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Mathias Goudeau (Écrivain)Interview Médias - 2003

Auteur d'une biographie

Rencontre avec l’auteur de l’abécédaire « Mylène Farmer, le mystère ».

Qui a eu l’idée de faire ce bouquin : toi ou l’éditeur ?
Les deux. Lui voulait lancer cette collection, Portrait (ndlr : dont ce livre est le premier, d’autres suivront par la suite). Moi, de mon côté, je m’intéresse à la chanson française, donc j’avais forcément envie d’écrire sur Mylène Farmer. Je ne suis pas fan, mais c’est un objet de curiosité.

Tu n’es pas fan ?
Non. J’aime bien. J’ai quelques disques à la maison. Mais je suis plus Souchon, Goldman, Cabrel, Renaud, les Beatles…

Pourquoi sortir un livre maintenant alors que Mylène n’est pas dans l’actualité ?
Elle n’y est pas mais y est toujours. Tu es mieux placé que moi pour le savoir (rires).

J’imagine que tu étais au courant que beaucoup d’autres bouquins lui étaient consacrés ces derniers temps. Pourquoi avoir maintenu le tien ?
Quand le projet s’est mis en route, en janvier, aucun bouquin n’était sorti.

Comment expliques-tu que tant de livres sur Mylène sortent cette année alors qu’il n’en sortait jamais avant ?
Je ne sais pas. En tout cas, dire que ce sont des coups d’éditeurs qui savent que ça va se vendre parce qu’il y a des fans, ça me paraît un peu facile : ça fait déjà pas mal d’années que le phénomène des fans de Mylène Farmer existe. Je pense que c’est plus une sortie de dynamique. Un peu comme les chansons : il suffit qu’un nouveau son arrive et d’autres s’engouffrent dans la brèche.

Pourquoi avoir fait le choix d’un dessin en couverture ?
D’abord, je dois dire que ce n’est pas de mon fait. C’est le travail de l’éditeur. Je crois que c’est une identité visuelle qu’il souhaite donner à sa nouvelle collection. Pour les petits Music Books, ce sont des caricatures. Pour la collection Portrait, ce sont des dessins plus adultes. J’aime beaucoup cette couverture.

Et le choix de ne pas mettre de photos à l’intérieur ?
Je crois qu’il est très difficile d’obtenir des photos de Mylène, je ne t’apprends rien. Et puis, c’est surtout un livre d’information. Il s’agissait pour moi de démêler le faux du vrai dans le flot de rumeurs qui courent autour de Mylène Farmer. Un vrai travail de fourmi. Information, précision, vérification. Tout simplement un travail de journaliste.

Quelle a été ta méthode de travail ?
Comme pour tous les abécédaires que j’ai pu faire, le truc c’était de se mettre plein de Mylène Farmer dans la tête : musique, clips, infos… Et de classer tout ça. Le but était d’être le plus lisible possible à l’arrivée et de permettre la lecture-zapping. Ces livres-là sont faits pour les fans et pour les novices.

Tu t’es octroyé la collaboration de Jérémy Courtytera. Quelle a été sa contribution au livre ?
Les compléments d’information. Tous les petits plus et les précisions sur les faits concrets, c’est lui. De même qu’un point de vue général, une relecture. Pour ce qui est des nouvelles infos, c’est moi.

Parlons-en. En lisant ton livre, j’ai appris quelques petites choses. En particulier l’existence d’une publicité pour le loto que Mylène a tournée à son époque mannequin et dont j’ignorais l’existence. Je n’en dirais pas plus pour ne pas gâcher l’effet de surprises à tes futurs lecteurs. J’aimerais juste savoir si l’on a une chance de la voir un jour dans « Plus vite que la musique » (où l’on a déjà pu découvrir celle de la Caisse d’Épargne) ?
Je ne pense pas.

Pourquoi ?
(Silence). Je ne sais pas si on peut la récupérer.

Puisqu’on parle de « Plus vite que la musique », est-ce qu’un nouveau numéro spécial Mylène est prévu ?
Pas pour l’instant.

Est-ce que les deux précédentes spéciales que vous lui avez consacrées ont obtenu de bonnes audiences par rapport à la moyenne de l’émission ?
Oui, même si la dernière (ndlr : diffusée en février 2003) n’a pas réalisé les scores escomptés.

Vous aviez pourtant retrouvé des gens qui l’ont côtoyée de près, en particulier son premier attaché de presse. Est-il difficile d’obtenir des interviews de l’entourage de Mylène ?
C’est plus facile avec ceux qui ne travaillent plus avec elle. Mais c’est la même chose pour la plupart des artistes. Le plus difficile avec Mylène, c’est d’avoir une interview d’elle, contrairement à Marc Lavoine ou Pascal Obispo. De ce fait, on est obligé d’aller chercher des gens qui l’ont connue.

Est-elle au courant de la sortie de ton livre ?
Oui. Je vais lui envoyer avec un petit mot. Je n’ai pas encore eu le temps de le faire.

Au fil des pages, tu reviens très souvent sur l’échec de « Giorgino ». Pourquoi ?
L’abécédaire est forcément une source de redondances car il faut que le lecteur puisse prendre le livre à n’importe quelle page et comprendre parfaitement les tenants et les aboutissants de ce dont on parle. Pour ce qui est de l’échec de « Giorgino », il revient régulièrement parce qu’il y a clairement un avant et un après « Giorgino » dans la carrière de Mylène Farmer.

Que retiens-tu de Mylène Farmer après avoir écrit ce livre ?
Tout ce que j’ai appris et retenu du personnage est dans les premières pages du livre, avant l’abécédaire. J’y donne mon avis sur l’artiste et le phénomène. Ce sont les pages que j’ai écrites en dernier. J’ai un grand respect pour les gens professionnels. Le moins que l’on puisse dire sur Mylène Farmer et Laurent Boutonnat, qu’on les aime ou qu’on ne les aime pas, c’est que quand ils font un truc, ils y vont à fond. Quand on connaît mal Mytlène Farmer, on peut penser que c’est du glauque, de l’ésotérique et qu’elle n’est adulée que par des barjos. Je sais que c’est un peu provocateur de dire ça ici (rires). Quand tu te plonges dedans, tu vois que c’est une grande pro. Mylène sait s’entourer de gens compétents et apprendre à leur contact. Avec Laurent, elle forme un vrai couple de créateurs.

Que penses-tu du phénomène ?
Je suis étonné par ce mouvement de fans. C’est exceptionnel en France, et dans le monde. Les stars qui suscitent un tel engouement se comptent sur les doigts d’une main. C’est quelque chose que j’ai du ma à expliquer. J’ai du mal à comprendre comment on peut dépenser un RMI ou s’endetter pour s’offrir un objet qui, au final, reste un objet. C’est passionnel, irraisonnable donc je ne juge pas. Mais la fascination que Mylène exerce sur tant de gens reste un véritable mystère.

Justement, ton livre s’intitule « Mylène Farmer, le mystère ». Penses-tu l’avoir percé à jour ?
Je pense oui. Le but était d’essayer de comprendre le phénomène Mylène Farmer – son succès, sa longévité, ses fans. Je pense y être parvenu.


Mylène Farmer Magazine - 2003
    

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