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Christophe Bourseiller (Animateur)Interview Médias - 2007


L'initiateur de la 1ère TV de Mylène

Acteur dans des films cultes (« Un éléphant ça trompe énormément », « Clara et les chics types »…), Christophe Bourseiller est également journaliste et essayiste politique reconnu.

Pour nos lecteurs qui ne connaîtraient pas encore votre parcours foisonnant, pouvez-vous vous présenter ?
Il y aurait beaucoup à dire. Écrivain, acteur, j’évolue aussi dans les milieux de la radio et de la télévision depuis fort longtemps. Je produis, j’anime, je programme des émissions.

Vous tenez un rôle non négligeable dans l’histoire farmerienne, puisque vous étiez présent pour la première prestation télévisée de l’idole, pour l’émission « Jour J » en mars 1984. Quel était le concept de l’émission ?
En réalité, je suis à l’origine du tout premier passage de Mylène Farmer à la télévision. En 1984, je programmais et j’animais une émission de TF1 nommée « Jour J ». Le principe en était simple : nous recevions un artiste, le jour même où son disque sortait. Il y avait chaque semaine dans nos bureaux des réunions d’écoute. J’ai personnellement « flashé » sur la chanson de Mylène Farmer, « Maman à tort ». Je l’ai proposé à Bob Ottovic, le producteur de l’émission, ainsi qu’à Michelle Dokan, qui animait le show avec moi. C’est ainsi que nous avons fait découvrir Mylène Farmer.

Les fans purs et durs de Farmer vont vous attendre au tournant. Comment pouvez-vous prouver qu’il s’agit bien là de la première télé de Mylène ?
C’était le principe même de l’émission. Si Mylène était passée ailleurs, nous ne l’aurions pas reçue !

Comment Mylène s’est-elle présentée pour l’émission ?
Elle était très sympathique. Timide, certes, mais tout à fait gentille. Elle était aussi ravissante. Elle avait organisé une petite mise en scène pour la chanson. Si ma mémoire est bonne, elle s’était plus ou moins déguisée en patiente d’un hôpital psychiatrique.

Une première télé, ce n’est pas rien. Mylène avait-elle le trac ?
Elle était très professionnelle. En outre, je la connaissais indirectement, car elle évoluait dans le cercle d’amis d’un de mes camarades de Radio 7, Michael Gentile. Elle se sentait en confiance.

Quel était le panorama de la variété française en 1984 ?
Au printemps 1984, trois artistes se sont révélés : Mylène Farmer, les Rita Mitsouko, et Jeanne Mas. J’ai eu le plaisir de leur faire faire leur première télévision.

Effectivement, Jeanne Mas venait de sortir son méga tube « Toute première fois » en février 1984, soit un mois avant « Maman à tort ». Ce serait incroyable que, comme vous lui avez également fait faire sa première télé dans « Jour J », il s’agisse du même enregistrement !
Non, ce n’était pas le même jour. Mais je garde un souvenir très plaisant du passage de Jeanne Mas. Elle sentait divinement bon !

Pour vous, le tube de l’année 1984, c’est quoi ?
J’étais personnellement à l’époque un fan de la new wave. J’aimais Cure, Joy Division, mais aussi U2, que j’avais fait découvrir à Radio 7. J’étais donc assez indifférent à la variété traditionnelle. C’est peut-être pour ça que j’ai aimé Mylène Farmer.

Vous savez sans doute que Mylène est méprisée par l’underground culturel. Pourtant, elle a toujours exploré des thématiques transgressives avec un angle assez novateur pour une chanteuse de variété. D’où vient ce mépris à votre avis ?
En 1984, elle incarnait justement une certaine forme de contre-culture. Elle se situait dans l’univers de la performance, pas très loin de Laurie Anderson en fin de compte. Je ne l’ai personnellement jamais méprisée. Son parcours me semble tout aussi respectable que celui des Rita Mitsouko.

Vous êtes également un fin politologue. Alors, une dernière question s’impose, actualité oblige ! Mylène, ce serait plutôt Ségo, ou plutôt Sarko ?
Mylène, c’est la troisième voie, l’inclassable, et c’est tant mieux !

Mylène Farmer et vous - 2007
    

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