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Etty HillesumInspirations de Mylène Farmer


Ange, parle-moi (Paroles)

Etty Hillesum / Une vie bouleversée

Pour Mylène

Je voudrais parfois me réfugier avec tout ce qui vit en moi dans quelques mots, trouver pour tout un gîte dans quelques mots. Mais je n'ai pas encore trouvé les mots qui voudront bien m'héberger. C'est bien cela. Je suis à la recherche d'un abri pour moi-même, et la maison qui me l'offrira, je devrai la bâtir moi-même pierre par pierre. Ainsi chacun se cherche-t-il une maison, un refuge. Et moi je cherche toujours quelques mots.

L'ange parle-moi !
Le plus vaste des coeurs se brise.
Parle-moi !
L'hiver pourvu qu'on le cultive.
Dans cette pièce,
Nul semble respirer,
Ici, c'est un...
Abri qui m'a été donné !
Ensuite, il y eut cette longue marche pour revenir de la gare de l'Amstel à travers la ville presque noire, comme prise sous un charme. Au cours de ce trajet, j'ai eu soudain l'impression que je n'étais pas seule, que "j'étais deux". Je me sentais composée de deux personnes, de deux êtres qui se serraient l'un conter l'autre pour être bien au chaud.

Parle-moi !
Pourquoi cette couleur trompeuse ?
Ange, parle-moi !
De voir qu'en lui, ils étaient deux.
Je sais ce que...
Mentir veut dire pour moi,
Tu sais,
Dieu a rompu
Son pacte avec cet étranger !

Avant que l'ombre... à Bercy - le programme (Concert)

Etty Hillesum / Une vie bouleversée

Pour Mylène

« Tout est hasard, ou rien n'est hasard.
Si je croyais à la première possibilité, je ne pourrais pas vivre,
mais je ne suis pas encore convaincue de la seconde. »

Retranscrit dans le programme d'Avant que l'ombre... à Bercy.

Dans les rues de Londres (Paroles)

Etty Hillesum / Une vie bouleversée

Pour Mylène

On ne saurait enfermer la vie dans quelques formules. Or c'est cela qui t'occupe sans arrêt et fait galoper ta pensée. Tu essaies de réduire la vie à quelques formules, mais c'est impossible, elle est nuancées à l'infini, ne peut-être ni enfermée ni simplifiée.
Mais c'est toi qui pourrait être plus simple...

(...)

C'est très mal ; ici je ne vis pas, je me laisse vivre. Je remets ma vie à plus tard, j'attends mon départ.

(...)

D'une part je m'impose des exigences très élevées et, dans mes moments de véritable inspiration, je me crois capable des plus grandes choses, mais l'inspiration ne dure pas éternellement et, dans mes moments plus quotidiens, je suis prise de l'angoisse soudaine de ne pouvoir jamais réaliser ce que je sens en moi dans mes instants les plus intenses.
Mais pourquoi devrais-je réaliser quoi que ce soit? J'ai tout simplement à être, à vivre, à tenter d'atteindre une certaine humanité.

(...)

Ton imagination, tes émotions intérieures, etc., sont le grand océan sur lequel tu dois conquérir de petits lambeaux de terre, toujours menacés de submersion. L'océan est un élément grandiose mais, l'important, ce sont ces petits lambeaux de terre que tu sais lui arracher.

Réduire la vie à...
Des formules indécises
C'est bien impossible, elle
Tu vois, se nuance à l'infini

C'est comme une lettre
Qui s'est écrite à l'envers...
Coule dans ma tête
Un monde fou qui veut naître

Je remets ma vie à...
Un plus tard
abandonné
Pour simplement vivre
Tenter d'a...tteindre une humanité

Des lambeaux de terre
Me regardaient disparaître
Et, parmi les pierres
Je vivais et j'espérais, tu sais...

L'amour n'est rien... (Paroles)

Etty Hillesum / Une vie bouleversée

Pour Mylène

Il est en effet des moments où je désire cela. Où je voudrais voir tout son amour se resserrer et se concentrer sur moi. Mais n'est-ce pas une pensée trop "physique"? Et trop personnelle? Je ne sais absolument pas comment réagir face à cet homme.

(...)

J'ai une tendance à l'ascèse, à résister à la faim et à la soif, au froid et au chaud. Quel genre de romantisme est-ce là, je l'ignore.

(...)

Je vis, je jouis de la vie, je l’assume si complètement que je la consume jusqu’au bout.

Obsédée du pire
Un peu trop physique...
L'envie de frémir
Est pharaonique !
...fi de l'ascèse !
Ma vie s'enténèbre
Moi sans la langue
Sans sexe je m'exangue !

(...)

La vie n’est rien
Quand elle est tiède
Elle se consume
Et vous bascule
Le sang en cendres de cigarette

Redonne-moi (Clip)

Etty Hillesum / Une vie bouleversée

Pour Mylène

En moi certaines choses prennent bel et bien forme, une forme de plus en plus nette, concentrée et tangible - et pourtant il n'y a rien encore à saisir, comment est-ce possible? J'ai l'impression d'abriter un grand atelier où l'on travaille dur, où l'on martèle, taille, etc. A d'autres moments, il me semble être faite intérieurement de granit, un rocher de granit heurté perpétuellement de fortes cataractes qui l'érodent. Un bloc de granit érodé sans trêve, où les éléments cisèlent des contours et des formes. Peut-être ces formes seront-elles un jour achevées, leurs contours nettement dessinés, et je n'aurai plus alors qu'à recopier ce que je trouverai en moi. Mais n'est-ce pas une vue trop simpliste? Ne fais-je pas trop confiance à un travail qui s'accomplit sans ma participation active? Je veux y apporter tout mon sérieux et toute mon attention : ils assistent à ce "travail" pour ainsi dire en mon nom. Ils sont mes représentants là-bas dans cet atelier, mais ils n'y sont qu'en observateurs, sans fournir aucune aide effective.

Le clip de François Hanss semble inspiré de ce passage.

Etty Hillesum / Une vie bouleversée

Pour Mylène

Souffrir dans tout con corps au point de ne pouvoir pas même supporté d'être effleurée du bout des doigts, voilà l'équivalent de ce que je ressens dans mon "âme" (si l'on veut bien l'appeler ainsi). La plus fugitive impression vous fait mal. "Une âme sans épiderme" a écrit Mme Romein, je crois, à propos de Carry van Bruggen. Je voudrais partir très loin.

Comme un fantôme qui se démène
Dans l'aube abîmée sans épiderme
Et nul n'a compris
Qu'on l'étreint à demi et...
Et nul n'a surpris son cri :
Recommencer sa vie,
Aussi,

Tous ces combats (Paroles)

Etty Hillesum / Une vie bouleversée

Pour Mylène

Il faut oublier des mots comme Dieu, la Mort, la Souffrance, l'Éternité. Il faut devenir aussi simple et aussi muet que le blé qui pousse ou la pluie qui tombe. Il faut se contenter d'être.
(...)
Je suis restée comme ça. Totalement immobile, considérant pour ainsi dire mon nombril, attendant pieusement que de nouvelles forces veuillent bien affleurer en moi. Mon coeur était pris au piège, rien ne circulait en moi, tous mes vaisseaux étaient envasés et mon crâne était serré dans un étau. Quand je suis assise ainsi, tassée sur moi-même, j'attends que quelque chose fonde en moi et se remette à couler en moi.
(...)
J'ai parfois le sentiment que le grand malentendu s'accroît à chaque parole prononcée, à chaque geste. Je voudrais m'immerger dans un grand silence et imposer ce silence à tous les autres. Oui, il est des moments où chaque mot accroît le malentendu sur cette terre trop agitée.
(...)
La vie est dure, c’est un combat de tous les instants (…) mais ce combat m’attire.

Être aussi simple
Aussi muet
Que tout le blé qui pousse au vent d’aimer
Simplement être...

La vie nous blesse
Elle nous assèche
J’attends que quelque chose fonde en moi
J’attends tout... "d’être"

Tous ces combats
Qui brisent insouciance
Mordent l’existence
,
J’ai la mélancholia
Qui rend l’âme à nue
Qui me constitue
Tous ces combats
Alors que la rage
Que tout fait naufrage
J’ai dans mon autre moi
Un désir d’aimer
Comme un bouclier

Aux jours livides
Qui semblent me dire :
"je voudrais t’immerger dans un silence"
Je crains qu’ils dansent !
Beauté du doute
Oser un souffle
"vivre" est ce qu’il y a de plus rare au monde
Pourtant les ombres...
    

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