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Philippe Draï (Percussionniste)Interview En Concert 89 - 2018

À propos des répétitions :
C’était l’une des premières fois que je répétais autant ! Je me souviens que ça s’est fait de façon assez fractionnée. D’abord seuls, on a fait les ajustements de la rythmique. C’était alors une choriste qui faisait la voix témoin. Je crois qu’on a bien répété une semaine à dix jours sans elle pour mettre en place tout le côté musical. Donc, quand elle est arrivée pour travailler avec nous, elle a posé sa voix et c’était calé ! Elle s’était beaucoup préparée en amont. Evidemment, il y a toujours quelques ajustements à faire mais dans l’ensemble, c’était nickel. Elle était pro et on sentait qu’elle était emballée par le projet. Très certainement traqueuse aussi, mais c’était normal, elle avait mis la barre très, très haut ! Ensuite les danseurs nous ont rejoints et on a répété tous ensemble.

À propos des rumeurs de playback :
Il aurait été hyper risqué que Mylène fasse du playback sur scène, donc ceux qui racontaient ça disaient n’importe quoi. Je me souviens d’une fois où nous avons eu un souci technique avec ces fameuses séquences de samples et de bruitages. Il n’y avait plus de nappes de synthé derrière et les voix qu’on entendait étaient celles de Mylène et des choristes. Nous, on a continué à jouer sans samples. Mylène a trouvé ça très bien comme ça ! Le public a aimé. Par conséquent, on a continué la tournée sans ces samples.

À propos du kit de percussions utilisé :
C’était la première fois que je me servais de timbales classiques. J’avais un énorme gong aussi et il y avait beaucoup de cloches, des congas, des instruments à sons métalliques. J’avais aussi ce que l’on appelle des maracas, des tambourins… Ce sont des percussions que je n’ai utilisées qu’avec Mylène, ou très peu d’artistes du moins.

À propos du son de ce spectacle :
Je me souviens d’introductions musicales de chansons assez longues, dont les partitions étaient très précises, pour que Mylène ait le temps de se changer. Pendant ces introductions, il fallait que l’on joue, Yves et moi, des séquences rythmiques en plus de séquences de sons samplés, électroniques, qui étaient envoyées. Or à l’époque, il n’y avait pas d’ordinateurs comme maintenant. Donc nous avions des repères qui nous étaient donnés dans le casque. C’étaient des repères rythmiques, des voix qui nous annonçaient le titre, qui nous donnaient les décomptes... mais c’était préenregistré et c’était calé sur un métronome : à partir de là, ils pouvaient construire ce qu’ils voulaient sur les sons qu’ils voulaient envoyer à tel ou tel moment. Ces repères étaient là afin de jouer bien en place avec ces samples électroniques et d’être calés à la milliseconde près. Laurent et Bruno voulaient ce mélange électro et acoustique. C’était très "farmerien" car aujourd’hui ça se fait de plus en plus, mais à l’époque non. C’est ce qui donnait ce son énorme, impressionnant. C’était aussi la première fois que j’entendais ça sur scène !

À propos de Mylène :
Elle était très sympathique, efficace, professionnelle. Pendant les répétitions, elle était un peu réservée et distante mais je pense qu’elle était très, très concentrée car elle voulait que le résultat soit là. Elle était sans doute inquiète aussi mais ça ne transparaissait pas, elle restait professionnelle. Et une fois la première date passée, on sentait qu’elle était libérée d’un poids. Elle était devenue beaucoup plus cool, s’était rapprochée de ses musiciens. Au début, elle restait à l’écart, elle voyageait à part avec son producteur et Laurent Boutonnat... Et puis après, elle voulait davantage voyager avec ses musiciens. Il lui a fallu un peu de temps pour rentrer dedans mais elle s’est vraiment détendue. On est devenus une famille.


Sophie Khairallah & Julien Autier pour 'De scène en scène' - 08/05/2018