ce qui n’enlève rien au talent de réalisateur de Laurent.

Auriez-vous aimé retravailler avec lui ?
Oui. Il a fait un film qui n’était pas très bon, « Giorgino ». Je l’ai vu par curiosité, mais j’ai été très déçu. Je n’ai pas compris le film. L’image était intéressante, mais l’histoire ne tenait pas debout. Le film était totalement décousu. Il n’était ni drôle ni émouvant. Et, sans vouloir être méchant, on ne peut pas demander à Mylène d’être une actrice. Ceci dit, je regrette que Laurent Boutonnat ne soit pas le grand réalisateur qu’il aurait dû devenir. Ce sera peut-être avec « Jacquou le croquant » que j’irai voir…

Vous ne pensez pas que Mylène pourrait se lancer dans une carrière d’actrice ?
Non. C’est une interprète, un personnage, un phénomène, mais pas une actrice. Je ne la crois pas réellement douée pour le jeu. Je ne pense pas qu’elle ait ça dans le sang. Elle a un beau visage, un regard que j’aime beaucoup, mais c’est pour moi davantage un personnage de scène qu’une actrice.

Vous ne pensez pas qu’on puisse être doué pour les deux ?
A part Yves Montand ou Jacques Dutronc, je ne vois pas. Madonna, c’est une catastrophe à l’écran, Johnny est sublime sur scène, mais quand il se met à jouer, c’est pathétique. Quand à Bruel, je fais de l’urticaire.

Quand il chante ou quand il joue ?
Les deux (rires).

Êtes-vous sensible au travail de Mylène chanteuse ?
J’aime bien son univers musical. Il y a des choses très belles et très intéressantes. Je comprends le phénomène. Mais le côté mystérieux commence à irriter un peu car on peut se demander si ce n’est pas du bluff. Je n’ai pas vu son dernier spectacle, mais j’en ai eu des échos enthousiastes.


IAO - 2006
    

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