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Yvan Cassar (Compositeur, arrangeur, musicien)Interview Divers - 2015

Olivier Bellamy interview Yvan Cassar dans son émission "Passion Classique" sur Radio Classique et évoque le temps d'une question sont travail avec Mylène Farmer.

Comment ça s'est passé avec Mylène Farmer ? La si secrète, la si troublante, la si perfectionniste Mylène Farmer. Avec laquelle vous entretenez une relation de fidélité et de complicité depuis assez longtemps.
En fait, je l'ai rencontrée il y a bien longtemps maintenant et je faisais la musique pour le film de son producteur Laurent Boutonnat, qui s'appelait "Giorgino", et du coup elle était dans le studio d'à côté et du coup ça s'est fait comme ça. Ils montaient leur prochaine tournée, ils avaient besoin... moi, j'étais un peu "frais", comme ça. Et puis, ils m'ont proposé de faire ça. Et le challenge était très amusant parce qu'il fallait aller aux Etats-Unis travailler avec un groupe américain. Je me rappelle du stress trois mois avant, je parlais très mal anglais. Je me rappelle plus de ça d'ailleurs que de la musique car ça m'avait stressé (rires). Et, donc, c'était un beau challenge. Je trouvais ça très agréable de m'ouvrir à ce monde du spectacle. Et on s'est très bien entendus même si sa musique naturelle est assez éloignée de ce que moi je fais. Mais, c'est une artiste vraiment intéressante, qui a une voix... On en revient toujours à la même chose : qu'on chante fort, pas fort... Quelles que soient les qualités : ou vous dégagez quelque chose, vous exprimez quelque chose, vous transmettez une émotion ou pas - après on peut aimer, il y a plein de gens qui n'aiment pas Mylène et d'autres qui la vénèrent, peu importe.
Moi ce que j'ai aimé dans mon aventure avec elle, c'est ces moments de communion quand on fait juste le piano-voix. Sans ça, j'avoue que je serais sans doute parti depuis longtemps dans le sens où j'aime beaucoup monter les shows mais après, répéter... J'ai fait finalement assez peu de tournées parce que répéter, rabâcher ce que j'ai conçu avant, c'est vraiment quelque chose qui m'ennuie très, très vite. Mais là, ce qui est joli, c'est qu'il y a toujours vingt, vingt-cinq minutes au milieu du spectacle où on est tout juste tous les deux. Et on parlait tout à l'heure de réalisation d'albums... C'est pareil c'est un moment où on ne fait qu'un. Je suis à l'écoute et je suis, j'essaie d'être avec elle. Et ça c'est des beaux moments. Et le moment du Stade de France où on est juste tous les deux en plein milieu... Alors qu'en vrai, je déteste : je dis toujours que j'ai plus le trac à jouer dans une salle de cent personnes qu'un stade puisqu'un stade c'est totalement impersonnel, on ne voit rien, tout le monde est loin, on a des casques, on est complètement coupé du monde. On fait le mieux possible mais l'émotion, pour nous musiciens, c'est assez particulier... Et la seule fois où j'ai vraiment ressenti ça en tant qu'interprète c'était ce moment où on était tous les deux au milieu du stade où là, les gens étaient tellement près... Là, voilà, ça m'a fait quelque chose que je n'oublierai jamais. Et... Parce qu'en plus... Comme elle rattrapait tout... Tout le monde me dit toujours, c'est peut-être la première question qu'on me pose : "Alors quand elle pleure, est-ce que c'est vrai ?". La réponse est : "Vrai". C'est oui. C'est totalement naturel. Voilà, il n'y a rien de triché dans tout ça. Mais du coup, pour moi, ça veut dire que je peux improviser, ou pas. Enfin, il faut être disponible et c'est vraiment chouette à faire, et à vivre.

Radio Classique - 27/04/2015
    

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