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Florence Michau (Monitrice d’équitation au Centre de Conches)Interview Enfance & Adolescence - 2004

Depuis le temps, le village équestre a changé, ça s’est amélioré mais l’âme est toujours la même. Ce qui a existé il y a 25 ou 30 ans n’est plus envisageable aujourd’hui. J’y arrive en 1974 et Mylène nous rejoint au début de l’été 1977. C’est une période superbe pour nous tous, la jeunesse ! La moyenne d’âge est de 18 ans. Nous sommes les "pionniers", la profession n’est pas encore bien règlementée. Nos étudiants connaissent la maison, ils montent à cheval, et nous les formons. À l’époque, ils peuvent aider, sans avoir de diplômes d’état. Au départ, Mylène est stagiaire, elle a 16 ans. Au milieu des années 70, elle se montre très motivée. Comme elle se plaît beaucoup au club, elle vient souvent et fait partie de l’encadrement, donnant un coup de main en cuisine. En réalité, pour financer ce stage, elle vient "bosser" ! Chacun à son poste. Celui de Mylène, c’est "aide cuisinière". Tous les jours, on fait la tambouille, on monte à cheval au moins 3 heures, et le soir, c’est la fête...!

Les filles se destinent à être monitrices d’équitation. Son amie Sylvie, elle, il parviendra. Le soir, au village, nous restons entre nous pour papoter. À l’âge où on aime bien se sentir autonome, nous ne faisons pas de bêtises et rions avec pas grand-chose. Tout cela est très sain, pas de drogue ou d’alcool. Ce sont de franches grosses rigolades. Le matin, parfois, on a un peu la tête "dans le sac" ! Bien sûr il nous arrive de nous faire engueuler par "le grand chef", ça fait aussi partie du quotidien ! Mylène, nous la voyons au village deux ou trois été. En dehors de ses stages, Sylvie et elle fréquentent d’autres centres équestres, elles sont très proches l’une de l’autre. Sylvie deviendra monitrice. Mylène le souhaiterais aussi, mais à 16 ans, on rêve toujours et puis le temps fait que...

Elle adore monter à cheval. Le souvenir que j’ai de Mylène, c’est qu’elle rit tout le temps mais ne se met jamais en avant. Elle est très timide, pas grande gueule, plutôt introvertie à regarder sous ses lunettes dans le genre : « bon, j’ai fait une connerie, mais personne ne va le savoir, quoi ! » Je pense que c’est une période de sa vie qui la marquera énormément. Pour nous tous, aussi, ce sont des instants fabuleux. Le monde est à nous ! À la fin de l’été, au moment de nous quitter, nous pleurons tous, personne n’a envie de partir !


Annie & Bernard Réval pour 'De chair et de sang' - 06/09/2004