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Carine Sarfati (Costumière)Interview Clips - 2020

Clips de Laurent Boutonnat

Comment êtes-vous arrivée dans les costumes des clips de Mylène Farmer ?
J’étais assistante d’une costumière qui s’appelle Catherine Gorne, avec qui je faisais beaucoup de films publicitaires. On travaillait avec une maison de production (Movie Box, nda) qui, un jour, m’a appelée – parce que j’étais assistante et qu’il n’y avait pas beaucoup de budget – pour me demander de faire les costumes d’un clip d’un jeune réalisateur pour une jeune chanteuse. Il s’agissait de Libertine.
Je n’avais jamais fait de costumes d’époque, je n’avais jamais fait de costumes toute seule, et il y avait vraiment très peu d’argent. Il fallait se débrouiller avec rien, j’ai dû tout bricolé. Et donc, le premier clip a été Libertine, et ensuite ça s’est enchaîné pendant des années et des années.

Oui, le clip et la chanson ont connu un succès incroyable...
C’était vraiment les débuts de Mylène, elle avait déjà fait Maman a tort, et je ne sais plus... je crois seulement ça. Et ça a vraiment été le début d’une collaboration entre Laurent Boutonnat, Mylène et moi. C’était formidable, parce qu’on se mettait sur le coin d’une table, on cherchait des idées pour ce que Laurent voulait réaliser, quel était le sujet… Et moi j’étais vraiment là, j’intervenais vraiment dès le départ pour construire les personnages, quoi. Je me souviens de Désenchantée, ça s’est vraiment construit comme ça, en allant en repérages en Hongrie avec Laurent, j’ai ramené des choses que j’ai fait essayer à Mylène, on a trouvé ce personnage… Non, c’était formidable ! Pour moi, ça a été très, très formateur, j’ai beaucoup, beaucoup appris avec Laurent, à cette époque-là.

Oui, c’est une belle collaboration ! Et puis c’est vrai que ce sont des clips qui sont très ambitieux et qui, justement, ont un côté aussi très cinématographique.
Très cinématographique, vraiment ! C’était en 35mm, en Cinémascope, on tournait dans des endroits... dans la neige (Tristana), enfin dans des endroits comme ça, incroyables... Pour revenir à Désenchantée, avec des décors, des figurants… Donc j’ai énormément appris, oui. Puis on regardait beaucoup de films ensemble aussi, j’étais assez proche d’eux, on était amis. Il était très – je suppose qu’il l’est encore, parce qu’on s’est un peu perdus de vue – très cinéphile, il regardait énormément de films, c’était vraiment...

C’était partager aussi des références...
Voilà, beaucoup, oui. De lumières, de décors, d’ambiances... Non, c’était passionnant, c’était une période passionnante.


Podcast 'Profession : Costumière' - 01/03/2020