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Laurent Boyer (Animateur)Interview Médias - 2003


Laurent Boyer n’a interviewé Mylène qu’une fois, mais cet entretien reste l’un des plus importants dans le parcours télévisuel de la star. Outre le fait qu’elle ait accepté d’y parler longuement, cela reste à ce jour la seule et unique fois où une équipe de télévision a été invitée sur le tournage d’un de ses clips.

Comment as-tu obtenu le luxe suprême de non seulement interviewer Mylène Farmer, ce qui est déjà énorme en soi, mais en outre de le faire sur le lieu de tournage de son clip ?
En fait, on a souvent demandé des interviews de Mylène à sa maison de disques, et un jour, on nous téléphone, et on nous propose de partir à Budapest pour la rencontrer et assister au tournage de son nouveau clip événement. Evidemment ça ne se refuse pas ! D’autant que c’était tous frais payés par Polydor, ce qui tombait plutôt pas mal vu qu’à l’époque on n’avait pas trop de moyens. M6 n’avait que quatre ou cinq ans et très peu d’émissions autofabriquées.

Combien de temps as-tu passé là-bas ?
Deux jours et trois nuits si je me souviens bien.

Tu mangeais et dormais avec l’équipe ?
Oui. On était tous logés dans ce sublime palace à Budapest… Je ne me rappelle plus comment il s’appelle. Tout le monde se retrouvait autour d’une table le soir. C’était très sympa.

Tout le monde ? Même Mylène ?
Oui bien sûr. Mylène, Laurent Boutonnat, l’équipe technique, mon équipe télé et les gens de Polydor.

Comment était Mylène dans ces moments-là ?
Très peu expansive. Elle est vraiment comme ça, je crois. C’est sa nature.

Et en journée, ça se passait comment ?
Très bien. Vraiment. On avait le droit de filmer ce qu’on voulait. On se baladait sur le tournage du clip avec notre caméra et on filmait ce qu’on voulait. Je n’ai pas souvenir de la moindre restriction. Tout le monde était vraiment disponible pour nous. Y compris Laurent Boutonnat, qui avait pourtant beaucoup de boulot – c’était un clip à gros budget.

C’est pourtant quelqu’un qui va peu vers les médias, encore moins que Mylène. On ne l’a plus entendu ou vu depuis neuf ans.
Je sais, mais avec nous, ça s’est fait tranquillement. On allait vers lui et il prenait le temps de répondre à nos questions. Vraiment dispo.

Le clip de « Regrets » a été tourné en même temps que celui de « Désenchantée », as-tu également assisté un peu à son tournage ?
Non. On a assisté « uniquement » à celui de « Désenchantée ».

Comment était Mylène pendant ce tournage ?
Je lui ai trouvé beaucoup de témérité et de volonté. Il faut savoir que les conditions de tournage n’étaient pas évidentes : il faisait très froid. Mais je ne l’ai jamais vue se plaindre et jamais je ne l’ai vue lâcher.

Et pour ce qui est de l’enregistrement même de l’interview ?
Je l’ai trouvée très renfermée sur elle-même dans un premier temps, puis elle s’est débridée peu à peu. Elle a fini par se livrer. Il a fallu du temps, mais elle s’est ouverte. Je crois qu’elle a été totalement sincère.

Vous avez diffusé une image prise hors interview pendant laquelle on vous voit côte à côté, attendant de reprendre l’entretien et vous ne dites pas un mot. Toi tu prends le soleil et Mylène semble un peu perdue, elle ne sait pas trop ou poser son regard. Vous ne vous parliez pas entre les prises ?
Si bien sûr. On parlait beaucoup. Je crois même que Mylène a fini par me tutoyer au bout d’un moment. Le plan dont tu parles a été conservé pour le fun. Il est assez marrant à regarder justement parce qu’il est silencieux. Mais en fait, à ce moment-là, il y avait une petite éclaircie dans le ciel et on en profité pour prendre un peu le soleil. Il faisait vraiment froid !

Mylène et son staff avaient-ils des exigences quant à la manière de filmer ?
Non, pas que je m’en souvienne. J’ai vraiment le souvenir d’une totale liberté. Et puis tu sais, on a profité du fait que toute son équipe technique était là pour utiliser son ingénieur lumière.

Après diffusion du document, as-tu eu des échos de Mylène ?
Je crois qu’elle a aimé.

Comment se fait-il que son portrait ne soit jamais rediffusé la nuit, comme les autres ? Même lorsque vous faites un best-of de l’émission, elle en est absente. Pourquoi ?
Je pense que ça a été bloqué à sa demande, mais je n’en suis pas sûr (ndlr : la chargée de production de « Frequenstar » nous a confirmé que les images ont été bloquées par le management de Mylène).

Pourquoi n’a-t-elle jamais refait de « Fréquenstar » ?
Je ne sais pas. Ce n’est pas faut de l’avoir invitée en tout cas (rires). Y compris pour « Graines de star ». Mais à chaque fois, c’est une fin de non recevoir. Je ne m’en offusque pas, j’ai déjà eu l’incroyable honneur de faire celui-là. Mais j’avoue avoir été surpris quand j’ai vu qu’elle accordait une interview à une chaîne du câble et du satellite. Les Dutronc, Goldman ou Hallyday qui, comme Mylène, se font rares en télé, ont quand même faut plusieurs « Fréquenstar ». J’adorerais en refaire un avec elle !

Malgré le fait que tu ne l’aies interviewée qu’une seule fois, on fait souvent appel à toi pour témoigner quand un sujet se monte autour de Mylène (« Plus vite que la musique », « Mister Bizz »). Comment l’expliques-tu ?
Je crois que ce portait est devenu culte. On m’en parle encore, douze ans après ! On a reçu beaucoup de courrier après sa diffusion. Encore aujourd’hui, beaucoup de fans nous écrivent pour nous demander sa rediffusion. Je crois que ça a vraiment marqué les esprits. Tu sais, quand un gars prépare un sujet sur Mylène, il doit se dire : « Tiens, Boyer a passé plusieurs jours avec elle et il a fait une longue interview, c’est rare, il doit avoir des choses à dire ». Et puis il y a aussi cette fabuleuse histoire avec Alizée qui voulait être graine de danseuse et qui s’est retrouvée graine de chanteuse pour finalement devenir une star.

D’ailleurs tu as retrouvé à la fois Alizée et Mylène sur la scène du zénith de Lille en novembre 2000 pour les M6 Awards. En as-tu profité pour inviter Mylène à un prochain « Fréquenstar » ?
Non. Je ne l’ai vue ni avant ni après le show. On ne s’est vus que sur scène.

L’as-tu revue depuis ?
Oui, je l’ai croisée deux fois, au restaurant. Une fois il y a deux ou trois ans, et l’autre l’an dernier.

Et là, as-tu pu lancer ton invitation ?
Non, je l’ai saluée rapidement, c’est tout. Tu sais, si elle a envie de refaire un « Fréquenstar » ou autre chose, elle me le fera savoir. Je pense, ou du moins j’espère, qu’elle sait que je suis à sa disposition. Si elle me dit qu’elle a envie de faire ça, je le fais.

Artistiquement parlant, que penses-tu de Mylène ?
J’aime beaucoup « XXL ». Je trouve que tout ce qu’elle fait est très bien fait.

A-t-elle une place particulière parmi les nombreux invités que tu as reçus ?
Bien sûr. J’en garde un souvenir ému, d’autant que c’était à son initiative et qu’elle s’est livrée. Et puis, il faut savoir que c’est avec cette émission que « Fréquenstar » est né. Avant, c’était une émission en plateau. L’interview de Mylène était la première qu’on tournait en extérieur. En rentrant de Budapest, dans l’avion, j’ai eu l’idée d’en faire la marque de fabrique de l’émission. Je lui dois beaucoup pour ça. D’ailleurs, pour les dix ans de « Fréquenstar », j’aurais bien aimé faire un nouveau portrait avec elle pour boucler la boucle, mais ça ne s’est pas fait.

Mylène Farmer et vous - 2003
    

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