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Guy-Claude François est un acteur très important de la tournée « Mylenium Tour », puisque c’est lui qui a conçu le décor de la scène, dont la fameuse statue géante inspirée d’un tableau de Giger. Entretien passionnant et instructif.
Vous avez été contacté par Thierry Suc pour concevoir le décor de la tournée le « Mylenium Tour ». Quand était-ce exactement et comment s’est déroulé le premier contact avec Mylène ? J’ai été contacté par Thierry Suc par l’intermédiaire de Roger Abriol, directeur de production du spectacle, pendant que je tournais le film de Maria de Medeiros, « Capitaines d’avril » à Lisbonne. Saviez-vous dès le départ qu’il y aurait sur scène cette statue d’après une toile de l’artiste H.R. Giger ? Qui en a eu l’idée en premier ? Roger m’avait informé de l’attachement de Mylène à l’esthétique de Giger. Aussi ai-je esquissé l’image d’une « femme-idôle » que la bande vidéo du précédent concert m’inspirait. Mais je n’ai « emprunté » à Giger que la chevelure et le ton métallique du personnage ! C’est avec ce dessin que j’ai rencontré Mylène au cours d’un aller/retour à Paris. Elle a apprécié. C’est donc à partir de cette esquisse que s’est élaboré le projet. Avez-vous rencontré Giger, et que pensez-vous de son univers ? Nous avons rencontré Giger au cours d’un après-midi à Zurich. Il était, chez lui, dans un univers surréaliste, univers dont je me sens proche, au même titre que celui de Duchamp ou Eisher. Comment s’est déroulée la conception et la fabrication de la statue ? De façon assez classique, à savoir dessins précis, dessins d’étude, plans, coupes et détails de construction, maquettes et prototypes. Au cours de la création du décor, comment se passait le travail avec Mylène ? Une rencontre hebdomadaire avait lieu avec Mylène et les différents intervenants (construction, éclairages, machinerie, son, effets spéciaux, vidéos). Elle menait les rencontres de façon très professionnelle, très ouverte aux propositions des uns et des autres et distinguant, si cela était nécessaire, avec beaucoup de justesse et d’intelligence, les meilleures solutions. Pendant la préparation, la construction d’une statue qui aurait eu des jambes articulées a été stoppée car trop coûteuse. Y a-t-il d’autres pistes comme celle-ci qui ont finalement été abandonnées ? J’avais en effet dessiné un personnages assis en tailleur portant la scène sous la forme d’un plateau. On apercevait donc ses jambes. Le moment des économies arrivant, je les ai supprimées sans trop de regrets parce qu’une seule petite partie du public aurait pu les distinguer. Rien d’autre n’a été abandonné, plutôt enrichi en fait. Quelles ont été les principales difficultés techniques pour vous ? Désolé, mais je ne me rappelle d’aucune difficulté particulière. J’ajoute que cette production a été un modèle d’heureuse connivence. Lors de la tournée, comment la statue était-elle transportée d’une ville à une autre ? Combien de temps fallait-il pour la remonter ? Elle était transportée dans plusieurs camions : un bras dans l’un, la tête dans l’autre, etc. ! Il fallait une demi-journée pour la remonter. L’atelier Artefact qui l’a construite est l’un des meilleurs d’Europe. Au début de son spectacle, Mylène sort de la tête de la statue, suspendue à un câble. Avez-vous assisté aux répétitions ? Oui bien sûr, je suis toujours présent pendant les montages et les répétitions. C’est Mylène qui a eu l’idée de la tête s’ouvrant. La mise au point du « vol » s’est faite sans difficulté. Saviez-vous que lors de sa tournée précédente, en 1996, Mylène avait fait une chute de plusieurs mètres de haut à Lyon, ce qui lui a valu une fracture ouverte du poignet ? N’appréhendait-elle pas de renouveler une acrobatie ? Non, je l’ignorais, mais elle est courageuse et était confiante, surtout que cela aurait pu être plus grave : la chute aurait été d’environ onze mètre, soit quatre étages ! Avez-vous des anecdotes marquantes qui vous restent en mémoire ? Désolé, mais encore rien de particulier si ce n’est une excellente atmosphère de travail avec l’ensemble de la troupe (environ cent personnes). Avez-vous pu assister à quelques représentations du « Mylenium Tour » ? Oui, à Marseille pour les premières représentations. Je n’ai pu assister qu’au montage de Bercy. J’étais en tournage du « Pacte des loups » pendant les représentations qui s’y sont déroulées. Quel regard portez-vous sur le résultat du « Mylenium Tour » ? Êtes-vous satisfait ? Un regard très admiratif pour Mylène et le spectacle lui-même. C’est la première fois que je collaborais à un spectacle de ce genre et j’ai découvert un monde et des gens très remarquables, humainement et professionnellement. Pour la promotion du double album live, une réplique miniature de la statue a été envoyée aux médias. Cela était décidé depuis le départ ? Savez-vous que cette pièce est l’une des plus chères et des plus recherchées par les collectionneurs ? Je ne pense pas que cela était prévu. Je l’ai appris quand j’en ai reçu une. J’ignorais que j’étais potentiellement riche ! Mais je la garde ! Pour son prochain spectacle, en 2006, Mylène va faire appel au scénographe anglais Mark Fisher, qui a réalisé entre autres les shows des Rolling Stones ou du groupe U2. Connaissez-vous son travail ? Je connais et apprécie son travail mais je n’ai pas eu l’occasion de le rencontrer. Avez-vous revu Mylène depuis votre collaboration ? Oui, très succinctement, à propos de ce show, précisément. |
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