ConnexionAccueil0 Commentaire

Amélie Nothomb (Écrivain)Interview Divers - 1997

La rencontre avec Mylène

Amélie Nothomb a eu le privilège de rencontrer Mylène en décembre 1995, lors d’une rencontre organisée pour l’édition allemande du magazine « Vogue ». Elle revient sur l’évènement dans le fanzine MFIFC à la fin du siècle dernier.

La première chose que j’ai à dire, c’est que c’est une des personnes les plus belles que j’ai jamais vues, elle est vraiment beaucoup plus belle en réalité qu’en photo. C’est quelque chose qui m’a frappée.
Mylène a, en outre, quelque chose de japonais dans la figure : son nez est complètement japonais… Je l’aime vraiment beaucoup ! Il parait pourtant qu’elle n’en est pas fière. Elle a bien tort !
« Vogue » m’a contactée en disant : « Nous organisons des interviews réciproques des personnalités. Vous êtes en ce moment la vedette dont tout le monde parle en Allemagne, choisissez n’importe quelle vedette qui soit située soit à Paris, soit à Londres. A qui pensez-vous ? »
La première personne à qui j’ai pensé était Mylène parce que depuis plusieurs années j’aimais beaucoup ce qu’elle faisait, notamment l’album « Ainsi soit je… », qui est à mon goût le plus beau et dans lequel j’adore tout ! J’ai donc donné une liste au « Vogue » allemand avec Mylène Farmer au sommet, me disant : « Bon, Mylène est inaccessible, mais on peut toujours rêver ! ». Une semaine après, à ma grande surprise, « Vogue » m’a rappelée en me disant : « Mylène Farmer est OK pour l’interview. Elle a lu vos livres et aime beaucoup ce que vous écrivez… ». Je tombe par terre : elle a lu mes livres, c’est le comble !
C’est elle qui organises tout. Elle loue le Crillon à Paris (rires). Je suis arrivée en métro et j’ai été accueillie comme une reine. On m’a dit : « Attendez, mademoiselle Farmer va venir ».
Et elle est enfin arrivée, maquillage télé, coiffure, habillement incroyable et tout et tout… J’étais très impressionnée mais le contact s’est bien passé. Cette rencontre a eu lieu le 22 décembre 1995. Mylène a été charmante. Je ne m’attendais pas à ce qu’elle soit comme cela. Je m’attendais en fait à quelque chose de beaucoup plus distant. Elle était extrêmement disponible, réservée c’est vrai, mais ouverte. Elle parle avec beaucoup d’intelligence. Elle réfléchit beaucoup à ce qu’elle dit et ce qu’elle dit n’est jamais banal. Après, il a fallu faire la séance de photos. J’étais arrivée habillée et coiffée normalement, mais la coiffeuse et l’habilleuse de Mylène sont venues s’occuper de moi pour que je n’aie pas l’air trop ridicule à côté de la star. On s’est beaucoup amusées pendant cette séance, Mylène y étant beaucoup plus hardie. Ceci a duré environ cinq heures.
Après, visiblement le courant était passé, puisque Mylène m’a demandé si j’étais libre le soir. Nous sommes donc allés dans un restaurant japonais en compagnie de Jeff Dahlgren, Thierry Suc et Marianne Rosenstiehl. Nous nous sommes dit énormément de choses et notamment que mon rêve était que Laurent Boutonnat mette en scène « Hygiène de l’assassin ».
Deux mois plus tard, j’ai reçu un appel de Laurent Boutonnat sur mon répondeur qui voulait me rencontrer. J’étais très heureuse car Laurent Boutonnat c’est vraiment quelqu’un !... Il m’a dit tout le bien qu’il pensait de « Hygiène », et puis il m’a dit ce qu’au fond de moi j’ai toujours pensé : qu’il n’y a aucun moyen d’en faire un film…
Je crois en outre qu’il a d’autres projets cinématographiques...


MFIFC - 1997
    

Vos réactions

Attention, vous n'êtes pas connecté ! Connectez-vous en cliquant ici. Le retour sur cette page sera automatique.