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Interview pour KonbiniActualité Mylène Farmer -



Dans la foulée des interviews pour RTL, Europe 1, Bel RTL... accordée "à la chaine" dimanche dernier dans un hôtel parisien, Mylène et Sting ont répondu aux questions du webzine Konbini. Il s'agit là de la toute première interview web de sa carrière !

Mylène, le thème de votre dernier album est l’espace. Qu’est-ce que cela évoque pour vous ?
Ça évoque la liberté, l’immensité, la découverte, le rêve. C’est ce pourquoi je crois avoir choisi ce thème d’Interstellaires.

Le premier single d’Interstellaires est “Stolen Car”, votre duo avec Sting. Pourquoi avoir eu envie de travailler avec lui ?
Parce que j’adore cet artiste et j’ai découvert l’homme. Aujourd’hui c’est un ami. C’est un cadeau de la vie pour moi, vraiment. Cela faisait très très longtemps que je voulais le rencontrer. Je suis allée le voir plusieurs fois dans ses spectacles et comédies musicales à Londres et à New York. Thierry Suc, mon manager et ami, nous a présentés ainsi que Martin qui travaille avec Sting depuis très longtemps.

Sting, est-ce que vous connaissiez le travail de Mylène avant de collaborer avec elle ?
Oui. Je savais que c’était une légende. Et qu’elle était très sexy (rires). Je pense que la chanson lui allait très bien parce que c’est une chanson mystérieuse et sexy et elle convenait à son style.

Est-ce que vous avez tout de suite pensé à un clip pour la chanson ?
Sting | Oui. Je pense que c’est une histoire. C’est comme un court métrage.
Mylène | Oui, la chanson est effectivement construite comme un petit film, c’est un scénario qui proposait un rôle d’homme, du voleur et de l’amant, et d’une maîtresse. C’était l’idéal pour faire une vidéo et faire appel à un très bon metteur en scène [Bruno Aveillan qui a réalisé notamment The Farmer Project, ndlr].

Mylène, le clip a des similitudes avec celui de votre chanson “California”. Était-ce un choix ?
Non, tout le scénario est fondé sur l’histoire que raconte Sting dans “Stolen Car”. Finalement, on est très proches de ce qu’il nous raconte. Donc c’est un pur hasard. Sur “California”, j’endossais deux rôles, deux personnages et là c’est l’opposé. C’est l’homme qui fait les deux personnages. Mais il y a des similitudes.

Martin, vous êtes le producteur de l’album. Le travail de Mylène vous était-il également familier ?
Oui. Comme j’ai travaillé pour une maison de disques pendant longtemps, j’étais en charge de la partie internationale et j’ai beaucoup voyagé à travers l’Europe. Je voyais toujours Mylène dans les charts. J’étais curieux, j’ai commencé à écouter sa musique et je suis devenu un grand fan des mélodies, mais aussi des histoires et du visuel qui accompagnent sa musique.

Vous avez co-composé avec Mylène neuf titres de l’album. Comment ça s’est passé ?
Martin | La genèse des chansons s’est faite de manière traditionnelle, old fashioned. On a travaillé ensemble, moi j’étais au piano. La production s’est faite entre la Californie et la France.
Mylène | Il était fondamental d’avoir la composition de Martin pour pouvoir parfois rajouter des mélodies. C’est quand même très important. La collaboration est celle-ci : c’est vraiment Martin qui compose la musique et parfois moi qui arrive avec une mélodie.
Martin | Mais tu étais aussi très impliquée dans la musique. Tu as un très bon instinct musical.

Martin, vous avez signé des artistes qui sont maintenant très connus (notamment Lady Gaga). Qu’est-ce qui vous fait choisir un artiste plutôt qu’un autre ?
Martin | C’est la question la plus difficile qui soit (rires). C’est quelque chose d’intérieur, probablement influencé par ma carrière et mes voyages à travers le monde. En général, je recherche des artistes avec de belles voix, un bon répertoire et un vrai point de vue. Et là, on est assis dans une pièce avec deux des meilleurs artistes qui existent.
Sting | Martin est spécial parce qu’il est à la tête d’une maison de disques mais il est aussi musicien. Il comprend notre langage, ce qui est presque unique. Donc on est très chanceux de l’avoir. Ce n’est pas seulement du business. C’est de la musique et c’est un processus mystérieux et abstrait.
Mylène | C’est quelqu’un qui est certes américain, mais qui a des origines espagnoles et il est très européen dans l’âme. C’est aussi une source d’inspiration très intéressante.

Vous êtes des artistes très discrets dans les médias, vous ne parlez pas de votre vie privée. Est-ce que vous pensez qu’aujourd’hui, les artistes ont tendance à trop en dire et ne laissent plus de place à aucun mystère ?
Sting | Moi j’ai trop parlé de ma vie privée… (rires).
Mylène | Je tenterai de ne pas juger les autres mais en ce qui me concerne j’avoue que je préfère taire ma vie privée et beaucoup de choses. Je pense que l’important est ce que je vais donner, tenter de communiquer à travers les chansons et les spectacles. L’émotion pour moi suffit.

Est-ce qu’il y a des artistes actuels que vous aimez écouter ?
Mylène | J’adore Sigur Rós mais je ne sais pas si c’est actuel. Et… c’est toujours dans ces moments où on nous demande qui sont ces artistes qu’on oublie… (rires). Je vous laisse demander à Sting.
Sting | Oui !
Martin | Il écoute beaucoup de musique et on parle de musique tout le temps. Sting est une encyclopédie de la musique. Je pense que j’ai découvert quatre chansons grâce à toi rien qu’hier. C’est dur de rivaliser.

Imaginons un instant que vous ne soyez pas du tout connus et que vous vouliez commencer une carrière. Par quel moyen est-ce que vous voudriez y parvenir ?
Mylène | Si je n’étais pas connue, je serais probablement dans un hôpital psychiatrique.
Sting | Je pense que c’est difficile pour un artiste aujourd’hui. Ils doivent être tellement de choses différentes. Ils doivent être chanteur, écrivain, danseur, acteur. Alors que quand j’ai commencé je chantais juste avec ma guitare. Je ne pensais pas du tout à une interprétation visuelle de mes chansons. Maintenant, il y a plus de compétition, c’est plus difficile et il y a moins d’endroits où jouer. Donc je suppose que la télévision est le moyen de percer même si ce n’est pas du tout ce que je préfère.
Martin | Quand ils ont commencé, ils ont fait de la musique avec leur cœur, ils ont tous les deux fait des choses innovantes. Sting combinait des styles de musique qui n’avaient pas été combinés avant. Mylène proposait des visuels qui n’avaient jamais été vus, qui étaient très audacieux à l’époque. Et je pense qu’ils auraient fait la même chose, ils sont toujours en train de le faire d’ailleurs.

Est-ce que vous avez l’impression d’être libres ?
Mylène | La chose fondamentale pour moi c’est la liberté, et j’avoue que je l’ai depuis le début. C’est très important de travailler avec des personnes qui vous laissent cette liberté et qui l’accompagnent surtout. Avec ma maison de disques, Universal, j’ai cette chance de travailler avec Pascal Nègre, qui est quelqu’un que j’aime profondément et qui respecte, j’imagine, chaque univers de chaque artiste, en tout cas le mien. Et qui respecte mes envies et le non surtout. Le non est important.
Sting | Je pense qu’en tant qu’artiste, notre but est de créer quelque chose d’unique qui porte notre signature. Ce n’est pas bien de vouloir “sonner” comme quelqu’un d’autre. Tu dois “sonner” comme toi-même. C’est difficile mais c’est la seule chose qui vaut le coup. Je pense que les artistes qui ont du succès ont cette empreinte unique et une voix reconnaissable entre toutes. Hier soir [aux NRJ Music Awards, ndlr] certains artistes avaient cette empreinte et d’autres non. Ceux-là ne continueront sûrement pas. Mais ce n’est que mon opinion.

Si vous pouviez faire un duo ou travailler avec n’importe qui, qui est-ce que vous choisiriez ?
Sting | J’ai les meilleurs partenaires ici !
Mylène | C’est une question de rencontre. Ce ne sont pas nécessairement des choses que l’on prévoit, c’est plus une envie. Je crois que je pourrais m’arrêter avec ce duo. J’en ai fait quelques-uns avec des personnes de talent et Sting serait l’apothéose.
Martin | Je ferais bien un autre album avec vous deux (rires). Je suis d’accord avec Mylène. Ce sont des choses qui “arrivent”. La chose la plus importante que j’essaye de faire c’est de vivre. J’essaie de bouger, d’être en studio, de prendre le métro, d’aller au cinéma et de parler aux gens. J’essaie de m’immerger dans la vie quotidienne jusqu’à ce que quelque chose retienne mon attention et que je la suive avec passion. C’est dur de prévoir ce qu’on va faire.

Est-ce que vous vous souciez encore des critiques ?
Sting | Non, pas vraiment. Je fais des albums pour moi, pour m’amuser et peut-être aussi pour ma famille. Si les gens aiment, tant mieux. Et parfois, les critiques sont utiles et parfois non.
Mylène | C’est difficile de faire la part des choses. Je crois que la meilleure réponse est le public et l’envie d’un public de vous écouter, de vous entendre, de vous apprécier. On le sait évidemment à travers les ventes de disques mais surtout quand on est sur scène. C’est une vraie impulsion, les gens ont envie de rester et de partir dans l’espace. Les critiques, mieux vaut ne pas faire attention parce que sinon, on perd cette liberté.


Source(s) : Konbini.com

    

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