ConnexionAccueil0 Commentaire

Frédéric Poullain (Directeur Technique et chargé de sécurité)Interview Timeless 2013 - 2017


Frédéric, vous êtes intervenu au début des années 2000, et ce pendant plus de 15 ans, pour le Stade de France. Décrivez-nous les missions qui vous ont été confiées ?
Côtoyer le Stade de France a orienté ma vie professionnelle vers la direction des opérations, car je me destinais plutôt à la création lumière. Mes activités au sein du Stade ont évolué et se sont transformées de la régie d’accueil et technique vers la direction technique et le chargé de sécurité. Au fur et à mesure, mes missions ont versé dans la partie sécurité sans jamais se détacher de la direction technique. D’ailleurs, quand j’ai fini le travail lié à la sécurité (dossier de sécurité, plan de prévention, sûreté, accessibilité handicapés), 70% de la direction technique est faite.
J’ai pu ainsi acquérir un savoir-faire théorique par l’apprentissage et l’application des réglementations afférentes, mais aussi la mise en pratique de techniques telles que :
> le survol du Stade de France par un hélicoptère en présence du public,
> la descente en rappel par le RAID à partir de ce même hélicoptère,
> le travail sur les ballons captifs habités ou non,
> le base Jump (saut en parachute à partir d’un monument),
> les animations composées à partir de drones.
Tout cela crée une expérience variée qui va au-delà du concert ou du spectacle au sens traditionnel du terme.


C’est le moment de la question flash-back. Moments heureux ou de crise, revenez pour nous sur une expérience liée à la sécurité du spectacle que vous n’oublierez jamais.
Indubitablement pour moi, la production la plus marquante fut la dernière tournée de Mylène Farmer « Timeless 2013 » de par l’envergure technique en machinerie, lasers, robots détournés en danseurs,… Beaucoup de travail et surtout une très grande équipe (80 personnes en tournée plus les équipes locales) et une vraie connivence humaine avec l’équipe de production TS3 en tournée comme au bureau.
La partie Biélorussie/Russie fut également marquante (photo de droite). Une panière vidéo (élément portant de gros morceaux d’écrans géants) est tombée sur un technicien, lui occasionnant des contusions méritant un déplacement aux urgences. Les urgences à Minsk, ce n’est pas tout à fait la même chose que par chez nous, c’est un peu comme un décor de John Carpenter, « lugubre ». Avec la différence de langue (à savoir qu’une bonne partie des russophones comme des francophones ne sont pas des experts en langues étrangères), c’était vraiment un moment stress… Au final plus de peur que de mal ! J’ai pris conscience que la fonction sécurité ne pouvait se résumer à des animations « port des EPI* », mais qu’il s’agissait d’une gestion globale qui va des ressources humaines en passant par la sécurité incendie et le code du travail. Pour l’exemple cité, il faut donc être là dès la conception des supports de transport (panières vidéo). Ça ne peut pas se résumer à faire « l’œil de Moscou » sur un chantier…

Vous collaborez depuis 2011 auprès d’ARTEK pour les formations sécurité des spectacles, sécurité incendie, électricité, Chapiteaux, Tentes et Structures entre autres. Comment définiriez-vous cette collaboration?
C’est très constructif. J’ai eu une longue période, notamment après la tournée de Mylène Farmer, où je voulais absolument apprendre, perfectionner et enseigner des techniques supplémentaires, comme l’électricité, et aussi remettre à niveau d’autres compétences comme les artifices de divertissements. Au-delà de ça, je voulais enseigner et échanger sur tout ce spectre de connaissances. J’ai donc pu ajouter l’électricité et actualiser sur les artifices de divertissement. Photo de Frédéric ci-contre intervenant pour ARTEK / formation préparatoire habilitation électrique BR pour l’Institut technologique européen des métiers de la musique, ITEMM du Mans.

(...)

ARTEK - 09/2017
    

Vos réactions

Attention, vous n'êtes pas connecté ! Connectez-vous en cliquant ici. Le retour sur cette page sera automatique.