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MHC (Remixeurs)Interview Remixes - 2006


Slipping away (Crier la vie)

Philip et Chris sont à l’origine des remixes de la version originale de « Slipping away », mais aussi du duo Moby/Mylène. Ils ont eu de plus le privilège de recevoir la visite de la rouquine dans leurs studios !

Philip et Chris, parlons de vos remixes du duo événement de cette rentrée, Moby et Mylène Farmer, "Slipping away (Crier la vie)". Pouvez-vous vous présenter pour nos lecteurs ?
Nous sommes Philip Larsen et Chris Smith, de Manhattan Clique. Depuis quelques années, nous travaillons ensemble, que ce soit pour des remixes ou la production d’artistes allant de Human League à Kylie Minogue, en passant par Erusure, et bien sûr, Moby.

Quand vous a-t-on contactés pour le duo ? Et qui vous a contactés ?
Philip – Ca devait être en mai. J’étais dans une station-service sur une autoroute, et j’essayais de rester discret ! C’est le manager de Moby qui m’a appelé, et il m’a dit qu’il y aurait peut-être une possibilité de duo entre Mylène et Moby sur notre remix. Il voulait discuter des aspects techniques et de la façon dont nous pourrions mixer la nouvelle version…

Mylène chante plutôt des textes mélancoliques, et « Naturla blues » ou « Why does my heart feel so bad » auraient pu être aussi des titres envisageables pour un duo. Pourquoi Moby et Mylène ont-ils choisi de chanter « Slipping away » ensemble ?
Chris – Moby a en effet une tonne de bonnes chansons dans son répertoire, mais ils voulaient utiliser une chanson « inédite » pour promouvoir le best-of. Et Moby dit souvent que « Slipping away » est sa chanson favorite sur Hotel.

La version single de « Slipping away (Crier la vie) » pour le marché français est votre radio edit, une version électro énergique d’une ballade mélancolique dans sa forme originale. Pourquoi ont-ils choisi de sortir un remix en version radio ?
Philip – Je pense que Moby et Mylène ont discuté de quelle version choisir, et finalement Mylène a choisi d’utiliser notre remix comme base de leur duo. Et puis la version originale avait déjà été exploitée dans d’autres pays, et ils voulaient essayer quelque chose de différent.

Vous avez remixé Moby plusieurs fois avant « Slipping away ». Il semble apprécier votre travail ! Vous m’avez confié ne l’avoir rencontré qu’une fois auparavant. Moby était-il présent cette fois ?
Chris – Non, Moby était en Amérique. Nous lui avons envoyé le mix par mail dès qu’il était terminé.

Mylène vous a rejoints dans vos studios durant la phase de mixage des voix. Était-ce votre première rencontre ? Et pourquoi est-elle venue ?
Chris – Oui, c’était notre première rencontre. Elle est venue exprès pour assister au mixage.
Philip – Nous avions très peu de temps pour fournir le master du duo, et nous devions être certains que Mylène serait capable de valider le mix immédiatement. Avec elle dans nos studios, nous pouvions savoir si elle était satisfaite avant de l’envoyer à Moby pour sa validation à lui. Nous avons travaillé comme des fous pour faire un bon mix, et ce n’est pas tous les jours que vous avez une si grande artiste dans vos studios. Un ami à nous, Drew Griffith, nous a aidé pour le mixage ce jour-là, et je pense que nous avons tous bien travaillé. Il a fait un super boulot.

Mylène était-elle seule ? Ou avec Laurent Boutonnat , ou Jérôme Devoise, qui a enregistré les voix ?
Chris – Jérome était là aussi.

Que pense Mylène de votre remix ?
Chris – Elle l’a adoré, c’est pourquoi elle a décidé de chanter dessus !

Moby a écrit sur son blog qu’il avait rencontré Mylène et qu’il aime sa jolie voix. Et vous ?
Philip – Nous aussi, bien sûr ! Nous avons toujours mis un point d’honneur à faire en sorte que les chanteurs aient la plus jolie voix possible sur nos productions. J’ai d’ailleurs gagné un Grammy Award pour mon mix de « Come into my world » de Kylie Minoque en 2004 ! Mylène a une voix uinique et sait créer une atmosphère fantastique avec ses textes et sa façon de chanter. Nous voulions rendre hommage à sa voix.

Que pensez-vous de ce duo ?
Chris – Nous ne sommes pas impartiaux bien sûr, mais nous l’adorons. Pour être francs, sur les cinq remixes que nous avons faits pour Moby, c’est probablement notre préféré ?

Pensez-vous que ce remix pourrait cartonner ?
Philip – Je ne connais pas le marché français aussi bien que le marché anglais ou américain, mais je l’espère !

C’est inhabituel en France de sortir un remix en version single, est-ce clairement un choix commercial ?
Chris – Bien sûr, la sortie de n’importe quel single est une décision commerciale, mais dans ce cas précis, notre remix a été utilisé car à la fois les artistes, le management et les labels l’aiment. Nous envisageons les remixes comme étant seulement une version alternative d’un single, qui doit donc être utilisable à la radio, en clubs, à la télé, etc. Rappelez-vous bien que le choix est revenu en définitive à Mylène et Moby et je pense que Mylène a senti que ses paroles seraient parfaites pour le remix.

Apparemment, la voix de Mylène a juste été injectée dans le remix préexistant, avec la voix de Moby seule. Techniquement, il semble assez facile de la faire, non ?
Philip – Ca peut sembler simple, mais en fait non ! Nous avons d’abord recommencé le mixage (ce qui a pris au moins une journée) puis nous l’avons re-égalisé, avant de le passer en format ProTools afin de pouvoir faire le mix avec la voix de Mylène dans nos studios de Londres. Et nous avons refait la même chose pour la version longue. Quand une nouvelle voix est enregistrée sur une chanson déjà existante, cela change le tout, et inévitablement, l’étape de mixage doit être recommencée, ce qui a été le cas ici aussi.

Comment avez-vous reçu les voix de Mylène ?
Chris – Jérôme avait les voix sur son disque dur quand il est venu au studio. Elles étaient sèches (ndlr : sans effet) et nous avons rajouté de la reverb’ pendant le mixage. Il n’a pas été évident d’harmoniser les deux voix ensemble, mais c’est toujours le cas pour les duos.

Vous avez réalisé un remix totalement inédit, le « MHC Club Remix ». D’où venait la demande ?
Chris – C’est Howard Corner de chez Mute UK (le label de Moby) qui nous a demandé de faire un remix inédit pour ce duo.

Mylène vous a-t-elle rappelés depuis votre rencontre ?
Chris – Non, mais ce n’était pas prévu. De toute façon, c’était fin juillet, donc tout le monde était en vacances à un moment ou un autre depuis…

Une version de « Slipping away » pour le marché espagnol a vu le jour, chantée en duo avec une artiste espagnole, Amaral. L’avez-vous remixée aussi ?
Chris – J’ai entendu parler d’une version espagnole, oui, mais je n’en sais pas plus.

Mylène est une star en France, la connaissiez-vous avant « Slipping away » ? Que pensez-vous de sa carrière ?
Philip – Bien sûr que nous la connaissions, mais on n’entend pas beaucoup ses chansons ici en Angleterre ou en Amérique. Mon père Jorgen est un vieil ami et collègue de Pascal Nègre, et il a rencontré Mylène a plusieurs reprises. J’ai donc suivi sa carrière de puis longtemps (ndlr : Jorgen Larsen était jusqu’en juin 2006 le PDG d’Universal Music International).

Vous m’avez dit que Moby et Mylène s’étaient beaucoup impliqués dans ce duo. Pour être honnête, certains fans sont déçus car ce duo semble être vraiment uniquement un plan commercial au lieu d’un désir mutuel de sortir une chanson ensemble. Juste un moyen pour Moby d’avoir un succès en France. Quelle est votre opinion ?
Chris – Je pense que c’est une grande chance pour eux d’avoir un succès potentiel, et que c’est aussi bien pour les artistes que pour les fans.
Philip – Je pense que les fans vont heureusement apprécier le disque pour ce qu’il est, c’est-à-dire une super chanson et un disque réunissant deux artistes majeurs dans le monde. Mylène et Moby ont des voix qui s’accordent bien, et je ne peux pas penser qu’il existe une meilleure association d’artistes. C’est pénible de toujours discuter pour savoir si un disque est un projet commercial ou non… Tous les artistes, musiciens et producteurs font de la musique parce qu’ils aiment ce qu’ils font. Mais inévitablement, si vous avez un peu de succès, ou si vous voulez vendre des disques, c’est immédiatement ramené à un point de vue commercial…

Quels sont vos modèles ? Et quels sont vos projets actuels ?
Philip – Mirwais est notre plus grande et unique influence (mais nos productions ne se ressemblent pas forcément à tous les coups) ! Son album Production est l’œuvre d’un génie. Les Daft Punk sont des légendes vivantes aussi, bien sûr. Concernant les remixes, nous sommes assez inconstants, mais inspirés par tout ce qui se passe dans les clubs. Tocadisco est notre favori actuellement.

Avez-vous signé un papier vous demandant de garder les accapellas loin des fans, comme Junior Jack a eu à le faire ?
Chris – Non, nous n’avons rien signé, mais nous ne donnerions jamais les accapellas. Je ne pense pas qu’on retrouverait du travail de sitôt si nous faisions ça !

Mylène Farmer et vous - 2006
    

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