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Jean-Pierre Benoît (Effets spéciaux)Interview Mylenium Tour - 2018

À propos du tombé du rideau sur Mylenium :
C’était un rideau qui tombait à la verticale, en rond, avec une chute qui devait être parfaitement horizontale au sol et qui venait ouvrir la scène. Pour le rideau en tant que tel, ce n’est pas tant le plongé ni sa qualité qui le faisaient tomber, c’était surtout la façon dont on le larguait. Le matériel et la façon de tenir le rideau étaient très importants. Il n’y avait rien à adapter : une fois qu’on avait le bon matériel, on remontait à l’identique dans chaque salle. Mylène et son équipe voulaient quelque chose de très cristallin, d’inspiration spectrale. Le rideau tombait de plus de 12 à 14 mètres de haut, justement pour avoir ce frisé intéressant qui apportait la douceur voulue.

À propos de la mise en scène sur l’entrée :
Au début, j’ai été force de conseil car je trouvais ça très joli qu’elle arrive d’une certaine façon, qu’elle descende, qu’elle puisse tourner ou tourbillonner sur elle-même, mais ils voulaient quelque chose de scénique, pas de magique. Je ne me suis donc occupé que de la motorisation du système. Il fallait faire un système d’accroche qui soit très sécurisé et un système pour pouvoir décrocher le harnais sans que ça se voie trop : quand Mylène s’accroupissait dans la main (à la fin du titre Mylenium), un technicien arrivait discrètement derrière, lui décrochait les câbles et les tenait pour qu’ils ne se balancent pas à gauche et à droite. Puis les effets et les éclairages étaient recentrés sur Mylène, et pendant ce temps, les câbles étaient remontés après avoir été lestés. Il fallait attendre la moitié de la chanson L’amour naissant, et que Mylène descende de la statue, de façon à modifier le centre d’attention du public, avant de faire cette manipulation. Pour le système d’asservissement, ils ont fait appel à un autre prestataire : il fallait un système où elle puisse avancer puis descendre, tout simplement, sans rotation ni basculement grâce à un système qui n’était pas réalisé avec du fil invisible, comme ce que je peux utiliser en magie, mais avec un treuil et deux câbles. Puis ils ont monté l’éclairage de sorte que ça ne se voie pas trop.

À propos de Désenchantée :
On est en fait venu vers moi au départ pour que je crée entièrement des chaussures spéciales avec lesquelles les danseurs pourraient se pencher en avant et en arrière sans tomber. Quelqu’un avait commencé à travailler sur le projet et n’y arrivait pas, mais cette personne avait donné mon nom. Je ne sais pas d’où est venue l’idée exactement mais je pense que c’est un clin d’œil à Michael Jackson. Je suis allé acheter des grosses chaussures de chantier et on a entièrement retravaillé la semelle et le talon avec du cuir et de l’aluminium, et dans la semelle, on a fait comme une boutonnière, dans laquelle devait se mettre un champignon en acier fixé au sol. Les danseurs se mettaient chacun à un endroit précis de la scène, sur des sortes de plaques très discrètes, ils coinçaient leurs talons à boutonnière dans ces champignons et ils pouvaient bouger en avant et en arrière sans tomber. Comme j’arrivais en secours sur cette tournée, il a fallu que je fasse ces chaussures en quatre jours pour répéter dans la foulée !


Sophie Khairallah & Julien Autier pour 'De scène en scène' - 06/05/2018