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Vincent Canaple (Régisseur général & Ami d'enfance)Interview Giorgino - 2004

Mylène est une très bonne amie de ma sœur, nous sommes 6 enfants. Il y a toujours du monde dans notre grande maison, surtout les week-ends, elle vient souvent nous voir. Le samedi, nous sommes cinquante ! Comme on a 10 copains chacun, c’est assez sympathique ! Je me souviens de son rire éclatant qui résonne comme du cristal. Elle ne se mélange pas trop aux groupes, elle réfléchit, écrit. Mylène, ma sœur et moi, nous avons souvent de longues conversations sur les lectures et l’écriture, elle est toujours très attentive et intéressée. À cet instant, elle n’est pas si éloignée du personnage, de la vie et de l’apparence qu’elle contrôlera plus tard. Elle a déjà beaucoup de caractère, sachant très bien ce qu’elle veut. Je me rappelle qu’à 14 ans, elle nous disait : « Je deviendrai quelqu’un...! »

Je connais Laurent Boutonnat grâce a Mylène. À cette époque, on était tous dans la banlieue parisienne. Ensuite, j’ai fait quelques clips avec eux avant, pour voir comment on s’entendait. Puis, finalement, quand il a commencé Giorgino, le premier assistant qui devait opérer s’appelait Jean-Marc Estiven. Les dates ont été décalées, il y a eu des petits soucis. Lorsque Giorgino a redémarré, Jean-Marc n’était plus disponible, Laurent m’a appelé, et voilà, j’y ai participé. Je suis donc présent sur le tournage, mais aussi sur les 3 mois de préparation à Paris, sans oublier les repérages dans des pays de neige.

Mylène et Laurent mettent leur corps et leur esprit dans ce film long, un peu trop long peut-être – il faudra d’ailleurs le réduire avant sa sortie. C’est une belle histoire, j’apprécie son atmosphère, mais c’est vrai qu’il y a sans doute beaucoup trop de choses.

J’aime Mylène, alors c’est intéressant de la voir jouer, de voir ce qu’elle peut sortir : on a 2 caméras, on filme énormément, avec beaucoup de prises. Ce qui me marque aussi, ce sont les décors de Pierre Guffroy, et cette région hors du temps où nous travaillons. Nous sommes dans un autre monde. C’est assez drôle : en décembre 1992, on est en Tchécoslovaquie et, quand on repart au printemps, on ressort de la Slovaquie pour rentrer en Tchéquie ! À la frontière, nous avons des petits soucis de papiers : ils ne comprennent pas comment le matériel est rentré. Je pense qu’ils veulent faire un peu d’argent au passage !


Annie & Bernard Réval pour 'De chair et de sang' - 06/09/2004