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E. Ramboz et A. Dautane (Réalisatrices)Interview Clips - 2016

Le clip "Insondables"

Vous avez travaillé avec Mylène Farmer pour la première fois il y a deux ans, pour la tournée Timeless 2013. Comment s’est fait la prise de contact et comment le projet vous a-t-il été présenté ?
Mylène nous a contactées. Eve a eu un rendez-vous et dès lors tout s’est enclenché. Nous avons travaillés avec Mylène et Laurent sur des thématiques et sur des choix de chansons qu’ils voulaient illustrer sur scène. Puis nous avons conçu les visuels comme des films montés sur les chansons et finalisé l’ensemble sur grand écran lors des répétitions à Bercy.

Connaissiez-vous l’univers de Mylène Farmer et y étiez-vous sensible ?
Qui ne connait pas l’univers de Mylène Farmer ? Qui n’a pas en mémoire le cinéma de Laurent ? C’est un univers musical et visuel, ce qui est très rare dans ce domaine et qui est forcément très proche de nous, de ce que nous faisons, de ce que nous sommes.

Quel genre d’artiste avez-vous découvert ? Mylène a-t-elle exigé un contrôle rigoureux de vos créations ou a-t-elle donné libre cours à votre imagination ?
C’est une artiste très libre et ouverte artistiquement. Elle travaille dans la confiance et dans l’échange et aime les prises de décision rapides. Elle nous a laissées carte blanche avec des thématiques données comme des points de départ très inspirants. Les araignées, ses danseurs, ses dessins… Les présentations étaient réjouissantes car les goûts étaient partagés. C’est ce que l’on appelle une belle rencontre, comme une évidence.

Quand et dans quel cadre cette seconde collaboration a-t-elle été évoquée et orchestrée ? Mylène Farmer a-t-elle présenté un cahier des charges précis ?
A distance, mais dans la proximité. Pas de cahier des charges mais la chanson était évocatrice et ouvrait au voyage intérieur. Très vite, nous avons voulu partir sur l’idée du street-art ancré dans un Paris qui nous est très proche et que nous habitons.

Avez-vous hésité ou l’idée vous a-t-elle tout de suite séduite ?
Hésiter, ce n’est pas notre style. Nous aimons les projets originaux et personnels, c’est stimulant.

Avez-vous été surprises par les réactions des admirateurs de la chanteuse, et notamment cette quête minutieuse de tous les symboles et références qui avaient été disséminés dans la vidéo ?
Surprise, oui, mais nous les attendions et avions écrit dans ce sens : un jeu de piste avec des signes sur la route. Surprises de la rapidité de réaction et de l’intelligence des regards portés. De la connaissance de l’histoire de Mylène et des clins d’œil à l’histoire des arts. Nous aurions volontiers poursuivi cet échange épistolaire réjouissant. Chaque signe trouvé, connecté, réinterprété… Beaucoup de jeu et de joie aussi. Un beau public !

Certains admirateurs ont-ils fantasmé des références qui n’en étaient pas ?
Pas vraiment, mais certaines n’ont pas été trouvées. Le dos de la Joconde était quasiment introuvable, mais quel plaisir de savoir qu’un chef d’œuvre est tapi quelque part et tourne le dos au regard.

Aviez-vous eu l’opportunité d’écouter d’autres titres de l’album « Interstellaires » ?
Nous avons écouté et l’album. Et nous serions bien-sûr ravies de faire un clip sur un autre titre…

Que vous évoque la ballade « Insondables » ?
C’est l’histoire d’une femme qui quitte quelqu’un et qui emporte ses souvenirs avec elle. C’est l’histoire d’un homme qui est détruit et qui pleure. C’est un sentiment qui se répand dans les rues de Paris.

Vous êtes-vous plus spécifiquement plongées dans la carrière de Mylène Farmer pour ce clip et combien de temps a-t-il fallu pour la réalisation ?
Nous avions déjà fait ce voyage lors de notre rencontre sur Timeless. Revu les clips de Laurent Boutonnat, plongé dans l’univers de Mylène, recherché les visuels clés la représentant. Le timing était très court, moins d’un mois. Un peu trop court, d’ailleurs.

Qu’est ce qui, d’un point de vue technique, et pour un public non averti, doit retenir l‘attention ?
L’attention visuelle à ce qui se passe, c’est notre credo. Chaque endroit, chaque image ont été créés en numérique sur la base de décors filmés. Pour nous, c’est une question de finesse, d’attention, de contemplation. Une technique invisible au profit du style et de la touche.

Peut-on envisager que vous travailliez un jour sur d’autres vidéos, pour sa prochaine tournée, ou même sur un clip où la chanteuse apparaîtrait ?
Cela dépend d’elle, mais nous serons au rendez-vous avec grand plaisir et une grande audace.

Quelle relation entretenez-vous à l’heure actuelle avec Mylène ?
Une relation secrète, insondable !

Vous qui travaillez également dans la publicité, comment analysez-vous l’irruption de plus en plus fréquente de logos ou produits de grandes marques dans les clips musicaux, comme dans « Stolen Car » ?
Les clips, les films ne sont pas isolé de la société et quand on marche dans la rue, la publicité est « environnementale ». C’est une question adressée à nos sociétés.

Certains voient ça d’un mauvais œil, jugeant que c’est uniquement une démarche mercantile. Est-ce inhérent au marché de la musique ?
Nous n’avons pas fait de clips allant dans ce sens pour l’instant.

Pouvez-vous nous dire davantage sur La Maison ?
Nous avons une activité assez pluridisciplinaire dédiée à la création visuelle dans des domaines variés (cinéma, documentaire, pub, clip…). Nous sommes aussi un collectif de trois fondateurs à l’origine de la société et de sa direction artistique : Eve Ramboz, Annie Dautane, Luc Froehlicher.

En quelques mots, quels sont vos projets en ce moment ?
Nous terminons actuellement un long métrage qui s’appelle « Big House », premier film d’un jeune réalisateur. Jean Emmanuel Godart. Nous avons aussi travaillé sur un pilote en 3D d’un long métrage sur le chorégraphe New-yorkais Merce Cunningham. Nous terminons des publicités pour Dior…

Jonathan Hamad - 02/2016
    

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