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Pas le temps de vivre (Paroles)Inspirations de Mylène Farmer

Boris Vian

  • Le temps de vivre
    I
    Il a dévalé la colline
    Ses pas faisaient rouler les pierres
    Là-haut entre les quatre murs
    La sirène chantait sans joie

    II
    Il respirait l'odeur des arbres
    Il respirait de tout son corps
    La lumière l'accompagnait
    Et lui faisait danser son ombre

    III
    Pourvu qu'ils me laissent le temps
    Il sautait à travers les herbes
    Il a cueilli deux feuilles jaunes
    Gorgées de sève et de soleil

    IV
    Les canons d'acier bleu crachaient
    De courtes flammes de feu sec
    Pourvu qu'ils me laissent le temps
    Il est arrivé près de l'eau

    V
    Il a plongé son visage
    Il riait de joie il a bu
    Pourvu qu'ils me laissent le temps
    Il s'est relevé pour sauter

    VI
    Pourvu qu'ils me laissent le temps
    Une abeille de cuivre jaune
    L'a foudroyé sur l'autre rive
    Le sang et l'eau se sont mêlés

    VII
    Il avait eu le temps de voir
    Le temps de boire au ruisseau
    Le temps de porter à sa bouche
    Deux feuilles gorgées de soleil

    VIII
    Il avait eu le temps de rire aux assassins
    Le temps d'atteindre l'autre rive
    Le temps de courir vers la femme
    Il avait eu le temps de vivre.
  • MF : Pas le temps de vivre
    Je n'ai pas le temps de vivre
    Quand s'enfuit mon équilibre
    Je n'ai pas le temps de vivre
    Aime-moi, entre en moi
    Dis-moi les mots qui rendent ivres
    Dis-moi que la nuit se déguise
    Tu vois, je suis
    Comme la mer qui se retire, de
    N'avoir pas su trouver tes pas...
  • Pierre Reverdy

  • Sources du vent
    Épine

    De quoi te sert l'anneau de ce monde incertain
    La roue voilée qui tourne en sens inverse
    A quoi te sert la nuit
    Dans ce visage dur
    Et le mystère entier que rien n'entame bien
    Mon mouvement à moi s'étend sans aucun lien
    Cette pensée sculptée dans le marbre sans veines
    Les frissons bleus de l'eau dans l'âme de la fièvre
    Quand le soleil s'enchaîne aux jours désenchantés
    Lumière sans reflets
    Au bord des plats d'étain
    Membres las de leur corps
    Arrêtes du chemin
    La roue tourne sous l'eau
    Les chutes de rayons
    Et les têtes poudrées
    qui sortent des cartons
    Misère du sort
    Misère des mains
    Les mouvements sont pris dans le froid du matin
    Toutes les feuilles du jardin
    Cassent sous la gelée comme les bords d'un verre
    Et les pas sur mon coeur au moment où le tien
    Le regarde d'un oeil sévère
  • MF : Pas le temps de vivre
    Il est des heures, où
    Mes pensées sont si faibles
    Un marbre sans veines
    Il est des heures, où
    L’on est plus de ce monde
    L’ombre de son ombre
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