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Franck Sorbier (Couturier)Interview Avant que l'ombre... à Bercy - 2006

C’est Franck Sorbier qui a eu l’honneur de vêtir Mylène pour ses concerts de janvier 2006. Leur collaboration fut un si bon souvenir qu’ils ont remis ça en co-signant un t-shirt pour l’association « Autistes sans Frontières ». Entretien avec un homme aux doigts de fée.

Comment avez-vous été contacté par Mylène Farmer ? On dit que c’est Henry-Jean Servat qui vous a mis en relation.
Il y a eu un appel téléphonique mystérieux la semaine précédent la présentation Haute Couture du mois de juillet dernier. Je venais de faire les costumes de La Traviata, mis en scène par Henry-Jean Servat (ndlr : journaliste, écrivain et personnalité mondaine). La photo d’une des tenues de l’héroïne avait retenu l’attention de Mylène Farmer.

Le magazine Gala affirmait que Christian Lacroix aurait été le premier pressenti. Simple rumeur ?Info ? Intox ?
Je n’ai aucune information sur le sujet.

Le tour de force est qu’on a su officiellement que c’était vous le couturier de la tournée uniquement en novembre…
Les énergies se sont focalisées sur le travail et non sur la promotion. Tour de force ? Ou discrétion ?

Travailler pour un concert demande-t-il le même investissement que pour une collection ?
Lorsque je présente une collection de Haute Couture, je mets en scène « La Femme Franck Sorbier ». Lorsque je suis choisi pour travailler sur des tenues de scène, je me dois d’aller dans le sens de l’artiste. Il y a, cela va sans dire, le respect de son univers, des codes qui lui sont propres. C’est l’école de l’humilité, servir l’œuvre au mieux.

Combien de temps l’élaboration des tenues a-t-elle duré ?
J’ai rencontré Mylène Farmer le 11 juillet 2005 et l’ensemble des tenues a été livré le 11 décembre 2005.

Lors de sa dernière tournée, Mylène dessinait les patrons de ses costumes, et Dominique Borg les confectionnait. Comment votre collaboration s’est-elle déroulée pour les concerts de 2006 ?
Le 11 juillet 2005, je suis venu à la rencontre de Mylène Farmer avec les books photos des collections Haute Couture qui me paraissaient correspondre le plus à son univers. Dans la plus grande confidentialité, Mylène Farmer m’a fait découvrir l’ensemble des décors du futur spectacle. Le deuxième rendez-vous a eu lieu chez Franck Sorbier Couture. Discussions, dessins, essayages de modèles anciens et récents. Et puis, dessins plus précis, dessins en direct, propositions et choix de tissus, choix définitifs et début des toiles pour essayage. Essayage des toiles pour Mylène avec, en parallèle, élaboration et mise au point des tenues des danseurs, des danseuses, des musiciens, des choristes, d’Yva n Cassar et d’Abraham Laboriel. Proposition des accessoires, chapeaux et chaussures avec approbation. Un travail de fourmi partagé, à raison de un à deux rendez-vous par semaine durant quatre mois, de longues après-midi animées, passionnées. Le temps qu’il faut pour bien faire les choses.

Combien de tenues ont-elles été créées en tout ?
Six panoplies pour Mylène Farmer, dont une a été écartée. Une pour Yvan Cassar, une pour Abraham, une pour les choristes, trois pour les danseurs flamenco, trois pour les danseuses, une pour les musiciens et une pour les porteurs. Cela fait un certain nombre de tenues et un certain nombre d’accessoires.

Chaque tenue est unique ou existe-t-il des doubles ?
Toutes les tenues ont été réalisées en double exemplaire, à l’exception de quatre pièces uniques destinées à Mylène Farmer.

Comment se sont déroulés les essayages ?
Très bien ! Mylène Farmer est très concentrée, ce qui facilite le travail. Pour Yvan Cassar et les deux choristes, nous avons pris trois rendez-vous : prises de mesures, essayages de toiles et essayages définitifs. Pour les danseurs, les danseuses, les musiciens et les porteurs, nos avons fourni une fiche de mesure très précise qu’ils nous ont tous retournée. Nous avons avec ces éléments travaillé, entre normalisation et demi-mesure.

Quel a été le costume le plus difficile à réaliser ?
Chaque pièce nous a réservé son lot de surprises. La difficulté est inhérente à notre travail. Les cuissardes, par exemple, dont le tissu avait été brodé en Inde suivant un patron extrêmement précis et monté ensuite à Paris, se sont avérées un souci de dernière minute. Le manteau en velours rouge brodé, quant à lui, a nécessité plus de 400 heures de travail.

Quel costume vous séduit le plus ?
Chaque tenue a son histoire, son dessin, ses couleurs, ses matières. Elles sont toutes rattachées à une chanson, un décor, à une scénographie. Au final à une émotion. La palme revient au manteau de velours rouge brodé, que Mylène laisse glisser à terre pour dévoiler une nudité scintillante…


Mylène Farmer et vous - 2006
    

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