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Pascal Thiollier (Maquilleur)Interview Clips - 2004

À propos du début de sa collaboration avec Mylène :
Je les ai connus à cette période, et nous nous sommes entendus très vite. Au départ, c’était pour une séance photo, avec Marianne Rosenstiehl. J’arrive juste avant le clip Ainsi soit je... Comme ils estiment ce que je fais, Laurent et Mylène me demandent si je peux continuer sur Pourvu qu’elles soient douces. Par la suite, nous enchaîneront les clips... j’en ferai 13 ! J’ai toujours adoré travailler avec eux, je les apprécie pour des tas de raisons, aussi bien sentimentales que professionnelles. À l’époque où je rencontre Mylène, je maquille Bernadette Laffont, ce sont deux extrêmes. C’est excitant de s’occuper de deux personnalités fortes, avec des objectifs très différents. Ce que j’apprécie chez eux, c’est leur rigueur dans l’acte : elle pousse toujours à aller vers le mieux. C’est un bon moteur. Avec Mylène, nous avons une complicité qui s’installe, une sécurité. Au début, elle est très vigilante sur ce qu’on lui fait, puis cela s’adoucît, avec le temps, la confiance est là, on se connaît, on sait. Malgré tout, elle reste très attentive. L’atmosphère de Pourvu qu’elles soient douces est invraisemblable. Les champs de bataille, les explosions, le camp militaire, les prostituées, la dernière scène... Ce sont des moments assez magiques.


À propos du Tour 89 :
La tournée est certainement l’un des moments forts de sa vie. C’est vrai qu’en 1989, c’est quelque chose de nouveau, de très émouvant. Chaque fois qu’elle rentre sur scène, j’ai des frissons ! Plus tard, je verrais ses autres shows qui sont bien, mais je préfère celui-là, le premier. En ce qui concerne mon travail, il faut rester dans son style, avec justesse, sans tomber dans le théâtral. En plus, c’est retransmis sur des écrans géants, il faut donc réaliser un maquillage très propre qui tienne toute la durée du spectacle !


À propos du clip Désenchantée :
Laurent Boutonnat a vraiment la volonté de trouver des figurants à la hauteur, des personnalités très marquée physiquement, c’est très intéressant pour un maquilleur ! En Hongrie, il va au bout de ses envies, sans pudeur, manifestant le désir d’être toujours plus réaliste. C’est vrai que, dans tous les clips que nous avons pu faire ensemble, les rôles secondaires sont toujours "justes". Mylène et Laurent sont très doués pour ça.


À propos de Giorgino :
Je n’oublierai jamais cette expérience. C’est le premier "gros film" sur lequel j’exerce. Le chef maquilleur s’occupe de Mylène et des 4 autres comédiens principaux. Moi, j’ai toutes les femmes du village, les Anglaises et les Américaines qui font de la figuration importante, très présente – plutôt des seconds rôles. Elles sont 7. Nous vivons tout cela en vase clos. Nous travaillons tout près de la frontière polonaise. L’atmosphère est assez particulière, et nous resterons très liés pendant plusieurs mois. Je vis très bien cela, je suis constamment sur le plateau. L’hiver, dans les Tatras, c’est -15 tout le temps ! C’est le bout du monde, rien à voir avec Prague. En ce qui concerne les repas, c’est vrai que les menus ne sont pas très variés entre ce qu’on mange à midi et le soir. C’est assez cocasse, en particulier la répétition des goulaschs, gnocchis et autres plats de ce style – il y a quelques réflexions drôles de temps en temps !


Annie & Bernard Réval pour 'De chair et de sang' - 06/09/2004