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Patrick Bourgoin (Saxophoniste)Interview En Concert 89 - 2004

À propos de la fois où il ramené Mylène en voiture à Paris après un concert :
En fait, Mylène lève le museau à Paris, on la dépose chez elle, près du faubourg Saint-Honoré. Elle insiste pour qu’on monte boire un thé ou prendre le petit déjeuner ensemble.


À propos du cadeau fait par Mylène aux musiciens :
Lorsque nous faisons le Palais des Sports, Mylène nous offre un superbe stylo, un Bulgari en argent massif, je suis touché par ce geste. En plus, ce n’est pas fait n’importe comment, elle a la manière... Personnellement, j’arrive presque au dernier moment, et je suis touché par sa façon de présenter les choses : cela ne ressemble à aucun autre artiste ! Les cadeaux des autres vedettes, on peut les compter sur les doigts d’une main ! Elle, on sent que ce qu’elle nous donne, c’est très précieux, vraiment !


À propos des larmes de Mylène sur scène :
Pourtant, quand elle pleure, dans une chanson, c’est troublant. Je me souviens que plus d’une fois, en scène, elle ne peut pas terminer... Je connaîtrai cela avec Henri Salvador : quand il chante un certain titre, il est obligé d’arrêter tellement il est ému. Henri Salvador c’est tout à fait ça. Pendant les répétitions, il chante Avec le temps, de Léo Ferré : tout d’un coup, il s’arrête, il est en larmes. Ce n’est pas du cinéma, on répète, nous sommes entre nous. Avec Mylène, nous vivons des moments très forts.


À propos du charme de Mylène :
Avec le côté enjôleur de Mylène, un garçon un peu fragile peu "disjoncter".


À propos de son absence sur la tournée en province :
J’avais fait quelques séances, le Palais des Sports, et deux ou trois concerts avant, mais je ne serai pas dans l’équipe. Thierry Suc nous avait promis plusieurs choses et comme à la rentrée, c’était tout à fait différent, je n’ai pas voulu suivre.


À propos des artistes qui ne pensent qu'à l'argent :
Bien souvent, cet état d’esprit – qui, pour nous, peut être un défaut – les rend bêtes et idiots ! Quand il n’y a plus qu’un sujet, c’est... gagner du blé, acheter la dernière machine, gagner, gagner, engranger, entuber, supprimer trois musiciens parce que ça leur fait récupérer tant, c’est tellement réducteur que ça devient fou ! La nouvelle mode, c’est de faire le côté "unplugged". Comme ça, avec trois ou quatre accompagnateurs, ça coûte moins cher, alors on va dire qu’on la fait "acoustique" ! Il y a tout de même des séquences, quatre techniciens qui travaillent dessus. Alors, tout ça pour gagner un peu plus ! Mylène ne peut pas se permettre d’agir ainsi, elle ne recule pas devant le spectacle ! Techniquement, c’est un show, il y a beaucoup de matériel et d’investissement. Même si elle est à part dans le métier, elle ne peut pas faire autrement. Sa différence, c’est le visuel, la mise en scène, les choristes, les danseurs, les danseuses. Elle recherche la qualité et la présence des musiciens autour d’elle. Je ne l’imagine pas dire : « Je passe à l’acoustique ». Mylène aime (dans le bon sens du terme) non pas manipuler, mais "jouer", et c’est charmant.


Annie & Bernard Réval pour 'De chair et de sang' - 06/09/2004