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Milton McDonald (Guitariste)Interview Avant que l'ombre... à Bercy - 2006


Milton est connu à Londres pour ses talents de guitariste studio et depuis quatre ans, il est le guitariste attitré de Patricia Kaas. Il est entré dans le staff Farmer pour Avant que l’ombre… à Bercy.

La guitare a-t-elle été votre premier amour ?
J’ai débuté par le piano et j’ai vite compris que j’avais l’oreille musicale. J’ai eu une courte, mais intense, histoire avec les percussions pour finir par un coup de foudre avec la guitare dès dix ans. Ado, j’ai formé des petits groupes. On était de très mauvais musiciens et on reprenait des titres de Black Sabbath (ndlr : groupe fondateur du heavy-metal, avec Ozzy Osbourne au chant, ayant vendu des millions de disques dans les années 1970 !).

Mylène vous présentait en live sou le nom de Milton. De quand date ce surnom ?
Quand je suis arrivé à Londres, j’ai fait partie du groupe Boomerang Gang. Nous étions quatre, dont trois Mikael. Je venais de Milton Keynes, une ville nouvelle entre Londres et Birmingham, et on a commencé à m’appeler Milton. En fait, j’ai aimé et je l’ai gardé. Seule ma mère m’appelle Mikael aujourd’hui.

Vous avez réellement débuté en 1984, l’année où Mylène Farmer sortait « Maman à tort ». Les eighties étaient-elles une belle époque pour débuter une carrière ?
Il faut croire puisque Mylène a construit une carrière des plus intéressantes en France ! Moi, j’ai appris mon métier dans ces années-là avec des groupes que vous ne devez pas connaître, et que d’ailleurs personne ne doit connaître non plus en Angleterre. Trêve de plaisanterie… Si j’avais pu choisir, j’aurais préféré débuter dans les années 1960 au temps du rock progressif où les artistes faisaient de la musique pour les bonnes raisons. Aujourd’hui, le business a pris le pas sur la créativité. Les maisons de disques sortent ce que veut entendre le public. C’est ce que j’ai apprécié en premier lieu chez Mylène Farmer. Elle a rencontré un succès énorme en France mais a su préserver un univers tellement singulier qu’aucun autre artiste ne pourrait se l’approprier.

Vous avez travaillé sur chaque disque des Spice Girls en groupe ou en solo, S Club Seven ou Atomic Kitten… Comment a débuté cette collaboration entre vous et les producteurs de ce type d’albums, Paul Wilson, Andy Watkins et Tracy Ackerman ?
Dans les années 1990, j’ai continué à faire du live mais j’ai aussi rencontré les producteurs du collectif Absolute. Ils faisaient des hits à la chaîne et m’appelaient toutes les deux semaines pour des parties de guitare. Evidemment, je ne connaissais pas les chanteurs de ces albums. Eux apprenaient ce qu’ils allaient chanter le jour de l’enregistrement. La plupart ne connaissaient rien à la musique. C’était une période faste car je gagnais bien ma vie et je me suis fait connaître dans le monde du studio, même s’il s’agissait de projets ciblés et faciles…

…Bien loin des shows farmeriens d’aujourd’hui ?
Certainement ! Je n’étais pourtant pas frustré mais je séparais dans mon esprit ce travail studio de mes projets solo en live. Ca m’a permis de travailler sur des albums de qualité comme « 24-7 » de Tina Turner, rencontrer d’autres producteurs et ainsi, bosser avec Mick Jagger, Skin ou Robert Palmer dont je suis très fan ! Depuis, travailler avec Mylène et Patricia Kaas a été une forme de consécration.

Elles sont les deux artistes françaises les plus aimées dans les pays de l’ex-URSS. Aviez-vous entendu parler de Mylène pendant la tournée russe de Patricia Kaas en mars 2005 ?
Pas vraiment, j’en avais surtout entendu parler en France, car je me tenais au courant de l’actualité musicale. En Angleterre, Mylène n’est pas connue et le vrai problème, c’est la langue. Les anglais ne maîtrisent pas suffisamment le français pour comprendre les paroles.

Mylène travaillait depuis 1996 avec Jeff Dahlgren et Brian Ray. Comment vous êtes-vous retrouvé engagé sur cette série de concerts ?
J’ai appris par un percussionniste anglais qui avait travaillé avec eux qu’ils cherchaient des guitaristes. Quand il m’a dit ça, c’était l’été 2005 et j’étais en tournée avec Patricia. Yvan Cassar recherchait des guitaristes anglais et je savais qu’un premier casting avait lieu cet été-là. Après cette première étape, ils m’ont laissé passer la seconde audition à Londres où il ne restait que quatre guitaristes. Six mois après donc, j’ai auditionné, rencontré Perry Gwynedd qui est devenu un très bon ami, et j’ai été engagé par Mylène pour Bercy.

Bercy en janvier dernier n’était pas une première pour vous. Vous y aviez joué avec ABWH, la déclinaison du groupe YES (Anderson, Bruford, Wakeman et Howe)…
Oui, à la fin des années 1980 (ndlr : le 19 novembre 1989) quand je suis devenu leur guitariste. Ce fut une incroyable expérience. Je me souviens être venu à Paris avec le chanteur qui était un homme très spirituel et n’écrivais que ce qu’il ressentait au plus profond de lui. Je le pensais étrange. Aujourd’hui, je me rends compte de ce que j’ai vécu à ce moment-là.

En revanche, aviez-vous fait partie d’un show aussi important qu’Avant que l’ombre… à Bercy ?
C’est le plus gros et le plus cher auquel j’ai participé. Des amis anglais sont venus me voir et ils ont été impressionnés par les moyens de la production.

Quand avez-vous débarqué en France pour la première fois ?
C’était pour une télé en 1984 avec le groupe new wave Blue Zoo. Mais ma première véritable rencontre a été avec Patricia Kaas. Elle avait enregistré son album Piano Bar en Angleterre. Je n’avais pas participé au disque mais j’ai su qu’elle cherchait des musiciens. Un ami m’a proposé de faire sa tournée, j’étais las de mon travail en studio et j’ai sauté sur l’occasion.

Depuis, vous avez participé à sa dernière tournée et joué sur Sexe Fort, réalisé par Fred Helbert (ex-Indochine) à que vous avez rejoint récemment pour un set de Mélissa Mars…
On a enregistré mes parties de guitare pour Sexe Fort en deux jours en Belgique. Fred m’a rappelé en novembre dernier pour une première partie de Mélissa à l’Olympia. C’était très intéressant de travailler avec cette jeune fille…

Quand Mélissa Mars a sorti son premier album chez Polydor, de nombreux médias ont dit d’elle qu’elle était la nouvelle Mylène Farmer. Seriez-vous d’accord ?
C’est toujours dangereux de comparer deux artistes, mais je comprends le parallèle. Elles sont toutes deux très jolies et aussi un peu mystérieuse. Mais leur musique n’a rien à voir.

Quel souvenir garderez-vous de Mylène ?
Je ne peux pas dire que la connaisse vraiment puisque j’ai simplement travaillé avec elle pendant deux mois. Je cerne mieux Patricia avec qui je travaille depuis quatre ans et qui est une fille de scène, une travailleuse hors pair. Mylène l’est aussi, mais dans un style différent. Elle propose bien plus que de la musique et elle a une approche probablement plus globale de son art… En tout cas, Mylène a été vraiment très douce, très sympa, très amicale et elle souriait en permanence lors des répétitions. Elle a la réputation d’être une artiste mystérieuse et j’ai cru comprendre qu’elle s’était forgé une sorte de légende autour d’elle… Je l’ai trouvée très simple et au contraire très abordable. Ce fut un bonheur de participer à ce spectacle.

Comment avez-vous vécu les répétitions en tant que « nouveau » dans la troupe ?
L’ambiance était très bonne… Laurent Boutonnat et Yvan Cassar sont de grands artistes. Ils avaient une idée très précise du son qu’ils voulaient imprégner à ce show. Nous avons suivi ce qu’ils avaient prévu de nous faire jouer. On a répété aux studios Music Live pendant quatre semaines et nous connaissions vraiment le show en arrivant en répétitions à Bercy. Le concert était un évènement technologique et un gros travail de mise en scène. C’est Nicolas Montazaud, le percussionniste, qui avait selon moi le travail le plus difficile sur les instrumentaux flamencos et il a fait un vrai travail de création.

Il se murmure que « Je te rends ton amour » était initialement prévue dans le show. L’aviez-vous répétée ?
Oui, et c’est dommage car j’aimais d’ailleurs beaucoup l’arrangement de guitare qui avait été écrit. Je crois qu’ils ont abandonné l’idée de la jouer car elle ne s’accordait pas bien aux autres titres. Si je me souviens bien, elle était prévue dans le premier tableau du show en quatrième ou cinquième chanson, avant que Mylène ne se change pour la première fois.

Au début du spectacle, la chanson d’ouverture était « Peut-être toi », mais vous n’étiez pas visible pour le public…
L’autre guitariste Perry, Paul le bassiste et moi étions complètement sous la scène. C’était un moment étrange puisque nous jouions seuls dans le noir, au milieu des câbles ! Quand on commençait « XXL », la plateforme montait et un des meilleurs moments pour moi était notre arrivée où nous découvrions la masse de public qui criait.

Quels sont vos prochains projets ?
Je travaille avec Take That sur leur nouvelle tournée. Pour la France, je crois que j’ai un show à Nice avec Patricia Kaas juste avant Noël et j’espère continuer à travailler avec elle. Je suis vraiment tombé amoureux de la France.

Mylène Farmer et vous - 2006
    

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