ConnexionAccueil0 Commentaire

Jacky (Animateur)Interview Médias - 2003

L’animateur culte des années 80 a été l’un des premiers a recevoir Mylène à la télé. Par la suite, Jacky et Mylène se sont croisés à de multiples reprises sur des plateaux de télévision. Jacky a reçu Mylène sept fois sur une période de cinq ans, sans compter les interviews pour la radio Skyrock sur laquelle il officiait à l’époque !

Te rappelles-tu du premier contact que tu as eu avec Mylène ? T’a-t-elle sollicité ou est-ce toi qui est allé vers elle ?
Ni l’un ni l’autre. C’est son attaché de presse de l’époque, et surtout son manager, Bertrand Le Page, qui m’ont contacté pour qu’elle fasse « Platine 45 ». Elle démarrait. C’était à l’époque de son premier disque, « Maman à tort » je crois.

Quand l’as-tu rencontrée pour la première fois ?
C’était à La Coupole. On a déjeuné ensemble pour préparer l’émission car j’écrivais toujours mes textes à l’avance avec mes invités. C’était un vrai travail à deux. Ca rassurait les artistes parce qu’ils savaient où ils mettaient les pieds. J’envisageais vraiment mes émissions comme des sketchs : je déguisais souvent mes invités. Je me souviens d’ailleurs que Mylène n’a pas voulu. Elle était OK pour déconner, mais en restant elle-même.

Comment s’est passé le premier contact avec elle ? Était-elle distante, sur ses gardes ?
Ah non, pas du tout ! Elle était très sympa. Elle était très à l’aise avec moi. On se tutoyait. Mais bon, c’était ses débuts : elle avait besoin de promo. Mais je pense qu’elle m’aimait bien.

Quel(s) souvenir(s) gardes-tu des enregistrements de « Platine 45 » ?
On s’était bien marrés à les faire. Je crois que le résultat est assez drôle. Sans doute encore plus aujourd’hui, presque vingt ans après ! Je me souviens surtout d’un plateau où elle m’embrassait partout. Une fois, elle m’a même embrassé sur la bouche ! Elle ne fera plus jamais ça avec un autre animateur. Ce qui me fait rire, c’est que beaucoup de gens me demandent comment j’ai fait pour dérider Mylène Farmer. Mais je n’ai rien fait du tout ! A l’époque, elle était comme ça. Et puis le courant passait plutôt bien entre nous. Je pense que si je la revoyais demain, elle me tutoierait encore.

Parlons justement de cela. Les deux premières fois que tu l’as reçue, vous vous tutoyiez sans problème. En revanche, la troisième fois, quand elle était venue pour « Plus grandir », elle alternait tutoiement et vouvoiement. Comment expliques-tu cela ?
Je ne sais pas. C’était peut-être un jeu.

Tu n’as pas le sentiment qu’au fil des années, elle est devenue de plus en plus star, mystérieuse et distante ?
Pas avec moi. Elle était déjà très connue quand on a fait nos dernières émissions ensemble (ndlr :les « Jacky Show » entre 1987 et 1989) et ça ne l’empêchait pas d’être toujours aussi sympa avec moi.

Mais tu n’as pas l’impression qu’elle a changé à partir de « Plus grandir » et de son clip en cinémascope ? Outre son look (cheveux plus courts), elle devenue plus sombre, non ?
Je pense qu’à partir de là, elle a voulu imposer un personnage. Elle a fait une vraie carrière. C’était décidé, mûrement réfléchi. Elle est intelligente.

Tu penses qu’elle avait un plan de carrière dès le départ ?
Ah oui !

Tu veux dire que rien n’est naturel ?
Non, plus maintenant.

Et-ce que Mylène se mélangeait facilement aux autres artistes qu’elle pouvait croiser sur ton plateau ?
Oui bien sûr. Elle n’était pas sauvage. Maintenant elle vend beaucoup de disques, c’est une star. A l’époque, elle démarrait. Que tu sois animateur, acteur ou chanteur, t’es toujours sympa au début parce que tu as besoin des médias. Après… A l’époque, elle était vraiment détendue. C’était une jeune nana qui débutait dans le métier.

Une jeune comme les autres ?
Mais oui, comme les autres ! Comme Jeanne Mas qui débutait en même temps qu’elle. Je me sentais d’ailleurs plus proche de Jeanne Mas. Je la vois encore aujourd’hui.

Tu ne trouvais pas que Mylène était différente des autres chanteurs que tu recevais ?
Non, pas du tout.

Elle n’était pas plus réservée que la moyenne ?
Non. En tout cas, pas avec moi. Encore une fois, je crois qu’elle m’aimait bien. Peut-être parce que j’étais une espèce de personnage médiatique un peu incontournable à l’époque, j’en sais rien. Quoi qu’il en soit, j’étais un des rares avec qui elle a déconné à l’antenne. J’ai même fait des tournées avec elle, des galas en province pour des radios ou des passages en play-back dans des boîtes. D’ailleurs, lors d’une de ces tournées, j’ai connu Thierry Suc qui s’occupait d’une boîte vers Lyon. Moi, je venais y chanter « Tétéou » avec Lio. Après, il s’est occupé un peu d’Indochine, puis d’Alain Chamfort. Et aujourd’hui de Mylène.

Ils se sont rencontrés à ce moment-là alors ?
Probablement oui. Je t’avoue que je ne m’en rappelle pas.

Quelles étaient les relations de Mylène avec le public à l’époque ?
Très bonnes. Elle n’était pas distante. Tu sais, j’ai connu Mylène Farmer alors qu’elle débutait. Je l’ai ensuite vue devenir vedette. Mais elle est devenue une immense star plus tard, vers 1990-1991. je l’avais déjà perdue de vue. Donc je ne l’ai jamais connue star.

Avait-elle des exigences ou des souhaits par rapport à son image ?
Non, elle était inconnue. « Platine 45 » était l’une de ses toutes première télés, elle ne pouvait rien exiger.

Et plus tard ?
Non.

Son management n’avait pas de consignes particulières ?
Non. Tu sais, Bertrand était un copain.

Penses-tu que son suicide en 1999 soit lié, de près ou de loin, à la fin de sa collaboration avec Mylène ?
Non. Bien sûr, ça a dû jouer un peu. C’est comme Bernard Loiseau qui a perdu une étoile : il ne s’est pas tué pour ça, mais ça n ‘a pas arrangé les choses. Bertrand avait perdu une étoile lui aussi. Mais il ne s’est pas suicidé pour ça. C’était beaucoup plus personnel. Il avait un côté auto-destructeur flagrant, c’était un garçon très sensible. Il avait aussi beaucoup d’humour. C’est sans doute ce qui le sauvait d’ailleurs.

Dans les années 90, il a bossé chez AB où il s’occupait des jumelles Ever & Ever…
Oui, mais il était malheureux. C’était pas du tout son univers. Moi j’adore les gens d’AB, mais lui ça ne lui correspondait pas du tout. Mais bon, il avait besoin d’argent, il était ruiné.

Pendant plusieurs années, tu as fait partie des animateurs TV que Mylène visitait régulièrement. Etais-tu devenu l’un de ses intimes ? La voyais-tu en dehors des plateaux de télé ?
On dînait parfois ensemble chez Bertrand justement, quand il habitait dans le 9ème arrondissement. Mais on n’était pas des intimes.

Vous ne parliez que boulot ou vous discutiez de vos passions respectives ?
On déconnait pas mal. On ne discutait jamais vraiment sérieusement.

Étais-tu de ceux qui recevaient systématiquement des petits privilèges comme des promos, des disques d’or, des places de concert ?
Non. Je n’ai rien eu de tout ça. Et je n’ai jamais vu Mylène sur scène. J’aurais eu des invit’, je serais allé voir ce que ça donne…

Mais tu n’étais pas prêt à payer ta place pour la voir ?
Non. Je ne suis pas fan. Je suis plus rock’n’roll. La variété française m’emmerde. Je préfère les anglais et les américains. En France, j’aime bien Gainsbourg, Etienne Daho, Jacques Dutronc, Alain Chamfort, Benjamin Biolay, Bertrand Burgalat. Attention, je ne dis pas que ce que fait Mylène, c’est de la merde. Je reconnais son talent, mais ça ne me parle pas. Je n’ai aucun disque de Mylène chez moi.

Même à l’époque, tu n’aimais pas ?
Non (rires). Je suis désolé, je l’aime bien, mais…

Et au niveau de l’image, toi qui as maintenant une boîte de production, que penses-tu de ses vidéos ?
Ses clips sont très bien, même si je les trouve un peu démodés aujourd’hui. Mais c’est beau. On sent que c’est travaillé.

Si je te demandais de citer les cinq artistes qui t’ont le plus marqué parmi les invités que tu as reçu, Mylène en ferait-elle partie ?
Oui parce que je la trouvais intéressante et marrante.

Qui y aurait-il d’autre ?
Isabelle Adjani, que j’ai revue depuis, elle. Serge Gainsbourg, mais je l’ai connu avant la télé puisque j’avais été son attaché de presse. Etienne Daho. Et des gens que je pensais pas aussi intelligents et virulents, comme Kent. Jean-Louis Aubert aussi, que je trouve assez brillant. Et puis Lio aussi, qui est devenue une copine.

Serais-tu impressionné si tu devais recevoir Mylène aujourd’hui ?
Franchement, à part Gainsbourg, Coluche et Catherine Deneuve, personne ne m’a jamais impressionné dans ce métier. Et j’ai reçu tout le monde, toutes les stars. De Bruel à Madonna. Comment veux-tu que je sois impressionné par des gens que j’ai vus débuter ?! Madonna, je l’ai connus quand elle était simple standardiste à New York à la fin des années 70. Je m’entendais bien avec le patron de cette boîte qui s’appelait Simon Stein, il était juif polonais, comme moi, et s’occupait des Ramones et des Talking Heads dont j’étais alors attaché de presse.

Comment définirais-tu Mylène, selon ce que tu en as connu ?
Je la trouvais brillante, intelligente, vive d’esprit, avec un sacré sens de la répartie. Elle avait une vraie personnalité déjà. Tu sentais que ça allait devenir énorme.

Quand l’as-tu vue pour la dernière fois ?
C’était au « Jacky Show » en 1989. Je ne l’ai jamais revue depuis. Ca fait donc un petit moment maintenant. On était assez copains à ses débuts, on se marrait bien, puis on s’est perdus de vue. C’est comme ça ce métier : on voit surtout les gens avec qui on travaille.

Et tu n’as pas cherché à la recontacter ?
Non. Et elle non plus d’ailleurs ! Ca prouve qu’on n’était pas amis (petit rire). Je n’ai pas d’amis dans le showbiz depuis trente ans que j’y suis. Tu ne peux pas être intime avec les gens dans ce métier, ils sont là pour faire leur promo.

Mylène Farmer et vous - 2003
    

Vos réactions

Attention, vous n'êtes pas connecté ! Connectez-vous en cliquant ici. Le retour sur cette page sera automatique.