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Julien Dajez (Créateur images)Interview Mylenium Tour - 2018

À propos du travail sur le spectacle :
Mylène était sensible à mon univers, qui lui rappelait certaines choses qu’elle avait appréciées chez H. R. Giger. Il y avait des voies de traverse, des voies de passage entre son univers et le mien. On a vraiment commencé à travailler à partir d’une réunion préparatoire où il y avait tous les chefs d’équipe. C’était une première orientation générale, technique et technologique. Donc, dans les premiers temps, nous n’étions pas sur les thématiques, il y avait déjà eu une première validation puisqu’il y avait des atomes crochus sur la vision artistique. Puis j’ai fait quelques propositions, et on a commencé une discussion, univers par univers, donc morceau par morceau. Il y avait une exigence artistique très forte. Il ne s’agissait pas d’images électroniques auto-générées comme on le fait beaucoup aujourd’hui : là, c’étaient vraiment des images qui ont été préparées à l’avance. Des attentes précises existaient car une première direction artistique avait déjà été mise en place au niveau des décors, donc il s’agissait là de prolonger cet univers et de voir la façon dont il pouvait coïncider avec ce que je pouvais proposer. C’était un échange, mais ce n’était pas un prisme extrêmement précis.

À propos de l’intégration de la vidéo dans le décor :
C’était très ambitieux de faire un mur d’images qui s’insérait comme ça dans le décor. À l’époque, la technologie n’était pas aussi puissante que maintenant, donc il fallait choisir entre des morceaux accompagnés par les vidéos que je proposais ou jouer davantage sur l’atmosphère et la lumière. Du coup, une alternance s’est mise en place entre des choix de lumières et des choix de vidéos, simplement parce que quand il y avait trop de lumières, on ne voyait plus les images. Il y avait aussi l’omniprésence de la statue au milieu des images. Ca voulait dire que chacun des tableaux devait intégrer la déesse. Il fallait donc inventer une variation de ce qu’aurait pu être cette déesse, en fonction des morceaux mais aussi des tableaux visuels présentés (chorégraphies, lumières...). Parfois, effectivement, on voyait parfaitement la statue, à d’autres moments c’était une silhouette. Et puis la structure de l’écran était remplie de montants, de traverses. Donc il m’arrivait de jouer avec ça. À un moment par exemple, on voit que l’écran et sa structure prennent feu jusqu’à devenir cendres : c’est de la vidéo.

À propos des inspirations pour les vidéos :
Je n’ai pas travaillé à partir des clips directement, mais à partir de thèmes qui m’ont été donnés. C’était plutôt à partir d’une discussion que d’une analyse des clips que tout ça s’est fait. Après, il y avait aussi des retranscriptions littérales. Le temple sous la neige, par exemple, sur Regrets, a très clairement une connotation orientale, spirituelle. On aurait pu être à la frontière du Tibet, sur le toit du monde. On est vraiment dans le lien entre un univers chinois et la statue de Giger qui a plutôt des références chrétiennes d’Orient. Là, ça aurait pu être une statue de quelque part au fond de l’Orient. Mais ce n’est jamais très précis tout ça, finalement. Le but était vraiment de faire voyager la statue, c’était d’étendre son univers à chaque fois, de réinventer une histoire qui lierait la statue au monde, à certaines thématiques des chansons de Mylène ou à des thématiques musicales, des rythmes, des sentiments qu’on peut éprouver à l’écoute de certains titres... Et à chaque fois, des choix étaient faits de sorte à lier ces différents univers.


Sophie Khairallah & Julien Autier pour 'De scène en scène' - 26/04/2018