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Dans les rues de Londres (Paroles)Inspirations de Mylène Farmer


Etty Hillesum

Une vie bouleversée

MF : Dans les rues de Londres

On ne saurait enfermer la vie dans quelques formules. Or c'est cela qui t'occupe sans arrêt et fait galoper ta pensée. Tu essaies de réduire la vie à quelques formules, mais c'est impossible, elle est nuancées à l'infini, ne peut-être ni enfermée ni simplifiée.
Mais c'est toi qui pourrait être plus simple...

(...)

C'est très mal ; ici je ne vis pas, je me laisse vivre. Je remets ma vie à plus tard, j'attends mon départ.

(...)

D'une part je m'impose des exigences très élevées et, dans mes moments de véritable inspiration, je me crois capable des plus grandes choses, mais l'inspiration ne dure pas éternellement et, dans mes moments plus quotidiens, je suis prise de l'angoisse soudaine de ne pouvoir jamais réaliser ce que je sens en moi dans mes instants les plus intenses.
Mais pourquoi devrais-je réaliser quoi que ce soit? J'ai tout simplement à être, à vivre, à tenter d'atteindre une certaine humanité.

(...)

Ton imagination, tes émotions intérieures, etc., sont le grand océan sur lequel tu dois conquérir de petits lambeaux de terre, toujours menacés de submersion. L'océan est un élément grandiose mais, l'important, ce sont ces petits lambeaux de terre que tu sais lui arracher.

Réduire la vie à...
Des formules indécises
C'est bien impossible, elle
Tu vois, se nuance à l'infini

C'est comme une lettre
Qui s'est écrite à l'envers...
Coule dans ma tête
Un monde fou qui veut naître

Je remets ma vie à...
Un plus tard
abandonné
Pour simplement vivre
Tenter d'a...tteindre une humanité

Des lambeaux de terre
Me regardaient disparaître
Et, parmi les pierres
Je vivais et j'espérais, tu sais...

Pierre Reverdy

Sources du vent

MF : Dans les rues de Londres

Histoire

Une lettre écrite à l'envers
La main qui passe sur ta tête
Et l'heure
Où l'on se lève le matin
Soleil rouillé
Vitre fondue
Nature morte
Le courant d'air ferme ma porte
Et les songes m'ont réveillé

Il y a encore une bougie qui brûle

Réduire la vie à...
Des formules indécises
C’est bien impossible, elle
Tu vois, se nuance à l’infini
C’est comme une lettre
Qui s’est écrite à l’envers
...
Coule dans ma tête
Un monde fou qui veut naître
Derrière la gare

Un nuage descend tout bas
Là où il y a un vide
Près de moi
Un trou
Au loin quelque chose finit
Un grand bruit
s'éteint
Et je vois du monde
Dans ma tête il y a un monde fou
C'est toi
Et je ne reconnais personne
quelle vie
Ce n'est pas encore fini
Une ride profonde au front
C'est transparent comme du cristal
Quelque chose au bout des doigts qui me fait mal
Quand je t'ai connue
Quand je t'ai tenue
Certainement quelque chose tombait
Une fausse parure
Et tu ne voyais même pas ma figure
La porte tournait
Quelqu'un riait
C'était si loin
Où pourrait-on aller se perdre maintenant

Réduire la vie à...
Des formules indécises
C’est bien impossible, elle
Tu vois, se nuance à l’infini
C’est comme une lettre
Qui s’est écrite à l’envers...
Coule dans ma tête
Un monde fou
qui veut naître
Toi ou moi

Endormi dans cette chambre
Il n'ose plus se réveiller
La peur ferme son rêve noir
Et ses membres
Ne peuvent plus le soutenir
Je t'abandonne il faut partir
Si l'on n'aime bien que soi-même
Je te laisse parce que je t'aime
Et qu'il faut encore marcher
Un jour nous nous retrouverons peut-être
Où se croisent les souvenirs
Où repassent les histoires d'autrefois
Alors tu reviendras vers moi
Nous pourrons rire
Un espoir à peine indiqué
Sous le vent une plainte amère
La voix qui pourrait me guider
A mon approche va se taire
Dans la rue bordée de chansons
Qui jaillissaient par les fenêtres
Au coin des dernières maisons
Nous nous regardions disparaître

Je remets ma vie à...
Un plus tard abandonné
Pour simplement vivre
Tenter d'a...tteindre une humanité
Des lambeaux de terre
Me regardaient disparaître
Et, parmi les pierres
Je vivais et j'espérais, tu sais...
Avant l'orage

Je marchais en chantant
Sur le chemin fermé
Le ciel était tombé à quelques pas
Parmi les pierres
Je me suis arrêté
J'ai regardé derrière
Avec leurs bras levés
cheminées de chaumières
chevelures au vent
qui se sont dispersées
Et tout ce qui s'élève
Et qui s'est en allé
Dans ma poitrine vide
Une goutte est tombée
Une goutte de pluie
lourde comme une larme
En regardant plus loin
Et par-dessus les arbres

Je remets ma vie à...
Un plus tard abandonné
Pour simplement vivre
Tenter d’a...tteindre une humanité
Des lambeaux de terre
Me regardaient disparaître
Et, parmi les pierres
Je vivais et j’espérais, tu sais...

Virginia Woolf

Personnalité

MF : Dans les rues de Londres

Virginia Woolf (25 janvier 1882 - 28 mars 1941) est une femme de lettres anglaise et une féministe. Pendant l'entre-deux-guerres, elle fut une figure marquante de la société littéraire londonienne et un membre du Bloomsbury Group (qui réunit un certain nombre d'artistes et d'intellectuels britanniques).

Elle est considérée comme l'une des plus grandes romancières du XXe siècle et des plus grandes innovatrices dans la langue anglaise. Dans ses œuvres, elle expérimente avec acuité les motifs sous-jacents de ses personnages, aussi bien psychologiques qu'émotifs, ainsi que les différentes possibilités de la narration et de la chronologie morcelées. Selon Edward Morgan Forster, elle a poussé la langue anglaise « un peu plus contre les ténèbres » ; l'influence de ses réalisations littéraires et de sa créativité est encore sensible aujourd'hui.

Virginia Woolf se suicide en 1941. Elle remplit ses poches de pierres et se jette dans la rivière Ouse, près de Monk's House, sa maison de Rodmell. Elle laisse une note à son mari : « J'ai la certitude que je vais devenir folle : je sens que nous ne pourrons pas supporter encore une de ces périodes terribles. Je sens que je ne m'en remettrai pas cette fois-ci. Je commence à entendre des voix et ne peux pas me concentrer. Alors je fais ce qui semble être la meilleure chose à faire. Tu m'as donné le plus grand bonheur possible... Je ne peux plus lutter, je sais que je gâche ta vie, que sans moi tu pourrais travailler. [...] »

L'étude de sa vie et de ses œuvres par les psychiatres contemporains conduit à penser qu'elle présentait tous les signes de ce qu'on nomme aujourd'hui « trouble bipolaire » (anciennement psychose maniaco-dépressive), maladie mentale alternant des épisodes de dépression et d'excitation, souvent associée avec une grande créativité mais conduisant bien des personnes au suicide.

Mais tu sais, son âme est telle
Dans les rues de Londres
J’ai puisé plus de lumières
Qu’il n’en faut pour voir...
Dieu a des projets pour elle
Et les rues de Londres
Souffleront sur des mystères
D’une autre fois...
Virginia
    

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