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Timeless : Tout sur le spectacle !Actualité Mylène Farmer -



Une semaine après le lancement du nouveau spectacle de Mylène Farmer, Timeless, nous vous proposons un retour thématique sur tous les aspects du show...




LA SETLIST : LE CHOIX DES CHANSONS

Comme à chaque fois, la setlist de ce spectacle nous a offert son lot de tubes, de chansons évidentes, et de surprises.
*Les désormais sempiternels grands classiques que sont Désenchantée, Sans contrefaçon, XXL et bien sûr Rêver sont de la partie.
*Parmi les autres succès de sa carrière, trois oubliés de la précédente tournée sont également présents cette année : C’est une belle journée, Je t’aime mélancolie, et Les mots.
*Niveau surprises, dans la série 'vieilleries ressorties du placard', après A quoi je sers… en 2009, nous retrouvons ici avec grand plaisir un single jusque là interprété une seule fois sur scène : Comme j’ai mal. Un titre réclamé de longue date par les fans…
*Côté premières fois sur scène, outre les titres issus des deux derniers albums Bleu noir et Monkey me (soit 9 chansons au total), Mylène nous a offert deux surprises : Et pourtant… dans le tableau lent, et son premier duo avec Moby, Slipping away (Crier la vie) . Un joli clin d’œil au chanteur new-yorkais qui lui a composé la moitié de l’album Bleu noir !
*Mais la vraie surprise de la setlist est une toute nouvelle reprise inédite ! Après Je voudrais tant que tu comprennes (reprise de Marie Laforêt en 1989) et La poupée qui fait non (reprise de Michel Polnareff en 1996), c’est la troisième fois que Mylène reprend une chanson spécialement pour la scène. Il s’agit de la superbe Mad world, chantée à l’origine par le groupe Tears for fears, et déjà reprise par Gary Jules. C’est avec ce dernier, guest-star de ce spectacle Timeless, que Mylène reprend la chanson.

Notons tout de même que 2 albums studio de Mylène (sur 9) ne sont malheureusement pas du tout représentés dans ce spectacle : Innamoramento et Point de suture.

La répartition par albums se fait comme suit…

Un choix plutôt bien fait, très bon compromis entre les chansons pour le ‘grand public’ et les surprises plutôt destinées aux fans.
Quelques absents regrettables cependant : beaucoup de fans auront été étonnés de l’absence de Tu ne le dis pas, titre pourtant assez évident du dernier album. Il en est de même pour Du temps, qui n’aurait pas manqué de mettre de l’ambiance dans la salle (d’autant qu’il bénéficiait d’une chorégraphie déjà toute prête). Et le plus regrettable est sans doute C’est dans l’air, l’un des seuls titres récents à soulever autant les foules. On se souvient tous de l’ambiance sur cette chanson en 2009, il aurait ainsi été facile de faire de cette chanson un nouvel incontournable... Dommage !




LA SETLIST : L’AGENCEMENT DES CHANSONS

C’est un point fort du spectacle, les chansons s’enchaînent bien et l’ensemble est rythmé et dynamique. Contrairement par exemple au spectacle de 2006, le peu de chorégraphies ne se fait pas ressentir puisqu’elles sont très bien réparties tout au long du spectacle. De plus, on retrouve un gros succès tous les trois titres à peu près, ce qui fait montre d’un très bon équilibre d’ensemble.

Si de très nombreux fans avaient imaginé que l’entrée de Mylène se ferait effectivement sur A force de…, personne en revanche n’avait parié sur un final avec Rêver ! Un choix fort surprenant mais finalement presque évident. Les deux dernières chansons du spectacle sont donc des chansons lentes, ce qui n’était pas arrivé depuis le Mylenium Tour en 99/00. En revanche, une fois de plus Mylène a choisi de regrouper ses chansons lentes dans un seul et même tableau en milieu de spectacle. C’est donc le troisième spectacle d’affilée où elle opte pour cette répartition. Mais, fort heureusement, elle a totalement changé le choix de ces chansons...




L’EQUIPE DU SPECTACLE

Beaucoup d’habitués, déjà présents le (voire les) spectacle(s) précédent(s).

Yvan Cassar est à nouveau en charge de toute la partie musicale du spectacle (rappelons qu’il est là depuis la deuxième tournée de Mylène en 1996).
D’autres fidèles de longue date sont de la partie : Christophe Danchaud gère l’aspect chorégraphique du show (comme depuis 1996), assisté pour Oui mais… non de Valérie Bony qui fait son retour dans l’équipe de Mylène après dix ans d’absence ! Egalement de la partie, le regretté Mark Fisher qui officie à nouveau sur la scénographie et le décor (comme en 2006 et en 2009), cette fois-ci associé avec Ric Lipson. Stéphane Plisson s’occupe toujours du son en salle, John Nollet a créé la coiffure de Mylène, Frédéric Birault la suivra sur toute la tournée pour la coiffer chaque soir, Carole Lasnier sera sa maquilleuse sur chaque date… Hervé Lewis est à nouveau le coach sportif de Mylène pour cette tournée. Il a officié à ce poste sur chacune des six tournées de Mylène !
Parmi les intervenants arrivés sur le spectacle de 2009, on retrouve Jean-Paul Gaultier aux costumes, Dominique Vassiliu aux lumières, Loïc Lacoste aux effets laser, Karen Nimereala au coaching vocal. En revanche, après avoir collaboré sur les deux derniers spectacles, Alain Escalle laisse sa place pour les habillages vidéo à Eve Ramboz, Luc Froehlicher et Laszlo Bordos. A noter d’ailleurs la présence d’Olivier de Sagazan sur celui de A l’ombre, où il reproduit sa performance du clip de la chanson.

Du côté de l’équipe présente sur scène, en revanche, plus de changements sont à noter. Les six danseurs, tous masculins pour la première fois, n’avaient jamais accompagné Mylène sur scène par le passé. En revanche, ils avaient déjà travaillé avec, puisqu’ils ont tous été déjà vus soit dans le clip de Du temps, soit dans celui de A l’ombre.

Côté musiciens, outre Yvan Cassar, les seuls collaborateurs ‘historiques’ de Mylène présents sur la nouvelle tournée sont les choristes Esther Dobong’Na Essienne (présente depuis le Tour 96) et Johanna Manchec (présente depuis le Mylenium Tour en 1999). On retrouve également Eric Chevalier, absent en 2009 mais présent sur les deux spectacles précédents.

De la Tournée 2009, on retrouve le batteur Charles Paxson et le guitariste Greg Suran. Les autres musiciens (bassiste et deuxième guitariste) sont des nouveaux venus : Jonathan Button et Peter Thorn.
A noter sur ce spectacle l’absence de percussionniste. C’est le seul spectacle dans ce cas avec le Mylenium Tour.



LES ORCHESTRATIONS

Un autre très bon point du spectacle ! Rien de révolutionnaire, mais de nombreux petits détails, de bonnes idées, sur un certain nombre de chansons qui leur donnent un nouveau souffle sans pour autant les dénaturer. Citons parmi ces bonnes idées le pont de Sans contrefaçon, rallongé et doté de chœurs très présents, et surtout XXL dont la première moitié est toute lente, avant l’explosion de guitare après le premier refrain. Très efficace !
Sinon dans l’ensemble, les basses et les percussions sont très présentes, offrant des versions globalement dynamiques des chansons. La version de Je t’aime mélancolie proposée ici surpasse sans peine celle de 2006.




LE DECOR

Première observation : pas d’avancée, pas de seconde scène ! La question taraudait les fans depuis longtemps, beaucoup se demandant si la fosse or était justifiée par un élément supplémentaire à la scène ‘classique’. Il n’est est donc rien.

Mylène a opté pour un spectacle à l’ambiance très futuriste, le décor s’inscrit donc dans cette logique.
Il est étonnamment assez épuré. Etonnamment parce que les deux précédents spectacles (et particulièrement celui de 2009) étaient au contraire extrêmement riches. Ici, point d’armée de mannequins, d’écorchés ou encore de long escalier sans fin : la structure de scène est constituée d’un écran géant qui occupe tout le fond de la scène et peut se séparer en cinq, et d’un ensemble de cylindres assemblés deux par deux pour constituer des morceaux mobiles de décor, portant des écrans vidéo et de nombreux projecteurs. Ces morceaux de décor peuvent s’assembler de nombreuses façons différentes, et offrent donc comme plusieurs décors à la scène. Citons également un rideau de scène original, constitué de filins projetant de la lumière. Les deux extrémités de la scène sont habillées de tuyaux métalliques (pas très beaux, avouons-le). L’ensemble est donc assez épuré.




LA SCENOGRAPHIE

Plusieurs moments forts dans ce spectacle évidemment, comme à chaque fois…

L’entrée en scène, bien que l’apparition de Mylène en elle-même soit très simple, est extrêmement réussie. Une vidéo d’introduction nous fait voyager dans l’espace et pénétrer dans une station spatiale. Elle effectue tout un parcours au cours duquel on s’attend à découvrir Mylène à chaque seconde. Très efficace pour faire monter la pression comme il se doit ! Finalement les images nous mènent à destination, les écrans s’écartent pour laisser apparaître une porte ronde et métallique. Elle s’ouvre sur une Mylène presque irréelle, vêtue de blanc, un voile flottant derrière elle. Une vraie réussite !

La sortie, bien que jolie également, nous laisse peut-être plus sur notre faim : un cercle métallique descend des hauteurs de la scène, et libère brusquement une grosse quantité de fumée sur Mylène. Quand la fumée s’estompe, elle a disparu… Peut-être un peu vite expédié ? En tout cas, si cette entrée et cette sortie sont jolies, elles ne sont pas extrêmement spectaculaires. Ce n’est pas encore cette fois que nous égaleront le spectacle de 2006 sur ce point…

Pour le reste du spectacle, plusieurs choses impressionnantes de notables ! Commençons par parler des robots, qui font leur première apparition sur C’est une belle journée en début de spectacle, et reviennent à plusieurs reprises tout au long du show, notamment lors d’un interlude très impressionnant qui leur est entièrement dédié. Ces robots, à l’allure évidemment très futuriste, effectuent de nombreux mouvements et sont parfois accompagnés de lasers. C’est en tout cas quelque chose qu’on n’a pas l’habitude de voir !

Mais le gros effet du spectacle a lieu sur Bleu noir, où un bras articulé survole la fosse or et rapproche un peu Mylène du public… Un effet certes pas inédit, mais qui fonctionne à merveille !

Pour finir, on peut évoquer les mises en scène des tableaux Sans contrefaçon (qui offre un tout nouvel univers à la chanson, plus asiatique), et A l’ombre (qui propose des images de la ‘Transfiguration’ du clip, avant de lâcher des bulles sur la scène).




LES IMAGES DE SCÈNE

Peut-être l’un des points négatifs de ce spectacle. Quand on opte pour un décor tout-écran, autant vraiment l’utiliser... Car finalement, les chansons bénéficiant d’habillages vidéo sont peu nombreuses... Mention spéciale à Je t’aime mélancolie, qui est une vraie réussite. D’autres comme Désenchantée, A l’ombre ou Inséparables sont plutôt soignées. La vidéo d'introduction du spectacle est en revanche absolument formidable !

Voici la liste des titres bénéficiant d'habillage vidéo : A force de... (et son introduction), C'est une belle journée, Slipping away (Crier la vie), Oui mais... non, l'interlude des robots, Désenchantée, Je t'aime mélancolie, À l'ombre et Inséparables.
Par ailleurs, sur les quatre titres du tableau lent, ainsi que Bleu noir, Sans contrefaçon, XXL et Rêver, des images live sont diffusées.




LES CHORÉGRAPHIES

Pour ce spectacle, Mylène n’a pas beaucoup misé sur la partie ‘danse’. Six danseurs (soit deux de moins que pour toutes les autres tournées), et six chorégraphies (soit autant qu’en 2006, mais moins que tous les autres spectacles).
Les danseurs sont tous masculins, et tous déjà vus dans les clips Du temps et A l’ombre. Ils sont aussi, de l’avis général, plutôt agréables à regarder, et dénudés à plusieurs reprises dans le spectacle (mais nous nous égarons !).

Cet aspect chorégraphique, bien que moins présent donc, est également une réussite. Presque toutes les chorégraphies sont un peu revisitées, nous offrant des variantes appréciables à des mouvements mythiques. Citons évidemment Sans contrefaçon, complètement revisité à la sauce ‘arts martiaux’, ou encore Désenchantée sur laquelle les danseurs en camisole semblent échappés de l’asile avec leurs mouvements ‘fous’.
Bien que Je t’aime mélancolie bénéficie d’une outro chorégraphiée inédite, c’est le premier spectacle de Mylène à ne proposer aucune chorégraphie totalement nouvelle sur scène. Ce point est un peu dommage, car certaines chansons ont une scénographie un peu vide qu’il n’aurait pas été un luxe de combler quelque peu par la présence des danseurs. On pense à Monkey me, Elle a dit ou encore XXL.
De même, on peut regretter le nombre réduit de danseurs sur une scène aussi grande et dépouillée.

Terminons en précisant que les chorégraphies de A l'ombre et de Oui mais... non sont les mêmes que celles que l’on peut voir dans les clips respectifs de ces chansons, à l'exception pour cette dernière des mouvements effectués sur les quatre premiers vers de la chanson, dansés y compris par Mylène !

Voici les crédits chorégraphiques du spectacle...
Mylène Farmer & Christophe Danchaud pour :
    "C'est une belle journée", "Désenchantée", "Sans contrefaçon" & Je t'aime mélancolie".
Franck Desplanches pour :
    "A l'ombre".
David Leighton pour :
    "Oui mais... non".
Coordination chorégraphique : Christophe Danchaud, assisté par Valérie Bony sur Oui mais... non.




LES COSTUMES

L’œuvre de Jean-Paul Gaultier sur ce spectacle semble plus controversée dans le monde des fans que sur le spectacle précédent, ou le célèbre couturier officiait également.
Il nous propose ici 5 tenues, dont la première est réutilisée en fin de spectacle avec une jupe différente. Il s’agit d’un justaucorps blanc orné de motifs dorés, et porté au final sur la moitié du spectacle tout de même ! Un costume qui sied très bien à Mylène, et tout à fait dans l’esprit futuriste et spatial du concert.
Pour le tableau lent, Mylène porte une robe de soirée assez sexy, qui brille de mille feux avec des reflets orangés. La tenue suivante, très baroque et romantique, est une robe noire avec beaucoup de fanfreluches. On se croirait revenus aux débuts de Mylène !
Pour la suite, elle porte une tenue rouge constituée de latex et d’une jupe amovible, et un costume d’homme qui lui va à ravir, mais semble un peu recyclé du costume de Madonna sur sa dernière tournée, également créé par Jean-Paul Gaultier…




LE MAQUILLAGE ET LA COIFFURE

Grosse surprise au niveau de la coiffure ! Alors que depuis sa deuxième tournée en 1996, Mylène portait systématiquement les cheveux relevés pour laisser sa nuque dégagée (la seule exigence de sa part concernant ses coiffures de scène, en raison de la transpiration), elle apparait ici les cheveux plus lâchés, ramenés en une grosse tresse sur le côté droit de sa tête. Un ruban vient achever de faire le parallèle avec la coiffure de sa première tournée, seule autre occasion où Mylène portait les cheveux longs sur scène. Le parallèle ne s’arrête pas là puisque même le maquillage de Mylène (notamment au niveau des yeux) rappelle celui du Tour 89. En tout cas, cette apparence plus simple, cette coiffure plus sobre, sied particulièrement bien à Mylène, tout à fait radieuse !




LE MERCHANDISING

Premier point : le programme. Alors certes, 45€. Mais d’une beauté incroyable, et d’un soin tout particulier. Après la déception du programme de 2009 (entre autres), quel plaisir de découvrir un si bel objet. Dans une enveloppe en papier noir, scellée par un sticker « Mylène Farmer – Timeless », une boite en métal rouge renferme un portfolio d’une série de photos totalement inédite, réalisée en juin dernier par Bettina Rheims (la sœur de Nathalie, la meilleure amie de Mylène – et accessoirement une photographe mythique ayant déjà travaillé avec Madonna entre autres). Les photos nous montrent une Mylène magnifique, dans des poses et des vêtements superbes. Ce portfolio est accompagné de feuilles volantes comprenant les crédits du spectacle. A noter un très bel hommage à Mark Fisher, le scénographe de la tournée décédé en juin dernier.

Outre ce programme très réussi, les traditionnels t-shirts sont également proposés. Qu’ils représentent l’affiche de la photo ou la photo d’un singe, leur esthétique fait débat, dira-t-on.
Sont également proposés les habituels lots de cartes postales (5 photos inédites de Nathalie Delépine, reprenant notamment la série avec Betty le singe, et également avec un cheval), la photo dédicacée (grande et très jolie), les casquettes, portes-clés et stylos, et un briquet très luxueux (qu’il faut recharger soi-même !) proposé dans une belle boite dorée.
Les produits « évidents » auxquels on pouvait facilement s’attendre n’étaient pas de la partie : point de singe en peluche, ni de pull avec un M brodé dessus…

A noter qu'à partir de la date d'hier (13 septembre), un nouveau produit a fait son apparition : un lot de deux mugs vendu 30€. L'un est un mug blanc avec le M de Je te dis tout en bleu turquoise, et l'autre un noir avec un carré orange-rouge dans lequel on a le même logo "MM" que sur les sacs vendus dans le merchandising.




BILAN ?

LES MOINS
*La partie vidéo. Trop peu importante, surtout pour un tel décor (basé quasiment uniquement sur les écrans, il faut bien le dire). Si certains habillages vidéo sont réussis (Slipping away, Désenchantée, A l’ombre, Inséparables… et avant tout l’entrée), d’autres sont anecdotiques, voire franchement laids (l’outro de Diabolique mon ange et ses horribles flammes vertes !).
*Du coup, la scénographie manque parfois. Sur plusieurs chansons, rien de plus que des jeux de lumière pour mettre en valeur la musique et Mylène. Monkey me, Elle a dit, Diabolique mon ange, XXL… pourraient être de bien plus grands moments avec un peu plus d’effets. Certains tableaux du spectacle manquent quelque peu d’enrobage... Heureusement, des jeux de lumière magnifiques meublent ces moments un peu vides.
*Toujours dans le même ordre d’idée concernant la scénographie, les apparitions et disparitions de Mylène manquent souvent de mise en scène, de dramatisme. On se souvient de la disparition de Mylène à la fin du tableau lent de 2009… Ici, point de tout ça, aucune mise en scène lorsque Mylène rejoint les coulisses pour se changer. Les outros de Et pourtant… et Diabolique mon ange paraissent bien pauvres de ce point de vue.
*Encore et toujours du piano-voix sur les chansons lentes. Certes, l’émotion est là. Mais Je te dis tout et Et pourtant… sont des chansons très fortes en studio, et toute leur puissance réside dans leur instrumentation riche, dramatique pour la première, et toute en cordes pour la seconde. De voir ces chansons enfin remplacer les balades habituelles est salutaire, mais quel dommage de leur faire ainsi perdre de leur substance…
*Un point qui pose réellement problème, d’autant que c’est de pire en pire à chaque fois : la présentation de l’équipe artistique présente sur scène, à savoir les danseurs et les musiciens. Déjà pas top en 2006 (« Je vous présente… les danseuses ! », oui, merci Mylène…) et franchement limite en 2009 (présentation sur un montage vidéo, qui plus est rarement diffusé en intégralité), sur ce spectacle absolument rien. Déjà que les musiciens sont globalement très effacés sur le show (autre point négatif d’ailleurs), il est incroyable de ne pas prendre la peine de les présenter. Aucun artiste ne se permet de couper à ce passage obligé qui est pourtant bien la moindre des choses. Mais rassurons-nous, d’après nos informations l’équipe du show travaille là-dessus, pour que cet oubli impardonnable soit rectifié rapidement !
*Le final. Le choix de Rêver peut se comprendre, même si forcément ce n’est cette chanson qui emballera les fans. Mais la mise en scène, bien que jolie est plutôt efficace, est très simple et, pour rejoindre un point évoqué plus haut, manque cruellement de dramatisme. Au-delà de la simplicité de l’effet en lui-même, c’est l’enrobage autour qui fait terriblement défaut. Rien dans les lumières, les écrans ou cet outro instrumental (pour le coup très joli malgré tout) ne vient souligner cette fin de spectacle comme il se doit. Du coup, un sentiment d’inachevé et de ‘’très vite expédié’’ subsiste. Alors qu’il suffirait de refermer le ‘rideau’ du début du spectacle, par exemple...

LES PLUS
*A nouveau un vrai fil conducteur, cohérent et exploité durant tout le spectacle. Une Mylène futuriste qui emmène son public dans l’espace, parcourir différents mondes, comme différentes planètes, où elle a transposé son univers.
*Une entrée démentielle, malgré sa simplicité. Comme quoi une bonne vidéo et une porte des étoiles esthétique peuvent réellement faire des merveilles. Images et musique s’accordent à merveille pour faire monter la pression. Cette vidéo d’entrée, où l’on s’attend à tout moment à découvrir Mylène au détour d’un couloir de la base spatiale, est réellement formidable. Et l’apparition, Mylène avec son voile qui vole au vent derrière elle, et les projections sur son costume, est parfaite.
*Des trouvailles scénographiques impressionnantes : les robots, réelle prouesse technique ; la plateforme de Bleu noir, peut-être du déjà-vu mais toujours très efficace ; le ‘tunnel’ formé par les structures de tubes sur l’entrée...
*Des lumières magnifiques, voire impressionnantes. Les tubes métalliques 'trapèzes' comportent au total 70 spots de lumière, qui n'ont de cesse de tournoyer dans tous les sens pour nous offrir un ballet de lumière éblouissant sur chaque chanson. L'intro, Comme j'ai mal, Sans contrefaçon, XXL valent particulièrement le détour, mais ce ne sont pas les seules réussites de cet aspect-là du show.
*Une bonne setlist, parfait compromis entre les passages obligés pour le grand public et les surprises pour les fans. L’ordre des chansons est rythmé et dynamique, une réussite également (malgré le choix des deux dernières chansons peut-être plus discutable).
*De très bonnes orchestrations. Des petits détails qui suffisent à donner une nouvelle vie à une chanson, sans la dénaturer. Des basses et des percussions bien présentes et très bien écrites. Une version démentielle de XXL.
*La partie chorégraphies, malgré le fait qu’elle soit plus pauvre qu’à l’accoutumée (tant pour le nombre de danseurs que pour le nombre de chansons chorégraphiées) est une réussite. Les mouvements sont parfois légèrement remaniés, sans s’éloigner pour autant de l’esprit des chorégraphies originales devenues cultes. Les petits ajouts (la camisole sur Désenchantée, le bâton sur Sans contrefaçon…) fonctionnent très bien. Il est appréciable aussi de voir un concert de Mylène avec une partie chorégraphique plus virile, que ce soit en ce qui concerne les danseurs en eux-mêmes ou les mouvements qu’ils effectuent.
*Une Mylène radieuse. Plus ‘grande dame’ que jamais, surtout avec une coiffure qui lui sied si bien. Toujours très gracieuse, elle rit et sourit avec nous, s’amuse, vit, en somme partage réellement avec son public.
*Toujours un grand soin global apporté à l’ensemble, un perfectionnisme palpable, et une évidente volonté de faire quelque chose de grandiose, et ayant un sens.
*La volonté de proposer quelque chose de jamais vu chez Mylène Farmer, d’apporter un nouvel univers à la mythologie de l’artiste. Qui aurait pensé un jour découvrir Mylène en Reine de l’espace ?



Retrouvez un récit détaillé du spectacle sur notre page "Récits" en cliquant ici

    

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