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Boris VianInspirations de Mylène Farmer


Pas le temps de vivre (Paroles)

Boris Vian / Le temps de vivre

Pour Mylène

I
Il a dévalé la colline
Ses pas faisaient rouler les pierres
Là-haut entre les quatre murs
La sirène chantait sans joie

II
Il respirait l'odeur des arbres
Il respirait de tout son corps
La lumière l'accompagnait
Et lui faisait danser son ombre

III
Pourvu qu'ils me laissent le temps
Il sautait à travers les herbes
Il a cueilli deux feuilles jaunes
Gorgées de sève et de soleil

IV
Les canons d'acier bleu crachaient
De courtes flammes de feu sec
Pourvu qu'ils me laissent le temps
Il est arrivé près de l'eau

V
Il a plongé son visage
Il riait de joie il a bu
Pourvu qu'ils me laissent le temps
Il s'est relevé pour sauter

VI
Pourvu qu'ils me laissent le temps
Une abeille de cuivre jaune
L'a foudroyé sur l'autre rive
Le sang et l'eau se sont mêlés

VII
Il avait eu le temps de voir
Le temps de boire au ruisseau
Le temps de porter à sa bouche
Deux feuilles gorgées de soleil

VIII
Il avait eu le temps de rire aux assassins
Le temps d'atteindre l'autre rive
Le temps de courir vers la femme
Il avait eu le temps de vivre.

Je n'ai pas le temps de vivre
Quand s'enfuit mon équilibre
Je n'ai pas le temps de vivre
Aime-moi, entre en moi
Dis-moi les mots qui rendent ivres
Dis-moi que la nuit se déguise
Tu vois, je suis
Comme la mer qui se retire, de
N'avoir pas su trouver tes pas...

Rêver (Paroles)

Boris Vian / J'irai cracher sur vos tombes

Pour Mylène

Je reçus une lettre de Tom quelques jours plus tard. Il ne me disait pas grand-chose de ses affaires. Je crus comprendre qu'il avait trouvé un machin pas bien brillant dans une école de Harlem, et il me citait les Écritures, en me donnant la référence, parce qu'il se doutait que je n'étais pas très au courant de ces histoires-là. ça consistait en un passage du livre de Job et ça disait : "J'ai pris ma chair entre mes dents, j'ai mis mon âme dans ma main". Je crois que le type, selon Tom, voulait entendre par là qu'il avait joué sa dernière carte ou risqué le tout pour le tout, et je trouve que c'est une façon compliquée d'accommoder un plat aussi simple. Je vis donc que Tom n'avait pas changé de ce point de vue-là. Mais c'était un brave type quand même.

D'avoir mis son âme dans tes mains
Tu l'as froissé comme un chagrin
Et d'avoir condamné vos différences
Nous ne marcherons plus ensemble
    

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