ConnexionAccueil0 Commentaire


A quoi je sers... (Paroles)Inspirations de Mylène Farmer


Alain Suied

Gilgul

MF : A quoi je sers...

Quand le vent racontera
notre histoire
à l'herbe, au fleuve
à l'oreille des forêts
quelle
poussière
seront-nous devenus ?

Loin de l'espèce

un arbre, un rêve
le souffle d'un retour ?

La secrète mémoire
de la terre
le cri glacé
des univers
la rumeur sans paroles
des premiers arrachements.

Quelle poussière
serons-nous devenus ?
Quel regard poserons-nous
sur le monde retrouvé ?

Quand notre coeur secret
saura
que rien ne vient réparer
le rêve étrange et pur
de la petite enfance
quelle poussière serons-nous devenus ?

Au coeur de l'espèce

et soudain étrangers
comme le cri d'un éclair ?

Le secret amour
des disparus
le chant gelé
du passé
la rumeur sans fin
des premières désillusions.

Quelle poussière serons-nous devenus ?
Quel regard poserons-nous
sur le monde dépossédé ?

Nous serons
toutes les étoiles d'un seul ciel.
Nous serons mélangés
à une seule histoire commune.

Une seule matière errante
une poussière vivante aventureuse

et nous jouerons
de forme en forme
de galaxie en galaxie
sur le front de l'infini.

Poussière vivante, je cherche en vain ma voie lactée

Poussière errante, je n'ai pas su me diriger

Poussière brûlante, la fièvre a eu raison de moi

Luc Dietrich

L’apprentissage de la ville

MF : A quoi je sers...

Alors le destin de l'humanité toute entière m'apparut dans ce mouvement de mauvaise marée : destins fondus dans le même glissement, destins lâchés par milliards comme poussières vivantes.

(Le pot de miel, LXVIII)

Poussière vivante
Je cherche en vain ma voie lactée
Il faut faire, toujours, – combler le vide : mettre des gestes, des mots, des actes entre nous et ce vide, pour empêcher qu'il ne retombe et nous écrase.

(Les prisonnières, XXX)

J'ai peur du vide
Je n'aime personne et personne ne m'aime. Est-il donc nécessaire de vivre ? Est-ce utile et agréable à quelqu'un ? Et maintenant, que désirer, et que faire ?

(Le pot de miel, LIX)

Pourquoi ces larmes, dis
A quoi bon vivre ?
Le passé m'était remords, l'avenir menace, le présent dégoût.

(Les prisonnières, XXI)

A présent je peux me taire
Si tout devient dégoût
Je suis comme celui dont les mains saignent à se raccrocher, dont les tendons cèdent. Et même si je parvenais à me redresser, pour quoi, pour qui ? A quoi cela servirait-il ?

(Les grands mois d'hiver, V)

Chaque heure demande pour qui
Pour quoi se redresser ?
    

Vos réactions

Attention, vous n'êtes pas connecté ! Connectez-vous en cliquant ici. Le retour sur cette page sera automatique.