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Monique Amar (Responsable association Amour de Soie)Interview Tournée 2009 - 2009

Chaque tournée de Mylène s’accompagne de son lot de produits merchandising. Le cru 2009 ne déroge pas à la règle, et s’enrichit même d’un éventail fabriqué au Vietnam via l’association Amour de Soie. De tous les objets vendus aux concerts, c’est le seul à être déjà disponible sur le Net dès le début de la tournée. Rencontre avec Monique Amar, la responsable de l’association.

Avant tout, parlons de l’association Amour de Soie. Quand et dans quel but est-elle née ?
Je l’ai créée en 2006. Son objectif est d’aider les familles vietnamiennes à scolariser leurs enfants.

Pourquoi le Vietnam ?
Parce que c’est un pays qui m’est cher. Ma mère est née là-bas et y a vécu une trentaine d’années. Elle y a rencontré mon père, français en mission au Vietnam. En regardant les photos jaunies de mes parents, je rêvais d’aller un jour dans cette partie du monde. Ce que j’ai fait en 1973, mais le pays était en guerre et je n’ai pu voir que le Sud-Vietnam. J’y suis retournée en 1994. Là j’ai pu aller dans le Nord et j’en suis tombée amoureuse, en particulier Hanoi où j’ai vu l’histoire de ma famille à chaque coin de rue. Depuis, j’y vais deux fois par an.

Comment est venue l’idée de l’association ?
J’ai tissé des liens avec des vietnamiens et des français installés là-bas. Avec le temps, j’ai exploré les alentours de Hanoi. Il suffit de faire quelques kilomètres pour se retrouver en plein Moyen-Âge : les charrues remplacent les voitures. En visitant des villages d’artisans, j’ai constaté l’extrême pauvreté des familles. C’est là que je me suis dit que je devais m’investir pour essayer de les aider.

En vous axant sur la scolarisation ?
Oui. Parce que c’est primordial. Le problème, c’est que l’école est payante au Vietnam – soixante euros par an. Donc si les parents ne travaillent pas, les enfants ne sont pas scolarisés. Il faut savoir en outre qu’une famille modeste qui a un garçon et une fille – le maximum légal est de deux enfants par foyer au Vietnam – scolarisera en priorité le garçon. Les filles aident à la maison et dans les rizières. Et quand elles tentent de partir à la ville pour changer de vie, vous imaginez où elles atterrissent sans aucune éducation…

Quelle a été votre démarche ?
Mon idée était de faire connaitre le travail de ces artisans pour qu’ils gagnent plus d’argent et qu’ils puissent ainsi scolariser leurs enfants. J’ai donc eu l’idée de monter des ateliers où sont confectionnés à la main des produits 100% naturels. D’abord un atelier de la soie, d’où le nom de l’association. On y fait un drap de voyage, du linge de maison (nappes, draps, housses…), des sacs brodés et de jolies choses en velours de soie. Puis un atelier bambou dans lequel on fait des plats typiques, des choses en rotin, et surtout le fameux éventail. Je l’ai souhaité en papier car j’ai tout de suite imaginé que ce pourrait être un support publicitaire.

Et ça a marché ?
Oui. On en a fait pour la SNCF, pour Lagardère au moment de Roland-Garros, pour les temps forts de Drouot, pour la pièce de théâtre Les monologues du vagin. Mais pour lancer une association, il faut une personnalité forte.

Vous avez donc pensé à Mylène Farmer ?
En fait, je me baladais à la FNAC, début janvier, et j’ai vu sur le plateau des concerts que ses spectacles du mois de septembre au Stade de France étaient déjà complets. J’ai trouvé ça hallucinant ! Je me suis dit qu’il y avait peut-être quelque chose à faire.

C’est plus l’évènement que la personne qui vous a donné envie ?
Non. Je trouve la personnalité de Mylène Farmer très intéressante. Je la trouve sensible. Et je pense qu’elle s’intéresse aux problèmes des femmes et des enfants. Je me demande même si elle n’est pas attirée par cette partie du monde. En outre, c’est quelqu’un de discret et d’élégant. J’ai pensé que ce petit éventail pouvait lui correspondre pour communiquer d’une façon originale.

Vous ne pensiez pas à un produit merchandising ?
Je pensais à un support de pub pour marquer le coup des deux dates au Stade de France.

Qu’avez-vous fait alors ?
J’ai immédiatement envoyé un mail à Franck Diguet (chef de produit en charge de Mylène Farmer chez Polydor/Universal, ndlr). Je lui ai présenté Amour de Soie et lui ai proposé l’éventail. Deux jours après, j’avais une réponse de Mylène qui me disait qu’elle avait très envie de m’accompagner et de s’investir dans cette belle histoire. C’était très émouvant. J’étais aux anges. Je ne m’y attendais pas du tout. C’est très très rare qu’une personnalité de ce genre réagisse aussi vite et avec autant de gentillesse. Et je peux vous dire que j’en ai côtoyé des célébrités (Monique a travaillé dans l’audiovisuel pendant vingt-cinq ans, ndlr).

Dès lors, il était question que l’éventail soit en vente sur l’ensemble de la tournée ?
Oui. Alors que moi, je pensais qu’il n’y avait que les deux concerts de septembre ! (rires) Nous étions en janvier donc, pour moi, on avait tout le temps de fabriquer les éventails. Il faut savoir qu’ils sont intégralement faits à la main.

Cela a-t-il compliqué les choses que la commande soit plus importante que prévu et à livrer pour début mai ?
Non, au contraire ! C’était une grande et belle surprise. Plus on a de commandes, plus on fait travailler de femmes et plus on peut scolariser d’enfants.

Que s’est-il passé une fois que vous avez eu le feu vert de Mylène ?
J’ai fait la connaissance d’Henry Neu, le graphiste de Mylène, qui m’a très gentiment reçue. Ensemble, nous avons discuté de l’élaboration de l’éventail à partir de la photo donnée par Mylène. Pour l’anecdote, Youness el Guermaï, qui est le graphiste de l’association, travaillait sur les pochettes de Mylène avec Henry il y a vingt ans. Le monde est petit !

Il fallait ensuite soumettre le projet à la validation de Mylène ?
Oui. Ce qui s’est fait sans peine. Elle l’a trouvé très beau. Elle a en plus eu la gentillesse de le dédicacer pour ses fans.

Vous étiez en contact avec elle ?
Non, j’étais en lien avec son équipe – Thierry Suc, Paul van Parys – et celle de Charmandising qui s’occupe du merchandising sur la tournée. Il faut savoir que l’éventail est en vente à chaque concert de Mylène, mais aussi, depuis mai et pour un an, sur le site de Charmandising.

Quand a commencé la fabrication au Vietnam ?
En février. Et nous avons reçu les éventails fin avril, quelques jours avant le premier concert.

S’est-il bien vendu jusqu’à aujourd’hui ?
Très bien même ! Entre trois-cents et trois-cents-cinquante par jour. On m’a dit que c’était le best-seller du stand merchandising.

Combien d’exemplaires ont été mis en place ?
Sept mille. Et on a une nouvelle commande pour les concerts de septembre.

Pour les gens qui ne sont pas au courant de l’opération, l’éventail est un produit parmi d’autres au stand merchandising. Pourquoi ne pas l’avoir distingué des autres ?
Tout est indiqué sur le packaging. Mais c’est vrai qu’il faut l’avoir acheté pour le voir. Je pense qu’on va faire quelque chose pour le différencier des autres produits au Stade de France.

Les bénéfices générés par la vente de l’éventail sont-ils aussi pour Amour de Soie ?
Oui. C’est Mylène qui y a tenu. Non seulement elle a fourni un travail à ces femmes vietnamiennes pour les aider à scolariser leurs enfants, mais en plus elle a voulu reverser tout l’argent récolté à notre association.

Cela représente combien d’enfants scolarisés ?
La commande de Mylène Farmer devrait nous permettre de scolariser plus de deux-cents enfants et de leur offrir un vélo. En outre, ce qui me parait important c’est que plusieurs femmes vont enfin pouvoir scolariser elles-mêmes leurs enfants grâce à ce travail sur les éventails et des jeunes filles vont pouvoir reprendre leurs études… Donc c’est une très belle histoire (sourire).

Jusqu’alors, quelles étaient les réalisations de votre association ?
J’avais déjà réussi à scolariser cinquante enfants. Et j’avais pris en charge une vingtaine de bébés déposés dans une pagode à côté d’Hanoi. Mon objectif est de les aider à grandir et à être scolarisés jusqu’à leur majorité.

D’autres opérations à venir pour Amour de Soie ?
On est en contact avec le Tour de France. Et je vous avoue que cette collaboration avec Mylène nous a ouvert des portes. Je pense particulièrement à Charmandising (qui a de nombreuses licences merchandising dans la musique, le cinéma et la télévision, ndlr). On a très envie de faire des choses ensemble.


IAO - 09/2009
    

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