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Madame Monsieur (Artistes)Interview Divers - 2018


Reprise de Désenchantée

Le duo de pop français Madame Monsieur est composé d’Émilie Satt et Jean-Karl Lucas. Ils sont produits par le collectif Medeline. Le 20 janvier dernier, ils participent à la deuxième demi-finale de Destination Eurovision, émission qui détermine la chanson de la France au concours Eurovision de la chanson 2018 avec le titre « Mercy ». Avant d’interpréter leur titre original, ils ont repris « Désenchantée » sur scène.


Madame, Monsieur Bonjour ! Pourquoi ce titre « Désenchantée » précisément de Mylène pour vous présenter au public dans le cadre de l'émission Destination Eurovision ?
C’est très difficile de bien faire sonner le Français quand on fait de la pop et Mylène Farmer est une orfèvre en la matière ! Comme on l’a dit sur le plateau de France 2, on s’inspire beaucoup de cette façon d’écrire et de faire sonner les mots pour nos propres chansons. Et en plus, quelle mélodie !

Le fait que Mylène soit très populaire auprès du public européen et même jusqu'aux pays de l'Est comme la Biélorussie (dont la chef de la délégation Eurovision vous notait samedi dernier) vous a-t-il influencé dans votre choix de reprise ?
On a d’abord pensé à trouver une chanson qui nous mette en valeur et qui soit dans la même famille musicale que nous. Et puis c’est toujours délicat de reprendre une chanson d’une artiste aussi adulée que Mylène Farmer, ça peut être terrible si les fans n’adhèrent pas !

Comment avez-vous pensé et travaillé sur cette reprise ?
On l’a imaginée comme si nous l’avions écrite. Il fallait la transformer en chanson de Madame Monsieur. Nous avons travaillé sur les arrangements avec Medeline, qui réalise tous nos titres.

Le titre a dû être raccourci pour les besoins de l'émission. Cela n’a pas été trop dur de couper dans cet hymne ?
Evidemment c’est toujours frustrant de devoir faire une version d’1 minute 30 ! Mais la chanson est tellement puissante qu’elle arrive à faire passer beaucoup d’émotions en très peu de temps.

Avez-vous eu des retours de fans de Mylène sur votre reprise ? Son public est réputé exigeant mais il semble qu'ils aient aimé...
On a eu beaucoup de très bons retours, oui ! Ça nous fait très plaisir et on est évidemment rassuré de l’accueil des fans. Nous avons abordé cette chanson avec humilité et respect, les fans de Mylène ont dû le sentir.

Ce n'est pas la première fois que ce titre de Mylène est repris dans le cadre d'un concours de chant au grand dam de plusieurs candidats de télé-crochet qui s'y sont cassé les dents. Aviez-vous une pression quant à reprendre ce titre ?
On a essayé de faire une reprise personnelle, donc on n’était pas vraiment inquiet. Reprendre ce titre à la manière de Mylène Farmer est suicidaire ! Personne ne pourra jamais dépasser l’original.


Mylène est-elle une source d'inspiration ?
On s’inspire de tous ceux qui arrivent à faire sonner le Français dans la pop music. Mylène Farmer fait évidemment partie de cette catégorie ! Elle arrive à concilier les influences de la chanson française avec la modernité des sons anglo-saxons, et c’est exactement ce qu’on essaie de faire avec Madame Monsieur.

Que pensez-vous de l'artiste sur scène ?
On a bien sûr vu beaucoup de ses performances scéniques en vidéo mais nous n’avons jamais eu l’occasion de la voir en vrai ! L’univers visuel qu’elle a su créer à travers ses clips notamment est une inspiration pour tous les jeunes artistes.

Hasard du calendrier, Mylène a sorti son nouveau single Rolling Stone la veille de votre prestation et se classe depuis en première position des vues sur YouTube et du top iTunes. Que pensez-vous de son single ?
La sortie d’un nouveau titre de Mylène Farmer est toujours un événement ! Elle a su s’entourer de gens talentueux, comme toujours : Feder, mais aussi notre amie Ana Zimmer. C’est un titre fort, super efficace. Bien joué ! 

Vous êtes d’ailleurs à l’heure où je parle en train de talonner Mylène dans les charts en vous classant 2ème sur iTunes. Auriez-vous vous imaginez un jour cette configuration ?
Evidemment c’est fou pour nous d’être 2ème ! L’Eurovision est un coup de projecteur énorme sur nous, c’est inespéré dans le sens où nous sommes signés dans un petit label indépendant, Low Wood, qui ne bénéficie des mêmes moyens de promotion que les grosses maisons de disques. On espère que cette configuration se reproduira dans l’avenir et pourquoi passer devant Mylène, on peut rêver !

Pourrait-on imaginer que la reprise de « Désenchantée » fasse l'objet d'un bonus sur votre album qui je crois est en préparation ?
On ne sait pas encore si elle sera sur notre disque que nous sommes en train de fignoler, mais elle sera disponible bien sûr dans les semaines qui viennent.

En 2013 Amir qui était dans le jury de Destination Eurovision avait sorti avec le DJ Israélien Offer Nissim une reprise de « Désenchantée » (lien). La connaissiez-vous ? Qu'en pensez-vous ?
On ne la connaissait pas, merci pour la découverte ! C’est très différent de la façon dont nous l’avons abordé, mais Amir le fait très bien, nous lui donnons 12 points !

N'avez-vous pas été déçu des 2 points qu'il vous a accordés ?
Pas du tout, chacun ses goûts, et puis Amir a été dithyrambique à notre sujet sur le plateau de l’émission, donc vraiment sans rancune ! 


Vous avez été sélectionné pour la finale de samedi prochain avec votre titre « Mercy ». Pouvez-vous nous raconter l'histoire de ce titre ?
Notre chanson raconte l’histoire d’une petite fille née au milieu de la mer sur un bateau de sauvetage de SOS Méditerranée, l’Aquarius. Sa maman, Nigériane, fuyait les violences en Libye. La petite a été prénommée Mercy, « Miséricorde » en anglais. Nous avons écrit cette chanson le jour de sa naissance, le 21 mars 2017, après avoir vu un Tweet à ce sujet. Ce n’est pas une chanson politique, nous ne donnons de leçons à personne, nous avons simplement voulu transmettre l’émotion que nous avons ressenti lorsque nous avons appris sa naissance.

Vous vous attendiez à être sélectionnés ?
Ce n’était pas du tout un projet de participer à l’Eurovision, mais lorsque la production nous a appelé pour nous demander si nous avions une chanson à leur proposer nous n’avons pas hésité. Nous nous sentons prêts à emmener « Mercy » devant toute l’Europe pour mettre une lumière sur ce qu’il se passe sur les mers actuellement. Quand à aller en finale, on l’espérait mais finir premier était totalement inattendu ! Les milliers de messages que nous avons reçus depuis nous confortent dans l’idée que nous avons réussi à transmettre l’émotion que nous voulions.

Vous vous êtes présentés sur scène sobrement en tenue noire et basket rouge. Pourquoi ce choix ?
Nous voulions nous effacer derrière les mots, pour que rien ne vienne parasiter le message que nous voulions faire passer. 

N'avez-vous pas peur d'être à contre-sens des paillettes de l'Eurovision ?
C’est comme ça que nous sommes et nous ne changerons rien. Il faudra nous prendre comme on est ou pas nous prendre du tout ! Et puis pas besoin de paillettes et d’effets pour toucher le public, le vainqueur de l’Eurovision de l’année dernière l’a bien démontré.


J'ai lu ici et là que votre titre est un peu trop politisé dans le cadre du concours. Que pensez-vous vous de cette critique ?
D'abord notre titre n’est pas du tout politique, c’est une chanson qui porte simplement un message humaniste et qui donne un visage sur le mot migrant. De plus, à l’origine, une chanson participant à l’Eurovision devait porter un message de paix, d’amour et de tolérance entre les pays européens. « Mercy » s’inscrit dans cette tradition.

Des remixes sont-ils prévus pour « Mercy » afin de la faire découvrir à un plus large public ?
Ce n’est pas prévu, mais pourquoi pas ?

Un clip est-il en prévision ?
Nous allons sortir très prochainement une vidéo qui colle à l’émotion de la chanson et qu’on a tenu à réaliser nous-mêmes. 

Que peut-on vous souhaiter de mieux pour la suite de votre carrière ?
Dans un premier temps de gagner la finale de Destination Eurovision le 27 janvier ! D'ailleurs, samedi soir, n’oubliez pas de voter pour « Mercy », on a besoin de vous !

Sébastien Ozerri pour InnaNet - 24/01/2018
    

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