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Thierry Suc (Producteur et manager)Interview Divers - 2009

Mylène Farmer sait ce qu’elle ne veut pas faire

Manager de Mylène Farmer, Thierry Suc parle de l’artiste, à quelques jours de son concert au Stade de Genève.
Il apparaît rarement dans les médias. Parce qu’il n’a pas choisi ce métier pour se faire mousser. Mais Thierry Suc est un personnage incontournable dans le monde du spectacle. A l’image de Jean-Claude Camus (Johnny Hallyday) ou de Gilbert Coulier (Céline Dion). Manager de Mylène Farmer, le Lyonnais produit tous les spectacles de la divine rousse depuis sa première tournée, en 1989. Depuis six mois, entre New York et Paris, il planche sur le retour de Yannick Noah sur scène, prévu pour 2010. Il a participé à l’éclosion scénique de Calogero et de Raphaël. Son nom est surtout indissociable de celui de Jean-Jacques Goldman, puisqu’il a produit une centaine de ses concerts jusqu’en 2002.


Pourquoi Mylène Farmer a-t-elle attendu si longtemps pour «faire un stade»?
Il y a très peu d’artistes à pouvoir en remplir un. En France, ils ne sont que deux: Johnny et Mylène! Et Johnny Hallyday a attendu d’avoir 50 ans pour s’offrir le Parc des Princes… Faire un stade, c’est compliqué! Il y a beaucoup de contraintes. On ne peut pas accrocher ce qu’on veut, il y a le problème de la pluie, de la lumière.

A-t-il été difficile de la convaincre?
Nous avons eu une longue discussion. Et puis, un jour, elle a dit: «O.K., on y va!» Ce n’était pas une petite décision à prendre.

Comment s’est déroulée la première rencontre avec elle?
C’était avant sa première tournée, en 1989… Comme pour tous les autres, on s’est choisis. Ça part d’abord d’un amour pour la musique et pour l’artiste. On se rencontre. Et il faut se sentir! C’est un vrai choix, parce que je passe plus de temps avec mes artistes qu’avec les gens qui partagent ma vie.

Est-ce facile de travailler avec Mylène Farmer?
Très facile. Parce que Mylène sait ce qu’elle ne veut pas faire. Mon rôle consiste à l’accompagner. A faire en sorte qu’elle puisse exercer son art. Le temps où les artistes étaient des marionnettes est révolu. Il n’y aurait plus de place pour un Colonel Parker ou un Johnny Stark…

Le décor n’a jamais paru si spectaculaire. Cela vous arrive-t-il de mettre le holà?
On ne s’interdit rien au départ. On essaie de délirer le plus loin possible. C’est la technique qui nous freine! Mais Mylène tient à son univers. Depuis le début de l’aventure, il y a un an et demi, elle participe à chaque choix. Jusqu’à la texture des rideaux. Si elle doit faire trente séances avec Jean-Paul Gaultier pour les costumes, elle assistera à toutes. Elle s’investit dans tous les corps de métier.

Ce qui frappe sur cette tournée, c’est son plaisir d’être sur scène…
C’est vrai, je crois que c’est la tournée où elle est la plus épanouie. La plus heureuse.

Comment l’expliquer?
Je ne sais pas. Le temps fait qu’on connaît les choses. On en lâche, on en prend d’autres. Mylène arrive à un âge où elle peut prendre totalement du plaisir sur scène. Mais je peux vous dire qu’elle a le trac pour Genève…

On parle beaucoup du mystère autour de Mylène Farmer…
Mylène n’est pas mystérieuse, elle est discrète. Elle n’aime pas tout donner en pâture. Elle n’aime pas faire de la télévision. Elle déteste parler d’elle. Ses rendez-vous, elle les donne sur scène. Elle y livre à son public ce qu’elle a à livrer. Et puis, elle ne se reconnaît pas dans les émissions qui passent sur les chaînes françaises. Elle ne fera jamais la Star Academy.

Mais, avec ses fans aussi, elle se révèle plutôt distante...
Le métier a changé. Quand un artiste passe cent vingt minutes sur scène, il ne peut plus signer des bouts de papier pendant des heures… Mais la relation de Mylène avec ses fans est très forte. Et tout le courrier qu’elle reçoit, elle le voit.


Jean-Daniel Sallin pour 24heures.ch - 31/08/2009
    

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