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Pierre ReverdyInspirations de Mylène Farmer


Bleu noir (Paroles)

Pierre Reverdy / Poèmes en prose

Pour Mylène

Le vent et l'esprit

C'est une étonnante chimère. La tête, plus haut que cet étage, se place entre les deux fils de fer et se cale et se tient ; rien ne bouge.
La tête inconnue parle et je ne comprends aucun mot, je n'entends aucun son - bas contre terre. Je suis toujours sur le trottoir d'en face et je regarde ; je regarde les mots qu'emporte le vent, les mots qu'il va jeter plus loin. La tête parle et je n'entends rien, le vent disperse tout.
Ô grand vent, moqueur ou lugubre, j'ai souhaité ta mort. Et je perds mon chapeau que tu m'as pris aussi. Je n'ai plus rien ; mais ma haine dure, hélas plus que toi-même.

La bataille est belle
Celle de l’amour
Disperse tout
La bataille est celle
De longs, longs jours
Mon amour
Les cornes du vent

Plus épais, il avait voulu le faire plus épais pour son fils que pour lui, Roi. Et, entre la canne et la corne où se balance son chapeau et la tête vide qui rit de sa position saugrenue, le jour se lève avec des menaces comiques, en une grimace. Holà, je te poursuis. Eh bien ! je suis plus fort et je t'aime, viendras-tu ?
Ensemble la route et le village moins longue moins loin nous arriverons et la nuit sera gaie.
Tout mon temps pour gagner cette estime de rien qu'on me refuse encore, je combats pour un autre état et la lutte s'éternise dans la fatigue.
Je te dédie ma mort, colle ton oeil à la serrure de cette chambre, vide et lugubre comme un drame, tu connaîtras l'homme qui l'habite. Les murs ont gardé son empreinte.
Après la fuite, après la peur, sauvé de la boue j'ai fini la poursuite sous la porte cochère. Pas une lumière pour éclairer cette scène et les rideaux de ma chambre courent sous d'autres mains. Qui est-ce ?

Et qui peut se mouvoir
Dans ce convoi de larmes
Je te dédie ma mort
Et je saigne, saigne encore
Mais…
Hôtels

Dans une singulière détresse d'or j'attends, passé minuit, que vienne l'heure propice à touts les défenses contre les éléments. Je vais passer devant l'ennemi, redoutable plus que la pluie, plus que le froid. Il dort et ma main tremble. Une petite arme me suffira, mais avec ce terrible bruit dans la serrure et de la porte, je vais être assailli d'horribles cauchemars.
Au matin nouveau, départ à pas de chat. C'est un autre soupir et la rue me devient moins hostile ; mais quand viendront, enfin, la délivrance et le repos tranquille ? Cependant je me souviens d'avoir dormi dans un lit plus doux dressé pour moi.
Il n'en reste plus que les rêves.

Je tombe en défaillance
Vienne ma délivrance
Me dis quand même qu’au fond de ma peine
Survit un coeur couleur vermeil
Qui bat… car
Une apparence médiocre

Le train siffle et repart dans la fumée qui se fond au ciel bas.
C'est un long convoi de larmes et sur chaque quai où l'on se sépare de nouveaux bras agitent des mouchoirs. Mais celui-là est seul et ses lunettes se ternissent des larmes des autres ou de la pluie qui fouette la vitre où il colle son nez. Il n'a quitté personne et nul ne l'attendra à la gare où il va descendre.
D'ailleurs il ne raconte pas ses voyages, il ne sait pas décrire les pays qu'il a vus. Il n'a rien vu peut-être, et quand on le regarde, de peut qu'on l'interroge, il baisse les yeux ou les lèvre vers le ciel où d'autres nuages se fondent. A l'arrivée, sans expression de joie ou d'impatience, il part, seul dans la nuit, et, sous les becs de gaz qui l'éclairent par intervalles, on le voit disparaître, sa petite valise à la main. Il est seul, on le croit seul. Pourtant quelque chose le suit ou peut-être quelqu'un dans la forme étrange de son ombre.

Et qui peut se mouvoir
Dans ce convoi de larmes
Je te dédie ma mort
Et je saigne, saigne encore
Mais…

C'est une belle journée (Paroles)

Pierre Reverdy / La Lucarne ovale

Pour Mylène

Esprit pesant

Il est allongé et il dort. C'est un corps mort. Un dernier rayon éclaire son visage calme où brillent des dents sans éclat. Les heures sonnent doucement autour de sa tête ;
il ne les entends pas. De temps en temps un rêve passe comme un nuage où se mêlent les gravures du fond.
A droite dansent quelques flammes qui n'iront pas plus haut, et si les bras se lèvent ils touchent le plafond.
Des hommes sans existence réelle soupirent dans les coins et tous les livres entr'ouverts sont tombés un à un sur le tapis déteint.
Le silence, le calme, le sommeil qui descendent aussi lentement que la nuit.

Allongé le corps est mort
Pour des milliers
C'est un homme qui dort
...
A moitié pleine est l'amphore
C'est à moitié vide
Qu'on la voit sans effort
Voir la vie, son côté pile
Oh philosophie
Dis-moi des élégies
Le bonheur
Lui me fait peur
D'avoir tant d'envies
Moi j'ai un souffle à cœur
Aussi

Comme j'ai mal (Paroles)

Pierre Reverdy / Sources du vent

Pour Mylène

Toi ou moi

Endormi dans cette chambre
Il n'ose plus se réveiller
La peur ferme son rêve noir
Et ses membres
Ne peuvent plus le soutenir
Je t'abandonne il faut partir
Si l'on n'aime bien que soi-même
Je te laisse parce que je t'aime
Et qu'il faut encore marcher
Un jour nous nous retrouverons peut-être
Où se croisent les souvenirs
Où repassent les histoires d'autrefois
Alors tu reviendras vers moi
Nous pourrons rire
Un espoir à peine indiqué
Sous le vent une plainte amère
La voix qui pourrait me guider
A mon approche va se taire
Dans la rue bordée de chansons
Qui jaillissaient par les fenêtres
Au coin des dernières maisons
Nous nous regardions disparaître

Comme j'ai mal
Je n'verrai plus comme j'ai mal
Je n'saurai plus comme j'ai mal
Je serai l'eau des nuages
Je te laisse parce que je t'aime
Je m'abîme d'être moi-même
Avant que le vent nous sème
A tous vents, je prends un nouveau départ

Dans les rues de Londres (Paroles)

Pierre Reverdy / Sources du vent

Pour Mylène

Histoire

Une lettre écrite à l'envers
La main qui passe sur ta tête
Et l'heure
Où l'on se lève le matin
Soleil rouillé
Vitre fondue
Nature morte
Le courant d'air ferme ma porte
Et les songes m'ont réveillé

Il y a encore une bougie qui brûle

Réduire la vie à...
Des formules indécises
C’est bien impossible, elle
Tu vois, se nuance à l’infini
C’est comme une lettre
Qui s’est écrite à l’envers
...
Coule dans ma tête
Un monde fou qui veut naître
Derrière la gare

Un nuage descend tout bas
Là où il y a un vide
Près de moi
Un trou
Au loin quelque chose finit
Un grand bruit
s'éteint
Et je vois du monde
Dans ma tête il y a un monde fou
C'est toi
Et je ne reconnais personne
quelle vie
Ce n'est pas encore fini
Une ride profonde au front
C'est transparent comme du cristal
Quelque chose au bout des doigts qui me fait mal
Quand je t'ai connue
Quand je t'ai tenue
Certainement quelque chose tombait
Une fausse parure
Et tu ne voyais même pas ma figure
La porte tournait
Quelqu'un riait
C'était si loin
Où pourrait-on aller se perdre maintenant

Réduire la vie à...
Des formules indécises
C’est bien impossible, elle
Tu vois, se nuance à l’infini
C’est comme une lettre
Qui s’est écrite à l’envers...
Coule dans ma tête
Un monde fou
qui veut naître
Toi ou moi

Endormi dans cette chambre
Il n'ose plus se réveiller
La peur ferme son rêve noir
Et ses membres
Ne peuvent plus le soutenir
Je t'abandonne il faut partir
Si l'on n'aime bien que soi-même
Je te laisse parce que je t'aime
Et qu'il faut encore marcher
Un jour nous nous retrouverons peut-être
Où se croisent les souvenirs
Où repassent les histoires d'autrefois
Alors tu reviendras vers moi
Nous pourrons rire
Un espoir à peine indiqué
Sous le vent une plainte amère
La voix qui pourrait me guider
A mon approche va se taire
Dans la rue bordée de chansons
Qui jaillissaient par les fenêtres
Au coin des dernières maisons
Nous nous regardions disparaître

Je remets ma vie à...
Un plus tard abandonné
Pour simplement vivre
Tenter d'a...tteindre une humanité
Des lambeaux de terre
Me regardaient disparaître
Et, parmi les pierres
Je vivais et j'espérais, tu sais...
Avant l'orage

Je marchais en chantant
Sur le chemin fermé
Le ciel était tombé à quelques pas
Parmi les pierres
Je me suis arrêté
J'ai regardé derrière
Avec leurs bras levés
cheminées de chaumières
chevelures au vent
qui se sont dispersées
Et tout ce qui s'élève
Et qui s'est en allé
Dans ma poitrine vide
Une goutte est tombée
Une goutte de pluie
lourde comme une larme
En regardant plus loin
Et par-dessus les arbres

Je remets ma vie à...
Un plus tard abandonné
Pour simplement vivre
Tenter d’a...tteindre une humanité
Des lambeaux de terre
Me regardaient disparaître
Et, parmi les pierres
Je vivais et j’espérais, tu sais...

Diabolique mon ange (Paroles)

Pierre Reverdy / Poèmes en prose

Pour Mylène

Le vent et l'esprit

C'est une étonnante chimère. La tête, plus haut que cet étage, se place entre les deux fils de fer et se cale et se tient ; rien ne bouge.
La tête inconnue parle et je ne comprends aucun mot, je n'entends aucun son - bas contre terre. Je suis toujours sur le trottoir d'en face et je regarde ; je regarde les mots qu'emporte le vent, les mots qu'il va jeter plus loin. La tête parle et je n'entends rien, le vent disperse tout.
Ô grand vent, moqueur ou lugubre, j'ai souhaité ta mort. Et je perds mon chapeau que tu m'as pris aussi. Je n'ai plus rien ; mais ma haine dure, hélas plus que toi-même.

Ne reste que les rêves
Étonnante chimère
Qui garde son empreinte
A fuit dans son étreinte

(...)

Vent ! J’ai souhaité ta mort
Temps j’ai maudit ton corps
Plus loin que là

A la petite fenêtre, sous les tuiles, regarde. Et les lignes de mes yeux et les lignes des siens se croisent. J'aurai l'avantage de la hauteur, se dit-elle. Mais en face on pousse les volets et l'attention gênante se fixe. J'ai l'avantage des boutiques à regarder. Mais enfin il faudrait monter ou il vaut mieux descendre et, bras dessus bras dessous, allons ailleurs où plus personne ne regarde.

Allons ailleurs si tu veux
Conduis-moi où tu es mieux
Et plus jamais la même…
Le vent fait sourde oreille
Marche forcée

Sur son pied droit brille une très ancienne boucle et sur l'autre, en l'air, la menace. N'approche pas de son domaine où dort tout le passé désagréable. Qui est-tu ? Sans prévoir ce qui devait être, un grand changement s'est produit !
Pour tout le reste, la morale d'autrefois serait un crime, et ne pas y penser une injustice. Jamais désirable, cette âme t'a conduit où tu es mieux, où tu es mal, ce que tu seras toujours avec les mêmes fatigues de toi même, en arrière. C'est ton avance, ce qui te pousse et garde-toi de t'arrêter jamais.
Cependant, chaque jour qui te désespère te soutient. Mais va, le mouvement, le mouvement et pour le repos ta fatigue.

Allons ailleurs si tu veux
Conduis-moi où tu es mieux
Et plus jamais la même…
Le vent fait sourde oreille
Les cornes du vent

Plus épais, il avait voulu le faire plus épais pour son fils que pour lui, Roi. Et, entre la canne et la corne où se balance son chapeau et la tête vide qui rit de sa position saugrenue, le jour se lève avec des menaces comiques, en une grimace. Holà, je te poursuis. Eh bien ! je suis plus fort et je t'aime, viendras-tu ?
Ensemble la route et le village moins longue moins loin nous arriverons et la nuit sera gaie.
Tout mon temps pour gagner cette estime de rien qu'on me refuse encore, je combats pour un autre état et la lutte s'éternise dans la fatigue.
Je te dédie ma mort, colle ton oeil à la serrure de cette chambre, vide et lugubre comme un drame, tu connaîtras l'homme qui l'habite. Les murs ont gardé son empreinte.
Après la fuite, après la peur, sauvé de la boue j'ai fini la poursuite sous la porte cochère. Pas une lumière pour éclairer cette scène et les rideaux de ma chambre courent sous d'autres mains. Qui est-ce ?

Ne reste que les rêves
Étonnante chimère
Qui garde son empreinte
A fuit dans son étreinte
Hôtels

Dans une singulière détresse d'or j'attends, passé minuit, que vienne l'heure propice à touts les défenses contre les éléments. Je vais passer devant l'ennemi, redoutable plus que la pluie, plus que le froid. Il dort et ma main tremble. Une petite arme me suffira, mais avec ce terrible bruit dans la serrure et de la porte, je vais être assailli d'horribles cauchemars.
Au matin nouveau, départ à pas de chat. C'est un autre soupir et la rue me devient moins hostile ; mais quand viendront, enfin, la délivrance et le repos tranquille ? Cependant je me souviens d'avoir dormi dans un lit plus doux dressé pour moi.
Il n'en reste plus que les rêves.

Repos tranquille
Heure inutile
Dans cette chambre
La main qui tremble

Ne reste que les rêves
Étonnante chimère
Qui garde son empreinte
A fuit dans son étreinte
Traits et figures

Une éclaircie avec du bleu dans le ciel ; dans la forêt des clairières toutes vertes ; mais dans la ville où le dessin nous emprisonne, l'arc de cercle du porche, les carrés des fenêtres, les losanges des toits.
Des lignes, rien que des lignes, pour la commodité des bâtisses humaines.
Dans ma tête des lignes, rien que des lignes ; si je pouvais y mettre un peu d'ordre seulement.

Dans ma tête un désordre
Y remettre un peu d’ordre
N’a jamais vu ma fièvre
N’a jamais dit je t’aime

Eaunanisme (Paroles)

Pierre Reverdy / Les Jockeys camouflés

Pour Mylène

Autres jockeys alcooliques

(...)
Quel étonnement de se retrouver un jour au point d'où l'on est parti
Ils s'entrechoquent encore sur le boulevard avec les mêmes effets vieillis
Ils sortent et entrent en même temps du même café
Dans la ports qui tournent ce sont des écureuils
C'est le tintamarre de l'Univers qui les attirent
La popularité restreinte
Le brocanteur de la gloire
De chaque côté le cornac des destinées de la dernière époque sous les galeries désertes de l'Odéon
Je t'ai donné un nom qui n'est pas le tien
Je t'appelle autrement et tu ne réponds pas
tu ne comprends pas
Pourquoi marches-tu
Ce sont les jambes d'un autre qui te portent
Je ne vois que l'ombre sur l'écran de la fenêtre
Le contrevent s'est retourné pour baiser la nuit
C'est une bouche plus dure qui sourit
Mais il n'y a pas que moi qui regarde le livre et celui qui le lit
(...)

J'irai lui dire
La pâleur de ses yeux
Qu'ils avaient
La profondeur de nos cieux
Je sais qu'elle marche
Sans savoir qui elle est
Que c'est les jambes
D'une autre qui la portaient

Je l'entends murmurer

Et pourtant... (Paroles)

Pierre Reverdy / Sources du vent

Pour Mylène

Histoire

Une lettre écrite à l'envers
La main qui passe sur ta tête
Et l'heure
Où l'on se lève le matin
Soleil rouillé
Vitre fondue
Nature morte
Le courant d'air ferme ma porte
Et les songes m'ont réveillé

Il y a encore une bougie qui brûle

Quand les songes
M’ont réveillée

Quand on n’ose pas
Crier
Dernière heure

Le cavalier en rouge s'immobilise
L'animal est un cadavre grotesque
Un abreuvoir en encrier où les mots sont pris
Les lèvres s'avancent
On n'ose pas crier
Derrière l'arbre ou la lampe
Il s'est mis à prier
On pourrait que
celui qui le porte est plus fort

Il faut compter tout ce qui sort
Et le dernier rayon qui passe
ferme la nuit
La porte
Le livre
Minuit

Quand les songes
M’ont réveillée
Quand on n’ose pas
Crier
Derrière la gare

Un nuage descend tout bas
Là où il y a un vide
Près de moi
Un trou
Au loin quelque chose finit
Un grand bruit
s'éteint
Et je vois du monde
Dans ma tête il y a un monde fou
C'est toi
Et je ne reconnais personne
quelle vie
Ce n'est pas encore fini
Une ride profonde au front
C'est transparent comme du cristal
Quelque chose au bout des doigts qui me fait mal
Quand je t'ai connue
Quand je t'ai tenue
Certainement quelque chose tombait
Une fausse parure
Et tu ne voyais même pas ma figure
La porte tournait
Quelqu'un riait
C'était si loin
Où pourrait-on aller se perdre maintenant

Quelque chose au bout du moi
Qui me fait mal

Mais tes lèvres ont fait de moi
Un éclat... de toi
L'homme et la nuit

Au carrefour on entend l'horloge et les pas du passant
Au carrefour il y a parfois une voiture qui s'écrase
et reparaît
la lune sur le cadran
les aiguilles qui tournent et un large visage souriant
c'est la nuit
Le soleil a perdu ses rayons et ce n'est plus la vie
Ta tête n'est qu'un rond
Pourtant
C'est à ce moment que l'on regarde le plus le ciel
A ce moment on pense aussi à tout ce qui se passe
derrière les façades des maisons
Les façades sont des faces
Il y en a qui rient d'autres qui sont tristes
et quelques-unes qui deviennent pâles et qui tremblent dont les yeux se forment de peur pour qu'on ne les voie pas
Il y a des maisons qui sont des têtes
et qui ont peur de leurs pensées
C'est alors la ville interminable
Tout se construit
dans le calme et le silence
pendant que tout le monde dort
Les rayons labourent et les rues se creusent
Les places se forment
C'est une force placide au travail
Et rien de tout cela ne fait de bruit
Mais quelques hommes passent et c'est le mouvement
Une nouveau souffle
Quelque chant et tout vibre
l'air remue
Ce n'est plus un souterrain où tout est mort
Je le vois de loin
Il anime l'atmosphère et fait bouger le mur
devant lequel il passe
Rien n'existe que sous l'attention de son regard
L'homme qui passe et que je crains
l'homme qui s'approche et qui s'éloigne
surtout quand il s'éloigne
avec des mouvements réglés et admirables
utiles et précis
Et quand le jour se lève pour éclairer le monde
c'est que nous avons enfin ouvert les yeux

Là, pourtant
Le jour s’est levé
Pour éclairer le monde

Comme avant
L’amour est onde
D’innocent,
J’entrevoyais le chemin
Qui mène aux ombres
Et pourtant
L’amour comble

Et si vieillir m'était conté (Paroles)

Pierre Reverdy / Flaques de verre

Pour Mylène

Chute

En attendant que l'aube se déride, éclate, devienne blanche et poudrée d'or, que ce reflet précise, limite aux angles raides, aux lignes droites, et même aux feuilles frissonnantes, aux arbres qui tremblent encore de froid
le jour
on se cache
la longue main gantée de la nuit
nous pousse et nous relâche
Nous roulons à travers les ravins
les nids des précipices
les gravats des anciennes journées
Vers cet édifice mal construit où ne s'ouvre même pas une chambre numérotée, alignée, immobile au bout du sentier qui étouffe le pas, bordé de lumière de cuivre
En attendant que nous soyons tous dans la même blancheur et sans nos signes distinctifs et nos insignes avec cette seule flamme qui se rallume, cette courte flamme qui s'élève et que nous ne poursuivons pas.
L'aube éclatante de soleil et de poussière.

La nuit de ses doigts gantés
Image inachevée
Bientôt la Lune est pleine

Et tournoie... (Paroles)

Pierre Reverdy / Inconnu

Pour Mylène

(...) Aux morts qu'importe l'été

Dedans tout n'est que faille
Ton cœur de cristal
Se brise au moindre éclat
De rire et de larmes
Aux morts qu'importe les dés
Le soleil, ton emblème
Ne te sera dérobé
Que pour l'éternel oh...

Pierre Reverdy / Les Ardoises du toit

Pour Mylène

Patience

Les voix qui s'élevaient tremblent à l'horizon
Tout est calme dans la clairière
On pourrait voir passer ceux qui s'en vont
Sur cette route sans ornières
D'où vient celui qui que l'on ne connaît pas
A l'intérieur les gens regardent
Les mains plus vivantes qui passent
Sur celles que l'on ne voit pas
Les mots sont plus lourds que le son
Ils tombent
Les paupières battent
On a parlé bas sur ce ton
Et un astre nouveau s'élève
L'espoir luit
Une porte bouge
L'arbre d'en face s'est penché
Le mur s'allonge infiniment
Il n'y a rien de clair dans ma tête
Sur le trottoir noir et luisant
Toujours le même qui s'arrête

Ton fantôme intérieur
Affronte tes heures
Assassin blotti
Ton pire ennemi
Tu veux t’expulser de toi
Mais ta vie, fait envie
Ton fil tu l’aimes déjà
Et l’astre s’élève oh...

Pierre Reverdy / Sources du vent

Pour Mylène

Toi ou moi

Endormi dans cette chambre
Il n'ose plus se réveiller
La peur ferme son rêve noir
Et ses membres
Ne peuvent plus le soutenir
Je t'abandonne il faut partir
Si l'on n'aime bien que soi-même
Je te laisse parce que je t'aime
Et qu'il faut encore marcher
Un jour nous nous retrouverons peut-être
Où se croisent les souvenirs
Où repassent les histoires d'autrefois
Alors tu reviendras vers moi
Nous pourrons rire
Un espoir à peine indiqué
Sous le vent une plainte amère
La voix qui pourrait me guider
A mon approche va se taire
Dans la rue bordée de chansons
Qui jaillissaient par les fenêtres
Au coin des dernières maisons
Nous nous regardions disparaître

Mets ton âme de lumière
Et tournoie et tournoie
Mets ton habit de mystère
Et tournoie et tournoie
Sous ton âme la plainte amère
Panse la, donne la
Mets ton âme de lumière

Innamoramento (Paroles)

Pierre Reverdy / Sources du vent

Pour Mylène

La vitre au cœur

Toi qui n'a eu qu'un seul maître dans la nuit
Une main de lumière dans la nuit
A travers les brouillards épais
Les buissons déchirants de l'hiver
Et les angles durs des solitudes
simple flamme amère
le recueil certain
la poussière
Et dans les jours où le feu se reflète aux vitres isolées
A travers les rues des villes basses et des campagnes désolées
Le feu intérieur qui danse
Dans la poitrine et le triangle qui avance
La glace à tous les pieds
la route
et l'étang retourné
Rayon à peine éteint
souffle à peine échappé
Le vent retenu par la main
Les visages serrés dans le chemin
Vers le ciel blanc et la terre durcie
les pas réglés
les voix nouvelles dans l'allée
L'air est pris
Rien ne passe entre les champs
et les arbres dressés
A l'autre bout la flamme danse
le feu intérieur
Au rideau triangulaire relevé
Le sang du coeur

Toi qui n’a pas cru ma solitude,
Ignorant ses cris, ses angles durs

J'attends (Paroles)

Pierre Reverdy / Inconnu

Pour Mylène

(...) Un mur de lierre roux

J’attends près d’un mur de lierre

Laisse le vent emporter tout (Paroles)

Pierre Reverdy / La Guitare endormie

Pour Mylène

L'amour dans la boutique

Tout ce qui s'est passé glisse dans la pénombre
C'est ce carré au sol qui marque la limite et le nombre
C'est un peu de soleil
Chaud derrière la tête
C'est un verre brisé
La poussière ou les bulles de l'air montent sur la cloison
Sortent sur le palier
L'amour se vend dans la boutique
Mais cette forme d'ombre ou blanche ou encore qui ne bouge pas sur la tenture
A l'angle plus étroit
Qui est-ce

Mais tout ce qui s'est passé
Glisse
à côté
Comme l'eau sur les joues
Rester comme ça attaché
Quand l'autre a quitté

Pierre Reverdy / La Lucarne ovale

Pour Mylène

Il reste toujours quelque chose

Les rideaux déchirés se balancent
C'est le vent qui joue
Il court sur la main entre par la fenêtre
Ressort et s'en va mourir n'importe où
Le vent lugubre et fort emporte tout

Les paroles montaient suivant le tourbillon
Mais eux restaient sans voix
Amants désespérés de ne pas se revoir
En laissant partir leur prière
Chacun de son côté ils s'en allèrent
Et le vent
Le vent qui les sépare
Leur permet de s'entendre

La maison vide pleure
Ses cheminées hurlent dans les couloirs
L'ennui de ceux qui sont partis
Pour ne plus se revoir
Les cheminées des maisons sans âmes
Pleurent les soirs d'hiver
Eux s'en vont bien plus loin
Le soir tarde à descendre
les murs sont las d'attendre
Et la maison s'endort
Vide au milieu du vent

Là-haut un bruit de pas trotte de temps en temps

Je laisse le vent emporter tout
Laisse le vent prendre soin de tout
Je laisse le vent emporter tout
Laisse le vent prendre soin de tout
Ruine achevée

J'ai perdu le secret qu'on m'avait donné
Je ne sais plus rien faire

Un moment j'ai cru que ça pourrait aller
Plus rien ne tient
C'est un homme sans pieds qui voudrait courir
Une femme sans tête qui voudrait parler
Un enfant qui n'a guère que ses yeux pour pleurer

Pourtant je t'avais vu partir
Tu étais déjà loin
Une trompe sonnait
La foule criait
Et toi tu ne te retournais pas

Nous avons un long chemin à suivre pas à pas
Nous le ferons ensemble

Je déteste ton visage radieux
La main que tu me tends
Et ton ventre tu es vieux
Tu me ressembles

Au retour je ne trouve rien
On ne m'a rien donné
Tout est dépensé

Un pan de décor qui s'écroule
Dans la nuit

Je t'ai rêvé homme sans pied
Dieu ou névé
Ou comme un bruit doux
Là j'irai bien te chercher
J'ai tellement changé
D'un autre ciel

Que veux-tu que je devienne
Je me sens mourir
Secours-moi
Ah Paris... le Pont Neuf
Je reconnais la ville
Un peu jouir
Un peu pleurer
Ma vie
Est-ce vraiment la peine d'en parler
Tout le monde en dirait autant
Et comment voudriez-vous que l'on passât son temps
Je pense à quelque autre paysage
Un ami oublié me montre son visage
Un lieu obscur
Un ciel déteint
Pays natal qui me revient tous les matins
Le voyage fut long
J'y laissai quelques plumes
Et mes illusions tombèrent une à une
Pourtant j'étais encore an milieu du printemps
Presque un enfant
J'avançais
Un train bruyant me transportait
Peu à peu j'oubliais la nature
La gare était tout près
On changeait de voiture
Et sur le quai personne n'attendait
La ville morte et squelettique
Là-bas dresse ses hauts fourneaux
Que vais-je devenir
Quelqu'un touche mon front d'une ombre fantastique
Une main
Mais ce que j'ai cru voir c'est la fumée du train
Je suis seul
Oui tout seul
Personne n'est venu me prendre par la main

Mais tout ce qui c'est passé
Glisse à côté
Comme l'eau sur les joues
Quand je t'ai pris par la main
C'était un matin
Bien

Pierre Reverdy / Poèmes en prose

Pour Mylène

Le vent et l'esprit

C'est une étonnante chimère. La tête, plus haut que cet étage, se place entre les deux fils de fer et se cale et se tient ; rien ne bouge.
La tête inconnue parle et je ne comprends aucun mot, je n'entends aucun son - bas contre terre. Je suis toujours sur le trottoir d'en face et je regarde ; je regarde les mots qu'emporte le vent, les mots qu'il va jeter plus loin. La tête parle et je n'entends rien, le vent disperse tout.
Ô grand vent, moqueur ou lugubre, j'ai souhaité ta mort. Et je perds mon chapeau que tu m'as pris aussi. Je n'ai plus rien ; mais ma haine dure, hélas plus que toi-même.

Je laisse le vent emporter tout
Laisse le vent prendre soin de tout
Je laisse le vent emporter tout
Laisse le vent prendre soin de tout

Lonely Lisa (Paroles)

Pierre Reverdy / Poèmes en prose

Pour Mylène

Le vent et l'esprit

C'est une étonnante chimère. La tête, plus haut que cet étage, se place entre les deux fils de fer et se cale et se tient ; rien ne bouge.
La tête inconnue parle et je ne comprends aucun mot, je n'entends aucun son - bas contre terre. Je suis toujours sur le trottoir d'en face et je regarde ; je regarde les mots qu'emporte le vent, les mots qu'il va jeter plus loin. La tête parle et je n'entends rien, le vent disperse tout.
Ô grand vent, moqueur ou lugubre, j'ai souhaité ta mort. Et je perds mon chapeau que tu m'as pris aussi. Je n'ai plus rien ; mais ma haine dure, hélas plus que toi-même.

Mélancolie
Par la porte opposée elle voit
Sa folie
Qu’elle va jeter plus loin
De toi

N'aie plus d'amertume (Paroles)

Pierre Reverdy / Poèmes en prose

Pour Mylène

Toujours seul

La fumée vient-elle de leurs cheminées ou de vos pipes ? J'ai préféré le coin plus aigu de cette chambre pour être seul ; et la fenêtre d'en face s'est ouverte. Viendra-t-elle ?
Dans la rue où nos bras jettent un pont, personne n'a levé les yeux, les maisons s'inclinent.
Quand les toits se touchent on n'ose plus parler. On a peur de tous les cris, les cheminées s'éteignent. Il fait si noir.

Dans ma mémoire qui dérape
Gardera le dur de l’asphalte
Tu préfères les angles plus aigus
D’un destin qui semble perdu

(...)

Mais il fait si noir
Détourne-toi de moi
Tu l’as fait déjà
Tu l’as fait déjà

Pardonne-moi (Paroles)

Pierre Reverdy / Quelques poèmes

Pour Mylène

P.O. Midi

On passe comme des boeufs
Sur le quai les lumières s'allongent et les yeux
Le wagon tourne sur la roue du milieu

Les chevelures se dressent dans la nuit
Les mots qui passent font du bruit

Je voudrais m'arrêter pour regarder dehors
Au fond il y a un homme tranquille qui s'endort
Je voudrais voir dedans
Le train qui nous emporte est immobile dans le vent

On entend

On entend crier
C'est un oiseau de nuit
La montagne avale tout
Tous ceux qui ont peur sont debout
Les autres dorment
On descend l'autre côté du monde
On glisse dans un trou qui n'a pas de fond
On est content de s'en aller
Le ciel se fond

Et un petit clocher se dresse au bord de la mer

Prince Aurore
Où en es-tu
De ces pulsions de mort ?
Qu'avons nous fait de bien
après l'effort
Deux corps, un sort

Prince hongrois
L'on descend de l'autre
Coté du monde

Parcourir l'étoile
A chaque seconde
Partager l'ombre

Pas le temps de vivre (Paroles)

Pierre Reverdy / Sources du vent

Pour Mylène

Épine

De quoi te sert l'anneau de ce monde incertain
La roue voilée qui tourne en sens inverse
A quoi te sert la nuit
Dans ce visage dur
Et le mystère entier que rien n'entame bien
Mon mouvement à moi s'étend sans aucun lien
Cette pensée sculptée dans le marbre sans veines
Les frissons bleus de l'eau dans l'âme de la fièvre
Quand le soleil s'enchaîne aux jours désenchantés
Lumière sans reflets
Au bord des plats d'étain
Membres las de leur corps
Arrêtes du chemin
La roue tourne sous l'eau
Les chutes de rayons
Et les têtes poudrées
qui sortent des cartons
Misère du sort
Misère des mains
Les mouvements sont pris dans le froid du matin
Toutes les feuilles du jardin
Cassent sous la gelée comme les bords d'un verre
Et les pas sur mon coeur au moment où le tien
Le regarde d'un oeil sévère

Il est des heures, où
Mes pensées sont si faibles
Un marbre sans veines
Il est des heures, où
L’on est plus de ce monde
L’ombre de son ombre

Porno Graphique (Paroles)

Pierre Reverdy / La Lucarne ovale

Pour Mylène

Allégresse

L'air sent la mer
L'hiver a une pareille altitude m'effraie
On ne sait où naissent les vents
Ni quelle direction ils prennent
La maison tangue comme un bateau
Quelle main nous balance

Au cri poussé au dehors je sortis
Pour voir
Une femme se noyait
Une femme inconnue
Je lui tendis la main
Je la sauvai

Après lui avoir dit mon nom
Quelle ne connaissait pas
Je la mis à sécher à l'endroit le plus chaud
Je la vis revenir à la vie et embellir
Puis comme la chaleur augmentait
Elle disparut
Évaporée
Je me mis à pousser des cris et à pleurer
Puis j'éclatai de rire

J'avais un moment recueilli la renommée
Dans mon intimité

J'ouvris la porte et me mis à courir
A travers champs à chanter à tue-tête
Quand je rentrai le calme s'était fait chez moi
Et le feu qui s'était éteint fut rallumé

Je veux savoir où naît le vent
J’ai l’âme inerte en même temps
Il y a de l’uniformité partout
De la pensée en boîte et c’est

Regrets (Paroles)

Pierre Reverdy / Sources du vent

Pour Mylène

Grain Blanc

Avec les éclats d'or et des voix de troupeaux
Avec l'astre du soir et les nids au verso
L'étendue penchée contre les saules
Et les vagues brodées sur le bleu des épaules
La montagne roulée dans le bois de sapins
Le troupeau retenu par les fils du matin
Et le berger debout
La cheminée d'usine
La laine déchirée
Au vent que je devine
Derrière le mur blanc
Tous les noms des passants
Accrochés aux fenêtres
Et les arbres muets qui inclinent leur tête
Pour savoir d'où vient ce courant d'air
Cette dépêche chiffrée sur papier vert
Sur la prairie où les fleurs se rassemblent
Et le sens des mots à peine déformés
La lueur des signaux dans la nuit retombée
Tout ce qui dans l'esprit ouvre une parenthèse
Pourvu qu'au port du coeur tout rumeur s'apaise

Au vent que je devine
Nos lèvres éperdues
S’offrent des noces clandestines.

Rêver (Paroles)

Pierre Reverdy / La Lucarne ovale

Pour Mylène

Toujours là

J'ai besoin de ne plus me voir et d'oublier
De parler à des gens que je ne connais pas
De crier sans être entendu
Pour rien tout seul
Je connais tout le monde et chacun de vos pas
Je voudrais raconter et personne n'écoute
Les têtes et les yeux se détournent de moi
Vers la nuit
Ma tête est une boule pleine et lourde
Qui roule sur la terre avec un peu de bruit

Loin
Rien derrière moi et rien devant
Dans le vide où je descends
Quelques vifs courants d'air
Vont autour de moi
Cruels et froids
Ce sont des portes mal fermées
Sur des souvenirs encore inoubliés
Le monde comme une pendule s'est arrêté
Les gens sont suspendus pour l'éternité

Un aviateur descend par un fil comme une araignée
Tout le monde danse allégé
Entre ciel et terre
Mais un rayon de lumière est venu
De la lampe que tu as oublié d'éteindre
Sur le palier
Ah ce n'est pas fini
L'oubli n'est pas complet
Et j'ai encore besoin d'apprendre à me connaître

Les anges sont las de nous veiller
Nous laissent comme un monde avorté
Suspendu pour l'éternité
Le monde comme une pendule
Qui s'est arrêtée
Esprit pesant

Il est allongé et il dort. C'est un corps mort. Un dernier rayon éclaire son visage calme où brillent des dents sans éclat. Les heures sonnent doucement autour de sa tête ;
il ne les entends pas. De temps en temps un rêve passe comme un nuage où se mêlent les gravures du fond.
A droite dansent quelques flammes qui n'iront pas plus haut, et si les bras se lèvent ils touchent le plafond.
Des hommes sans existence réelle soupirent dans les coins et tous les livres entr'ouverts sont tombés un à un sur le tapis déteint.
Le silence, le calme, le sommeil qui descendent aussi lentement que la nuit.

Sa vie ne bat plus que d'une aile
Dansent les flammes, les bras se lèvent
Là où il va il fait un froid mortel
Si l'homme ne change de ciel
Pourtant, j'ai rêvé
Dans le monde étranger

Je ne peux plus regarder ton visage
Où te caches-tu
La maison s'est évanouie parmi les nuages
Et tu as quitté la dernière fenêtre
Où tu m'apparaissais
Reviens que vais-je devenir
Tu me laisses seul et j'ai peur

Rappelle-toi le temps où nous allions ensemble
Nous marchions dans les rues entre les maisons
Et sur la route au milieu des buissons
Parfois le vent nous rendait muets
Parfois la pluie nous aveuglait
Tu chantais au soleil
Et la neige me rendait gai

Je suis seul je frotte mes paupières
Et j'ai presque envie de pleurer
Il faut marcher vers cette lumière dans l'ombre
C'est toute une histoire à raconter
La vie si simple et droite sans tous les petits à côté
Vers la froide lumière que l'on atteindra malgré tout
Ne te presse pas
Qui est-ce qui souffle
Quand je serai arrivé qui est-ce qui soufflera
Mais seul je n'ose plus avancer

Alors je me mis à dormir
Peut-être pour l'éternité
Sur le lit où l'amour m'a couché
Sans plus rien savoir de la vie
J'ai oublié tous mes amis
Mes parents et quelques maîtresses
J'ai dormi l'hiver et l'été
Et mon sommeil fut sans paresse

Mais pour toi qui m'as rappelé
Il va falloir que je me lève
Allons les beaux jours sont passés
Les longues nuits qui sont si brèves
Quand on s'endort entrelacés

Je me réveille au son lugubre et sourd
D'une voix qui n'est pas humaine
IL faut marcher et je traîne
Au son lugubre du tambour
Tout le monde rit de ma peine
Il faut marcher encore un jour

A la tâche jamais finie
Que le bourreau vienne et t'attelle
Ce soir les beaux jours sont finis
Une voix maussade t'appelle
Pour toi la terre est refroidie
De loin je revois ton visage
Mais je ne l'ai pas retrouvé
Disparaissant à mon passage
De la fenêtre refermée

Nous ne marcherons plus ensemble

D'avoir mis son âme dans tes mains
Tu l'as froissé comme un chagrin
Et d'avoir condamné vos différences
Nous ne marcherons plus ensemble

(...)

A quoi bon abattre des murs
Pour y dresser des sépultures
A force d'ignorer la tolérance
Nous ne marcherons plus ensemble

Pierre Reverdy / Les Ardoises du toit

Pour Mylène

Ronde nocturne

Le timbre vient de loin
Les mondes se rapprochent
Sur les bords du clocher des étoiles s'accrochent
Dans le coin des cheminées fument
Ce sont des bougies qui s'allument
Quelqu'un monte
Les cloches vont sonner
Un nuage en passant les a fait remuer
A présent on a l'habitude
Personne n'est plus étonné
Les yeux mesurent l'altitude
Où vous êtes placé
Un coeur libre s'est envolé
On peut encore choisir la place
Où l'on pourrait se reposer
Après avoir longtemps marché
Plus bas il reste une surface
Dans la nuit
On écoutait
Serait-ce lui
A l'horizon sans bruit quelqu'un montait au ciel
L'escalier craque
Il est artificiel
C'est une parabole ou une passerelle
L'heure qui s'échappait ne bat plus que d'une aile

Sa vie ne bat plus que d'une aile
Dansent les flammes, les bras se lèvent
Là où il va il fait un froid mortel
Si l'homme ne change de ciel
Pourtant, j'ai rêvé

Pierre Reverdy / Sources du vent

Pour Mylène

Poème

La neige tombe
Et le ciel gris
Sur ma tête où le toit est pris
La nuit
Où ira l'ombre qui me suit
A qui est-elle
Une étoile ou une hirondelle
Au coin de la fenêtre
La lune
Et une femme brune
C'est là
Quelqu'un passe et ne me voit pas
Je regarde tourner la grille
Et le feu presque éteint qui brille
Pour moi seul
Mais là où je m'en vais il fait un froid mortel

Sa vie ne bat plus que d'une aile
Dansent les flammes, les bras se lèvent
Là où il va il fait un froid mortel
Si l'homme ne change de ciel
Pourtant, j'ai rêvé

Souviens-toi du jour... (Paroles)

Pierre Reverdy / Les Ardoises du toit

Pour Mylène

Abat-jour

Autour de la table
Au bord de l'ombre
Aucun d'eux ne remue beaucoup
Et quelqu'un parle tout à coup
Il fait froid dehors
Mais là c'est le calme
Et la lumière les unit
Le feu pétille
Une étincelle
Les mains se sont posées
Plus bleues sur le tapis
Derrière le rayon une tête qui lit
Un souffle qui s'échappe à peine
Tout s'endort
Le silence traîne
Mais il faut encore rester
La vitre reproduit le tableau
La famille
De loin toutes les lèvres ont l'air d'être ferventes et de prier

Le souffle à peine échappé
Les yeux sont mouillés
Et ces visages serrés
Pour une minute
Pour une éternité
Les mains se sont élevées
Les voix sont nouées
Comme une étreinte du monde
A l'unisson
A l'Homme que nous serons...
Entre deux mondes

L'ombre danse
Il n'y a plus rien
Que le vent qui s'élance
Le mouvement s'étend du mur
Et se gonfle
Il y a des personnages qui naissent
Pour une minute ou pour l’Éternité
La nuit seule qui change
Et moi-même à coté
Quelqu'un que le remords tracasse
Sur la route où marque son pas
On ne voit rien de ce qu'il y a
Le mur seul fait une grimace
Un signe de mon coeur s'étend jusqu'à la mer
Personne d'assez grand pour arrêter la terre
Et ce mouvement qui nous lasse
Quand une étoile bleue là-haut tourne à l'envers

Le souffle à peine échappé
Les yeux sont mouillés
Et ces visages serrés
Pour une minute
Pour une éternité

Les mains se sont élevées
Les voix sont nouées
Comme une étreinte du monde
A l’unisson
A l’Homme que nous serons...

Pierre Reverdy / Sources du vent

Pour Mylène

Épine

De quoi te sert l'anneau de ce monde incertain
La roue voilée qui tourne en sens inverse
A quoi te sert la nuit
Dans ce visage dur
Et le mystère entier que rien n'entame bien
Mon mouvement à moi s'étend sans aucun lien
Cette pensée sculptée dans le marbre sans veines
Les frissons bleus de l'eau dans l'âme de la fièvre
Quand le soleil s'enchaîne aux jours désenchantés
Lumière sans reflets
Au bord des plats d'étain
Membres las de leur corps
Arrêtes du chemin
La roue tourne sous l'eau
Les chutes de rayons
Et les têtes poudrées
qui sortent des cartons
Misère du sort
Misère des mains
Les mouvements sont pris dans le froid du matin
Toutes les feuilles du jardin
Cassent sous la gelée comme les bords d'un verre
Et les pas sur mon coeur au moment où le tien
Le regarde d'un oeil sévère

Souviens-toi que le monde a changé
Au bruit des pas qui résonnent
Souviens-toi des jours désenchantés
Aux destins muets
La vitre au cœur

Toi qui n'a eu qu'un seul maître dans la nuit
Une main de lumière dans la nuit
A travers les brouillards épais
Les buissons déchirants de l'hiver
Et les angles durs des solitudes
simple flamme amère
le recueil certain
la poussière
Et dans les jours où le feu se reflète aux vitres isolées
A travers les rues des villes basses et des campagnes désolées
Le feu intérieur qui danse
Dans la poitrine et le triangle qui avance
La glace à tous les pieds
la route
et l'étang retourné
Rayon à peine éteint
souffle à peine échappé
Le vent retenu par la main
Les visages serrés dans le chemin
Vers le ciel blanc et la terre durcie
les pas réglés
les voix nouvelles dans l'allée
L'air est pris
Rien ne passe entre les champs
et les arbres dressés
A l'autre bout la flamme danse
le feu intérieur
Au rideau triangulaire relevé
Le sang du coeur

Le souffle à peine échappé
Les yeux sont mouillés
Et ces visages serrés
Pour une minute
Pour une éternité
Les mains se sont élevées
Les voix sont nouées
Comme une étreinte du monde
A l’unisson
A l’Homme que nous serons...

Toi l'amour (Paroles)

Pierre Reverdy / La Guitare endormie

Pour Mylène

Une chance sur deux d’être compris

Mince et froide l'aile du temps s'étire aux traits de la figure
Et l'air au bout du jour vient ajouter à temps
L'écho des plaintes et les murmures
L'heure passe aux couleurs
Les numéros s'égalent
Dans l'axe où le regard flétri croise le coeur
Le soleil sort parfois son oeil
A la fin de la mascarade
Sur des jeux de scène cruels
Et sur le rayon qui s'évade
La tête garde ses secrets
La terre épuise les secondes
L'ombre tourne au nombre des doigts
Ce n'est que la moitié du ciel et l'autre monde
Qui s'en va

Et l’autre monde qui s’en va
Dans la pénombre glissent des pas
Et l’on sait à peine d’où tu viens… tu vas
L’on sait bien quand même dire
Faut pas qu’tu t’en ailles
Jamais
L'amour dans la boutique

Tout ce qui s'est passé glisse dans la pénombre
C'est ce carré au sol qui marque la limite et le nombre
C'est un peu de soleil
Chaud derrière la tête
C'est un verre brisé
La poussière ou les bulles de l'air montent sur la cloison
Sortent sur le palier
L'amour se vend dans la boutique
Mais cette forme d'ombre ou blanche ou encore qui ne bouge pas sur la tenture
A l'angle plus étroit
Qui est-ce

Et l’autre monde qui s’en va
Dans la pénombre glissent des pas
Et l’on sait à peine d’où tu viens… tu vas
L’on sait bien quand même dire
Faut pas qu’tu t’en ailles
Jamais

Tomber 7 fois... (Paroles)

Pierre Reverdy / Quelques poèmes

Pour Mylène

P.O. Midi

On passe comme des boeufs
Sur le quai les lumières s'allongent et les yeux
Le wagon tourne sur la roue du milieu

Les chevelures se dressent dans la nuit
Les mots qui passent font du bruit

Je voudrais m'arrêter pour regarder dehors
Au fond il y a un homme tranquille qui s'endort
Je voudrais voir dedans
Le train qui nous emporte est immobile dans le vent

On entend

On entend crier
C'est un oiseau de nuit
La montagne avale tout
Tous ceux qui ont peur sont debout
Les autres dorment

On descend l'autre côté du monde
On glisse dans un trou qui n'a pas de fond
On est content de s'en aller
Le ciel se fond

Et un petit clocher se dresse au bord de la mer

Hey
Faire les 400 coups
Se prendre des coups
Plutôt que le tiède
Ceux
Qui ont peur sont debout
Les autres dorment
mou
Se battre pour ses rêves
Qu'on nous enseigne (never explain)
Qu'on nous assène (never complain)
Et c'est un peuple qui se soulève

Vertige (Paroles)

Pierre Reverdy / Les Jockeys camouflés

Pour Mylène

Autres jockeys alcooliques

(...)
Ceux qui sont une source de mépris
Ceux qui portent en eux la goutte d'éternité nécessaire à la vie
Ceux qui n'ont jamais connu leur mesure
En passant sur la route qui n'est recouverte que par le ciel baissent la tête
Des étoiles sont restées prises dans leurs cheveux
Une brûlure dans la tête
Et tout ce qui passe tourne en cavalcade où le métal résonne et s'enflamme
(...)

Rain, nudité
Nuit sois plus lente
Délivrante
Rain, volupté
Impermanente l’existence
Vois comme la vie est éphémère
Comme les nuages
Juste un passage
Une goutte d’eau nécessaire
Au voyage
    

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