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Edwige Chandelier (Danseuse)Interview En Concert 89 - 2006


Castings
J’étais dans la compagnie de Sophie Tellier qui m’avait parlé des concerts de Mylène. Il y a eu une première sélection sur photo car au départ le casting devait être plus privé. Puis il y a eu des premières auditions en janvier - février 1989 où il y avait énormément de monde. Puis une deuxième audition en présence de Mylène.

Répétitions
Sophie nous entraînait au studio des Champs-Élysées qui était une sorte de réplique de la future scène. Mylène venait une fois que tout était au point. Laurent Boutonnat était très présent aux répétitions, mais seulement de temps en temps sur la tournée. Il était très agréable, très accessible, avec beaucoup d’humour. Très simple !

Costumes
On avait un problème avec les costumes. Ils craquaient car on bougeait beaucoup et ils n’étaient pas adaptés, par élastiques. Alors Mylène nous disait que si tout craquait, il fallait quand même aller jusqu’au bout. Tout a craqué et elle a fait descendre tout l’atelier Thierry Mugler à Saint-Étienne. Mylène avait aussi des problèmes de costumes. Ses robes étaient très ajustées et les changements étaient très rapides…

Les chorégraphies
La chorégraphie de « Pourvu qu’elles soient douces » faisait parfois jusqu’à quatorze minutes sur scène ! C’était la chorégraphie où il y avait le plus de choses à faire. Mais toutes étaient sympa. Celle de « Sans contrefaçon » était très rigolote car chaque danseur avait un personnage à composer. Les chorégraphies étaient vraiment dans l’esprit des chansons.

Fanatisme
Il y avait de très jeunes adolescents qui s’évanouissaient. Des brancards de la Croix Rouge étaient situés sous la scène. Les réactions étaient dingues, démesurées. Je me souviens qu’une fois, j’étais rentrée en voiture, avec Mylène. En sortant de la voiture, une fan s’est jetée sur elle en pleurant et en disant qu’elle pensait souvent au suicide. Mylène l’a réconfortée pendant quelques minutes.

Ambiance et conditions de travail
La tournée était très luxueuse, on était très bien logés, les danseurs disposaient de leur propre bus. Il fallait que tout le monde serve le spectacle et tout le monde était mis en confiance. Toutefois, nous n’avions pas de rapports intimes avec Mylène, elle se protégeait beaucoup. Les rapports étaient donc simples, professionnels et respectueux.

La scène
Avant la scène, elle faisait la balance et de suite après, elle allait dans sa loge. Elle était rongée par le trac. Mais au fur et à mesure de la tournée, elle était plus rassurée et alors elle venait parfois dans nos loges, elle nous coiffait et nous parlait. Après la scène, on allait tous au restaurant. J’avais des rapports très agréables avec elle. Elle était simple et professionnelle en même temps. Elle nous disait toujours merci après les concerts. Dans le spectacle, il n’y avait pas d’improvisation car Mylène voulait que tout soit bien construit. Mais à la dernière date de province, on lui a fait des petites blagues. Sur « Libertine », par exemple, les garçons et les filles ont interchangé les chorégraphies, mais sans que cela aille trop loin car il fallait quand même que le spectacle garde sa cohésion pour le public. Mais cela n’a absolument pas dérangé Mylène !

Anecdote
Mylène portait un demi postiche roux très bien fait, pour que sa coiffure soit plus volumineuse. Un soir, sa coiffeuse l’avait emporté pour le teindre un peu et elle l’avait oublié au restaurant. Ca a été la panique totale ! Heureusement, elle l’a retrouvé, Mylène ne l’a jamais su…

Le tournage du film
Pour le tournage du film du spectacle, on a tourné certaines scènes petit morceau par petit morceau sans le public pour des gros plans à la steadycam. Des steadicamers étaient sur scène pour les plans rapprochés, notamment autour de Mylène pendant telle ou telle chanson. Ca ne pouvait vraiment pas se faire pendant le concert. Une louma était installée dans la fosse et elle prenait beaucoup de place pour des plans en plongée.

Belle de scène - 2006