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LoustikSon ancien portrait de fan

Pseudo : Loustik
Date du jour : 08/01/09
Prénom : Marc
Sexe : Masculin
Région / Département : Bretagne / Ille-et-Vilaine 
Année de naissance : 1979

Depuis quand aimes-tu Mylène Farmer ? Quel a été le déclic ?
Depuis Libertine, j’avais alors 7 ans et d’ailleurs j’ai gardé cet âge mental !
Je suis tombé sur le clip sur TV6, l’ancêtre de M6, et j’ai adoré tout de suite. C’est pour le voir régulièrement que j’ai commencé à suivre le Top 50, et je me souviens que je m’intéressais beaucoup aux classements.
Un jour mon frère s’est ramené avec une K7 audio sur laquelle figurait ses titres préférés du moment, enregistrés à la radio, dont Libertine. Il dit regretter car j’ai usé cette bande et par la suite les oreilles de toute la famille pendant des années !
Au détour d’un rayon de supermarché, j’ai demandé à ma mère de m’acheter la K7 de Cendres de lune (sans Tristana) et un peu plus tard le 45T de Tristana chez un disquaire qui avait épinglé l’objet au mur. C’était une sorte de présentation promotionnelle, c’était l’unique 45T de Tristana qu’il possédait alors, et j’ai fait mon sempiternel scandale « chouinerie – roulage par terre » pour qu’il me le décroche !
Je me souviens aussi m’être levé aux alentours de 7 heures du matin en pleines vacances scolaires pour ne pas rater la rediffusion du clip de Tristana en intégralité au Top 50. Sa diffusion la veille au soir ayant été interrompue suite à une bataille de télécommande !
Par ailleurs, j’épluchais chaque semaine le Télé 7 Jours pour traquer sa présence dans les émissions de variétés ! Voilà les débuts du grand amour !

24 ans de carrière, quatre séries de concerts, 7 albums, environ 100 titres à son actifs : en aurait t-il pu en être autrement, ou cela fait t’il parti de son univers ? Que penses-tu de ce coté restrictif ?
J’aime assez la rareté. Et, dans un délire tout personnel, je trouve que chaque sortie d’album correspond à un moment crucial de ma petite vie. Après, je ne vous cache pas que l’attente entre L’autre… et Anamorphosée puis d’Innamoramento à Avant que l’ombre… fut parfois pénible !

Sa démesure, son « Je-Suis-Une-Déesse-Je-Le-Montre » (entrée du Mylènium Tour...) te gêne t’il ou le prends-tu comme de l'autodérision ?
Précisément l’entrée du Mylènium, je la prends pour de l’autodérision de sa part. Mais il faut de toute façon une bonne dose de mégalomanie pour faire ce métier donc ça ne me dérange absolument pas, surtout venant de Mylène. De prétendus artistes ont un melon pas possible, et là oui, en comparaison, ça me gêne !

Que penses-tu de l’image de fanatiques et hystériques qu’ont ses fans ?
Trouves-tu cette image justifiée ?

La responsabilité incombe au silence de Mylène, à l’acharnement des medias, et effectivement à un sacré nid de fans hystériques, donc l’ensemble forme cette espèce de monstre tricéphale !
Après, vu comme moi-même je piaffe d’impatience à l’annonce d’un album ou d’une prestation télévisée, et quand mon cœur bat à cent à l’heure les premières minutes d’un de ses spectacles, je me dis que je suis certainement hystérique à ma façon !

Quelle place a-t-elle dans ta vie de tous les jours ?
Je pense à elle tous les jours, je passe du temps sur un forum depuis son retour 2008, par exemple. En revanche, j’écoute beaucoup moins ses chansons qu’auparavant. Fut un temps, on va dire entre 13 et 23 ans pour donner une fourchette, c’était au moins une heure par jour, et souvent le volume à fond. Aujourd’hui, je peux très bien me contenter de me passer une chanson en tête ! 
Au quotidien, ça peut être un passage télé que j’ai soudainement envie de visionner sur le net.

Es-tu collectionneur ?
Dans la mesure où j’ai au moins un support commerce de chaque album et single, oui. Les vidéos de clips et de concerts également, bien entendu.
J’ai collectionné les articles de presse, principalement à la sortie de Giorgino jusqu’au best of Les mots. Maintenant, je me contente d’acheter tel ou tel magazine qui célèbre les évènements de ses différents retours, généralement quand il y a interview à l’appui, sinon je me contente des scans vus sur le net. Sinon, j’ai été abonné aux feux fanzines. 
Je ne possède aucun collector, objets promos, ou produits de merchandising.
Et j’ai quelques gros trous dans ma collection : je n’ai pas cherché à obtenir les premiers 45T (Maman a tort, On est tous des imbéciles, Plus grandir, Libertine). De même je n’ai pas ceux de Sans logique et A quoi je sers…, tout bonnement parce que je vivais en Martinique en 1989 et que tout ce qui entourait alors Mylène me passait complètement au-dessus de la tête !

Quel rapport entretiens-tu avec les autres fans ?
Dans la vie, très sereins ! Sur le net, ça dépend.
A 13 ans, je me souviens être allé vers une fan qui avait publié un billet dans un courrier des lecteurs, donc j’ai cherché à correspondre avec elle et ça a duré un petit moment. Plus tard, j’ai passé une petite annonce dans un fanzine, donc tout se passait essentiellement par correspondance, si ce n’est un garçon avec lequel je pouvais passer de longues heures au téléphone plusieurs fois par semaine. 
Tout cela restait très pudique et sans rencontre physique. 
Aujourd’hui, je rencontre essentiellement les fans dans la vraie vie et un peu « par hasard », notamment dans les bars gays et tout se passe de façon tout à fait cordiale, jamais de débats houleux comme il peut en exister sur les fora. 
A part ça, je n’ai pas d’amis fans, et je ne cherche pas spécialement à en avoir. Je pense de toute façon qu’on a tous une relation assez exclusive avec notre passion commune. Par ailleurs, je ne pourrais pas vivre avec un fan de Mylène Farmer, je me supporte suffisamment moi-même comme ça !

Peut-on prétendre bien te connaître en ignorant cette passion ?
Du moment que j’annonce la couleur au bout d’un temps relativement court, oui !
Par contre, ceux qui ont voulu la rejeter ou la dénigrer n’ont pas fait long feu : on me prend avec ou pas du tout ! 
Je suis avec mon compagnon depuis 4 ans et quelques mois, il a tout a fait intégré ça. Il n’est pas fan, il a été intrigué, je lui ai donné suffisamment d’aperçus de « l’univers Farmer » pour qu’il en apprécie désormais certains éléments. On a également beaucoup débattu sur le sujet, c’est toujours intéressant, et ça m’a d’ailleurs permis de prendre plus de recul. 
Je n’avais absolument pas envie de me retrouver dans la fosse de Bercy en 2006 (les images de DVD me terrifiaient), et il s’est ramené début Janvier avec deux billets en poche. C’est l’un de nos plus beaux souvenirs. 

A l’inverse, connaître l’univers de Mylène Farmer, est-ce déjà beaucoup te connaître ?
Dans la mesure où je trouve dans cet univers à peu près tout ce que j’aime et qui me correspond, oui.
Après, on ne peut pas non plus définir complètement une personne par rapport à des questions de goûts, donc c’est davantage sur la sensibilité que « mettre le doigt dessus » me semble intéressant.

Comment souhaiterais-tu voir Mylène évoluer au niveau musical ?
Tout comme elle, je n’aime pas le mot « évolution » car ça sous-entend que « c’était moins bien avant ». 
Or, dans le cas de la musique, je trouve que c’était mieux avant. Cela dit, je fais toujours confiance à Laurent Boutonnat, sa marque de fabrique reste tout de même des mélodies imparables. Donc, par exemple, je ne peux pas les imaginer dissociés. 
Pour la suite, j’espère qu’ils abandonneront définitivement le « boum-boum », c’est plus de leur âge, et du mien non plus ; ça ne veut pas dire qu’il faut que ça devienne ronflant non plus ceci dit ! 

Que penses-tu des compositions de Mylène ?
Je place Et si vieillir m’était conté et Optimistique-moi parmi mes chansons préférées. 
Par ailleurs, il ne serait pas indiqué « Musique : Mylène Farmer », je n’y aurais vu que du feu !

Les références littéraires et cinématographiques de son univers t’ont-elles permis de découvrir des auteurs, des films, des œuvres que tu ne connaissais pas ?
J’admets sans honte ma « culture Farmer ». Du fait d’être tombé dans la marmite tout petit, tout cela attisait forcément ma curiosité et c’est quand je fus « en âge de comprendre » que j’ai naturellement ouvert le recueil des Fleurs du mal ou des Histoires extraordinaires.
Comme je le disais, c’est de toute façon un univers qui me correspond. J’ai découvert par exemple les œuvres de Schiele deux ans avant que Mylène ne chante Je te rends ton amour et je possédais déjà 2 ou 3 éditions Taschen sur l’artiste. De même pour Emily Dickinson que j’ai lu tout simplement parce que j’adore la poésie donc après il est amusant que certaines choses se recoupent.
De même pour le cinéma, je suis attiré par l’esthétique et le poignant donc j’aime fatalement les références du duo sur la question.
Par ailleurs, j’aime beaucoup passer du temps à analyser et décortiquer, donc les références culturelles de Mylène, souvent noires, j’oserais dire « c’est que du bonheur » !

Interprète, compositrice, actrice, écrivain, dessinatrice, productrice, parfois scénariste… y’a t-il pour toi une ombre à ce tableau ?
Ecrivain. Là où elle peut être une excellente parolière, elle ne semble pas être une romancière, ni même une bonne conteuse d’ailleurs. 
Pour actrice, j’attends de voir si elle peut tenir la longueur d’un film. On ne peut pas dire que Giorgino nous donnait toute la mesure de son talent. Par ailleurs, même si j’aime beaucoup sa voix parlée, je trouve qu’elle a un léger défaut d’élocution. Je n’ai par exemple pas tout compris au doublage de Sélénia. J’ai donc pour le moment plutôt l’impression que c’est avant tout une excellente actrice de cinéma muet.

Quelle est la partie de son univers qui te fait le plus rêver ? Ses mots, la musique de Laurent Boutonnat, son physique peut être… ?
Comme elle le dirait, je crois que c’est un tout. Pour moi c’est avant tout toute une imagerie, plein de symboles, des choses à décrypter, aussi bien du point de vue de l’image que du texte, donc c’est ce qui fait que la passion dure. La musique et la voix en deviendraient presque secondaire, surtout depuis que je suis moins emballé par ce qu’ils proposent à ce niveau-là.

Enfin, un petit mot pour Mylène qui lira sûrement cette page ?
Contrairement à tout ce que je peux dire sur vous parfois (et dont vous vous foutez complètement et vous avez bien raison !), tout simplement : je vous aime.