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Blue Planet Corporation (Remixeur)Interview Remixes - 2006

C'est une belle journée et Pardonne-moi


Pouvez-vous me décrire votre parcours musical ?
J'ai fait mes premiers pas de musicien au milieu des années 80 en jouant de la batterie dans différents groupes indé/pop/rock. Dans le même temps, j'écoutais beaucoup de productions électroniques de l'époque et c'est naturellement que j'ai continué mon parcours musical vers la house et la techno qui sont apparues en France à la fin des années 80.

Vous avez remixé en 2002 les titres « C’est une belle journée » (Elegie's Remix) et « Pardonne-moi » (Forgiveness Club Remix), avec Yannis Kamarinos (Jaïa), pour les sorties des singles. Jaïa et vous étiez habitués à travailler ensemble ?
C'était notre première collaboration même s'il y avait le désir depuis longtemps de faire des choses ensemble, chacun appréciant le travail de l'autre.

Quand s’est passé le premier contact avec la team Farmer ?
C'était vers décembre 2001.

Vous êtes connus l’un et l’autre pour des morceaux Trance, Psytrance ou Goa, ou alors carrément Ambient, comment expliquer que Mylène Farmer ait fait appel à vous ?
Mylène Farmer a été remixé dans les années 90 par Ramon Zenker du groupe Hardfloor qui est pour moi un des grands groupes du courant Techno, ce qui était une démarche déjà pointue à l'époque.

Qui vous a demandé de remixer ce titre ? Mylène, son staff, Laurent Boutonnat ?
Une connaissance commune qui aimait mon travail m'a proposé de remixer Mylène.

Comment décririez vous votre version de "C’est une belle journée" ? Et celle de "Pardonne-moi" ?
Les deux remix sont différents. Je vois celui de CUB Journée comme un remix frais et entraînant, voire presque joyeux, alors que Pardonne Moi est beaucoup plus sombre, tout en restant rythmé.

Vous a t'on imposé des contraintes, comme la durée limite, le style souhaité, les samples vocaux à mettre en avant ou a utiliser, etc.
Aucune.

De quel type étaient les samples fournis ? (Voix,voix et effets, boucles d’instruments...)
J'ai récupéré sur DAT uniquement les voix de C'est une belle journée, et pour le remix de Pardonne-moi, les voix plus le son d'un instrumentiste chinois jouant une mélopée très belle.

Comment abordez vous un remix ? Par une idée de gimmick, un sample, un sentiment ?
Le développement d'un remix dépend surtout du tempo d'origine du titre et du tempo que l'on va aborder dans le remix. Le tempo est le point de départ ; après il faut apporter sa propre patte sonore, ce qui fait que l'on fasse appel à vous et pas à un autre. Je me laisse souvent guidé par les idées qui viennent sur l'instant, et ensuite je tourne les boutons de mes machines jusqu'à que je sois satisfait du son !


Combien de temps vous a-t-il fallu pour proposer une version ?
Le premier remix m'a pris environ trois semaines. Le deuxième a été fait plus rapidement, en une semaine.

A-t-elle été acceptée immédiatement ? Ou vous a t on demandé de modifier certaines choses ?
Quelques remarques ont été faites, mais on ne m'a pas demandé de modifications particulières.

En général, les remixeurs disposent d’un temps très limité pour proposer leurs versions, en a-t-il été de même pour vous ?
Je n'ai pas ressenti de pression particulière en terme de temps.

Mylène Farmer ou Laurent Boutonnat étaient-ils présents lors de l’écoute des remixes ?
Je n'étais pas là. Tout ce que je sais c'est que les remix sont sortis.

Jaïa m’a confié il y a quelques temps que vous aviez été rappelés pour l’album « Remixes » en 2003, notamment pour revisiter "Pourvu qu’elles soient douces" et "Sans contrefaçon" je crois.
Les deux remix n'ont pas été sélectionnés pour l'album "Remixes". Je ne pense pas qu'ils seront édités un jour.

Peut-être un jour en ligne sur www.blueplanetcorporation.com ?
Les remix ont été commandés et n'ont pas été retenus. Ils ne m'appartiennent pas.

Savez-vous pourquoi vos remixes n’ont pas été sélectionnés finalement pour apparaître sur le disque ?
Je ne saurai répondre à cette question. J'ai fait ce que j'entendais mais cela ne correspondait pas avec ce qu'ils attendaient.

Certaines anecdotes de votre collaboration avec Mylène peuvent elles être racontées ici ? Des souvenirs précis ?
Pas de souvenirs précis si ce n'est le plaisir d'avoir pu rencontrer une fois Mylène et d'avoir pu participé à l'univers d'une artiste française qui a marqué fortement ces 20 dernières années.

Yannis m’avait confié ne pas être au courant d'une version Edit du Elegie’s Remix Club de "C'est une belle journée" qui serait présente sur le CDM promo allemand, comment se fait-il que les remixeurs ne soient pas prévenus de ce genre de chose ?
C'est la règle pour n'importe quel remix que ce soit pour Mylène ou n'importe quel autre artiste. Le remixeur est payé en fonction de sa notoriété mais par la suite le remix ne lui appartient plus.

Apres "C’est une belle journée", Mylène vous a donc rappelé pour remixer le 3ème extrait du Best-Of, "Pardonne-moi". Comment s’est passée cette nouvelle collaboration ?
Très bien, ce fut un vrai plaisir, comme le première fois.

Mylène est une personnalité importante en France, suiviez-vous sa carrière avant de collaborer avec son équipe ?
Comme beaucoup. Comme je le précisais au début de cet entretien, j'ai beaucoup suivi les productions électroniques des années 80, et je me souviens très bien d'avoir été très intéressé par la production de l'album 'Ainsi soit je', notamment par toutes les rythmiques, qui ne s'inscrivaient pas dans les canons de la variété de l'époque. Je pense que Laurent Boutonnat est un très bon producteur en ce sens qu'il a très bien su utiliser les synthétiseurs et les boîtes à rythme de l'époque.

Que pensez vous de sa façon de gérer ses rapports avec les médias ?
Je ne m'intéresse pas aux médias en général, surtout en ce moment. Je n'ai pas la télévision et les journaux et la presse spécialisée sont pour moi moins pertinents aujourd'hui.

La chape de plomb du secret s’abat elle aussi sur les remixeurs ? Etes-vous « libre » de me répondre ? Un autre remixeur m’a expliqué une fois qu’ « on » le lui avait interdit...
Je ne vois aucune contrainte à vous répondre. On m'appelle pour un projet. Je reçois les éléments et je travaille. C'est accepté ou pas.

L’avez-vous vue en concert début 2006 à Paris-Bercy ?
Oui, et j'ai beaucoup aimé le show, surtout les moments où Mylène a chanté des titres seule accompagnée au piano. Depuis j'aimerais assister à un concert entier de Mylène dans une petite salle parisienne (ou de province !) dans une ambiance intimiste, avec pour seul musicien un pianiste. Je pense que ce serait fantastique !

C’est une des rares artistes françaises à sortir quasi-systématiquement un maxi à chaque fois qu’un single doit être exploité, et elle a déjà sorti deux albums de remixes. Quel est selon vous son intérêt à proposer des remixes de ses titres ?
Le répertoire de Mylène est très important. C'est une manière de prolonger la vie des ses chansons dans d'autres cadres, comme dans des clubs… Dépêche Mode procède ainsi depuis longtemps aussi. Je pense que l'important est la chanson elle même, et qu'elle peut ensuite vivre sous de multiples formes. De plus, cela doit être assez jouissif d'entendre d'autres personnes développer des remix sur ses propres créations. Si elle est aussi populaire, c'est peut-être aussi parce que ses remix passent en club.

Joachim Garraud avait hésité avant d’accepter de remixer « Fuck them all », le premier single d’« Avant que l’ombre… » sorti l’an dernier, ayant peur de se griller par rapport au milieu « underground »…
Je trouve ça ridicule. On pourra toujours trouver plus underground que soit, ce qui au final devient de la 'hype', qui par définition n'est plus underground ! Et puis Mylène est une des rares artistes de variété en France qui a su développer une véritable identité. Beaucoup d'artistes underground se contente de répéter des choses déjà faites.

Comment est-elle considérée dans le milieu « électronique » ?
Je n'aurai pas la prétention de parler au nom de la scène électronique.

Est-ce un plus ou un moins de remixer Farmer ?
Si vous êtes satisfait de ce que vous avez fait, cela ne peut être qu'un plus.

Avez vous eu un retour de certains fans sur vos remixes ?
Non, aucun.

Avez vous écouté l’album « RemixeS » de 2003 dans son intégralité ?
J'ai écouté assez rapidement l'album "RemixeS" et j'avoue avoir été déçu.

Mylène vous a-t-elle rappelé depuis 2003 pour une nouvelle collaboration ?
Non.

Pensez-vous qu’elle pourrait faire une carrière à l’étranger ?
Il est difficile pour un artiste qui chante en français de faire carrière dans les pays anglo-saxon qui sont les territoires à conquérir pour être une star internationale. On pourrait comparer Mylène à Madonna, avec cette aura un peu sulfureuse autour des deux personnages sauf que Mylène a édité un livre illustré de contes bien avant Madonna !

Connaissez vous d’autres musiciens qui aimeraient la remixer ?
Je n'en ai jamais discuté avec d'autres amis musiciens.

Une rumeur dit que Mylène Farmer aurait enregistré un duo avec Moby…
Je ne suis pas au courant. Mais je n'affectionne pas particulièrement la musique de Moby, ni son personnage. Par contre, j'aime beaucoup Seal qui a travaillé avec Trevor Horn, un de mes producteurs préférés.

Quels sont vos sources d’inspiration ? Avez-vous des « modèles » dans le monde de la musique électronique ?
J'écoute énormément de musique différente en ce moment, des années 40 jusqu'à aujourd'hui. Beaucoup moins de musique classique par contre, cela viendra sans doute plus tard. Mes sources d'inspirations sont donc plus importantes aujourd'hui. Je commence tout juste à apprendre toutes ces musiques et j'espère que cela m'apportera plus de liberté dans mes productions à venir.

Quels sont vos projets actuels ?
Je travaille sur un nouvel album de Blue Planet Corporation orienté trance progressive, c'est à dire moins dans l'esprit de la trance psychédélique. Je travaille aussi sur un remix d'un groupe de surf music français avec le DJ Paris exotic store. Nous venons de terminer un titre avec Yannis Kamarinos de Jaïa et Johanes Régnier de Silicon Sound que l'on pourra, j'espère, entendre sur les dancefloor du monde entier. J'ai également un projet pop, Barcelone, avec Gilles Bocs d'Adam. Un titre de Blue Planet Corporation qui lorgne vers le funk devrait sortir sur le label Hypo Espresso en octobre. Un titre ambient sous le nom d'Altitudes (avec Yannis Kamarinos et Johanes Régnier) doit sortir à la rentrée sur le label norvégien Chill Tribe Records. Enfin, peut-être des échanges avec l'Inde via le label DaDA Music vont se développer dans les mois à venir. Je suis ouvert à beaucoup d'échanges avec d'autres musiciens que je côtoie. J'espère donc beaucoup de choses à venir.

Comment vous êtes vous transformé en musicien pro ?
Je ne me considère pas comme un musicien professionnel, je n'ai pas fait d'école, mais plus comme un artiste autodidacte.

Gardez vous des traces de tous vos remixes ?
Bien sûr.

Pour terminer, je cherche qui pourrait bien se cacher derrière ces pseudos de remixeurs, pouvez vous éventuellement m’aider : Visa, Quentin, Osman, Hoop, D-Phunk-T ?
Non, je ne vois pas.


Ygrek - 07/2006
    

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