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Eric Jean-Jean (Animateur)Interview Médias - 1997


Dans quelles conditions s’est déroulée ta première entrevue avec Mylène ?
C’est à la sortie de « Anamorphosée » que NRJ m’a proposé l’interview. C’était assez marrant parce qu’on m’a posé beaucoup d’interdits, de contraintes… Je n’avais aucun support, pas même une biographie, et les autres animateurs me disaient que Mylène était insupportable en interview, qu’il fallait la vouvoyer, entre autres… En fait, rien de tout cela n’est arrivé ! J’avais révisé pendant deux jours, si bien que l’interview, qui devait durer une demi-heure, a duré une heure, les yeux dans les yeux… Mylène est repartie satisfaite, et moi aussi !

Par la suite, alors que ses apparitions télé sont très rares, tu as pu l’interviewer à nouveau dans l’émission « Tip Top », une coïncidence ou un véritable choix de sa part ?
Pour « Tip Top » c’était different, Mylène a accepté de venir parce que c’était Gilles Amado qui réalisait l’émission. Mais en fait, quand Mylène et Thierry (ndlr : Suc, le manager de Mylène) ont appris que c’était moi qui présentait, ils ont tout de suite dit oui pour l’interview.

Lors de ces entretiens, il y avait une véritable intimité entre Mylène et toi. Cette entente apparente est-elle venue dès votre première rencontre ?
Je dois t’avouer que le premier quart d’heure fut difficile car Mylène est très silencieuse. Pour répondre aux questions, elle prend le temps de réfléchir. C’est très frustrant ! Mais en fait, au bout de vingt minutes, je l’avais apprivoisée ! De toute façon, je n’étais pas là pour l’abimer, elle m’a très vite fait confiance.

Qu’as-tu pensé du concert de Toulon ?
J’ai totalement été impressionné. Honnêtement, à la base je suis plutôt rock et pas tellement variétés. J’écoute beaucoup les Stones, Nirvana et Kravitz, à ses débuts. Pourtant, j’aime beaucoup des titres comme « XXL » ou « L’instant X ». Moi, je trouve ça plutôt bien qu’une artiste française arrive à faire un show à la hauteur du « Girlie Show » de Madonna. En revanche, je ne suis pas d’accord avec ceux qui disent que Mylène s’inspire de telle ou telle vedette américaine. On pourrait dire la même chose de Janet Jackson… Non, vraiment, je crois qu’elle n’a rien à leur envier…

Beaucoup de fans étaient présents à « Tip Top ». Qu’as-tu pensé de l’ambiance ?
Ca le faisait bien ! Il faudrait juste que « Tip Top » continue… On avait vraiment beaucoup travaillé… C’est important une première. On était émus, pas anxieux. On a flippé beaucoup plus pour la deuxième…

Que penses-tu du duo avec Khaled qu’elle a repris sur scène à Genève et à Bercy ?
J’en suis d’autant plus fier que l’idée était de nous ! Quand j’ai préparé l’émission avec Mylène, je lui ai confié la liste des invités. Elle a dit qu’elle voulait chanter avec Khaled et ils sont tout de suite rentrés en studio.

Mylène est une artiste exigeante ! Cela t’a-t-il dérangé ?
C’est vrai qu’elle sait ce qu’elle veut ! Thierry Suc, son agent, également. C’est un vrai professionnel. Je pense qu’il cherche à la protéger… Pour notre premier rendez-vous, c’était de l’exigence, mais désormais je crois que c’est de la confiance… J’étais heureux de la recevoir pour la première de « Tip Top » puisqu’elle correspondait tout à fait au style de l’émission.

Comment expliques-tu le fossé qui existe entre Mylène et cette nouvelle génération de chanteuses françaises à laquelle appartient Zazie ?
Mylène est plus fragile que Zazie… Elle cherche à protéger sa vie privée. Je crois qu’elle a pris une très grosse claque avec ce fan qui a tué un standardiste chez Polydor. On ne peut pas lui en vouloir. Zazie, elle, est bien dans sa peau (et ses baskets !). Mylène est torturée, c’est une gosse qui préférait se promener dans les cimetières plutôt que de trainer dans les surbooms !…

En trois mots, comment qualifierais-tu Mylène ?
Belle, mystérieuse, dangereuse… Une relation avec Mylène, ça doit te laisser sur le carreau, ça doit être dévorant. Tu dois te dire : « Elle va me bouffer tout cru ! ».

Que penses-tu de sa carrière ?
Bien joué… (Silence). C’est vrai que Mylène vend moins qu’avant, mais depuis 1989, chaque sortie est un véritable évènement ! Elle doit beaucoup à Laurent Boutonnat…

Penses-tu normal d’idolâtrer autant un artiste ?
Je ne suis pas pour. Moi, je n’ai jamais été ultra-fan. J’adorais Daho, mais pas au point de m’inscrire à son fan-club. J’aime Mylène. J’aime la femme. Mais je comprends qu’elle puisse avoir peur de ses fans… Il y a quand même eu un mort dans cette affaire ! Il y a des artistes dont j’ai tous les disques, que j’écoute souvent et que j’aime beaucoup. Mais ce qui me gêne, c’est d’essayer de faire partie de leur vie… D’autres artistes comme Ophélie ont tout fait pour avoir des fans, mais ils ont connu très vite le revers de la médaille. Les gens qui m’écoutent me donnent beaucoup d’amour, et je ne peux pas ne pas en rendre. Mais en fait, c’est le mot « fan » qui me fait peur. D’un autre côté, tu n’as pas le droit de repousser les gens qui t’aiment, ils te font vivre. La limite est au respect de la vie privée des gens ! Pour Mylène c’est différent, car il n’y a quasiment plus de limites… Farmer est un personnage qu’on a créé et Mylène ne sait plus trop à quel moment elle doit se cacher. Il faut retenir une chose : aimer quelqu’un c’est aussi le respecter. Cette manière d’aimer peut amener à être frustré quelquefois.

Comment vois-tu l’avenir de Mylène ?
Je suis content pour son double-album de platine. La réussite des gens me fait plaisir… Maintenant, je pense que Mylène n’a plus rien à prouver au niveau musical et qu’elle va plutôt se consacrer au cinéma. Mais ça n’engage que moi...

MFIFC - 1997
    

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