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Fabien Lecoeuvre (Écrivain)Interview Médias - 2007


Auteur d'une biographie

Rencontre avec l’auteur de la biographie de Mylène Farmer parue dans la collection « Destins de légende ». L’auteur répond à nos questions, en revenant notamment sur sa première rencontre avec l’artiste.

Pour nos lecteurs qui ne vous connaîtraient pas encore, pouvez-vous vous présenter ?
J’ai un bureau de presse depuis de nombreuses années. Je suis aussi chroniqueur musical sur des chaînes comme France 2 ou TF1. En fait, je suis devenu en vingt ans l’un des spécialistes de la chanson française. J’ai écrit pour le moment trente-six ouvrages (celui sur Mylène Farmer est le trente-quatrième). J’ai fait par exemple des biographies de Johnny Hallyday, Sheila, Elvis Presley, Claude François, Michel Polnareff…

Quelles ont été vos motivations pour écrire sur Mylène Farmer ?
Vous savez, il y a trois sortes d’artistes en France. Vous avez les artistes avec un grand A, vous avez les artistes de légende et vous avez les icônes. Pour être icône, il faut être décédé, mais on a quelques exceptions en France : Michel Polnareff, Renaud et Mylène Farmer. On peut par exemple mettre un objet sur une table et il représente Mylène Farmer. Elle méritait une biographie. Je sais qu’elle fait beaucoup de procès, mais j’ai été réglo : j’ai envoyé le manuscrit à sa boîte de production. Il se trouve que j’avais eu à travailler sur tout le merchandising de la tournée d’Alizée qui était géré par la production de Mylène Farmer. Ca s’était très bien passé. Ce sont des gens très exigeants et très professionnels et j’aime cette approche-là. J’ai raconté les choses avec assez de finesse. Je trouvais ça normal de lui envoyer le manuscrit pour avoir son accord, je travaille toujours comme ça. Je ne me suis pas permis de la juger, comme certains. Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire, car c’est souvent déformé. Les auteurs devraient s’attacher à observer la vie des artistes plutôt que de la juger. En plus, je pense que ce n’est pas forcément en balançant des vérités sur un artiste qu’on vendra davantage. Il y a déjà eu plein de biographies sur Mylène et quand j’ai annoncé que j’allais faire la mienne, certains m’ont dit qu’elle allait m’attaquer en justice ! A partir du moment où l’on ne raconte pas n’importe quoi, qu’on ne fait pas dans le sensationnel, il ne se passe rien de préjudiciable. En plus, j’essaye toujours de me mettre à la place des gens sur lesquels j’écris. Mon livre n’est pas mieux que les autres, ni moins bien, il est dans une moyenne. C’est une petite bio facile à lire, pas chère, qui retrace les évènements importants. J’ai juste fait un peu de sociologie au début pour mettre les choses dans leur contexte. C’est un livre efficace pour un public toujours fasciné par Mylène. J’ai eu la chance d’ailleurs de la rencontrer au début de sa carrière, ce qui m’a beaucoup marqué.

Pouvez-vous nous raconter cette rencontre ?
J’étais attaché de presse et je m’occupais entre autres de la jeune Douchka. En 1984 ou 1985, je ne me rappelle plus l’année, on devait partir en reportage pour « Numéro Un Magazine ». Je devais récupérer Bertrand Le Page et Mylène à la Madeleine car ils n’avaient pas de voiture. Je devais les emmener au bois de Vincennes pour faire des photos. J’avais Douchka avec moi dans ma Golf, et on est partis tous les quatre au bois de Vincennes. C’est drôle, mais j’en ai un souvenir incroyable, car entre la Madeleine et le bois de Vincennes, il y en a bien pour une demi-heure à rouler dans Paris. Elle m’a dit bonjour et après, je l’avais pendant tout le voyage dans l’axe de mon rétroviseur. Entre l’aller et le retour, soit pendant presque deux heures, elle a dû me dire peut-être sept mots ! Mais si je dois garder un souvenir de Mylène Farmer, pour moi, c’est son regard. Il est magnifique. Elle a presque le regard d’un chat. C’est une image qui me restera toujours dans la tête : elle encore brune, pas encore star et déjà avec ce regard… Ca m’a traumatisé, et je me dis que ce n’est pas un hasard qu’elle soit devenue une légende. Elle avait une manière posée de fermer la paupière, c’était magique. En dehors de son talent et de celui de Laurent Boutonnat, je trouve qu’elle a du charisme, ne serait-ce que par sa manière de regarder. Après, en tant qu’attaché de presse, je l’ai recroisée plusieurs fois sur des plateaux télé. Elle est toujours polie, on raconte tout un tas d’erreurs sur elle.

Écrit-on différemment sur Mylèner Farmer que lorsqu’on écrit sur d’autres artistes ?
Oui, je m’adapte à chaque artiste. Mylène est une grande star. Cela demande du coup des analyses, on doit s’imprégner du personnage, le ressentir. C’est un véritable exercice pour moi. Et je tenais à dire que j’aimais les artistes sur lesquels j’ai écrit. Je ne pourrais pas écrire sur quelqu’un que je n’aime pas.

Votre livre a été reporté à plusieurs reprises, pour quelles raisons ?
Ca a été reporté parce que je sortais d’autres livres, comme celui sur Polnareff. Et en fin d’année, on ne pouvait pas le publier non plus, car on sort en priorité les beaux livres pour les fêtes de fin d’année. On ne met pas les livres de poche en avant. C’est une stratégie commerciale. Finalement, je l’ai sorti en février, en même temps que mon livre sur Lorie…

Il paraît que Mylène toucherait 50% de vos droits d’auteur sur ce livre. Est-ce vrai ?
Ce n’est pas une rumeur : je verse toujours la moitié de mes droits aux artistes. J’estime que c’est normal. Après tout, l’artiste est une marque commerciale, c’est tout à fait normal de lui reverser une somme. Certains vont trouver ça étrange, mais après tout, on n’achète pas le dernier livre de Fabien Lecoeuvre, on achète un livre sur Mylène Farmer, par exemple. C’est une marque de respect, de considération. Bon là, elle ne va pas toucher beaucoup, le livre ne vaut que trois euros. Mais c’est symbolique.

Pourquoi avoir choisi une photo des années 80 pour illustrer votre biographie ?
Parce que je trouve qu’elle était au sommet de son art, en pleine naissance de son mythe, de son côté culte. Cette photo est un choix personnel. Je trouve que son visage y est magnifique. Je la trouve belle dans son regard. Peut-être que ça me rappelle ce fameux rétroviseur (rires) !

Avez-vous écouté le dernier album de Mylène ? Qu’en avez-vous pensé ?
Bien sûr ! J’adore ! C’est un disque sincère. Il est vrai dans le son, dans les mots…

Avez-vous envoyé un exemplaire à Mylène ? Y a-t-il eu un retour de sa part ?
Oui, j’en ai envoyé un à sa production. Je n’ai pas eu de retour, mais je pense qu’elle a autre chose à faire que de lire mon livre… C’est vraiment quelqu’un qui me touche. C’est un grand personnage.

A combien d’exemplaires votre livre s’est-il vendu à ce jour ?
C’est trop tôt pour le dire. Je n’aurais les chiffres qu’en septembre. Mais c’est très bien parti, notamment dans les grandes surfaces.

Quels sont vos projets actuels ?
Je prépare un livre sur Renaud qui sortira dans un grand format dans trois mois et un sur les années « Podium » en octobre. Et puis il y a cette collection très sympathique, « Destins de légende ». Vont y paraître des livres sur Marc Lavoine, Florent Pagny, Gainsbourg… Les gens adorent ces livres qui ne portent en aucun cas attente à la vie privée, avec des propos toujours extrêmement vérifiés.

Mylène Farmer et vous - 2007
    

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