ConnexionAccueil0 Commentaire


Souviens-toi du jour... (Paroles)Inspirations de Mylène Farmer


Pierre Reverdy

Les Ardoises du toit

MF : Souviens-toi du jour...

Abat-jour

Autour de la table
Au bord de l'ombre
Aucun d'eux ne remue beaucoup
Et quelqu'un parle tout à coup
Il fait froid dehors
Mais là c'est le calme
Et la lumière les unit
Le feu pétille
Une étincelle
Les mains se sont posées
Plus bleues sur le tapis
Derrière le rayon une tête qui lit
Un souffle qui s'échappe à peine
Tout s'endort
Le silence traîne
Mais il faut encore rester
La vitre reproduit le tableau
La famille
De loin toutes les lèvres ont l'air d'être ferventes et de prier

Le souffle à peine échappé
Les yeux sont mouillés
Et ces visages serrés
Pour une minute
Pour une éternité
Les mains se sont élevées
Les voix sont nouées
Comme une étreinte du monde
A l'unisson
A l'Homme que nous serons...
Entre deux mondes

L'ombre danse
Il n'y a plus rien
Que le vent qui s'élance
Le mouvement s'étend du mur
Et se gonfle
Il y a des personnages qui naissent
Pour une minute ou pour l’Éternité
La nuit seule qui change
Et moi-même à coté
Quelqu'un que le remords tracasse
Sur la route où marque son pas
On ne voit rien de ce qu'il y a
Le mur seul fait une grimace
Un signe de mon coeur s'étend jusqu'à la mer
Personne d'assez grand pour arrêter la terre
Et ce mouvement qui nous lasse
Quand une étoile bleue là-haut tourne à l'envers

Le souffle à peine échappé
Les yeux sont mouillés
Et ces visages serrés
Pour une minute
Pour une éternité

Les mains se sont élevées
Les voix sont nouées
Comme une étreinte du monde
A l’unisson
A l’Homme que nous serons...

Sources du vent

MF : Souviens-toi du jour...

Épine

De quoi te sert l'anneau de ce monde incertain
La roue voilée qui tourne en sens inverse
A quoi te sert la nuit
Dans ce visage dur
Et le mystère entier que rien n'entame bien
Mon mouvement à moi s'étend sans aucun lien
Cette pensée sculptée dans le marbre sans veines
Les frissons bleus de l'eau dans l'âme de la fièvre
Quand le soleil s'enchaîne aux jours désenchantés
Lumière sans reflets
Au bord des plats d'étain
Membres las de leur corps
Arrêtes du chemin
La roue tourne sous l'eau
Les chutes de rayons
Et les têtes poudrées
qui sortent des cartons
Misère du sort
Misère des mains
Les mouvements sont pris dans le froid du matin
Toutes les feuilles du jardin
Cassent sous la gelée comme les bords d'un verre
Et les pas sur mon coeur au moment où le tien
Le regarde d'un oeil sévère

Souviens-toi que le monde a changé
Au bruit des pas qui résonnent
Souviens-toi des jours désenchantés
Aux destins muets
La vitre au cœur

Toi qui n'a eu qu'un seul maître dans la nuit
Une main de lumière dans la nuit
A travers les brouillards épais
Les buissons déchirants de l'hiver
Et les angles durs des solitudes
simple flamme amère
le recueil certain
la poussière
Et dans les jours où le feu se reflète aux vitres isolées
A travers les rues des villes basses et des campagnes désolées
Le feu intérieur qui danse
Dans la poitrine et le triangle qui avance
La glace à tous les pieds
la route
et l'étang retourné
Rayon à peine éteint
souffle à peine échappé
Le vent retenu par la main
Les visages serrés dans le chemin
Vers le ciel blanc et la terre durcie
les pas réglés
les voix nouvelles dans l'allée
L'air est pris
Rien ne passe entre les champs
et les arbres dressés
A l'autre bout la flamme danse
le feu intérieur
Au rideau triangulaire relevé
Le sang du coeur

Le souffle à peine échappé
Les yeux sont mouillés
Et ces visages serrés
Pour une minute
Pour une éternité
Les mains se sont élevées
Les voix sont nouées
Comme une étreinte du monde
A l’unisson
A l’Homme que nous serons...

Primo Levi

Et si c'est un homme

MF : Souviens-toi du jour...

Vous qui vivez en toute quiétude
Bien au chaud dans vos maisons,
Vous qui trouvez le soir en rentrant
La table mise et des visages amis,
Considérez si c'est homme
Que celui qui peine dans la boue,
Qui ne connaît pas de repos,
Qui se bat pour un quignon de pain,
Qui meurt pour oui ou pour non.
Considérez si c'est une femme
Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux
Et jusqu'à la force de se souvenir,
Les yeux vides et le sein froid
Comme une grenouille en hiver.
N'oubliez pas que cela fut,
Non, ne l'oubliez pas :
Gravez ces mots dans votre coeur.
Pensez-y chez vous, dans la rue,
En vous couchant, en vous levant ;
Répétez-les à vos enfants.
Ou que votre maison s'écroule,
Que la maladie vous accable,
Que vos enfants se détournent de vous.

Souviens-toi que l'on peut tout donner
Souviens-toi que l'on peut tout briser
Et si c'est un Homme...
Si c'est un Homme
Lui parler d'amour à volonté
D'amour à volonté
    

Vos réactions

Attention, vous n'êtes pas connecté ! Connectez-vous en cliquant ici. Le retour sur cette page sera automatique.