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Pierre ReverdyInspirations de Mylène Farmer

Bleu noir (Paroles)

  • Pierre Reverdy / Poèmes en prose
    Le vent et l'esprit

    C'est une étonnante chimère. La tête, plus haut que cet étage, se place entre les deux fils de fer et se cale et se tient ; rien ne bouge.
    La tête inconnue parle et je ne comprends aucun mot, je n'entends aucun son - bas contre terre. Je suis toujours sur le trottoir d'en face et je regarde ; je regarde les mots qu'emporte le vent, les mots qu'il va jeter plus loin. La tête parle et je n'entends rien, le vent disperse tout.
    Ô grand vent, moqueur ou lugubre, j'ai souhaité ta mort. Et je perds mon chapeau que tu m'as pris aussi. Je n'ai plus rien ; mais ma haine dure, hélas plus que toi-même.
  • Mylène
    La bataille est belle
    Celle de l’amour
    Disperse tout
    La bataille est celle
    De longs, longs jours
    Mon amour
  • Pierre Reverdy / Poèmes en prose
    Les cornes du vent

    Plus épais, il avait voulu le faire plus épais pour son fils que pour lui, Roi. Et, entre la canne et la corne où se balance son chapeau et la tête vide qui rit de sa position saugrenue, le jour se lève avec des menaces comiques, en une grimace. Holà, je te poursuis. Eh bien ! je suis plus fort et je t'aime, viendras-tu ?
    Ensemble la route et le village moins longue moins loin nous arriverons et la nuit sera gaie.
    Tout mon temps pour gagner cette estime de rien qu'on me refuse encore, je combats pour un autre état et la lutte s'éternise dans la fatigue.
    Je te dédie ma mort, colle ton oeil à la serrure de cette chambre, vide et lugubre comme un drame, tu connaîtras l'homme qui l'habite. Les murs ont gardé son empreinte.
    Après la fuite, après la peur, sauvé de la boue j'ai fini la poursuite sous la porte cochère. Pas une lumière pour éclairer cette scène et les rideaux de ma chambre courent sous d'autres mains. Qui est-ce ?
  • Mylène
    Et qui peut se mouvoir
    Dans ce convoi de larmes
    Je te dédie ma mort
    Et je saigne, saigne encore
    Mais…
  • Pierre Reverdy / Poèmes en prose
    Hôtels

    Dans une singulière détresse d'or j'attends, passé minuit, que vienne l'heure propice à touts les défenses contre les éléments. Je vais passer devant l'ennemi, redoutable plus que la pluie, plus que le froid. Il dort et ma main tremble. Une petite arme me suffira, mais avec ce terrible bruit dans la serrure et de la porte, je vais être assailli d'horribles cauchemars.
    Au matin nouveau, départ à pas de chat. C'est un autre soupir et la rue me devient moins hostile ; mais quand viendront, enfin, la délivrance et le repos tranquille ? Cependant je me souviens d'avoir dormi dans un lit plus doux dressé pour moi.
    Il n'en reste plus que les rêves.
  • Mylène
    Je tombe en défaillance
    Vienne ma délivrance
    Me dis quand même qu’au fond de ma peine
    Survit un coeur couleur vermeil
    Qui bat… car
  • Pierre Reverdy / Poèmes en prose
    Une apparence médiocre

    Le train siffle et repart dans la fumée qui se fond au ciel bas.
    C'est un long convoi de larmes et sur chaque quai où l'on se sépare de nouveaux bras agitent des mouchoirs. Mais celui-là est seul et ses lunettes se ternissent des larmes des autres ou de la pluie qui fouette la vitre où il colle son nez. Il n'a quitté personne et nul ne l'attendra à la gare où il va descendre.
    D'ailleurs il ne raconte pas ses voyages, il ne sait pas décrire les pays qu'il a vus. Il n'a rien vu peut-être, et quand on le regarde, de peut qu'on l'interroge, il baisse les yeux ou les lèvre vers le ciel où d'autres nuages se fondent. A l'arrivée, sans expression de joie ou d'impatience, il part, seul dans la nuit, et, sous les becs de gaz qui l'éclairent par intervalles, on le voit disparaître, sa petite valise à la main. Il est seul, on le croit seul. Pourtant quelque chose le suit ou peut-être quelqu'un dans la forme étrange de son ombre.
  • Mylène
    Et qui peut se mouvoir
    Dans ce convoi de larmes
    Je te dédie ma mort
    Et je saigne, saigne encore
    Mais…
  • C'est une belle journée (Paroles)

  • Pierre Reverdy / La Lucarne ovale
    Esprit pesant

    Il est allongé et il dort. C'est un corps mort. Un dernier rayon éclaire son visage calme où brillent des dents sans éclat. Les heures sonnent doucement autour de sa tête ;
    il ne les entends pas. De temps en temps un rêve passe comme un nuage où se mêlent les gravures du fond.
    A droite dansent quelques flammes qui n'iront pas plus haut, et si les bras se lèvent ils touchent le plafond.
    Des hommes sans existence réelle soupirent dans les coins et tous les livres entr'ouverts sont tombés un à un sur le tapis déteint.
    Le silence, le calme, le sommeil qui descendent aussi lentement que la nuit.
  • Mylène
    Allongé le corps est mort
    Pour des milliers
    C'est un homme qui dort
    ...
    A moitié pleine est l'amphore
    C'est à moitié vide
    Qu'on la voit sans effort
    Voir la vie, son côté pile
    Oh philosophie
    Dis-moi des élégies
    Le bonheur
    Lui me fait peur
    D'avoir tant d'envies
    Moi j'ai un souffle à cœur
    Aussi
  • Comme j'ai mal (Paroles)

  • Pierre Reverdy / Sources du vent
    Toi ou moi

    Endormi dans cette chambre
    Il n'ose plus se réveiller
    La peur ferme son rêve noir
    Et ses membres
    Ne peuvent plus le soutenir
    Je t'abandonne il faut partir
    Si l'on n'aime bien que soi-même
    Je te laisse parce que je t'aime
    Et qu'il faut encore marcher
    Un jour nous nous retrouverons peut-être
    Où se croisent les souvenirs
    Où repassent les histoires d'autrefois
    Alors tu reviendras vers moi
    Nous pourrons rire
    Un espoir à peine indiqué
    Sous le vent une plainte amère
    La voix qui pourrait me guider
    A mon approche va se taire
    Dans la rue bordée de chansons
    Qui jaillissaient par les fenêtres
    Au coin des dernières maisons
    Nous nous regardions disparaître
  • Mylène
    Comme j'ai mal
    Je n'verrai plus comme j'ai mal
    Je n'saurai plus comme j'ai mal
    Je serai l'eau des nuages
    Je te laisse parce que je t'aime
    Je m'abîme d'être moi-même
    Avant que le vent nous sème
    A tous vents, je prends un nouveau départ
  • Dans les rues de Londres (Paroles)

  • Pierre Reverdy / Sources du vent
    Histoire

    Une lettre écrite à l'envers
    La main qui passe sur ta tête
    Et l'heure
    Où l'on se lève le matin
    Soleil rouillé
    Vitre fondue
    Nature morte
    Le courant d'air ferme ma porte
    Et les songes m'ont réveillé

    Il y a encore une bougie qui brûle
  • Mylène
    Réduire la vie à...
    Des formules indécises
    C’est bien impossible, elle
    Tu vois, se nuance à l’infini
    C’est comme une lettre
    Qui s’est écrite à l’envers
    ...
    Coule dans ma tête
    Un monde fou qui veut naître
  • Pierre Reverdy / Sources du vent
    Derrière la gare

    Un nuage descend tout bas
    Là où il y a un vide
    Près de moi
    Un trou
    Au loin quelque chose finit
    Un grand bruit
    s'éteint
    Et je vois du monde
    Dans ma tête il y a un monde fou
    C'est toi
    Et je ne reconnais personne
    quelle vie
    Ce n'est pas encore fini
    Une ride profonde au front
    C'est transparent comme du cristal
    Quelque chose au bout des doigts qui me fait mal
    Quand je t'ai connue
    Quand je t'ai tenue
    Certainement quelque chose tombait
    Une fausse parure
    Et tu ne voyais même pas ma figure
    La porte tournait
    Quelqu'un riait
    C'était si loin
    Où pourrait-on aller se perdre maintenant
  • Mylène
    Réduire la vie à...
    Des formules indécises
    C’est bien impossible, elle
    Tu vois, se nuance à l’infini
    C’est comme une lettre
    Qui s’est écrite à l’envers...
    Coule dans ma tête
    Un monde fou
    qui veut naître
  • Pierre Reverdy / Sources du vent
    Toi ou moi

    Endormi dans cette chambre
    Il n'ose plus se réveiller
    La peur ferme son rêve noir
    Et ses membres
    Ne peuvent plus le soutenir
    Je t'abandonne il faut partir
    Si l'on n'aime bien que soi-même
    Je te laisse parce que je t'aime
    Et qu'il faut encore marcher
    Un jour nous nous retrouverons peut-être
    Où se croisent les souvenirs
    Où repassent les histoires d'autrefois
    Alors tu reviendras vers moi
    Nous pourrons rire
    Un espoir à peine indiqué
    Sous le vent une plainte amère
    La voix qui pourrait me guider
    A mon approche va se taire
    Dans la rue bordée de chansons
    Qui jaillissaient par les fenêtres
    Au coin des dernières maisons
    Nous nous regardions disparaître
  • Mylène
    Je remets ma vie à...
    Un plus tard abandonné
    Pour simplement vivre
    Tenter d'a...tteindre une humanité
    Des lambeaux de terre
    Me regardaient disparaître
    Et, parmi les pierres
    Je vivais et j'espérais, tu sais...
  • Pierre Reverdy / Sources du vent
    Avant l'orage

    Je marchais en chantant
    Sur le chemin fermé
    Le ciel était tombé à quelques pas
    Parmi les pierres
    Je me suis arrêté
    J'ai regardé derrière
    Avec leurs bras levés
    cheminées de chaumières
    chevelures au vent
    qui se sont dispersées
    Et tout ce qui s'élève
    Et qui s'est en allé
    Dans ma poitrine vide
    Une goutte est tombée
    Une goutte de pluie
    lourde comme une larme
    En regardant plus loin
    Et par-dessus les arbres
  • Mylène
    Je remets ma vie à...
    Un plus tard abandonné
    Pour simplement vivre
    Tenter d’a...tteindre une humanité
    Des lambeaux de terre
    Me regardaient disparaître
    Et, parmi les pierres
    Je vivais et j’espérais, tu sais...
  • Diabolique mon ange (Paroles)

  • Pierre Reverdy / Poèmes en prose
    Le vent et l'esprit

    C'est une étonnante chimère. La tête, plus haut que cet étage, se place entre les deux fils de fer et se cale et se tient ; rien ne bouge.
    La tête inconnue parle et je ne comprends aucun mot, je n'entends aucun son - bas contre terre. Je suis toujours sur le trottoir d'en face et je regarde ; je regarde les mots qu'emporte le vent, les mots qu'il va jeter plus loin. La tête parle et je n'entends rien, le vent disperse tout.
    Ô grand vent, moqueur ou lugubre, j'ai souhaité ta mort. Et je perds mon chapeau que tu m'as pris aussi. Je n'ai plus rien ; mais ma haine dure, hélas plus que toi-même.
  • Mylène
    Ne reste que les rêves
    Étonnante chimère
    Qui garde son empreinte
    A fuit dans son étreinte

    (...)

    Vent ! J’ai souhaité ta mort
    Temps j’ai maudit ton corps
  • Pierre Reverdy / Poèmes en prose
    Plus loin que là

    A la petite fenêtre, sous les tuiles, regarde. Et les lignes de mes yeux et les lignes des siens se croisent. J'aurai l'avantage de la hauteur, se dit-elle. Mais en face on pousse les volets et l'attention gênante se fixe. J'ai l'avantage des boutiques à regarder. Mais enfin il faudrait monter ou il vaut mieux descendre et, bras dessus bras dessous, allons ailleurs où plus personne ne regarde.
  • Mylène
    Allons ailleurs si tu veux
    Conduis-moi où tu es mieux
    Et plus jamais la même…
    Le vent fait sourde oreille
  • Pierre Reverdy / Poèmes en prose
    Marche forcée

    Sur son pied droit brille une très ancienne boucle et sur l'autre, en l'air, la menace. N'approche pas de son domaine où dort tout le passé désagréable. Qui est-tu ? Sans prévoir ce qui devait être, un grand changement s'est produit !
    Pour tout le reste, la morale d'autrefois serait un crime, et ne pas y penser une injustice. Jamais désirable, cette âme t'a conduit où tu es mieux, où tu es mal, ce que tu seras toujours avec les mêmes fatigues de toi même, en arrière. C'est ton avance, ce qui te pousse et garde-toi de t'arrêter jamais.
    Cependant, chaque jour qui te désespère te soutient. Mais va, le mouvement, le mouvement et pour le repos ta fatigue.
  • Mylène
    Allons ailleurs si tu veux
    Conduis-moi où tu es mieux
    Et plus jamais la même…
    Le vent fait sourde oreille
  • Pierre Reverdy / Poèmes en prose
    Les cornes du vent

    Plus épais, il avait voulu le faire plus épais pour son fils que pour lui, Roi. Et, entre la canne et la corne où se balance son chapeau et la tête vide qui rit de sa position saugrenue, le jour se lève avec des menaces comiques, en une grimace. Holà, je te poursuis. Eh bien ! je suis plus fort et je t'aime, viendras-tu ?
    Ensemble la route et le village moins longue moins loin nous arriverons et la nuit sera gaie.
    Tout mon temps pour gagner cette estime de rien qu'on me refuse encore, je combats pour un autre état et la lutte s'éternise dans la fatigue.
    Je te dédie ma mort, colle ton oeil à la serrure de cette chambre, vide et lugubre comme un drame, tu connaîtras l'homme qui l'habite. Les murs ont gardé son empreinte.
    Après la fuite, après la peur, sauvé de la boue j'ai fini la poursuite sous la porte cochère. Pas une lumière pour éclairer cette scène et les rideaux de ma chambre courent sous d'autres mains. Qui est-ce ?
  • Mylène
    Ne reste que les rêves
    Étonnante chimère
    Qui garde son empreinte
    A fuit dans son étreinte
  • Pierre Reverdy / Poèmes en prose
    Hôtels

    Dans une singulière détresse d'or j'attends, passé minuit, que vienne l'heure propice à touts les défenses contre les éléments. Je vais passer devant l'ennemi, redoutable plus que la pluie, plus que le froid. Il dort et ma main tremble. Une petite arme me suffira, mais avec ce terrible bruit dans la serrure et de la porte, je vais être assailli d'horribles cauchemars.
    Au matin nouveau, départ à pas de chat. C'est un autre soupir et la rue me devient moins hostile ; mais quand viendront, enfin, la délivrance et le repos tranquille ? Cependant je me souviens d'avoir dormi dans un lit plus doux dressé pour moi.
    Il n'en reste plus que les rêves.
  • Mylène
    Repos tranquille
    Heure inutile
    Dans cette chambre
    La main qui tremble

    Ne reste que les rêves
    Étonnante chimère
    Qui garde son empreinte
    A fuit dans son étreinte
  • Pierre Reverdy / Poèmes en prose
    Traits et figures

    Une éclaircie avec du bleu dans le ciel ; dans la forêt des clairières toutes vertes ; mais dans la ville où le dessin nous emprisonne, l'arc de cercle du porche, les carrés des fenêtres, les losanges des toits.
    Des lignes, rien que des lignes, pour la commodité des bâtisses humaines.
    Dans ma tête des lignes, rien que des lignes ; si je pouvais y mettre un peu d'ordre seulement.
  • Mylène
    Dans ma tête un désordre
    Y remettre un peu d’ordre
    N’a jamais vu ma fièvre
    N’a jamais dit je t’aime
  • Eaunanisme (Paroles)

  • Pierre Reverdy / Les Jockeys camouflés
    Autres jockeys alcooliques

    (...)
    Quel étonnement de se retrouver un jour au point d'où l'on est parti
    Ils s'entrechoquent encore sur le boulevard avec les mêmes effets vieillis
    Ils sortent et entrent en même temps du même café
    Dans la ports qui tournent ce sont des écureuils
    C'est le tintamarre de l'Univers qui les attirent
    La popularité restreinte
    Le brocanteur de la gloire
    De chaque côté le cornac des destinées de la dernière époque sous les galeries désertes de l'Odéon
    Je t'ai donné un nom qui n'est pas le tien
    Je t'appelle autrement et tu ne réponds pas
    tu ne comprends pas
    Pourquoi marches-tu
    Ce sont les jambes d'un autre qui te portent
    Je ne vois que l'ombre sur l'écran de la fenêtre
    Le contrevent s'est retourné pour baiser la nuit
    C'est une bouche plus dure qui sourit
    Mais il n'y a pas que moi qui regarde le livre et celui qui le lit
    (...)
  • Mylène
    J'irai lui dire
    La pâleur de ses yeux
    Qu'ils avaient
    La profondeur de nos cieux
    Je sais qu'elle marche
    Sans savoir qui elle est
    Que c'est les jambes
    D'une autre qui la portaient

    Je l'entends murmurer
  • Et pourtant... (Paroles)

  • Pierre Reverdy / Sources du vent
    Histoire

    Une lettre écrite à l'envers
    La main qui passe sur ta tête
    Et l'heure
    Où l'on se lève le matin
    Soleil rouillé
    Vitre fondue
    Nature morte
    Le courant d'air ferme ma porte
    Et les songes m'ont réveillé

    Il y a encore une bougie qui brûle
  • Mylène
    Quand les songes
    M’ont réveillée

    Quand on n’ose pas
    Crier
  • Pierre Reverdy / Sources du vent
    Dernière heure

    Le cavalier en rouge s'immobilise
    L'animal est un cadavre grotesque
    Un abreuvoir en encrier où les mots sont pris
    Les lèvres s'avancent
    On n'ose pas crier
    Derrière l'arbre ou la lampe
    Il s'est mis à prier
    On pourrait que
    celui qui le porte est plus fort

    Il faut compter tout ce qui sort
    Et le dernier rayon qui passe
    ferme la nuit
    La porte
    Le livre
    Minuit
  • Mylène
    Quand les songes
    M’ont réveillée
    Quand on n’ose pas
    Crier
  • Pierre Reverdy / Sources du vent
    Derrière la gare

    Un nuage descend tout bas
    Là où il y a un vide
    Près de moi
    Un trou
    Au loin quelque chose finit
    Un grand bruit
    s'éteint
    Et je vois du monde
    Dans ma tête il y a un monde fou
    C'est toi
    Et je ne reconnais personne
    quelle vie
    Ce n'est pas encore fini
    Une ride profonde au front
    C'est transparent comme du cristal
    Quelque chose au bout des doigts qui me fait mal
    Quand je t'ai connue
    Quand je t'ai tenue
    Certainement quelque chose tombait
    Une fausse parure
    Et tu ne voyais même pas ma figure
    La porte tournait
    Quelqu'un riait
    C'était si loin
    Où pourrait-on aller se perdre maintenant
  • Mylène
    Quelque chose au bout du moi
    Qui me fait mal

    Mais tes lèvres ont fait de moi
    Un éclat... de toi
  • Pierre Reverdy / Sources du vent
    L'homme et la nuit

    Au carrefour on entend l'horloge et les pas du passant
    Au carrefour il y a parfois une voiture qui s'écrase
    et reparaît
    la lune sur le cadran
    les aiguilles qui tournent et un large visage souriant
    c'est la nuit
    Le soleil a perdu ses rayons et ce n'est plus la vie
    Ta tête n'est qu'un rond
    Pourtant
    C'est à ce moment que l'on regarde le plus le ciel
    A ce moment on pense aussi à tout ce qui se passe
    derrière les façades des maisons
    Les façades sont des faces
    Il y en a qui rient d'autres qui sont tristes
    et quelques-unes qui deviennent pâles et qui tremblent dont les yeux se forment de peur pour qu'on ne les voie pas
    Il y a des maisons qui sont des têtes
    et qui ont peur de leurs pensées
    C'est alors la ville interminable
    Tout se construit
    dans le calme et le silence
    pendant que tout le monde dort
    Les rayons labourent et les rues se creusent
    Les places se forment
    C'est une force placide au travail
    Et rien de tout cela ne fait de bruit
    Mais quelques hommes passent et c'est le mouvement
    Une nouveau souffle
    Quelque chant et tout vibre
    l'air remue
    Ce n'est plus un souterrain où tout est mort
    Je le vois de loin
    Il anime l'atmosphère et fait bouger le mur
    devant lequel il passe
    Rien n'existe que sous l'attention de son regard
    L'homme qui passe et que je crains
    l'homme qui s'approche et qui s'éloigne
    surtout quand il s'éloigne
    avec des mouvements réglés et admirables
    utiles et précis
    Et quand le jour se lève pour éclairer le monde
    c'est que nous avons enfin ouvert les yeux
  • Mylène
    Là, pourtant
    Le jour s’est levé
    Pour éclairer le monde

    Comme avant
    L’amour est onde
    D’innocent,
    J’entrevoyais le chemin
    Qui mène aux ombres
    Et pourtant
    L’amour comble
  • Et si vieillir m'était conté (Paroles)

  • Pierre Reverdy / Flaques de verre
    Chute

    En attendant que l'aube se déride, éclate, devienne blanche et poudrée d'or, que ce reflet précise, limite aux angles raides, aux lignes droites, et même aux feuilles frissonnantes, aux arbres qui tremblent encore de froid
    le jour
    on se cache
    la longue main gantée de la nuit
    nous pousse et nous relâche
    Nous roulons à travers les ravins
    les nids des précipices
    les gravats des anciennes journées
    Vers cet édifice mal construit où ne s'ouvre même pas une chambre numérotée, alignée, immobile au bout du sentier qui étouffe le pas, bordé de lumière de cuivre
    En attendant que nous soyons tous dans la même blancheur et sans nos signes distinctifs et nos insignes avec cette seule flamme qui se rallume, cette courte flamme qui s'élève et que nous ne poursuivons pas.
    L'aube éclatante de soleil et de poussière.
  • Mylène
    La nuit de ses doigts gantés
    Image inachevée
    Bientôt la Lune est pleine
  • Et tournoie... (Paroles)

  • Pierre Reverdy / Inconnu
    (...) Aux morts qu'importe l'été
  • Mylène
    Dedans tout n'est que faille
    Ton cœur de cristal
    Se brise au moindre éclat
    De rire et de larmes
    Aux morts qu'importe les dés
    Le soleil, ton emblème
    Ne te sera dérobé
    Que pour l'éternel oh...
  • Pierre Reverdy / Les Ardoises du toit
    Patience

    Les voix qui s'élevaient tremblent à l'horizon
    Tout est calme dans la clairière
    On pourrait voir passer ceux qui s'en vont
    Sur cette route sans ornières
    D'où vient celui qui que l'on ne connaît pas
    A l'intérieur les gens regardent
    Les mains plus vivantes qui passent
    Sur celles que l'on ne voit pas
    Les mots sont plus lourds que le son
    Ils tombent
    Les paupières battent
    On a parlé bas sur ce ton
    Et un astre nouveau s'élève
    L'espoir luit
    Une porte bouge
    L'arbre d'en face s'est penché
    Le mur s'allonge infiniment
    Il n'y a rien de clair dans ma tête
    Sur le trottoir noir et luisant
    Toujours le même qui s'arrête
  • Mylène
    Ton fantôme intérieur
    Affronte tes heures
    Assassin blotti
    Ton pire ennemi
    Tu veux t’expulser de toi
    Mais ta vie, fait envie
    Ton fil tu l’aimes déjà
    Et l’astre s’élève oh...
  • Pierre Reverdy / Sources du vent
    Toi ou moi

    Endormi dans cette chambre
    Il n'ose plus se réveiller
    La peur ferme son rêve noir
    Et ses membres
    Ne peuvent plus le soutenir
    Je t'abandonne il faut partir
    Si l'on n'aime bien que soi-même
    Je te laisse parce que je t'aime
    Et qu'il faut encore marcher
    Un jour nous nous retrouverons peut-être
    Où se croisent les souvenirs
    Où repassent les histoires d'autrefois
    Alors tu reviendras vers moi
    Nous pourrons rire
    Un espoir à peine indiqué
    Sous le vent une plainte amère
    La voix qui pourrait me guider
    A mon approche va se taire
    Dans la rue bordée de chansons
    Qui jaillissaient par les fenêtres
    Au coin des dernières maisons
    Nous nous regardions disparaître
  • Mylène
    Mets ton âme de lumière
    Et tournoie et tournoie
    Mets ton habit de mystère
    Et tournoie et tournoie
    Sous ton âme la plainte amère
    Panse la, donne la
    Mets ton âme de lumière
  • Innamoramento (Paroles)

  • Pierre Reverdy / Sources du vent
    La vitre au cœur

    Toi qui n'a eu qu'un seul maître dans la nuit
    Une main de lumière dans la nuit
    A travers les brouillards épais
    Les buissons déchirants de l'hiver
    Et les angles durs des solitudes
    simple flamme amère
    le recueil certain
    la poussière
    Et dans les jours où le feu se reflète aux vitres isolées
    A travers les rues des villes basses et des campagnes désolées
    Le feu intérieur qui danse
    Dans la poitrine et le triangle qui avance
    La glace à tous les pieds
    la route
    et l'étang retourné
    Rayon à peine éteint
    souffle à peine échappé
    Le vent retenu par la main
    Les visages serrés dans le chemin
    Vers le ciel blanc et la terre durcie
    les pas réglés
    les voix nouvelles dans l'allée
    L'air est pris
    Rien ne passe entre les champs
    et les arbres dressés
    A l'autre bout la flamme danse
    le feu intérieur
    Au rideau triangulaire relevé
    Le sang du coeur
  • Mylène
    Toi qui n’a pas cru ma solitude,
    Ignorant ses cris, ses angles durs
  • J'attends (Paroles)

  • Pierre Reverdy / Inconnu
    (...) Un mur de lierre roux
  • Mylène
    J’attends près d’un mur de lierre
  • Laisse le vent emporter tout (Paroles)

  • Pierre Reverdy / La Guitare endormie
    L'amour dans la boutique

    Tout ce qui s'est passé glisse dans la pénombre
    C'est ce carré au sol qui marque la limite et le nombre
    C'est un peu de soleil
    Chaud derrière la tête
    C'est un verre brisé
    La poussière ou les bulles de l'air montent sur la cloison
    Sortent sur le palier
    L'amour se vend dans la boutique
    Mais cette forme d'ombre ou blanche ou encore qui ne bouge pas sur la tenture
    A l'angle plus étroit
    Qui est-ce
  • Mylène
    Mais tout ce qui s'est passé
    Glisse
    à côté
    Comme l'eau sur les joues
    Rester comme ça attaché
    Quand l'autre a quitté
  • Pierre Reverdy / La Lucarne ovale
    Il reste toujours quelque chose

    Les rideaux déchirés se balancent
    C'est le vent qui joue
    Il court sur la main entre par la fenêtre
    Ressort et s'en va mourir n'importe où
    Le vent lugubre et fort emporte tout

    Les paroles montaient suivant le tourbillon
    Mais eux restaient sans voix
    Amants désespérés de ne pas se revoir
    En laissant partir leur prière
    Chacun de son côté ils s'en allèrent
    Et le vent
    Le vent qui les sépare
    Leur permet de s'entendre

    La maison vide pleure
    Ses cheminées hurlent dans les couloirs
    L'ennui de ceux qui sont partis
    Pour ne plus se revoir
    Les cheminées des maisons sans âmes
    Pleurent les soirs d'hiver
    Eux s'en vont bien plus loin
    Le soir tarde à descendre
    les murs sont las d'attendre
    Et la maison s'endort
    Vide au milieu du vent

    Là-haut un bruit de pas trotte de temps en temps
  • Mylène
    Je laisse le vent emporter tout
    Laisse le vent prendre soin de tout
    Je laisse le vent emporter tout
    Laisse le vent prendre soin de tout
  • Pierre Reverdy / La Lucarne ovale
    Ruine achevée

    J'ai perdu le secret qu'on m'avait donné
    Je ne sais plus rien faire

    Un moment j'ai cru que ça pourrait aller
    Plus rien ne tient
    C'est un homme sans pieds qui voudrait courir
    Une femme sans tête qui voudrait parler
    Un enfant qui n'a guère que ses yeux pour pleurer

    Pourtant je t'avais vu partir
    Tu étais déjà loin
    Une trompe sonnait
    La foule criait
    Et toi tu ne te retournais pas

    Nous avons un long chemin à suivre pas à pas
    Nous le ferons ensemble

    Je déteste ton visage radieux
    La main que tu me tends
    Et ton ventre tu es vieux
    Tu me ressembles

    Au retour je ne trouve rien
    On ne m'a rien donné
    Tout est dépensé

    Un pan de décor qui s'écroule
    Dans la nuit
  • Mylène
    Je t'ai rêvé homme sans pied
    Dieu ou névé
    Ou comme un bruit doux
    Là j'irai bien te chercher
    J'ai tellement changé
  • Pierre Reverdy / La Lucarne ovale
    D'un autre ciel

    Que veux-tu que je devienne
    Je me sens mourir
    Secours-moi
    Ah Paris... le Pont Neuf
    Je reconnais la ville
    Un peu jouir
    Un peu pleurer
    Ma vie
    Est-ce vraiment la peine d'en parler
    Tout le monde en dirait autant
    Et comment voudriez-vous que l'on passât son temps
    Je pense à quelque autre paysage
    Un ami oublié me montre son visage
    Un lieu obscur
    Un ciel déteint
    Pays natal qui me revient tous les matins
    Le voyage fut long
    J'y laissai quelques plumes
    Et mes illusions tombèrent une à une
    Pourtant j'étais encore an milieu du printemps
    Presque un enfant
    J'avançais
    Un train bruyant me transportait
    Peu à peu j'oubliais la nature
    La gare était tout près
    On changeait de voiture
    Et sur le quai personne n'attendait
    La ville morte et squelettique
    Là-bas dresse ses hauts fourneaux
    Que vais-je devenir
    Quelqu'un touche mon front d'une ombre fantastique
    Une main
    Mais ce que j'ai cru voir c'est la fumée du train
    Je suis seul
    Oui tout seul
    Personne n'est venu me prendre par la main
  • Mylène
    Mais tout ce qui c'est passé
    Glisse à côté
    Comme l'eau sur les joues
    Quand je t'ai pris par la main
    C'était un matin
    Bien
  • Pierre Reverdy / Poèmes en prose
    Le vent et l'esprit

    C'est une étonnante chimère. La tête, plus haut que cet étage, se place entre les deux fils de fer et se cale et se tient ; rien ne bouge.
    La tête inconnue parle et je ne comprends aucun mot, je n'entends aucun son - bas contre terre. Je suis toujours sur le trottoir d'en face et je regarde ; je regarde les mots qu'emporte le vent, les mots qu'il va jeter plus loin. La tête parle et je n'entends rien, le vent disperse tout.
    Ô grand vent, moqueur ou lugubre, j'ai souhaité ta mort. Et je perds mon chapeau que tu m'as pris aussi. Je n'ai plus rien ; mais ma haine dure, hélas plus que toi-même.
  • Mylène
    Je laisse le vent emporter tout
    Laisse le vent prendre soin de tout
    Je laisse le vent emporter tout
    Laisse le vent prendre soin de tout
  • Lonely Lisa (Paroles)

  • Pierre Reverdy / Poèmes en prose
    Le vent et l'esprit

    C'est une étonnante chimère. La tête, plus haut que cet étage, se place entre les deux fils de fer et se cale et se tient ; rien ne bouge.
    La tête inconnue parle et je ne comprends aucun mot, je n'entends aucun son - bas contre terre. Je suis toujours sur le trottoir d'en face et je regarde ; je regarde les mots qu'emporte le vent, les mots qu'il va jeter plus loin. La tête parle et je n'entends rien, le vent disperse tout.
    Ô grand vent, moqueur ou lugubre, j'ai souhaité ta mort. Et je perds mon chapeau que tu m'as pris aussi. Je n'ai plus rien ; mais ma haine dure, hélas plus que toi-même.
  • Mylène
    Mélancolie
    Par la porte opposée elle voit
    Sa folie
    Qu’elle va jeter plus loin
    De toi
  • N'aie plus d'amertume (Paroles)

  • Pierre Reverdy / Poèmes en prose
    Toujours seul

    La fumée vient-elle de leurs cheminées ou de vos pipes ? J'ai préféré le coin plus aigu de cette chambre pour être seul ; et la fenêtre d'en face s'est ouverte. Viendra-t-elle ?
    Dans la rue où nos bras jettent un pont, personne n'a levé les yeux, les maisons s'inclinent.
    Quand les toits se touchent on n'ose plus parler. On a peur de tous les cris, les cheminées s'éteignent. Il fait si noir.
  • Mylène
    Dans ma mémoire qui dérape
    Gardera le dur de l’asphalte
    Tu préfères les angles plus aigus
    D’un destin qui semble perdu

    (...)

    Mais il fait si noir
    Détourne-toi de moi
    Tu l’as fait déjà
    Tu l’as fait déjà
  • Pardonne-moi (Paroles)

  • Pierre Reverdy / Quelques poèmes
    P.O. Midi

    On passe comme des boeufs
    Sur le quai les lumières s'allongent et les yeux
    Le wagon tourne sur la roue du milieu

    Les chevelures se dressent dans la nuit
    Les mots qui passent font du bruit

    Je voudrais m'arrêter pour regarder dehors
    Au fond il y a un homme tranquille qui s'endort
    Je voudrais voir dedans
    Le train qui nous emporte est immobile dans le vent

    On entend

    On entend crier
    C'est un oiseau de nuit
    La montagne avale tout
    Tous ceux qui ont peur sont debout
    Les autres dorment
    On descend l'autre côté du monde
    On glisse dans un trou qui n'a pas de fond
    On est content de s'en aller
    Le ciel se fond

    Et un petit clocher se dresse au bord de la mer
  • Mylène
    Prince Aurore
    Où en es-tu
    De ces pulsions de mort ?
    Qu'avons nous fait de bien
    après l'effort
    Deux corps, un sort

    Prince hongrois
    L'on descend de l'autre
    Coté du monde

    Parcourir l'étoile
    A chaque seconde
    Partager l'ombre
  • Pas le temps de vivre (Paroles)

  • Pierre Reverdy / Sources du vent
    Épine

    De quoi te sert l'anneau de ce monde incertain
    La roue voilée qui tourne en sens inverse
    A quoi te sert la nuit
    Dans ce visage dur
    Et le mystère entier que rien n'entame bien
    Mon mouvement à moi s'étend sans aucun lien
    Cette pensée sculptée dans le marbre sans veines
    Les frissons bleus de l'eau dans l'âme de la fièvre
    Quand le soleil s'enchaîne aux jours désenchantés
    Lumière sans reflets
    Au bord des plats d'étain
    Membres las de leur corps
    Arrêtes du chemin
    La roue tourne sous l'eau
    Les chutes de rayons
    Et les têtes poudrées
    qui sortent des cartons
    Misère du sort
    Misère des mains
    Les mouvements sont pris dans le froid du matin
    Toutes les feuilles du jardin
    Cassent sous la gelée comme les bords d'un verre
    Et les pas sur mon coeur au moment où le tien
    Le regarde d'un oeil sévère
  • Mylène
    Il est des heures, où
    Mes pensées sont si faibles
    Un marbre sans veines
    Il est des heures, où
    L’on est plus de ce monde
    L’ombre de son ombre
  • Porno Graphique (Paroles)

  • Pierre Reverdy / La Lucarne ovale
    Allégresse

    L'air sent la mer
    L'hiver a une pareille altitude m'effraie
    On ne sait où naissent les vents
    Ni quelle direction ils prennent
    La maison tangue comme un bateau
    Quelle main nous balance

    Au cri poussé au dehors je sortis
    Pour voir
    Une femme se noyait
    Une femme inconnue
    Je lui tendis la main
    Je la sauvai

    Après lui avoir dit mon nom
    Quelle ne connaissait pas
    Je la mis à sécher à l'endroit le plus chaud
    Je la vis revenir à la vie et embellir
    Puis comme la chaleur augmentait
    Elle disparut
    Évaporée
    Je me mis à pousser des cris et à pleurer
    Puis j'éclatai de rire

    J'avais un moment recueilli la renommée
    Dans mon intimité

    J'ouvris la porte et me mis à courir
    A travers champs à chanter à tue-tête
    Quand je rentrai le calme s'était fait chez moi
    Et le feu qui s'était éteint fut rallumé
  • Mylène
    Je veux savoir où naît le vent
    J’ai l’âme inerte en même temps
    Il y a de l’uniformité partout
    De la pensée en boîte et c’est
  • Regrets (Paroles)

  • Pierre Reverdy / Sources du vent
    Grain Blanc

    Avec les éclats d'or et des voix de troupeaux
    Avec l'astre du soir et les nids au verso
    L'étendue penchée contre les saules
    Et les vagues brodées sur le bleu des épaules
    La montagne roulée dans le bois de sapins
    Le troupeau retenu par les fils du matin
    Et le berger debout
    La cheminée d'usine
    La laine déchirée
    Au vent que je devine
    Derrière le mur blanc
    Tous les noms des passants
    Accrochés aux fenêtres
    Et les arbres muets qui inclinent leur tête
    Pour savoir d'où vient ce courant d'air
    Cette dépêche chiffrée sur papier vert
    Sur la prairie où les fleurs se rassemblent
    Et le sens des mots à peine déformés
    La lueur des signaux dans la nuit retombée
    Tout ce qui dans l'esprit ouvre une parenthèse
    Pourvu qu'au port du coeur tout rumeur s'apaise
  • Mylène
    Au vent que je devine
    Nos lèvres éperdues
    S’offrent des noces clandestines.
  • Rêver (Paroles)

  • Pierre Reverdy / La Lucarne ovale
    Toujours là

    J'ai besoin de ne plus me voir et d'oublier
    De parler à des gens que je ne connais pas
    De crier sans être entendu
    Pour rien tout seul
    Je connais tout le monde et chacun de vos pas
    Je voudrais raconter et personne n'écoute
    Les têtes et les yeux se détournent de moi
    Vers la nuit
    Ma tête est une boule pleine et lourde
    Qui roule sur la terre avec un peu de bruit

    Loin
    Rien derrière moi et rien devant
    Dans le vide où je descends
    Quelques vifs courants d'air
    Vont autour de moi
    Cruels et froids
    Ce sont des portes mal fermées
    Sur des souvenirs encore inoubliés
    Le monde comme une pendule s'est arrêté
    Les gens sont suspendus pour l'éternité

    Un aviateur descend par un fil comme une araignée
    Tout le monde danse allégé
    Entre ciel et terre
    Mais un rayon de lumière est venu
    De la lampe que tu as oublié d'éteindre
    Sur le palier
    Ah ce n'est pas fini
    L'oubli n'est pas complet
    Et j'ai encore besoin d'apprendre à me connaître
  • Mylène
    Les anges sont las de nous veiller
    Nous laissent comme un monde avorté
    Suspendu pour l'éternité
    Le monde comme une pendule
    Qui s'est arrêtée
  • Pierre Reverdy / La Lucarne ovale
    Esprit pesant

    Il est allongé et il dort. C'est un corps mort. Un dernier rayon éclaire son visage calme où brillent des dents sans éclat. Les heures sonnent doucement autour de sa tête ;
    il ne les entends pas. De temps en temps un rêve passe comme un nuage où se mêlent les gravures du fond.
    A droite dansent quelques flammes qui n'iront pas plus haut, et si les bras se lèvent ils touchent le plafond.
    Des hommes sans existence réelle soupirent dans les coins et tous les livres entr'ouverts sont tombés un à un sur le tapis déteint.
    Le silence, le calme, le sommeil qui descendent aussi lentement que la nuit.
  • Mylène
    Sa vie ne bat plus que d'une aile
    Dansent les flammes, les bras se lèvent
    Là où il va il fait un froid mortel
    Si l'homme ne change de ciel
    Pourtant, j'ai rêvé
  • Pierre Reverdy / La Lucarne ovale
    Dans le monde étranger

    Je ne peux plus regarder ton visage
    Où te caches-tu
    La maison s'est évanouie parmi les nuages
    Et tu as quitté la dernière fenêtre
    Où tu m'apparaissais
    Reviens que vais-je devenir
    Tu me laisses seul et j'ai peur

    Rappelle-toi le temps où nous allions ensemble
    Nous marchions dans les rues entre les maisons
    Et sur la route au milieu des buissons
    Parfois le vent nous rendait muets
    Parfois la pluie nous aveuglait
    Tu chantais au soleil
    Et la neige me rendait gai

    Je suis seul je frotte mes paupières
    Et j'ai presque envie de pleurer
    Il faut marcher vers cette lumière dans l'ombre
    C'est toute une histoire à raconter
    La vie si simple et droite sans tous les petits à côté
    Vers la froide lumière que l'on atteindra malgré tout
    Ne te presse pas
    Qui est-ce qui souffle
    Quand je serai arrivé qui est-ce qui soufflera
    Mais seul je n'ose plus avancer

    Alors je me mis à dormir
    Peut-être pour l'éternité
    Sur le lit où l'amour m'a couché
    Sans plus rien savoir de la vie
    J'ai oublié tous mes amis
    Mes parents et quelques maîtresses
    J'ai dormi l'hiver et l'été
    Et mon sommeil fut sans paresse

    Mais pour toi qui m'as rappelé
    Il va falloir que je me lève
    Allons les beaux jours sont passés
    Les longues nuits qui sont si brèves
    Quand on s'endort entrelacés

    Je me réveille au son lugubre et sourd
    D'une voix qui n'est pas humaine
    IL faut marcher et je traîne
    Au son lugubre du tambour
    Tout le monde rit de ma peine
    Il faut marcher encore un jour

    A la tâche jamais finie
    Que le bourreau vienne et t'attelle
    Ce soir les beaux jours sont finis
    Une voix maussade t'appelle
    Pour toi la terre est refroidie
    De loin je revois ton visage
    Mais je ne l'ai pas retrouvé
    Disparaissant à mon passage
    De la fenêtre refermée

    Nous ne marcherons plus ensemble
  • Mylène
    D'avoir mis son âme dans tes mains
    Tu l'as froissé comme un chagrin
    Et d'avoir condamné vos différences
    Nous ne marcherons plus ensemble

    (...)

    A quoi bon abattre des murs
    Pour y dresser des sépultures
    A force d'ignorer la tolérance
    Nous ne marcherons plus ensemble
  • Pierre Reverdy / Les Ardoises du toit
    Ronde nocturne

    Le timbre vient de loin
    Les mondes se rapprochent
    Sur les bords du clocher des étoiles s'accrochent
    Dans le coin des cheminées fument
    Ce sont des bougies qui s'allument
    Quelqu'un monte
    Les cloches vont sonner
    Un nuage en passant les a fait remuer
    A présent on a l'habitude
    Personne n'est plus étonné
    Les yeux mesurent l'altitude
    Où vous êtes placé
    Un coeur libre s'est envolé
    On peut encore choisir la place
    Où l'on pourrait se reposer
    Après avoir longtemps marché
    Plus bas il reste une surface
    Dans la nuit
    On écoutait
    Serait-ce lui
    A l'horizon sans bruit quelqu'un montait au ciel
    L'escalier craque
    Il est artificiel
    C'est une parabole ou une passerelle
    L'heure qui s'échappait ne bat plus que d'une aile
  • Mylène
    Sa vie ne bat plus que d'une aile
    Dansent les flammes, les bras se lèvent
    Là où il va il fait un froid mortel
    Si l'homme ne change de ciel
    Pourtant, j'ai rêvé
  • Pierre Reverdy / Sources du vent
    Poème

    La neige tombe
    Et le ciel gris
    Sur ma tête où le toit est pris
    La nuit
    Où ira l'ombre qui me suit
    A qui est-elle
    Une étoile ou une hirondelle
    Au coin de la fenêtre
    La lune
    Et une femme brune
    C'est là
    Quelqu'un passe et ne me voit pas
    Je regarde tourner la grille
    Et le feu presque éteint qui brille
    Pour moi seul
    Mais là où je m'en vais il fait un froid mortel
  • Mylène
    Sa vie ne bat plus que d'une aile
    Dansent les flammes, les bras se lèvent
    Là où il va il fait un froid mortel
    Si l'homme ne change de ciel
    Pourtant, j'ai rêvé
  • Souviens-toi du jour... (Paroles)

  • Pierre Reverdy / Les Ardoises du toit
    Abat-jour

    Autour de la table
    Au bord de l'ombre
    Aucun d'eux ne remue beaucoup
    Et quelqu'un parle tout à coup
    Il fait froid dehors
    Mais là c'est le calme
    Et la lumière les unit
    Le feu pétille
    Une étincelle
    Les mains se sont posées
    Plus bleues sur le tapis
    Derrière le rayon une tête qui lit
    Un souffle qui s'échappe à peine
    Tout s'endort
    Le silence traîne
    Mais il faut encore rester
    La vitre reproduit le tableau
    La famille
    De loin toutes les lèvres ont l'air d'être ferventes et de prier
  • Mylène
    Le souffle à peine échappé
    Les yeux sont mouillés
    Et ces visages serrés
    Pour une minute
    Pour une éternité
    Les mains se sont élevées
    Les voix sont nouées
    Comme une étreinte du monde
    A l'unisson
    A l'Homme que nous serons...
  • Pierre Reverdy / Les Ardoises du toit
    Entre deux mondes

    L'ombre danse
    Il n'y a plus rien
    Que le vent qui s'élance
    Le mouvement s'étend du mur
    Et se gonfle
    Il y a des personnages qui naissent
    Pour une minute ou pour l’Éternité
    La nuit seule qui change
    Et moi-même à coté
    Quelqu'un que le remords tracasse
    Sur la route où marque son pas
    On ne voit rien de ce qu'il y a
    Le mur seul fait une grimace
    Un signe de mon coeur s'étend jusqu'à la mer
    Personne d'assez grand pour arrêter la terre
    Et ce mouvement qui nous lasse
    Quand une étoile bleue là-haut tourne à l'envers
  • Mylène
    Le souffle à peine échappé
    Les yeux sont mouillés
    Et ces visages serrés
    Pour une minute
    Pour une éternité

    Les mains se sont élevées
    Les voix sont nouées
    Comme une étreinte du monde
    A l’unisson
    A l’Homme que nous serons...
  • Pierre Reverdy / Sources du vent
    Épine

    De quoi te sert l'anneau de ce monde incertain
    La roue voilée qui tourne en sens inverse
    A quoi te sert la nuit
    Dans ce visage dur
    Et le mystère entier que rien n'entame bien
    Mon mouvement à moi s'étend sans aucun lien
    Cette pensée sculptée dans le marbre sans veines
    Les frissons bleus de l'eau dans l'âme de la fièvre
    Quand le soleil s'enchaîne aux jours désenchantés
    Lumière sans reflets
    Au bord des plats d'étain
    Membres las de leur corps
    Arrêtes du chemin
    La roue tourne sous l'eau
    Les chutes de rayons
    Et les têtes poudrées
    qui sortent des cartons
    Misère du sort
    Misère des mains
    Les mouvements sont pris dans le froid du matin
    Toutes les feuilles du jardin
    Cassent sous la gelée comme les bords d'un verre
    Et les pas sur mon coeur au moment où le tien
    Le regarde d'un oeil sévère
  • Mylène
    Souviens-toi que le monde a changé
    Au bruit des pas qui résonnent
    Souviens-toi des jours désenchantés
    Aux destins muets
  • Pierre Reverdy / Sources du vent
    La vitre au cœur

    Toi qui n'a eu qu'un seul maître dans la nuit
    Une main de lumière dans la nuit
    A travers les brouillards épais
    Les buissons déchirants de l'hiver
    Et les angles durs des solitudes
    simple flamme amère
    le recueil certain
    la poussière
    Et dans les jours où le feu se reflète aux vitres isolées
    A travers les rues des villes basses et des campagnes désolées
    Le feu intérieur qui danse
    Dans la poitrine et le triangle qui avance
    La glace à tous les pieds
    la route
    et l'étang retourné
    Rayon à peine éteint
    souffle à peine échappé
    Le vent retenu par la main
    Les visages serrés dans le chemin
    Vers le ciel blanc et la terre durcie
    les pas réglés
    les voix nouvelles dans l'allée
    L'air est pris
    Rien ne passe entre les champs
    et les arbres dressés
    A l'autre bout la flamme danse
    le feu intérieur
    Au rideau triangulaire relevé
    Le sang du coeur
  • Mylène
    Le souffle à peine échappé
    Les yeux sont mouillés
    Et ces visages serrés
    Pour une minute
    Pour une éternité
    Les mains se sont élevées
    Les voix sont nouées
    Comme une étreinte du monde
    A l’unisson
    A l’Homme que nous serons...
  • Toi l'amour (Paroles)

  • Pierre Reverdy / La Guitare endormie
    Une chance sur deux d’être compris

    Mince et froide l'aile du temps s'étire aux traits de la figure
    Et l'air au bout du jour vient ajouter à temps
    L'écho des plaintes et les murmures
    L'heure passe aux couleurs
    Les numéros s'égalent
    Dans l'axe où le regard flétri croise le coeur
    Le soleil sort parfois son oeil
    A la fin de la mascarade
    Sur des jeux de scène cruels
    Et sur le rayon qui s'évade
    La tête garde ses secrets
    La terre épuise les secondes
    L'ombre tourne au nombre des doigts
    Ce n'est que la moitié du ciel et l'autre monde
    Qui s'en va
  • Mylène
    Et l’autre monde qui s’en va
    Dans la pénombre glissent des pas
    Et l’on sait à peine d’où tu viens… tu vas
    L’on sait bien quand même dire
    Faut pas qu’tu t’en ailles
    Jamais
  • Pierre Reverdy / La Guitare endormie
    L'amour dans la boutique

    Tout ce qui s'est passé glisse dans la pénombre
    C'est ce carré au sol qui marque la limite et le nombre
    C'est un peu de soleil
    Chaud derrière la tête
    C'est un verre brisé
    La poussière ou les bulles de l'air montent sur la cloison
    Sortent sur le palier
    L'amour se vend dans la boutique
    Mais cette forme d'ombre ou blanche ou encore qui ne bouge pas sur la tenture
    A l'angle plus étroit
    Qui est-ce
  • Mylène
    Et l’autre monde qui s’en va
    Dans la pénombre glissent des pas
    Et l’on sait à peine d’où tu viens… tu vas
    L’on sait bien quand même dire
    Faut pas qu’tu t’en ailles
    Jamais
  • Tomber 7 fois... (Paroles)

  • Pierre Reverdy / Quelques poèmes
    P.O. Midi

    On passe comme des boeufs
    Sur le quai les lumières s'allongent et les yeux
    Le wagon tourne sur la roue du milieu

    Les chevelures se dressent dans la nuit
    Les mots qui passent font du bruit

    Je voudrais m'arrêter pour regarder dehors
    Au fond il y a un homme tranquille qui s'endort
    Je voudrais voir dedans
    Le train qui nous emporte est immobile dans le vent

    On entend

    On entend crier
    C'est un oiseau de nuit
    La montagne avale tout
    Tous ceux qui ont peur sont debout
    Les autres dorment

    On descend l'autre côté du monde
    On glisse dans un trou qui n'a pas de fond
    On est content de s'en aller
    Le ciel se fond

    Et un petit clocher se dresse au bord de la mer
  • Mylène
    Hey
    Faire les 400 coups
    Se prendre des coups
    Plutôt que le tiède
    Ceux
    Qui ont peur sont debout
    Les autres dorment
    mou
    Se battre pour ses rêves
    Qu'on nous enseigne (never explain)
    Qu'on nous assène (never complain)
    Et c'est un peuple qui se soulève
  • Vertige (Paroles)

  • Pierre Reverdy / Les Jockeys camouflés
    Autres jockeys alcooliques

    (...)
    Ceux qui sont une source de mépris
    Ceux qui portent en eux la goutte d'éternité nécessaire à la vie
    Ceux qui n'ont jamais connu leur mesure
    En passant sur la route qui n'est recouverte que par le ciel baissent la tête
    Des étoiles sont restées prises dans leurs cheveux
    Une brûlure dans la tête
    Et tout ce qui passe tourne en cavalcade où le métal résonne et s'enflamme
    (...)
  • Mylène
    Rain, nudité
    Nuit sois plus lente
    Délivrante
    Rain, volupté
    Impermanente l’existence
    Vois comme la vie est éphémère
    Comme les nuages
    Juste un passage
    Une goutte d’eau nécessaire
    Au voyage
  •     

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