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Laisse le vent emporter tout (Paroles)Inspirations de Mylène Farmer

Pierre Reverdy

  • La Guitare endormie
    L'amour dans la boutique

    Tout ce qui s'est passé glisse dans la pénombre
    C'est ce carré au sol qui marque la limite et le nombre
    C'est un peu de soleil
    Chaud derrière la tête
    C'est un verre brisé
    La poussière ou les bulles de l'air montent sur la cloison
    Sortent sur le palier
    L'amour se vend dans la boutique
    Mais cette forme d'ombre ou blanche ou encore qui ne bouge pas sur la tenture
    A l'angle plus étroit
    Qui est-ce
  • MF : Laisse le vent emporter tout
    Mais tout ce qui s'est passé
    Glisse
    à côté
    Comme l'eau sur les joues
    Rester comme ça attaché
    Quand l'autre a quitté
  • La Lucarne ovale
    Il reste toujours quelque chose

    Les rideaux déchirés se balancent
    C'est le vent qui joue
    Il court sur la main entre par la fenêtre
    Ressort et s'en va mourir n'importe où
    Le vent lugubre et fort emporte tout

    Les paroles montaient suivant le tourbillon
    Mais eux restaient sans voix
    Amants désespérés de ne pas se revoir
    En laissant partir leur prière
    Chacun de son côté ils s'en allèrent
    Et le vent
    Le vent qui les sépare
    Leur permet de s'entendre

    La maison vide pleure
    Ses cheminées hurlent dans les couloirs
    L'ennui de ceux qui sont partis
    Pour ne plus se revoir
    Les cheminées des maisons sans âmes
    Pleurent les soirs d'hiver
    Eux s'en vont bien plus loin
    Le soir tarde à descendre
    les murs sont las d'attendre
    Et la maison s'endort
    Vide au milieu du vent

    Là-haut un bruit de pas trotte de temps en temps
  • MF : Laisse le vent emporter tout
    Je laisse le vent emporter tout
    Laisse le vent prendre soin de tout
    Je laisse le vent emporter tout
    Laisse le vent prendre soin de tout
  • La Lucarne ovale
    Ruine achevée

    J'ai perdu le secret qu'on m'avait donné
    Je ne sais plus rien faire

    Un moment j'ai cru que ça pourrait aller
    Plus rien ne tient
    C'est un homme sans pieds qui voudrait courir
    Une femme sans tête qui voudrait parler
    Un enfant qui n'a guère que ses yeux pour pleurer

    Pourtant je t'avais vu partir
    Tu étais déjà loin
    Une trompe sonnait
    La foule criait
    Et toi tu ne te retournais pas

    Nous avons un long chemin à suivre pas à pas
    Nous le ferons ensemble

    Je déteste ton visage radieux
    La main que tu me tends
    Et ton ventre tu es vieux
    Tu me ressembles

    Au retour je ne trouve rien
    On ne m'a rien donné
    Tout est dépensé

    Un pan de décor qui s'écroule
    Dans la nuit
  • MF : Laisse le vent emporter tout
    Je t'ai rêvé homme sans pied
    Dieu ou névé
    Ou comme un bruit doux
    Là j'irai bien te chercher
    J'ai tellement changé
  • La Lucarne ovale
    D'un autre ciel

    Que veux-tu que je devienne
    Je me sens mourir
    Secours-moi
    Ah Paris... le Pont Neuf
    Je reconnais la ville
    Un peu jouir
    Un peu pleurer
    Ma vie
    Est-ce vraiment la peine d'en parler
    Tout le monde en dirait autant
    Et comment voudriez-vous que l'on passât son temps
    Je pense à quelque autre paysage
    Un ami oublié me montre son visage
    Un lieu obscur
    Un ciel déteint
    Pays natal qui me revient tous les matins
    Le voyage fut long
    J'y laissai quelques plumes
    Et mes illusions tombèrent une à une
    Pourtant j'étais encore an milieu du printemps
    Presque un enfant
    J'avançais
    Un train bruyant me transportait
    Peu à peu j'oubliais la nature
    La gare était tout près
    On changeait de voiture
    Et sur le quai personne n'attendait
    La ville morte et squelettique
    Là-bas dresse ses hauts fourneaux
    Que vais-je devenir
    Quelqu'un touche mon front d'une ombre fantastique
    Une main
    Mais ce que j'ai cru voir c'est la fumée du train
    Je suis seul
    Oui tout seul
    Personne n'est venu me prendre par la main
  • MF : Laisse le vent emporter tout
    Mais tout ce qui c'est passé
    Glisse à côté
    Comme l'eau sur les joues
    Quand je t'ai pris par la main
    C'était un matin
    Bien
  • Poèmes en prose
    Le vent et l'esprit

    C'est une étonnante chimère. La tête, plus haut que cet étage, se place entre les deux fils de fer et se cale et se tient ; rien ne bouge.
    La tête inconnue parle et je ne comprends aucun mot, je n'entends aucun son - bas contre terre. Je suis toujours sur le trottoir d'en face et je regarde ; je regarde les mots qu'emporte le vent, les mots qu'il va jeter plus loin. La tête parle et je n'entends rien, le vent disperse tout.
    Ô grand vent, moqueur ou lugubre, j'ai souhaité ta mort. Et je perds mon chapeau que tu m'as pris aussi. Je n'ai plus rien ; mais ma haine dure, hélas plus que toi-même.
  • MF : Laisse le vent emporter tout
    Je laisse le vent emporter tout
    Laisse le vent prendre soin de tout
    Je laisse le vent emporter tout
    Laisse le vent prendre soin de tout
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