ConnexionAccueil0 Commentaire

Etienne George (Photographe plateau)Interview Giorgino - 2003

Il a débuté sa carrière de photographe au théâtre, avant de se consacrer entièrement au cinéma, et de shooter des plateaux prestigieux (Pialat, Tavernier…).

Tournage
Je suis arrivé sur Giorgino au bout de six semaines. Le rapport avec Laurent a été bon tout de suite. Je ne connaissais pas son travail, tout juste quelques chansons de Mylène. Laurent n’avait pas de demandes particulières à mon égard, mais bon, il avait peut-être trop de soucis par ailleurs, et je crois me souvenir qu’il avait des problèmes de financement perpétuels. Ce qui m’a tout de suite frappé quand je suis arrivé sur le tournage, c’est le visuel. En général, dans les comédies, la recherche esthétique n’existe pas, puisque tout est centré sur les personnages et les situations. Avec Giorgino, c’était différent, tout était centré sur le décor, les costumes, avec une vraie recherche esthétique. C’est formidable pour un photographe. En ce qui concerne les conditions climatiques, j’ai eu la chance d’arriver au bon moment, les choses dures avaient été vécues par les autres !

Drôle de couple
Laurent et Mylène, c’est un drôle de couple, comme on dit. J’ai senti des choses, pas forcément favorables. Mais j’ai vécu des situations bien plus épouvantables, comma quand on tourne avec Maurice Pialat. A côté, Mylène et Laurent, c’est de la rigolade ! Cependant, je ne rentre jamais dans les rapports intimes entre les gens. J’essaie au maximum de garder ma distance et de ne faire que mon travail, car il ne faut pas se laisser piéger par les atmosphères. J’ai souvenir de petites remarques un peu sèches, mais, je vous le répète, j’ai tellement vu, sur des tournages, de mots et de gestes violents, que le tournage de Giorgino en comparaison, ce n’était pas très grave !

Metteur en scène
Comme Laurent avait fait des clips audacieux que les gens avaient beaucoup aimés, il pensait que son film allait être révolutionnaire. Et il a eu du mal à se plier à des règles commerciales. Giorgino, c’est comme un long et beau clip, développé de façon peut-être déraisonnable. Il faudrait que Laurent fasse un autre film, pour prouver l’étendue de son talent. Je pense que pour Giorgino, le visuel l’a vraiment emporté, et que Laurent s’est complu dans ça. Comme l’esthétisme était plus fort que l’histoire, il a dû perdre le fil, je crois.

Mylène et Laurent
Mylène n’a posé aucun problème formel, elle n’avait aucune exigence particulière, ce qui est très rare. Après, elle a choisi les photos, ce qui est normal. J’étais très fier, car Studio Magazine a fait un sujet sur le film avec une de mes photos en couverture. Je me souviens de deux ou trois dînettes avec Mylène et Didier, le maquilleur, qui était vraiment un très bon copain. J’ai fait onze films avec Depardieu, et je n’ai jamais dîné avec lui. Je suis très distant. Je garde un souvenir plutôt sympathique de Laurent. Quand je suis arrivé, dans une grande maison, il m’a accueilli avec sa pipe, il était au piano. Le contact est bien passé. Je conserve le souvenir d’un tournage agréable, c’est un beau souvenir, ce qui n’est pas le cas avec tous les films.


Instant-Mag - 2003
    

Vos réactions

Attention, vous n'êtes pas connecté ! Connectez-vous en cliquant ici. Le retour sur cette page sera automatique.